Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pensées pour la retraite du mois 8

Pensées pour la retraite du mois Custodi, Domine, Ecclesiam tuam. Les gloires futures à la pensée desquelles lEglise tressaille : quam dilecta tabernacula tua ! ne lempêchent pas de sentir le besoin continuel quelle a du secours dEn Haut... deficit anima mea in atria Domini. Jésus-Christ a aimé lEglise jusquà mourir pour elle ; son amour doit être le modèle du nôtre, comme le Christ, tous les chrétiens et, avant tout, les prêtres doivent aimer lEglise dun amour plus fort que la mort.
Add this
    Pensées pour la retraite du mois

    Custodi, Domine, Ecclesiam tuam.

    Les gloires futures à la pensée desquelles lEglise tressaille : quam dilecta tabernacula tua ! ne lempêchent pas de sentir le besoin continuel quelle a du secours dEn Haut... deficit anima mea in atria Domini. Jésus-Christ a aimé lEglise jusquà mourir pour elle ; son amour doit être le modèle du nôtre, comme le Christ, tous les chrétiens et, avant tout, les prêtres doivent aimer lEglise dun amour plus fort que la mort.

    Aimer lEglise, cest se réjouir de ses joies, de ses conquêtes, mais cest aussi souffrir de ses alarmes, de ses angoisses. Cela ne suffit pas encore, il faut que notre amour soit effectif et nous devons à lEglise un dévouement entier, absolu. Parmi ces services, le plus pressant est la prière.

    Chaque jour, au nom du peuple fidèle, le prêtre appelle officiellement les lumières, les bénédictions de Dieu sur la société chargée de continuer ici-bas luvre de la Rédemption ; il le fait en certaines circonstances dune manière plus pressante ; ainsi dans la Collecte du XIVe dimanche après la Pentecôte.

    I. Nous vous supplions, Seigneur, gardez toujours miséricordieusement votre Eglise : Custodi, Domine, qusumus, Ecclesiam tuam propitiatione perpetua. Voilà bien, en face de la conjuration générale pour la perdre, le cri ardent des fidèles sincèrement désireux de sa conservation.

    Gardez votre Eglise, Seigneur ! Elle traverse de si grandes épreuves : chaque siècle lui apporte luttes, persécutions, hérésies, scandales, apostasies et un affaiblissement de la piété. Actuellement, dans plusieurs pays chrétiens, limpiété, avec une rage diabolique, se livre à des violences inouïes pour empêcher lEglise daccomplir sa tâche... Dans les missions, à peu près partout, nous sommes en face du protestantisme et, cela va de soi, du paganisme. Parmi ce déchaînement des passions le divin pilote, Jésus-Christ, semble dormir, du moins son intervention tarde à se produire. Nest-ce pas notre devoir de nous appliquer en quelque sorte à réveiller le Divin Maître ? Deus vult rogari, Dieu veut être prié. Nous devons donc prier, prier toujours davantage, avec plus de ferveur : Prceptor, perimus ! Gardez votre Eglise, Seigneur, gardez-la par une assistance de tous les instants, propitiatione perpetua. Conservez-la pour le bien du peuple chrétien, conservez-la pour le salut des nations infidèles, pour ces néophytes, ces païens auxquels vous nous avez envoyés, nous, vos missionnaires.

    Gardez votre Eglise, Seigneur ! Que votre Esprit assiste son chef suprême, quil le protège contre les entreprises de lesprit du mal, non tradat eum in animam initricorum ejus. Seigneur, que par votre secours, les Evêques demeurent unis entre eux et au Pape : stent et pascant in fortitudine tua, Domine, in sublimitate nominis tui, dignos sacris altaribus fac ministros.

    II. Insistant, et comme pour mieux déterminer leffet que nous attendons de notre prière, lEglise nous fait ajouter dans la Collecte : et parce que sans vous lhumaine nature chancelle, et quia sine te labitur humana mortalitas, que sans cesse votre secours larrache au mal et la dirige dans la voie du salut, tuis semper auxiliis abstrahatur a noxiis et ad salutaria dirigatur.

    Quia sine te labitur. Ne soyons pas de ces hommes présomptueux, trop confiants en leurs propres ressources, prêts à sattribuer le mérite du succès comme à décliner la responsabilité des échecs. Nous ne devons pas avoir de peine à confesser nos insuffisances, notre impuissance pour le bien, et notre expérience nous montre aussi, et dune façon très certaine, que si Dieu ne nous soutenait, nous tomberions vite jusquau fond de labîme.

    Cest de ces faiblesses réunies, faiblesses qui nous condamnent à un état de mort : humana mortalitas, quest composée lEglise. Inquiets sur notre propre sort, nous devons lêtre aussi sur les dangers que font courir à la société religieuse tout entière les défauts de chacun de ses membres. LEglise doit donc compter avec ces imperfections et pour être sainte et immaculée elle a besoin dune double grâce : grâce de préservation, abstrahatur a noxiis, grâce de bonne direction, ad salutaria dirigatur.

    Préservation. Ce qui est nuisible à lEglise cest la persécution, ce sont les attentats contre sa liberté. La persécution a toujours détaché de lEglise un trop grand nombre de ses enfants et si, chez dautres, elle a produit lhéroïsme et la vertu, le bien ne compense pas le mal, nombre dentre nous ont pu le constater de visu; ce qui est aussi nuisible à lEglise, cest lerreur propagée par les mille organes de la presse ; nos aînés nont pas connu ce mal, pas plus que le venin de lhérésie répandu partout aujourdhui ; ce qui est nuisible à lEglise, cest lesprit dindépendance, le supra-nationalisme qui paraît être le mal spécifique des temps présents. Prémunissez, Seigneur, votre Eglise, les fidèles, les prêtres, contre ces divers maux : abstrahatur a noxiis.

    Demandons aussi au Maître la grâce de bonne direction: ad salutaria dirigatur. Si les barrières sont nécessaires pour ne pas trop risquer de tomber dans les précipices, on a tout aussi besoin dun guide pour parvenir au but. Cette direction nous est donnée par le Souverain Pontife dans la condamnation de tant de maximes et de propositions dangereuses, dans les invitations pressantes à bien célébrer le culte divin, à promouvoir davantage la dévotion envers lauguste mère de Dieu et les saints protecteurs de lEglise.

    En guise de conclusion relisons posément, méditons ce quécrivait, à la fin du second siècle, lillustre évêque de Lyon, S. Irénée :

    Nous recevons lenseignement de lEglise, cest comme un précieux dépôt renfermé dans un vase excellent ; lEsprit le rajeunit toujours et communique sa jeunesse au vase qui le contient... car où est lEglise, là est lEsprit de Dieu, où est lEsprit de Dieu, là est lEglise et toute sa grâce, et lEsprit est vérité. Aussi ceux qui ny participent pas ne reçoivent pas des mamelles maternelles laliment de vie, ne boivent pas à la source pure qui sépanche du corps du Christ, mais ils se creusent dans des fosses de terre des citernes percées et ils boivent une eau bourbeuse, ils fuient la foi de lEglise qui les conduirait, ils rejettent lEsprit qui les instruirait.
    1932/565-568
    565-568
    Anonyme
    France
    1932
    Aucune image