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Pensées pour la retraite du mois 7

Pensées pour la retraite du mois Deus cujus providentia in sui dispositione non fallitur... La grâce et lamour du Christ Notre Seigneur soient toujours en notre aide et faveur. (Formule de salutation chère à S. François Xavier.)
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    Pensées pour la retraite du mois

    Deus cujus providentia in sui dispositione non fallitur...
    La grâce et lamour du Christ Notre Seigneur soient toujours en
    notre aide et faveur. (Formule de salutation chère à
    S. François Xavier.)

    Dans ses oraisons lEglise, nous lavons sans doute souvent remarqué, se propose deux fins principales : éclairer notre foi en nous rappelant les perfections divines sur lesquelles sappuie notre espérance, et, en second lieu, nous indiquer ce quil nous convient principalement de demander. Ces oraisons nous fournissent les termes les plus appropriés à nos supplications ; il nest pas jusquà la brièveté des formules qui ne contienne une utile leçon, en effet nous connaissons tous des chrétiens qui sont tentés de faire dépendre lefficacité de leurs prières du temps plus ou moins long quils y consacrent et qui se mettent en peine lorsque leurs devoirs détat les obligent à écourter leurs oraisons.

    La collecte du septième dimanche après la Pentecôte que nous avons redite récemment répond à cette double fin des intentions de lEglise.

    I. Tout dabord nous sommes invités à faire un acte de foi positif à la divine Providence : Deus, cujus providentia in sui dispositione non fallitur. Nous professons reconnaître et croire que Dieu notre créateur est attentif à tout ce qui se passe sur la terre, que rien absolument narrive dans le monde sans son ordre ou sa permission. Lauteur du livre de la Sagesse le remarquait il y a longtemps : Le désir du gain a inventé le navire et louvrier la construit par son adresse, mais cest votre providence, o Père céleste, qui le gouverne : tua autem, Pater, providentia gubernat.

    Notre conviction sur ce point est bien établie. Cependant ne nous arrive-t-il pas dêtre abattus, découragés lorsque ladversité fond sur nous, ou que simplement nos pieux desseins rencontrent de lopposition ? En ces cas nous semblons alors dire à Dieu, selon la remarque de S. Augustin, Domine ubi est providentia tua ? Assurément une telle demande nest pas juste, Dieu au contraire est en droit de nous dire : où est votre foi, la soumission que vous devez à mes ordres ? Croyant en la Providence, nous confessons avec lEglise quelle ne saurait se tromper dans la disposition de ses conseils : Deus, cujus providentia in sui dispositione non fallitur.

    Dieu est infiniment sage, il ne permet rien sans les plus hautes raisons ; Dieu est infiniment juste, tous ses jugements sont équitables ; Dieu est infiniment bon, aucun de ses desseins nest exempt de miséricorde.

    Sans doute, les événements parfois nous déconcertent. Ainsi nous voyons autour de nous dexcellents chrétiens vivant dans la justice et la crainte de Dieu et qui sont opprimés et malheureux, tandis que des pécheurs publics, des chrétiens qui sont une pierre de scandale pour tout un village, une région, sont comblés de biens et voient tous leurs désirs satisfaits. Quel mystère ! Comment discerner les traces dun gouvernement inspiré par la sagesse et la bonté ? Alors il arrive parfois que nous perdions pied, ainsi que le prophète : pene effusi sunt gressus mei, et ce nest pas sans raison que lEglise nous fait réciter chaque semaine (Feria IV, ad Tertiam) le psaume LXXII qui exprime les sentiments du psalmiste à la vue de la prospérité des méchants. Nous apprenons ainsi que de tout temps les justes ont éprouvé de ces tentations de dépit et détonnement. Quand nous sommes assaillis de ces peines, il faut au moins profiter de lexemple du prophète : il est ébranlé mais il nest pas renversé. Pour découvrir le mystère il sest fatigué en vain jusquà ce que, étant entré dans le sanctuaire de son Dieu, il a vu ses doutes se dissiper : donec intrem in sanctuarium Dei et intelligam in novissimis eorum.

    S. Augustin dit à ce sujet : Si je me plains de la Providence quand elle mafflige, je suis perfide à légard de toute la grande famille des enfants de Dieu, je parle autrement que na fait Abraham, que na fait Isaac... que nont fait tous les prophètes. Tous ces saints ont dit quil y a une providence, oserais-je parler autrement ? ai-je plus de sagesse et dintelligence queux ?

    Dans la loi nouvelle ce raisonnement est bien plus fort, parce que le Fils de Dieu a donné lui-même lexemple de la patience au milieu des épreuves. Serais-je donc en discorde avec lui ? Réprouverais-je ce grand modèle de tous les saints ? Ce serait renoncer à ses promesses, à son amour.

    II. Dieu nest jamais pris au dépourvu, il arrive toujours à ses fins, fortiter et suaviter : Voilà ce que nous devons nous rappeler dabord pour raffermir nos prières. Partant de là, dans notre collecte, nous demandons à Dieu deux grâces : la première, déloigner de nous toutes les choses nuisibles, ut noxia cuncta submoveas, et la deuxième, de nous accorder toutes les choses utiles et salutaires, et omnia nobis profutura concedas.

    Il faut que ces grâces tiennent bien au cur pour que lEglise nous les fasse solliciter par les supplications les plus expressives ; cest en suppliants, supplices, cest-à-dire convaincus de notre dépendance que nous nous adressons au Seigneur, comme le solliciteur prosterné aux pieds de celui dont il implore la pitié. Nous le conjurons, exoramus, de nous exaucer, cest lobstination du mendiant. Remarquons encore, comme exprimant la même volonté, la répétition du mot tout noxia cuncta... omnia profutura.

    Noxia ? seraient-ce les disgrâces, la maladie ? Non, si nous sommes vraiment chrétiens, rien de cela ne peut nous nuire, au contraire tout cela nous est utile pour nous humilier, nous purifier. Le divin Maître nous dit que nous ne devons pas craindre même ceux qui voudraient nous ôter la vie, ce qui est la dernière violence à laquelle les hommes puissent se livrer. Quel est le missionnaire qui na pas aspiré au martyre ? Mais le Maître veut que nous craignions, dico vobis hunc timete, celui qui peut perdre notre âme ; cet ennemi si redoutable se nomme le péché, tout péché, soit mortel, soit véniel. Le péché mortel, cela va de soi, inutile donc dinsister ; le péché véniel, parce quil conduit à la tiédeur, parce quil nous prive de bien des grâces, est une source de maux sans nombre ici-bas mais à quoi bon poursuivre ? chacun de nous peut faire appel à sa propre expérience.

    Comme nous sommes exposés à chaque instant et jusquau dernier jour de notre vie, aux atteintes du péché, à toute heure nous devons implorer lassistance divine qui seule peut nous en préserver : te supplices exoramus ut noxia cuncta submoveas..

    Joignons aux vux qui tendent à lexemption de tout mal, des vux non moins ardents qui appellent sur nous les biens salutaires. Nous savons quil ne sagit pas des honneurs, des richesses, des plaisirs de la vie ; si nous en doutions tant soit peu nous ne serions pas venus en mission. Les biens véritables que nous demandons sont donc et ne peuvent être que la ferveur dans le service de Dieu, la patience et la soumission dans les épreuves, lardeur à accomplir nos devoirs détat.

    Ayons toujours présent à lesprit que Dieu est lauteur de tous ces biens, quon ne les trouve quen Lui, quIl les accorde à ceux qui limplorent avec ferveur et humilité : Te supplices exoramus.


    oOo


    Les Petites Vertus.

    Quelles sont ces petites vertus ? Il y en a tant que je renonce à vous les énumérer toutes. Mais, au premier rang, je distingue, comme reines et maîtresses des autres, cette facilité avec laquelle certaines âmes pardonnent les fautes du prochain, bien quelles ne saccordent pas à elles-mêmes une semblable indulgence cette gaîté sympathique qui accroît le bonheur en sy associant cette flexibilité desprit et de caractère qui se plie sans peine aux idées de telle ou telle personne, applaudit naïvement à leur premier jet et sempare de ce quelles ont de bon et de judicieux... cette aménité sereine qui écoute les importuns sans trahir lennui quils causent...

    (Un auteur du XVIIIème siècle)
    1932/481-485
    481-485
    Anonyme
    France
    1932
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