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Pensées pour la retraite du mois 6

Pensées pour la retraite du mois  SAINT PIERRE, CHEF DES APÔTRES
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    Pensées pour la retraite du mois

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    SAINT PIERRE, CHEF DES APÔTRES

    La vie du Bienheureux Apôtre Pierre, Chef vénéré du Collège Apostolique, est si féconde en enseignements quil nous semble indispensable den noter quelques-uns lors de notre Retraite du mois. Pierre a reçu de Jésus-Christ lordre de confirmer ses frères ; nous nous placerons donc bien volontiers sous sa houlette, assurés que celui qui soutient lédifice de lEglise, nous aidera très efficacement à veiller sur notre foi, sur celle aussi de ceux chez qui nous nous efforçons à grandpeine de limplanter.

    Hébreu de naissance, fils de Jonas ou Jean, de la tribu de Nephthali, Simon naquit à Bethsaïde, dans la haute Galilée, sur le bord occidental de la mer de Génésareth. Ce fut son frère, André, fidèle disciple de Jean le Baptiste, qui lamena vers Notre-Seigneur. Par Jésus-Christ lui-même, Simon tel était le nom quil portait depuis sa circoncision, se vit appeler Cephas, cest-à-dire Pierre. Cétait certes un mystère que ce changement de nom, qui signifiait que cet Apôtre se trouvait être désormais la pierre ferme, le rocher solide sur lequel sappuierait lEglise, inébranlable colonne de la vérité.

    Lheure étant venue pour le Fils de Dieu de former son Collège apostolique, de Pierre, qui jetait à la mer ses filets, Jésus, dune parole, fait à jamais un pêcheur dhommes. La barque, instrument de son métier, devient ainsi comme une parfaite figure de lEglise du Christ, dont lui, Pierre, est le pilote. A lui désormais incombe le devoir, non plus de pêcher des poissons, mais de prendre des hommes dans les filets et par les hameçons spirituels de la prédication sous toutes ses formes : verbale, écrite, exemplaire.

    Que Pierre méritât cet insigne honneur dêtre choisi par Jésus-Christ comme son Représentant fidèle, lEvangile nous le prouve en citant plusieurs circonstances où sa foi fut mise à lépreuve et sortit victorieuse.

    Ne voit-on pas lApôtre, sur lordre de Notre-Seigneur, marcher sur la mer comme sur une terre ferme ? Quand le Maître découvre aux Juifs le mystère adorable de lEucharistie, que sa chair est véritablement une nourriture et son sang un breuvage, alors que ceux-ci, scandalisés, se retirent, Pierre, auquel le Maître demande sil veut, lui aussi, sen aller, répond avec impétuosité : Seigneur, que dites-vous là ? A qui donc irions-tous ? Vos paroles sont des paroles de vie et nous croyons fermement que vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant.

    Cest à peu de jours de là que Pierre fit encore une semblable confession, quand Jésus-Christ voulant savoir, dabord de ses disciples, puis de ses Apôtres, les sentiments des hommes sur sa divine Personne : Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant, sécrie spontanément le Chef du Collège Apostolique.

    Sans doute, la foi de Pierre eut un fléchissement au Jardin des Olives ; mais, si son triple reniement est inexcusable, nous devons le considérer comme un exemple terrible des chutes dues en partie à la faiblesse de la nature. Dailleurs, si nous regardons, dautre part, la pénitence de Pierre et les larmes quil versa pour ce crime, non seulement les trois jours de la mort du Fils de Dieu, mais tout le reste de sa vie, nous serons obligés davouer que ses reniements ont servi avantageusement à sa sanctification et quils sont du nombre de ces fautes qui, selon saint Augustin, sont des occasions dun plus grand bien dans ceux qui sont appelés à la sainteté par les décrets divins. Aussi, quelque grand que fût ce péché, il nempêcha pas Notre-Seigneur, qui a une bonté infinie pour les pêcheurs pénitents, davoir pour Pierre, après sa résurrection, les mêmes sentiments quil avait eus auparavant. Lorsquil apparut à Madeleine, en effet, il lui recommande daller avertir Pierre de sa résurrection ; peu de temps après, il lui apparaît à lui-même en particulier avant de rendre visite à son Collège apostolique, et, bien loin de lui faire des reproches sur son ingratitude et son infidélité, il lui essuie doucement ses larmes et lui remet le cur. Enfin Jésus ne lui retire pas la promesse quil lui a faite de lui confier les clefs du royaume des cieux ; au contraire, comme le remarque fort bien saint Grégoire le Grand, dans lHomélie XXIe sur les Evangiles, il navait permis sa chute, quafin que, devant être le Souverain Pasteur des fidèles, il apprît, par sa propre faiblesse, la compassion quil devait avoir pour les pécheurs et la miséricorde quil devait exercer envers les pénitents.

    Partout, dans les quatre Evangiles, Pierre paraît avec une foi vive et une humilité profonde, surtout après la descente du Saint-Esprit, qui fut plus abondante sur lui que sur les autres Apôtres. Cest alors que nous le voyons rendre publiquement et courageusement témoignage à Jésus-Christ. On se saisira de sa personne, on lemprisonnera, on lui défendra de parler de Jésus-Christ, sans pouvoir obtenir de lui la moindre promesse de se taire, bien au contraire.

    A Jérusalem, dans Lydda dans Joppé, à Césarée, à Tyr, dans Antioche et dans bien dautres villes et bourgades, Pierre distribuera partout et abondamment la parole évangélique, ordonnera des prêtres et des diacres, préposera des évêques à la garde des chrétientés naissantes, guérira de son ombre les malades et délivrera de pauvres possédés.

    Toutefois, si sa mission en Orient semblait toucher à sa fin, Jésus par contre le voulut à Rome et lui ordonna, dans une célèbre vision, daller prendre possession de lOccident.

    Naples le reçut dabord, accompagné de Clément, de Marc, de Martial, dApollinaire et de plusieurs autres disciples. Pierre parla, et le nombre infini des martyrs prouva bientôt le succès de ses prédications. Des sénateurs, des chevaliers, des artisans, se mirent à son école, et les superstitions du paganisme reçurent un coup mortel si violent que lempereur Claude fut obligé de supprimer un certain nombre de cérémonies païennes. Enfin, plein de mérites, Pierre mourut crucifié la tête en bas et les pieds en haut, sur sa demande, car il ne convient pas, dit-il lui-même, que le serviteur soit crucifié comme le maître.

    De cette brève esquisse de la vie de lApôtre, recueillons principalement, nous, missionnaires, le fruit spécial de nous attacher à la doctrine du siège de Pierre, doctrine du Maître lui-même. Que nulle persécution, que nulle difficulté ne puisse jamais nous en séparer. Nous vivons au milieu de païens et dhérétiques qui cherchent à ridiculiser ou à ternir notre foi : restons, comme le roc inébranlables. Ne nous jetons jamais hors de la voie divine. Cest dans 1Eglise seule, figurée par la nacelle de Pierre, quil faut chercher Jésus-Christ et sa doctrine. Puisque nous avons reçu lordre de jeter nos filets en pleine mer, cest-à-dire dans toutes les nations infidèles, allons de lavant, mais en prédicateurs prudents et humbles devant Dieu, nous jugeant bien incapables de tout succès évangélique sans le perpétuel secours divin. Les Anges même de certaines Eglises sont tombés dans lerreur et le schisme : ne nous déclarons pas plus forts queux. Ex vobis ipsis, dit saint Paul aux prêtres dEphèse, exsurgent viri loquentes perversa. Sans remonter aux Origène et aux Tertullien, lumineuses étoiles du ciel : de lEglise, navons-nous pas vu quelques prêtres de notre époque tomber dans labîme de lapostasie ? Ils ont voulu peut-être faire étalage dérudition, de sens critique, de pénétration des Ecritures par vaine gloire, et ils sont tombés, comme une pierre qui se détache de la montagne, en entraînant bien dautres avec elle. Certains furent de ces étincelles qui produisirent un vaste incendie. Arius, in Alexandria, una scintilla fuit ; sed quoniam non statim oppressus est, totum orbem ejus flamma populata est, dit saint Jérôme.

    Lorgueil ou la cupidité fut cause de leur chute : Hresis oritur ex superbia vel cupiditate, prononce saint Thomas. Prenons la ferme résolution dextirper en nous cette double racine de lobscurcissement toujours possible de notre foi. Ouvriers choisis, comme Pierre, pour lexpansion du règne du Christ, pour la propagation de la foi parmi les infidèles, assurons par des actes de foi souvent répétés, notre ferme croyance en Celui qui nous a appelés ; crions-lui notre désir de mourir en sa foi et que, à cette fin, notre prière quotidienne et commune soit : Domine, fac ut stent saceradotes in officiosuo. (II PARALIP. XXXV, 10).

    SACERDOS.

    1924/345-349
    345-349
    Anonyme
    France
    1924
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