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Pensées pour la retraite du mois 6

Pensées pour la retraite du mois Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos. Lauteur de lImitation qui connaissait si bien le cur humain, le cur es religieux et des prêtres, nous donne cet avertissement : Sine amico non potes bene vivere, et si Jesus non fuerit tibi pr omnibus amicus, eris nimis tristis et desolatus. Les sujets de tristesse en effet ne nous manquent pas, il nous faut un ami qui nous console dans nos peines, nous réconforte dans nos insuccès et nos déceptions. Dilectio creatur fallax et instabilis,
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    Pensées pour la retraite du mois

    Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos.

    Lauteur de lImitation qui connaissait si bien le cur humain, le cur es religieux et des prêtres, nous donne cet avertissement : Sine amico non potes bene vivere, et si Jesus non fuerit tibi pr omnibus amicus, eris nimis tristis et desolatus.

    Les sujets de tristesse en effet ne nous manquent pas, il nous faut un ami qui nous console dans nos peines, nous réconforte dans nos insuccès et nos déceptions.
    Dilectio creatur fallax et instabilis,
    Dilectio Jesu fidelis et perseverabilis.

    Voilà qui suffirait déjà à nous faire choisir Notre-Seigneur pour notre unique ami ou du moins notre ami de prédilection ; mais plus encore que la parole de lImitation, il y a la parole de Notre Seigneur lui-même :
    Jam non dicam vos servos, vos autem dixi amicos. Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos. Manete in dilectione mea. Vos amici mei estis, si feceritis ea qu prcipio vobis.

    Admirables, adorables paroles, que nous ne devrions lire ou entendre quà genoux ! Vous êtes mes amis, si vous observez mes préceptes. Je vous appelle mes amis et vous lêtes en effet, je vous aime comme mon Père maime. Vous êtes mes amis, demeurez dans mon amour, dans mon amitié.

    Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos. Comme mon Père ma aimé, ainsi moi aussi je vous ai aimés ; comme mon Père maime, moi aussi je vous aime.

    Il faut toujours en revenir à cette divine parole pour avoir une idée de limmensité, de la grandeur, de la profondeur de lamour de Notre-Seigneur pour nous. Oh ! si nous pouvions pénétrer dans le sanctuaire trois fois saint de ladorable Trinité et contempler lamour du Père éternel pour son Fils unique, son Verbe, Lumière de Lumière, Splendeur de sa Gloire, candor lucis tern, splendor glori eius. Quelle tendresse ! quelle dilection ! quelle complaisance ! quel attachement ! quelle affection ! quelle intimité ! quelle... les mots nous manquent, car cet amour du Père pour le Fils est vraiment ineffable, insondable, incommensurable, incomparable : on nen peut sonder la profondeur, on nen peut mesurer létendue, on nen peut compter toutes les qualités, on nen peut exprimer la perfection, on ne peut le comparer à aucun autre, ou mieux peut-être : aucun autre amour ne peut lui être comparé, car il les dépasse tous infiniment.

    Or ce même amour ineffable, incomparable, cette même tendresse divine dont Notre-Seigneur a été aimé par son Père, Notre-Seigneur la pour nous, la eu pour nous de toute éternité ! Sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos.

    Cest dire que personne au monde, pas même notre mère, ne nous a aimés comme Notre-Seigneur nous aime ; non seulement personne au monde, mais personne au Ciel ne nous aime à ce point. Notre Ange gardien nous aime certes dune affection très grande et très attentive, la Bienheureuse Vierge Marie, voyant en nous les ministres de son divin Fils, nous entoure dune tendresse toute maternelle, mais cet amour de la Sainte Vierge et des Anges pour nous, que dis-je lamour de la Sainte Vierge pour nous, je devrais dire lamour de la Sainte Vierge pour lEnfant Jésus, nest rien en comparaison de lamour que Notre-Seigneur nous porte ; car lamour de la Bienheureuse Vierge Marie pour son divin Fils, tout immense, tout parfait quil soit, a une mesure, une limite, il est fini, tandis que lamour de Notre-Seigneur pour nous est véritablement infini, sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos.

    Jamais, hélas ! nous ne pourrons comprendre tout ce que ces simples mots renferment de divine et ineffable tendresse. O mystère damour ! Le Fils de Dieu, le Verbe incarné, infiniment, éternellement heureux, nous aime tant quil ne peut se passer de nous, comme si nous étions nécessaires à son bonheur, car il daigne nous dire : Manete in dilectione mea. Demeurez dans mon amour, dans lamour que je vous porte ; laissez-moi vous aimer ; nest-ce pas une bonne demeure pour vous que mon amitié, que mon amour ?

    Oui, Seigneur, nous voulons demeurer dans votre amour ; où irions-nous, si nous ny restions pas ? Quel palais, quelle demeure pourrait se comparer à celle-là, à la demeure de votre amour ? Soyez à jamais béni de nous lavoir ouverte et de nous y avoir fait entrer ; faites que nous y demeurions toujours, jusquà lheure où vous nous ferez passer dans les parvis éternels du Paradis.

    Après nous avoir dit de rester dans son amour, Notre-Seigneur nous indique à quelle condition nous y demeurerons. Si prcepta mea servaveritis, manebitis in dilectione mea, sicut et ego Patris mei prcepta servavi et maneo in ejus dilectione.

    Admirons, je vous prie, comme Notre-Seigneur nous assimile à Lui, cest-à-dire nous veut semblables à Lui en toutes choses. De même quil a été aimé par le Père, de même nous avons été aimés par lui ; de même quil a obéi à son Père et gardé ses commandements, de même nous devons lui obéir et garder ses commandements, et alors de même quil demeure dans lamour de son Père, de même nous demeurerons dans son amour.

    Admirons encore davantage, sil est possible, son infinie tendresse qui ajoute : Hc locutus sum vobis, ut gaudium meum in vobis sit et gaudium vestrum impleatur.

    Hc locutus sum vobis, cest-à-dire, dans les instructions que je vous donne et les confidences que je vous fais, je nai en vue que votre bonheur, je veux que vous soyez pleinement heureux. Mon bonheur à moi, ma joie essentielle, cest dêtre aimé de mon Père ; je vous ai fait savoir que vous êtes aimés de moi comme je le suis de mon Père, et je vous ai dit de demeurer dans mon amour, comme je demeure dans lamour de mon Père, afin que vous soyez heureux du même bonheur que moi, du bonheur dêtre aimé de Dieu, afin que ma joie soit aussi la vôtre et quainsi votre joie soit entière, pleine, complète, parfaite, ut gaudium vestrum impleatur.

    Nous le savons de reste, car cest une loi de nature, lamour veut être aimé. Tant quil nest pas payé de retour, lamour est inquiet, lamour est malheureux, la vraie joie ne peut être son partage ; mais quand lamour est aimé, surtout aimé dun Dieu, cest alors la joie pleine, le bonheur véritable.

    Or nous aimons notre divin Sauveur et Maître, sans doute pas autant que nous le voudrions, pas autant surtout quil le mérite, mais enfin nous laimons. Eh bien ! de penser, de savoir que nous sommes aimés par lui dun amour ineffable, sicut dilexit me Pater, et ego dilexi vos, de nous savoir aimés à ce point doit être pour nous la joie des joies, joie profonde, joie durable, joie puissante, capable de dissiper toutes les idées noires, tous les abattements, toutes les lassitudes, et de remonter notre courage au milieu des fatigues et des difficultés de lapostolat : joie essentielle qui peut remplacer toutes les autres et dont labsence ne saurait être compensée par aucun plaisir ni aucun succès.

    Seigneur Jésus, soyez mille et mille fois remercié de nous avoir, par vos paroles bénies, donné cette joie si réconfortante, faites que nous la savourions chaque jour davantage et gardez-nous tous immuablement, irrévocablement fixés dans votre amour par lobservation fidèle de vos moindres préceptes.

    oOo


    La Bonté

    Lorsque Dieu fit le cur de lhomme, il y mit premièrement la bonté. (Bossuet).

    Cest la bonté qui rend Dieu populaire, et lhomme à qui elle manque nobtiendra jamais lamour.... Elle est ce qui ressemble le plus à Dieu, et ce qui désarme le plus les hommes. (Lacordaire).

    Les forçats même, avec lesquels jai demeuré ne se prennent pas autrement (que par la bonté) ; lorsquil mest arrivé de parler sèchement, jai tout gâté ; et, au contraire, lorsque je les ai loués de leur résignation, que je les ai plaints en leurs souffrances, que jai baisé leurs chaînes, compati à leurs douleurs, cest alors quils mont écouté, quils ont donné gloire à Dieu et quils se sont mis en état de salut. (St Vincent de Paul).


    1933/397-401
    397-401
    Anonyme
    France
    1933
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