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Pensées pour la retraite du mois 9

Pensées pour la retraite du mois Diabolica vitare contagia. Dans la collecte du XVIIème dimanche après la Pentecôte, nous implorons le secours de Dieu contre les ennemis de notre salut, au premier rang desquels nous mettons Satan et limmense armée des mauvais anges. Notre prière tend à conjurer les influences diaboliques et à nous faire rechercher et servir Dieu seul : Da qusumus, Domine, populo tuo diabolica vitare contagia, et te solum Deum pura mente sectari.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Diabolica vitare contagia.

    Dans la collecte du XVIIème dimanche après la Pentecôte, nous implorons le secours de Dieu contre les ennemis de notre salut, au premier rang desquels nous mettons Satan et limmense armée des mauvais anges. Notre prière tend à conjurer les influences diaboliques et à nous faire rechercher et servir Dieu seul : Da qusumus, Domine, populo tuo diabolica vitare contagia, et te solum Deum pura mente sectari.

    I. Notre prière vise le peuple tout entier, populo tuo, tous les peuples, ceux-là même qui ne connaissent pas Dieu, car ils sont tous au Seigneur par droit de Création et de Rédemption. Père éternel, souvenez-vous que les âmes des infidèles ont été créées par vous, à votre image et ressemblance... (Prière de S. François-Xavier pour la conversion des infidèles). Une fois de plus nous est rappelé le but propre de la prière liturgique ; celle-ci, en effet, sans négliger les intérêts de chacun des fidèles, a pour objet le bien général, les intérêts supérieurs de la communauté elle-même.

    Ces intérêts sont mis en péril par le fait dune influence redoutable que tout révèle plus quhumaine : Cest ce que lEglise désigne sous le nom expressif de contagion diabolique, accordez à votre peuple déviter le contact du diable, da populo tuo diabolica vitare contagia.

    Quand on parle de contagion, on entend communément un mal provenant de la corruption de lair ou de leau, et, contaminant le sang de ceux qui en sont atteints, se communique par le commerce que les hommes ont les uns avec les autres. En temps dépidémie, choléra, peste... qui ne tremble pour sa vie ? Qui ne recourt aux remèdes préventifs ? En mission, ne voyons-nous pas les pauvres païens sassujétir à des coutumes bizarres, ridicules, répugnantes ? Plût à Dieu que les hommes aient un semblable zèle pour se mettre à labri de la peste diabolique qui menace les âmes !

    La véritable piété, dit lapôtre S. Paul, consiste à nous garantir de cette contagion pernicieuse : Corrumpunt mores bonos colloquia mala ; donc prendre garde aux conversations, aux lectures aussi, lectures imprudentes, études dangereuses quand on laisse lesprit dorgueil pénétrer dans le cur.

    Notre Seigneur Jésus-Christ a proclamé que le royaume des cieux appartient aux hommes qui ont lesprit de pauvreté ; or le monde, le monde païen surtout, met au-dessus de tout la possession de la richesse. Lhistoire de lEglise, et lhistoire des missions en particulier, nous apprend que notre caractère de prêtre et de missionnaire ne nous met pas à labri du danger de lavarice. Le Règlement de notre Société édicte (et combien sagement !) des peines très graves contre les missionnaires qui sadonneraient au commerce, qui acquerraient et posséderaient, contre la volonté des Supérieurs, des immeubles dans la mission. Nest-ce pas pour nous prémunir contre le danger des biens matériels ?

    Jésus a dit encore ; bienheureux ceux qui pleurent, tandis que le monde loue les divertissements ; bienheureux ceux qui sont doux, qui pardonnent volontiers les injures ; le monde, lui, traite la douceur de pusillanimité, le support des injures, de faiblesse desprit. Et ainsi de suite.

    Noublions jamais que nous avons tous un malheureux penchant au mal, que les vérités de lévangile trouvent une vive opposition dans notre cur, dans nos sens aussi. Nous courons risque de penser et dagir comme le monde et cest là une séduction que lEglise qualifie de diabolique. Elle est, en effet, entre les mains du démon une arme très puissante pour briser notre résistance, et il en use avec une telle perfidie ! Sil cherchait à nous provoquer directement au mal, il sait bien quil ne ferait que nous inspirer de lhorreur, mais il ruse avec nous. Son habileté à se dissimuler est si grande quil est parvenu à convaincre nombre de gens, soit-disant intelligents, ou quil nexiste pas ou quil nest pas lêtre malfaisant que lenseignement catholique nous représente.

    Dans nos missions, les chrétiens, comme les païens du reste, voient le diable un peu partout, du moins dans les maux qui affligent le corps, et en particulier dans les maladies mentales, mais ils se défient moins des maux quil cause aux âmes. LEglise, fidèle gardienne de la doctrine du Christ, continue, aujourdhui encore, (cf. loraison commandée par Léon XIII Ste Michaèl Archangele... que nous récitons après la messe) comme elle la fait dans tous les temps, à nous exhorter à lutter intrépidement contra nequitias et insidias diaboli.

    Pour nous préserver de cette contagion nous devons nous astreindre aux mêmes précautions que celles dont nous usons pour nous défendre contre les envahissements de la peste, prendre les remèdes spirituels que lEglise prescrit : la prière, la mortification, la confession fréquente, une grande dévotion envers Celle qui, de son pied virginal, a écrasé la tête de lantique serpent. Cest lordonnance que, comme médecins des âmes, nous donnons à nos chrétiens; ce qui est bon, nécessaire pour eux, est aussi bon, aussi nécessaire pour nous, inutile dinsister.

    II. Renoncer à Satan, cest le premier des engagements auxquels le chrétien a souscrit le jour de son baptême, mais il est un devoir plus excellent : sattacher à Dieu et le servir lui seul : Te solum Deum pura mente sectari.

    Tous les jeudis, à Tierce, nous disons avec David : Cest mon avantage de demeurer attaché à Dieu, mihi adhrere Deo bonum est, cest aussi mon avantage de mettre mon espérance dans le Seigneur, ponere in Domino spem meam. Il suit de là que nous devons nous attacher à lui sans partage.

    Rappelons-nous le commandement de Dieu inscrit de sa main divine sur les tables de la Loi : Vous adorerez le Seigneur votre Dieu, et vous ne servirez que lui seul. Jésus-Christ nous montre la nécessité et lapplication de ce principe lorsquil nous dit : Vous ne pouvez servir deux maîtres, votre cur sattacherait plus fortement à lun et négligerait lautre. Dieu condamne et repousse un tel partage. Et qui mettrions-nous donc en balance ? Nest-ce pas dans la fraîcheur, dans la sincérité de notre jeunesse que nous avons promis à Dieu quil serait toujours la part de notre héritage ? Lexpérience que nous avons maintenant des hommes et des choses nous prouve certainement, et dautant plus que notre cur est resté, pur, que ce serait outrager Dieu que de faire entrer en comparaison avec le bien suprême, les biens de la terre, les plaisirs et les honneurs du monde.

    Pura mente. Cest enfin dun cur pur que nous devons chercher et servir Dieu. Pura mente, cest-à-dire avec une âme loyale et droite, sans autre intention que de lui plaire.

    Ne nous faisons pas illusion ; il arrive, même à ceux qui sont considérés comme de bons prêtres, qui protestent ne chercher que Dieu seul, il leur arrive, dis-je, de ne pas toujours avoir des vues complètement désintéressées, de faire parfois passer leurs consolations, leurs intérêts propres avant la gloire même de Dieu. La crainte dun tel désordre jetait S. François de Sales dans de grandes perplexités. Si je savais, écrivait-il, quil y a dans mon cur une fibre qui ne fût pas pour Dieu, je larracherais aussitôt pour la rejeter loin de moi, O mon Dieu, que tout ce qui est en moi et nest pas vous périsse pour que vous régniez seul dans mon cur.

    Cest la grâce inestimable que nous devons toujours demander au Seigneur de nous accorder. Lennemi de nos âmes ne pourra nous nuire si nous prions Dieu dun cur vraiment sincère.
    1932/647-651
    647-651
    Anonyme
    France
    1932
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