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Pensées pour la retraite du mois 7

Pensées pour la retraite du mois Lincomparable Ami Nous méditions le mois dernier cette parole si consolante pour nous Sicut dilexit me Pater et ego dilexi vos. Celui qui la prononcée ne sest pas contenté de dire quil nous aimait, il la prouvé par ses actes, il na rien épargné pour nous, il sest donné, livré tout entier pour nous. Dilexit nos et tradidit semetipsum pro nobis hostiam Deo.... Par amour pour nous, il sest livré à une mort cruelle, ignominieuse ; il a donné sa vie, son sang, pour nous racheter et nous mériter toutes les grâces.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Lincomparable Ami

    Nous méditions le mois dernier cette parole si consolante pour nous Sicut dilexit me Pater et ego dilexi vos. Celui qui la prononcée ne sest pas contenté de dire quil nous aimait, il la prouvé par ses actes, il na rien épargné pour nous, il sest donné, livré tout entier pour nous. Dilexit nos et tradidit semetipsum pro nobis hostiam Deo.... Par amour pour nous, il sest livré à une mort cruelle, ignominieuse ; il a donné sa vie, son sang, pour nous racheter et nous mériter toutes les grâces.

    Nous ne saurions méditer trop souvent sur la passion et les souffrances que Notre-Seigneur a endurées pour notre amour ; rien nest plus propre à secouer notre mollesse et à exciter en nous un amour plus généreux.

    Mais il est bon aussi de considérer en Notre-Seigneur ses amabilités présentes, si je puis ainsi parler, car sa douloureuse passion est du passé, afin de mieux comprendre quel ami incomparable est pour nous notre divin Sauveur qui nous aime plus que nous ne pouvons nous aimer nous-mêmes.

    Amare est vetie bonum, aimer quelquun cest lui vouloir du bien : Notre-Seigneur est un ami TRÈS BIENVEILLANT ; personne ne nous veut autant de bien que Lui ; notre mère na jamais souhaité ni désiré pour nous autant de bien que nous en souhaite et nous en veut Notre -Seigneur.

    Notre-Seigneur est un ami TOUT PUISSANT qui peut tout ce quil veut, mais qui cependant ne nous fait pas tout le bien quil pourrait et voudrait nous faire, parce quil respecte notre liberté et nous départ ses dons suivant que nous nous prêtons ou que nous résistons à ses avances ; mais vraiment sa puissance na pas de bornes et sil nous trouvait suffisamment bien disposés, il ferait en nous des merveilles. Demandons-lui du moins de nous fortifier puisquil est la Force infinie. Lorsquil vient en nous chaque matin, donnons-lui notre volonté si faible, si lâche et parfois si rebelle. demandons-lui de la façonner à son gré, de lui apprendre à vouloir tout ce quil veut, de la fortifier pour quelle soit plus courageuse, plus vaillante et plus généreuse à son divin service.

    Notre-Seigneur est un ami TRÈS SAGE et TRÈS SAVANT. Il est la Sagesse éternelle, la Science infinie, la Lumière du monde, le Soleil de justice qui ne demande quà nous éclairer. Il est aussi le Maître des maîtres, le Maître unique qui ne demande quà nous enseigner. Profitons-en donc, nous tous qui avons encore tant à apprendre, et mettons-nous résolument, joyeusement à son école, demandons-lui chaque jour quelque leçon: Il nous la donnera si volontiers !

    Par exemple, lorsquil vient en nous chaque matin, offrons-lui notre intelligence si lente, si obtuse, si remplie de ténèbres, dillusions et derreurs : demandons-lui den prendre possession, de la purifier, de la sanctifier, de léclairer, de la diriger, dêtre sa lumière et sa vie. Prsta me menti de te vivere.

    Prions-le de réformer, de rectifier notre jugement, de nous préserver de lerreur, de nous apprendre à penser droitement, à juger sainement. Da nobis recta sapere, afin que nos pensées, nos jugements et nos goûts soient conformes aux siens, que nous estimions ce quil estime et méprisions ce quil méprise.

    Prions-le de nous maintenir dans lhumilité et la vérité, dans la défiance de nous-mêmes et la confiance en lui. Demandons-lui de nous rendre souples et dociles à ses divins enseignements, de nous-instruire et de nous former comme jadis il a instruit et formé ses apôtres, de nous apprendre tout ce que nous devons savoir et enseigner.

    Donnons-lui notre mémoire, lui demandant de la purifier, de la sanctifier, afin que nous nous oubliions nous-mêmes et nous nous souvenions toujours de lui, de ce quil a fait pour nous et de ce que nous devons faire pour lui.

    Donnons-lui notre imagination, le priant de la purifier, de la sanctifier, de diriger cette pauvre folie, de modérer son activité désordonnée, de ne pas la laisser courir après les futilités, les bagatelles, ni surtout après les images impures ou les fantômes troublants, ni ségarer en des rêveries inutiles.

    Notre-Seigneur est un ami TRÈS COMPATISSANT, TRÈS PATIENT, TRÈS MISÉRICORDIEUX. Il connaît toutes nos misères, toutes nos faiblesses ; il supporte nos défauts, nos indifférences, nos ingratitudes, et sa miséricorde ne se lasse jamais de nous pardonner, malgré nos chutes et nos rechutes. Loffenserions-nous cent fois le jouir, il nattend quun mot daveu et repentir sincère pour nous pardonner aussitôt. Non pas, certes, que cet Ami si miséricordieux soit insensible à loutrage ou à lindifférence, personne au contraire ne ressent plus vivement la moindre injure ou la moindre froideur, mais en même temps il est essentiellement incliné vers la misère, surtout vers la misère du pécheur qui savoue et shumilie. Et voilà pourquoi lorsque nous avons eu le malheur de lui déplaire ou de loffenser, il nous faut recourir aussitôt à lui avec une humble confiance, sûrs de sa miséricorde et de son pardon.

    Enfin, comme le dit lImitation : ditectio Jesu fidelis et perseverabilis, Notre-Seigneur est un ami TRÈS FIDÈLE ET PERSÉVÉRANT, qui est toujours avec nous et ne nous quitte jamais, suivant sa parole dans lEvangile : Vos in me et ego in vobis. Lunion corporelle que nous contractons avec Notre-Seigneur par la sainte communion est sans doute transitoire et passagère, et elle disparaît avec les saintes espèces, mais lunion spirituelle, cest-à-dire lunion de notre âme avec le Verbe incarné, demeure nuit et jour, soit quon la considère comme produite par la grâce sanctifiante, soit quon lentende de laction continue de Notre-Seigneur en nous selon lenseignement formel du Concile de Trente commentant la parole : Ego sum vitis, vos palmites, Ipse Christus Jesus tanquam caput in membra in ipsos justificatos jugiter virtutem influit. (Sess. VI, C. 16).

    Cette habitation, cette présence de Notre-Seigneur en nous et de nous en Notre-Seigneur, vos in me et ego in vobis, est assurément très mystérieuse, mais elle nen est pas moins très réelle, très intime et très certaine. Tant que nous sommes en état de grâce, nous pouvons dire comme St Paul : Vivit in me Christus.

    Demandons-lui non seulement de vivre, mais aussi de régner en nous dans toutes nos facultés, dans notre intelligence et notre volonté, de ny rien laisser qui lui déplaise, de sanctifier notre sensibilité, dembraser notre cur du feu de son amour, de nous communiquer ses saintes dispositions, ses vertus, ses sentiments, ses affections et ses désirs. Prions-le de dompter, de maîtriser toutes nos passions, dominare omni advers potestati, et dêtre vraiment dans notre intérieur le Maître absolu, le Roi tout-puissant qui sait se faire obéir en tout.

    Souvenons-nous que cet ami très fidèle, ce Roi de nos curs, nous lui avons juré solennellement fidélité au jour béni de notre sous-diaconat et quil est devenu lEpoux de notre âme. Veillons par conséquent avec la plus grande délicatesse sur notre cur, sur nos sens : ne laissons pas notre cur se prendre ni aux bagatelles de ce monde, ni aux affections sensibles ; notre cur nest plus à nous, gardons-le avec un soin jaloux à notre Ami très fidèle, à notre Epoux bien-aimé.

    Mais pouvons-nous dire que Notre-Seigneur est véritablement le Bien-aimé de nos curs, à qui du matin au soir vont et viennent toutes nos affections ? Nous devrions tant laimer que notre pensée allât toujours vers lui dès que notre esprit est libre, comme la mère pense toujours à son enfant, comme les amants de la terre pensent sans cesse lun à lautre. Cest ce souvenir fréquent, pour ne pas dire continuel, de lêtre aimé, cest ce retour constant de lesprit et du cur vers lobjet aimé, qui prouve la fidélité et la grandeur de lamour. Notre amour pour Notre-Seigneur a-t-il ces marques ? Aimons-nous à penser souvent à Lui ? à nous entretenir avec Lui dans loraison ? Aimons-nous à recourir à Lui dans nos peines et nos difficultés ?

    Il daigne rester nuit et jour dans nos églises où il est souvent bien délaissé, bien solitaire, aimons-nous à le visiter ? Sommes-nous très fidèles à lui donner cette marque damour ? Alors même que nous ne saurions trop que lui dire, aimons-nous à rester à ses pieds, près de lui, pour lui montrer au moins que nous savons apprécier le bonheur dêtre avec lui ?

    Sil en est besoin, resserrons les liens qui nous unissent à notre incomparable Ami, et disons-nous comme les Saints qui sont les vrais Sages : Qui a Jésus a tout ! ou encore : Esse cum Jesu dulcis paradisus.


    1933/477-481
    477-481
    Anonyme
    France
    1933
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