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Pensées pour la retraite du mois 9

Pensées pour la retraite du mois. òòòòò Jésus au Thabor.
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    Pensées pour la retraite du mois.

    òòòòò

    Jésus au Thabor.
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    Le Nouveau Testament ne parle point du Thabor, mais saint Pierre le désigne clairement quand il parle de la Montagne sainte, où le ciel, pour ses deux compagnons privilégiés et pour lui, sentrouvrit un instant. Hier, cest la Croix que Jésus laissait entrevoir à ses Disciples ; aujourdhui, voulant réconforter surtout ceux quil fera les chefs et fondements de son Eglise, il les conduit à lextrémité nord-est de la plaine dEsdrelon. La grande, la sainte Montagne, où bondissent gazelles, chacals, sangliers et renards, doù le regard découvre presque toute la Palestine, sera le théâtre dont Jésus soulèvera le rideau qui voile la divinité. Pierre, la colonne du Temple, Jacques, le premier martyr des Douze, Jean, dont le regard est daigle et le cur de séraphin, seront les invités intimes à ce festin qui rassasiera leurs âmes de mets célestes. Jésus prie dabord. Bientôt absorbée dans la contemplation de lessence divine, son âme savoure les délices de la vision béatifique. Mystérieusement aussi, Jésus, laissant libre cours à linfluence de la divinité sur son âme et de son âme sur son corps, de ce dernier séchappent bientôt des flots de resplendissante lumière et ses vêtements de brun sombre se muent en blancheur dhermine et de neige. Puis viennent à sa droite Moïse et à sa gauche Elie. Elie, toujours vivant, avait son propre corps ; Moïse empruntait-il, comme parfois les Anges, celui dun étranger, ou Dieu, par miracle, lavait-il ressuscité ? nul ne le sait. Et lapothéose saccomplit tandis que les Apôtres ravis nosent ni parler dabord ni se mouvoir. Dune nuée sort la voix du Père Voici mon Fils bien-aimé, objet de toutes mes complaisances : écoutez-le !

    Sans détailler davantage cette scène miraculeuse de la Transfiguration, essayons du moins de lapprofondir un peu.

    Le fait est historique, explicable sans ombre dallégorie. Trente ans plus tard, saint Pierre sadressant aux premiers fidèles leur dira : Non, ce nest pas sur la foi dingénieuses fictions que nous avons fait connaître la grandeur et la personne de Jésus-Christ notre Seigneur ; nous lavons fait sur le témoignage de nos propres yeux. Sa grandeur, nous lavons vue, le jour où Dieu le combla de gloire et dhonneur, le jour où du sein de cette gloire éblouissante une voix se fit entendre qui disait Voici mon Fils bien unique bien aimé, lobjet de toutes mes complaisances, écoutez-le ! Cette voix venait du ciel et nous lavons nous-mêmes entendue lorsque nous étions avec Jésus sur la montagne sainte (II Petr. I, 16.18).

    A nen pas douter Jésus aime les cimes. Hier il a gravi la montagne de la Tentation et celle des Béatitudes ; aujourdhui son repos est au sommet du Thabor, en attendant quil porte sa croix demain au Golgotha. Ebauche de lAscension, la Transfiguration nous montre la route à suivre si nous voulons un jour, nous aussi, nous élever vers le ciel. Transfigurons notre âme, si nous ne pouvons transfigurer notre corps. Comme les trois apôtres, nous devons avoir, nous, missionnaires, des rapports plus étroits et plus intimes que les fidèles ordinaires avec le Christ, car nous avons été choisis pour reproduire plus exactement limage du Fils de Dieu : Quos prscivit et prdestinavit conformes fieri imagini Filii sui. Jésus doit vivre dans son prêtre, sy transfigurer, et donc le transfigurer et laider aussi à monter vers les sommets. Chacun de nous a son Thabor ici-bas avant ou après son Golgotha. Nous navons certes pas à y passer notre vie, mais nous devons nous y réfugier de temps en temps pour voir le degré délévation de notre vie spirituelle. Au milieu de nos jours de renoncement, de contradictions et de souffrances nous jouissons déchappées vers le ciel, moments dindicible bonheur, où Dieu se communique plus substantiellement à nous dans une sorte daudience doù nous sortons plus énergiques et plus confiants. Notre méditation quotidienne, la sainte Messe notre visite au Saint-Sacrement sont de ces haltes précieuses où, comme sur le Thabor, Jésus se montre à nous. Heureux le prêtre fidèle au rendez-vous divin. Nous sommes faits pour le progrès, pour un perfectionnement constant de nos facultés intellectuelles, orales et religieuses. Notre conscience doit, avec le temps, sépurer en des délicatesses mystérieuses, Il nous faut croître en Jésus-Christ : Ut in eo crescatis in salutem ( I Petr. II, 2), dit saint Pierre. Et Jésus nexige-t-il pas du jeune homme de grandes envolées vers lidéal chrétien quand il lui dit dès le début : Si tu veux être parfait.... Sans doute, nemo fit repente summus. Le dépouillement du vieil homme ne sopère pas dans un jour et chacun saura se résigner à nêtre quun filius accrescens. Lessentiel est davoir cette disposition desprit de monter toujours plus haut : excelsior. Parfois des frissons enivrants secoueront notre âme, qui spontanément sélancera vers la Divinité. Mais combien plus souvent peut-être serons-nous gémissants de nos infirmités qui nous rattachent à la terre ! Que de fois notre âme, comme une abeille, nira-t-elle pas de fleur en fleur pour y sucer un suc dont elle a faim sans le rencontrer ! Notre vie monotone comprime nos ailes qui cherchent à se déployer hors de la volière du temps. Rameurs impatients et faibles, nous narrivons pas à diriger notre barque aussi droit et aussi vite que nous le voudrions vers le rivage de léternité. Le prix de la vie nest soldé que par la somme des sacrifices accomplis dans le chemin de la vertu. Luttons toujours pour aimer le devoir et laccomplir loyalement. Nallons pas vers le Vrai, le Bien, vers Dieu, par des détours. Ayons confiance. Bientôt lheure sonnera de voir Dieu face à face, au sommet, et de vivre dans une intimité parfaite avec laimable, adorable et béatifiante Trinité.

    SACERDOS.

    1926/525-528
    525-528
    Anonyme
    France
    1926
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