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Pensées pour la retraite du mois 7

Pensées pour la retraite du mois JÉSUS, BON PASTEUR, LE MISSIONNAIRE PASTEUR. Limagerie religieuse a prodigué la physionomie présumée de Jésus sous les traits dun bon Pasteur. Le berger oriental, en effet, au milieu de ses brebis quil laisse errer à leur gré, quil ramène le soir dans le parc commun, portant même, sil le faut, sur ses épaules lagnelet fatigué, est une figure champêtre qui nous plaît par sa simplicité et qui toucha de même Jésus au point de lui inspirer une de ses plus aimables paraboles.
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    Pensées pour la retraite du mois

    JÉSUS, BON PASTEUR,
    LE MISSIONNAIRE PASTEUR.

    Limagerie religieuse a prodigué la physionomie présumée de Jésus sous les traits dun bon Pasteur. Le berger oriental, en effet, au milieu de ses brebis quil laisse errer à leur gré, quil ramène le soir dans le parc commun, portant même, sil le faut, sur ses épaules lagnelet fatigué, est une figure champêtre qui nous plaît par sa simplicité et qui toucha de même Jésus au point de lui inspirer une de ses plus aimables paraboles.

    En vérité, en vérité, je vous laffirme, quiconque nentre pas par la porte de la bergerie, mais lescalade par ailleurs, est un voleur et un brigand Je suis le bon Pasteur et je connais mes brebis, les âmes jusquà lintimité. Le peuple dIsraël nest pas mon seul troupeau ; jai dautres brebis qui devront entendre la prédication de mes apôtres et de mes disciples, pour quil ny ait sur terre quun troupeau et quun Pasteur.... Il ny a quune porte unique pour entrer au Paradis : je suis cette porte. Ecoutez ma voix et non celle du mercenaire, de ce Pharisien égoïste qui veut vous dévorer

    Et Jésus, en mourant sur la Croix, prouve quIl aime ses brebis, puisquIl donne sa vie pour elles. Jésus possède lamour vrai, désintéressé, généreux. Na-t-il pas, par une incessante prédication de trois ans, cherché à grouper ses brebis ? De mille façons Il les a soignées, guéries et pardonnées de leur ingratitude à ne point toujours le suivre. Avant même de mourir Il a voulu leur communiquer sa chair et son sang comme viatique. Les âmes des pécheurs surtout ont attiré son attention. Il a compris leur magnétique entraînement vers la faute, leur rude ignorance aussi et leur primesautière irréflexion : pour celles-là Jésus na vraiment eu que de la compassion, de la patience et du pardon.

    Or nest-ce pas à nous surtout que sadressent vraiment ces paroles : En vérité, en vérité je vous laffirme, quiconque nentre pas par la porte de la bergerie, mais lescalade par ailleurs, est un voleur et un brigand ?.... Comment, en effet, et pourquoi sommes-nous entrés dans le Sacerdoce ? Par vocation, sans doute, et pleinement conscients de notre devoir de futurs pasteurs, ne nous proposant que la gloire divine et le salut de nos frères. Heureux alors sommes-nous, sil en est ainsi !

    Puis, éprouvés bons pasteurs, nous avons eu bientôt après quelque troupeau à conduire, sur lordre de nos supérieurs, aux gras pâturages. Lavons-nous assidûment nourri de la parole évangélique, harmonisant nos enseignements à la capacité dintelligences parfois obtuses, désirant que chacune nous comprenne, et dès lors lisant dun langage clair, simple, imagé ? Ensuite, au bout de quelques mois, nous avons dû connaître chacune de nos brebis, les appelant par leur nom, cest-à-dire les distinguant les unes des autres, les individualisant jusque dans leur vie tout intime. Le Concile de Trente est formel : Vi prcepti divini, tenetur parockus oves suas cognoscere, nempe, earum indolem, statum. ac necessitatem, ut huic, necessitati, quantum in se est, provideat ; ac proinde, singulas parci su familias certis temporibus visitare, cum omnibus parochianis paterno affectu colloqui, patres ac matres-familias prudenter interrogare circa liberos, servos, ancillas, operarios, quin tamen dicteria ancill aliarumve feminarum loquacitates audiat ; demum ita se gerere ut omnes perfecte noscat, nec unquam curiositatis, temeritatis et imprudenti notam incurrat.

    Ite ad oves : voilà notre mission ; remplissons-la ponctuellement. Nattendons pas dans notre sacristie que les brebis viennent à nous ; délaissons même parfois ad tempus nos ouailles privilégiées pour courir à autres qu perierunt. La vie du missionnaire est celle dun errant, dun venator animarum. Faut-il le dire ? Il est des postes de mission où le missionnaire semble inamovible, sexcusant sur des confessions de huitaine à entendre ou sur quelque salut du Saint-Sacrement à donner, pour ne jamais quitter son poste et faire uvre dévangélisation ; Jésus pourtant quitte quatre-vingt-dix-neuf brebis pour recouvrer la centième ; voilà lexemple.

    Nous nous plaignons amèrement davoir des loups ravisseurs dans notre bergerie ; protestants de toute secte, schismatiques, apostats. Luttons-nous contre eux ou les prévenons-nous de bonté ? Bien souvent nous hésitons à faire des approches, à dissiper des malentendus, à dessiner une voie vers nous accueillante et sûre. En pays païen, les ronces enserrent les âmes et la boue les salit : dégageons-les et relevons-les de leur ruisseau. Nos frères païens ont un droit particulier à notre amour et à notre vigilance et, puisquon nous appelle Père, soyons-le toujours et courageusement.

    Oh ! sans doute il faut de lénergie parfois pour jeter de vigilants regards sur des êtres insouciants de leur salut, matériels et grossiers. Mais si la charge pastorale a ses difficultés en mission, na-t-elle pas incomparablement plus ses joies ? Honneur à nous, missionnaires des pauvres, des ignorants et des parias de lexistence ! Honneur à nous, trop souvent persécutés dans nos missions par des lois néfastes ! Héritiers des martyrs, soyons dignes de nos aînés. Leurs noms et leurs souvenirs planent sur nos uvres et les fécondent. Notre situation pastorale ressemble à celle de nos frères de la primitive Eglise ; nous sortons à peine des catacombes ; quand même, confiance ! Si lart des catacombes se rejoint à limagerie moderne pour reproduire avec une évidente prédilection la figure du bon Pasteur, cest quil apparaît comme le conducteur des âmes dans le passage temps à léternité. Soyons donc, nous aussi, les conducteurs des âmes de nos frères infidèles, pécheurs et chrétiens. Ramenons-les à la source de toute vie, confions-les à Jésus-Christ, le bon Pasteur ; car notre troupeau, cest, comme dit saint Paul, notre couronne et notre joie, dans le temps et pour léternité.

    SACERDOS

    Il nest aucune des découvertes de la science humaine que la science sacrée ne puisse faire servir à la justification et à la fécondation de ses principes. Dautre part, il nest aucune de ses affirmations contradictoires qui ne procède, on la maintes fois prouvé, soit dun faux raisonnement, soit dune observation inattentive ou inachevée.

    R. P. Monsabré.


    1923/463-466
    463-466
    Anonyme
    France
    1923
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