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Pensées pour la retraite du mois 8

Pensées pour la retraite du mois JÉSUS À lA CÈNE LE MISSIONNAIRE À lAUTEL. Lacte le plus sublime et le plus essentiel du Christ durant sa vie mortelle fut son oblation sanglante sur la Croix. De même, lacte le sublime et le plus essentiel du prêtre, participant du sacerdoce royal de Jésus-Christ, est de renouveler le sacrifice du Calvaire. Durant notre retraite du mois, réfléchissons sur notre messe, dont les fruits sont inexprimables.
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    Pensées pour la retraite du mois

    JÉSUS À lA CÈNE
    LE MISSIONNAIRE À lAUTEL.

    Lacte le plus sublime et le plus essentiel du Christ durant sa vie mortelle fut son oblation sanglante sur la Croix. De même, lacte le sublime et le plus essentiel du prêtre, participant du sacerdoce royal de Jésus-Christ, est de renouveler le sacrifice du Calvaire. Durant notre retraite du mois, réfléchissons sur notre messe, dont les fruits sont inexprimables.

    Sans doute, Jésus a commencé son sacerdoce dès le premier instant de son Incarnation, car Il nest venu sur terre que pour distribuer aux âmes une vie très abondante ; mais, avant de se donner en nourriture, le Christ sest immolé. Mystère de foi,. certes, mais aussi mystère damour, dans lequel Jésus accumule toute sa tendresse et sa puissance. Devant cette immolation disparaissent tous ces faibles rudiments, egena elementa, des sacrifices antiques constitués par le pain, le vin, les fruits de la terre et les animaux. En lui seul ce sacrifice dun Homme-Dieu renferme éminemment et sans comparaison possible tous ces holocaustes dadoration, dactions de grâces, de demande et dexpiation. Il est de foi que la plus petite souffrance du Christ suffisait pour faire rentrer en amitié auprès de Dieu le genre humain, car la moindre de ses actions possédait une valeur infinie ; mais léternel décret du Père était que le salut monde saccomplît par loffrande volontaire et totale du Fils. Il fallait une victime sainte, pure, immaculée, pour rétablir lalliance divino-humaine. Du moins, par cette oblation unique, dit saint Paul, le Christ a pour toujours procuré la perfection à ceux qui doivent être sanctifiés.

    Or ne sommes-nous pas, nous, missionnaires, les mandataires du Christ pour sanctifier ceux quils tous a confiés ? Le but du Saint-Sacrifice de la Messe est de continuer, dachever la Rédemption, et le prêtre seul en est chargé : Hoc facite in meam commemorationem. Les prêtres sont les nourriciers du corps mystique de Jésus-Christ, corps qui ne se soutiendrait pas vivant et fécond sans lEucharistie. Encore doivent-ils se nourrir eux-mêmes du corps et du sang divins. La messe quotidienne du prêtre est son viatique personnel, dont il ne saurait se passer sans partiellement samoindrir. Mihi vivere Christus est, doit sinculquer chaque matin le représentant du Christ, car réellement il ne fait quun avec lui. Au prêtre donc duser à lautel de cette sainte familiarité, avec discrétion, respect et réel tremblement. Cest à lautel surtout quil est couvert en entier dun voile dinnocence, là quil est ceint de liens mystiques qui brisent ceux de la terre, là quil porte vraiment la Croix sur ses épaules, là que les Anges écoutent sa voix, là quil donne naissance à Jésus, comme jadis la Vierge Mère. Cest à lautel encore que se passe ce merveilleux colloque intéressant ciel, purgatoire et terre ; colloque amical, colloque fécond aussi pour lEglise catholique, les Etats et les peuples, pour lâme du plus humble et du plus ignorant des païens.

    Lautel est le Thabor du prêtre comme du Christ, mais il reste éminemment plus son tombeau ; car, pour répondre pleinement à ses sublimes fonctions, le prêtre avec Jésus doit simmoler. La mort appelle la mort, et de lautel sexhale un parfum de martyre que doit sentir le vrai prêtre. Vetus homo noster simul crucifixus est, dit saint Paul. Toutefois ce vieil homme, même chez le prêtre, a des sursauts de vie quil faut calmer à tout prix. Humeurs capricieuses, versatilités, défauts, passions mauvaises, sont autant de scandales humains que le prêtre doit frapper du glaive de sa contrition, en même temps quil frappe lAgneau divin du glaive de sa parole. Nous sommes, nous, prêtres et missionnaires, les instruments du trépas du Christ ; mais, de grâce, soyons avec Lui des hosties. Comment nos lèvres pourraient-elles prononcer sans dérision sacrilège : Ceci est mon corps, si notre corps, au lieu dêtre déchiré comme celui de notre Maître, était mollement attiré par toutes les convoitises terrestres ? Où et quand répandons-nous dans le calice, lorsque nous disons : Ceci est mon sang, le sang de nos sueurs et de nos sacrifices, le sang de notre cur ? Comment pourrions-nous assurer le peuple fidèle que ce calice que nous tenons entre nos mains est le mystère de la foi, le résumé du Nouveau Testament, éducateur de tout crucifiement, destructeur de toute concupiscence ?

    Cependant, à ces merveilleux privilèges du prêtre qui crée la victime, qui limmole ensuite, se joint finalement lacte suprême de lincorporation : Qui manducat meam carnem et bibit meum sanguinem in me manet. Réellement lâme du prêtre, à la messe, sabîme dans le sang du Christ ; elle sy plonge mystiquement beaucoup plus que jadis les catéchumènes dans limmersion baptismale. La vie des Saints contient trop de faits éclatants qui prouvent lin me manet quon insiste. Un saint François-Xavier, un saint Philippe de Néri, un Bienheureux Curé dArs, ont ressenti ces défaillances, ces ébranlements et ces anéantissements divins durant leur messe et chez eux tombèrent chaque jour plus nombreux dans le Sang rédempteur ces débris du vieil homme, alors quapparaissait plus radieuse la manifestation de lhomme nouveau.

    Prenons donc la résolution nous-mêmes de compléter par notre oblation quotidienne ce qui manque à la passion du Christ. Ajoutons au précieux Sang du Maître quelques gouttes de notre sang de disciple, et de par le monde germera, grâce à cette double rosée répandue, quelque splendide semence de chrétiens.

    SACERDOS

    Jamais nous ne nous ferons une assez haute idée dune âme divinisée par la grâce sanctifiante, par les vertus surnaturelles, par les dons du Saint-Esprit.

    Toute religion et même toute philosophie qui se respectent sarrêtent, dans ladmiration, devant lâme humaine ; elles saluent en elle le chef-duvre de Dieu, bien mieux, son image vivante.

    Elles voient en elle le but de toute la création, depuis les astres immenses jusquaux animaux qui la servent ou la charment.

    Comme ces religions ou ces philosophies, nous croyons que la spiritualité de lâme lélève au dessus de toute la création matérielle. Mais pour nous, catholiques, la spiritualité qui est naturelle, essentielle à notre âme, se double de la divinisation. Pas une âme humaine qui ne soit déifiée ou appelée à lêtre.

    SAUVÉ, le Prêtre intime.


    1923/529-532
    529-532
    Anonyme
    France
    1923
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