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Pensées pour la retraite du mois 6

Pensées pour la retraite du mois Deus, qui nobis sub Sacramento mirabili. Dans quelque situation que nous puissions être, quels que soient les soucis, les tribulations, les souffrances physiques ou morales, toujours notre confiance en Dieu doit reposer sur deux fondements inébranlables : dabord ses promesses, ensuite notre confiance elle-même ; nous ne sommes timides quautant que nous sommes faibles dans la foi. Nest-ce pas là le reproche quadressait le Sauveur à ses disciples : Quare timidi estis, modic fidei ?
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    Pensées pour la retraite du mois

    Deus, qui nobis sub Sacramento mirabili.

    Dans quelque situation que nous puissions être, quels que soient les soucis, les tribulations, les souffrances physiques ou morales, toujours notre confiance en Dieu doit reposer sur deux fondements inébranlables : dabord ses promesses, ensuite notre confiance elle-même ; nous ne sommes timides quautant que nous sommes faibles dans la foi. Nest-ce pas là le reproche quadressait le Sauveur à ses disciples : Quare timidi estis, modic fidei ?

    Le mois de juin ramène la Fête du Très-Saint Sacrement la Fête-Dieu, ainsi quen France on a coutume de lappeler. LEglise a condensé dans la collecte de cette fête, Deus qui nobis sub Sacramento mirabili... les sentiments et les vux qui répondent le mieux à lidée que nous devons avoir du T. S. Sacrement, et aux besoins de notre âme. Cette oraison, nous la chantons fréquemment... méditons-en chacune des expressions.

    I. Deus, ô Dieu ! Par ce mot unique qui marque le saisissement de lâme en face de la Majesté sainte, nous nous adressons directement à Notre-Seigneur. Le respect se joint ici à la foi pour vénérer dans lauteur de lEucharistie Celui qui a créé les mondes et tient leurs destinées dans ses mains. A deux genoux, nous nous prosternerons devant ces saintes espèces, voile sacré de lhumanité glorieuse de N. S..

    Loraison continue : Deus qui nobis sub Sacramento mirabili Passionis tu memoriam reliquisti... LEglise, pour qualifier ce sacrement, se sert du mot admirable. Aux vêpres du dimanche, en disant le verset du psaume CX memoriam fecit mirabilium suorum . . escam dedit.. notre pensée va à une autre nourriture que celle dont David rendait grâces au Seigneur. Pour nous, cette nourriture est le Verbe fait chair. Combien ce don de Dieu est plus admirable !

    Admirable dans la cause qui a porté le divin Sauveur à instituer lEucharistie : Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusquà la fin. Il ne sest pas contenté de se faire homme pour nous racheter, de mourir pour nous, il a voulu demeurer avec nous sous une forme précise. Rappelons-nous ses touchantes paroles à la dernière Cène : Jai eu un extrême désir de manger cette Pâque avec vous avant que je meure ; je veux me donner à vous tout entier, et dune manière proportionnée à votre faiblesse : prenez et mangez, ceci est mon corps, hoc est corpus meum.

    En quelque lieu que le prêtre prononce ces paroles de la consécration, dans une pauvre chambre, à peine différente dune étable, ainsi quil arrive souvent à nous, missionnaires, les substances matérielles sont changées en la personne adorable de J. C., et cela tous les jours, entre nos mains, et cette nourriture, nous la prenons pour nous-mêmes, nous la distribuons à nos chrétiens ! Quel prodige ! Si le Divin Maître, qui est la Vérité même, ne nous lavait assuré dune manière précise, comment pourrions-nous le croire ?

    Admirable, lEucharistie lest aussi dans ses effets. Cest le pain qui donne la vie. Avec cette manne céleste nous subsistons dans le désert, dans la solitude où nous, missionnaires, vivons presque tous, même ceux qui sont au milieu de populations sympathiques, car la différence de mentalité nous met toujours à part.

    Ce que lEglise se plaît à relever dans la collecte, cest le lien qui unit lEucharistie à la Passion : Sub Sacramento mirabili Passionis tu memoriam reliquisti. Toutes les fois, dit S. Paul, que vous mangerez ce pain et que vous boirez à ce calice, vous annoncerez la mort du Seigneur. Au moment dinstituer ce sacrement, Jésus savait que ses ennemis se préparaient à le mettre à mort ; loin de se détourner, il en fait le mémorial de sa Passion dernier geste dun Père.

    II. Après cela, quelle peut être la prière de lEglise sinon de demander à Jésus que nous vénérions si bien le mystère sacré de son corps et de son sang, que nous éprouvions sans cesse le fruit de la rédemption quil opère : tribue, qusumus ita nos corporis et sanguinis tui sacra mysteria venerari, ut redemptionis tu fructum in nobis jugiter sentiamus.

    Si J. C. a établi, en effet ce lien entre le sacrement de son corps et le mystère de sa passion, cest pour nous un devoir de les unir. En célébrant la sainte messe, en communiant, rappelons-nous donc lamour du Père qui na pas épargné son Fils, mais la livré pour nous, rappelons-nous les abaissements du Sauveur qui sest humilié et sest fait obéissant jusquà la mort de la croix, nous sentirons croître notre reconnaissance et notre amour en proportion de ses bienfaits et nous voudrons imiter les vertus que sans cesse lEucharistie remet sous nos yeux.

    Dans nos visites au Saint Sacrement (visites quun prêtre ne doit jamais omettre ; en voyage, en tournée dadministration les faire en esprit) invoquons à notre pensée le souvenir de la Passion. Cest la sainte Eucharistie, remarque un Docteur de lEglise, qui nous fait aimer la croix ou au moins accepter lunion à J. C. dans la souffrance. Mea omnia tua sunt, et tua mea sunt, disait Jésus parlant à son Père. Nest-ce pas la même communauté qui doit exister entre J. C. et ses prêtres-missionnaires ? communauté de biens et de maux, de combats et de triomphes ; communauté de vues, sa mission est la nôtre : sicut misit me Pater, et ego mitto vos; communauté de moyens, prêcher, consoler, courir après les brebis égarées : cest en simmolant que le Sauveur a racheté le monde ; communauté de destinée : en ce monde mêmes joies et mêmes peines au dernier jour : ego dispono vobis ut sedeatis, ludicantes.

    S. Augustin dit de sainte Monique, sa mère, que cest au sacrement de notre rédemption quelle avait attaché toute son âme par le lien de la foi. On peut rendre le même témoignage de tous les saints, aucun qui ne se soit signalé par un culte ardent à la Passion et à lEucharistie, aucun qui nait puisé dans ces deux amours qui nen font quun, linspiration des plus nobles sentiments.

    Peut-on concevoir un prêtre qui nait pas une foi vive et un amour sincère envers ce Sacrement qui rappelle et explique le mystère de la Rédemption ? Ut redemptionis tu fructum in nobis jugiter sentiamus !
    1932/397-400
    397-400
    Anonyme
    France
    1932
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