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Pensées pour la retraite du mois 6

Pensées pour la retraite du mois Marie Mère de Jésus et des Hommes.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Marie Mère de Jésus et des Hommes.
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    Cest à Bethléem que, les temps accomplis, Jésus naquit de la Vierge Marie. Bethléem, petite bourgade sise à quelque huit kilomètres au Sud de Jérusalem, semble avoir conservé de nos jours un peu de la douceur de Marie et du sourire de Jésus. Son double nom hébreu Ephrata pleine de fruits et Bethléem maison du pain, exprime fidèlement la fertilité de la cité. Bethléem, terre de Juda, nest pas la moindre des principales villes de Juda, car delle sortira le Chef qui doit paître Israël. Il serait trop long de rappeler ici les souvenirs sacrés, qui séchelonnent sur cette route actuelle dHébron, reliant Bethléem à Jérusalem. Cest vraisemblablement la route des Mages, celle aussi prise par le prophète Elie, senfuyant au Sinaï. De cette route saperçoit la Vallée des Pasteurs, le Mont des Francs-Croisés, le tombeau de Rachel, qui mourut et fut enterrée au chemin dEphrata, qui est à Bethléem, dit la Genèse. Et les pleurs de Rachel mourante, évoqués par Jérémie et Saint Matthieu, nous font souvenir du massacre des Innocents. Il nest pas de tradition plus ancienne, plus ininterrompue, plus sûre et plus consolante que celle qui authentique la grotte, maintenant basilique, de la Nativité à Bethléem. Cest dans cette grotte, quen lhiver de lan 7 avant notre ère, eut lieu la naissance Jésus-Christ.

    La foi ne laisse aucun doute, la nature assumée par le Verbe fut une nature humaine, Et homo factus est, et cest Marie qui, dans son sein par lopération du Saint-Esprit, fournit à lHomme-Dieu sa chair et son sang, réalisant une nature humaine, individuelle, concrète et venue de la souche dAdam. Jésus naissant a un corps humain et une intelligence humaine. Le corps souffrira, sera fatigué du chemin, dormira et subira les tourments physiques de la passion et de la mort. Lâme sera triste jusquà la mort de la Croix. Mais, en même temps que Marie donne à Jésus la nature humaine, le Verbe sunit à cette nature et Marie est Mère de Dieu. Diviser Notre Seigneur Jésus-Christ en deux personnes, lune née de Dieu et lautre de Marie, est formellement hérétique. Le corps, conçu par Marie, était vraiment le corps de Dieu, parce quil entrait pleinement dans lunité de la personne du Fils de Dieu.

    Marie est donc réellement Mère de Dieu, et il en résulte pour elle une incomparable et quasi inconcevable grandeur. De son titre de Théotokos et Deipara lui viennent tous ses privilèges. Elle a dailleurs rempli ici-bas tous les devoirs dune mère, qui consistent à aimer son enfant, à le nourrir et à le protéger. Elle en a tous les droits : Jésus a été obéissant, respectueux et soumis, erat subditus illis. Ajoutons que les miraculeuses conditions de la divine Maternité de Marie, conception en dehors de toutes les lois de la nature, enfantement sans douleur, placent si haut la Vierge très sainte, que lEvangile ne lui donne aucun titre, mais lannonce brièvement et éloquemment Marie, dont est né Jésus, appelé le Christ .

    Toutefois, le plus grand, et lon pourrait dire lunique privilège de Marie, Mère de Dieu, fut de rester Vierge en devenant Mère. Marie fut Vierge de corps, dâme et de cur, comme nulle créature ne la jamais été ni ne le sera. Il y a eu et il y aura des Vierges, mais aucune ne peut ni ne pourra se prévaloir de sa virginité dan la même mesure et au même degré que la Sainte Vierge, immaculée, sans tache, qui domina, en reine, tous les mouvementa de ses sens. Vierge avant sa maternité, elle le restera pendant le divin enfantement, et après, jusquà la fin de sa vie.

    Gaudia matris habens cum virginitatis honore,
    Nec primam similem visa est, nec habere sequentem.

    Mais, ne loublions jamais, Marie nest pas seulement Mère de Dieu, elle est aussi mère de tous les hommes, et lhonneur, quelle retire de sa Maternité divine, rejaillit sur lhumanité. La race humaine est glorifiée, lhomme devient Dieu, et la femme Mère de Dieu. Chrétiens que nous sommes, nous sommes lextension et le complément du Christ mystique. Jésus, le Verbe incarné, est la tête du corps mystique, mais la Vierge en est la Mère et notre mère. Associée du Père éternel dans luvre de lIncarnation, cest elle, qui nous communique toutes les grâces, que nous lui demandons, car elle est lomnipotentia supplex. Marie est Mère du Christ dans ses membres, elle est Mère de tous ceux qui se nourrissent, dans lordre surnaturel, du Christ, qui sest lui-même nourri de la Vierge. Enfantant le Vivant par excellence, Marie nous a de même enfantés, et nous sommes devenus fils de la Mère des Vivants. Nous recevons sans doute la vie de la grâce par Jésus dabord et de Jésus médiateur premier, mais il nen reste pas moins certain que Marie coopère à notre vie spirituelle, parce quelle a coopéré à limmolation sanglante du Calvaire. En toute sûreté, il est permis de dire que Marie a voulu, comme son Fils, la Rédemption des hommes, et quelle a, étant Mère de Dieu, régénéré le monde, enfantant et le Christ et les âmes rachetées par Lui sur la Croix. En portant Jésus dans son sein, Marie nous y portait tous, et nous y étions véritablement, parce que nous étions unis à Jésus, comme membres de son corps mystique. Jésus doit à Marie sa vie corporelle, mais nous lui devons notre vie spirituelle ; et lEglise, en nous faisant célébrer trois messes à Noël, nous fait honorer les trois naissances de Jésus-Christ, dabord dans le sein du Père, puis dans le sein de Marie, et enfin dans tous les membres de Jésus-Christ.

    Cest au Calvaire que la compassion de la Vierge, cest-à-dire lunion intime des souffrances de Jésus et de Marie, réalise lenfantement spirituel de tous les chrétiens. Par les mémorables paroles, Femme, voilà votre fils et Voilà votre Mère, le Sauveur promulgue luniverselle Maternité de Marie.

    Alors, cest Marie qui tient la place, non plus seulement de la Mère de Jésus, mais aussi de son Epouse, de lEglise encore inexistante. Dès lors Marie nest plus pour Jésus sa Mère, elle est la Femme par excellence, la Mulier, lEglise, qui donnera des enfants à Jésus. Et Jean, de son côté, synthétise les titres de Prophète, dApôtre et de Vierge, de Martyr et de Confesseur, titres, qui se retrouveront tous dans lEglise, issue du côté du Christ.

    Mère de tous les Chrétiens, Marie reste donc la Mère de tous ceux que nous évangélisons, de tous ceux que nous essayons de faire entrer dans le bercail du Christ, suprême Pasteur. De beaucoup plus loin que Marie, nous réalisons leur rédemption dans le temps. Instruments vulgaires, mais efficaces, nous présentons au Maître de la Moisson nos gerbes dâmes.

    Hélas ! Nous gémissons souvent sur leur pauvreté ; demandons à Marie de leur donner de lopulence et de la richesse. Serviteurs inutiles mais confiants en la toute-puissance de la Mère de Dieu, demandons-Lui de veiller sur nos enfants comme elle veilla sur Jésus son trésor, de les sanctifier par les grâces dont elle est la dispensatrice et de les amener enfin à son divin Fils pour quils soient ses fidèles adorateurs durant léternité.

    SACERDOS.

    oOo

    Le Regina Cli

    Durant le temps pascal, lEglise dans ses offices chante lantienne Regina Cli. Quelle est lorigine de ce chant de victoire en lhonneur de la Reine des Anges ? Ecoutons ce que raconte un écrivain du XIIIe siècle, Durand, évêque de Mende :

    Il faut remarquer, dit-il, que, lorsque dans la ville de Rome sévissait une peste très intense, le bienheureux Grégoire-le-Grand ( VIe siècle), au temps de Pâques, ordonna que limage de la Bienheureuse Vierge Marie conservée dans léglise dAra Cli, et peinte par saint Luc serait portée solennellement en procession. Or, comme elle savançait en tête du cortège, les assistants entendirent soudain trois voix danges qui chantaient au-dessus de la sainte image :

    Regina cli, ltare, alleluia !
    Quia quem meruisti portare, alleluia !
    Resurrexit sicut dixit, alleluia !

    Le chur angélique se tut ; mais aussitôt le bienheureux Grégoire, transporté dune sainte allégresse, osa unir les supplications de la terre à lhymne des Anges, et il sécria :

    Ora pro nobis Deum, alleluia !

    Lantienne pascale était composée. Cependant tout le cortège sétait agenouillé dans un même sentiment dallégresse et de reconnaissance ; il écoutait, ravi, la séraphique mélodie dont les échos allaient se perdre au sein des nues, quand le Pontife, les yeux fixés vers le ciel, aperçoit lAnge du Seigneur sur la cime du mausolée dAdrien, tenant en main un glaive tout sanglant, quil essuie et quil remet dans le fourreau. Cétait dire : Dieu est apaisé et la peste ne fera plus de victimes (26 mars 590). De fait, à linstant même, le fléau cessa.

    En mémoire de ce prodige, le môle dAdrien et le pont en face furent appelés le fort et le pont Saint-Ange. Au sommet de la forteresse, à lendroit même de lapparition, fut dressée une statue colossale représentant lAnge exterminateur dans lattitude où lavait vu saint Grégoire.


    DELEGATIO APOSTOLICA
    IN SINIS
    ___ PÉKIN le 25 Avril 1927.


    Aux ILL.mes ET RÉV.mes VICAIRES ET PRÉFETS APOSTOLIQUES DE LA CHINE,

    SALUT EN NOTRE SEIGNEUR.

    VÉNÉRABLES FRÈRES,

    Maudits, nous bénissons ; persécutés, nous le supportons ! (I Cor. IV. 12). Exalter dignement, en invoquant ce témoignage de lApôtre, la force dâme des Ouvriers Evangéliques, est pour moi un honneur et une grande joie. En ces jours funestes, en effet, ils font briller cette force dun éclat de plus en plus vif et confirment, en lui donnant un plus grand lustre, la glorieuse tradition des Missions Catholiques.

    Il ny a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis (Jean XV, 13). Quel spectacle !... alors que les dangers de toutes sortes pressent de prendre la fuite, nos prêtres, à lexemple du Bon Pasteur, pour ne pas laisser là leurs brebis, nont pas craint de sacrifier même leur vie. Aux RR. Pères Dugout et Vanara, lun et lautre empourprés de leur sang, nous offrons, pénétrés de piété et damour, le but de nos larmes, mais aussi nous les regardons comme un nouvel auguste ornement de nos Missions.

    Les secours et la protection, qui nous sont apportés doffice et par dévouement, nous les recevons avec très grande reconnaissance, sans préjudice cependant de la liberté de lapostolat chrétien : Cest pour le Christ que nous faisons les fonctions dambassadeurs. Cest pourquoi : Nous ne nous affectionnons pas aux choses de la chair, mais nous nous affectionnons aux choses de lEsprit. S. Paul dit : En effet, nul de nous vit pour soi-même et nul ne meurt pour soi-même. Soit donc que nous vivions, soit que nous mourrions, nous appartenons au Seigneur (Rom. XIV, 7-8).

    Je manquerais cependant à mon devoir, si je ne conseillais aussi la prudence, pour ne pas sexposer inconsidérément à perdre la vie. La charité est patiente... mais elle nest pas inconsidérée. N. S. Jésus-Christ dit : Lorsquon vous poursuivra dans une ville, fuyez dans une autre (Math, X, 23) ; mais, autre chose est chercher pour un temps léloignement du péril, autre chose abandonner la Mission et quitter la Chine.

    Ainsi donc, tant que lon peut, sans grand détriment pour les âmes, au milieu de dangers pressants, trouver la vie sauve, il ne faut rien négliger pour arriver à cette fin. Surtout quand il sagit des Surs, des Vierges, des filles de la S. Enfance, la prudence doit être dautant plus stricte, que pour elles il y a de plus grands dangers. En outre, sachons que ce qui touche au salut des âmes impose une charge bien autrement grave que la direction ordinaire des uvres de charité ou des Ecoles.

    Etroitement uni à Vous, Vénérables Frères, je proteste contre les injustices, et, avec Vous dans la patience et la prière, avec assurance jattends, après la tempête, des jours sereins.

    Le peuple Chinois est un peuple depuis longtemps civilisé ; ses hommes dEtat, conscients de leurs devoirs, ne méconnaissent pas les exigences du Droit des Gens. Quant à nous, nous ne demandons, pour les Ouvriers Evangéliques et pour les fidèles, que la sécurité et la liberté et le droit commun (S. P. Pie XI, Ep. ad Vic. Ap. Sinarum). En attendant, le Vicaire de Jésus-Christ Vous bénit avec la plus grande affection et Vous encourage.

    Dès que les grandes eaux seront apaisées, chrétiens et païens reconnaîtront pour avéré, quen toute chose nous nous rendons recommandables, comme des ministres de Dieu, par une grande constance dans les tribulations ; que, amis sûrs, nous nentreprenons rien contre les droits légitimes de la Chine ; bien plus, que, absolument en dehors de tout parti politique, nous ne cherchons et ne chercherons jamais, par nos actes et dans nos paroles, quà procurer à la Chine le vrai progrès, et la paix, et la prospérité.

    Marchons sur les traces des Martyrs et des Confesseurs, nos prédécesseurs, et, puisque nous avons consacré au Cur très-doux de la Bienheureuse Vierge Marie nos personnes, nos forces, notre vie, nos uvres et nos biens, prions-la de nous délivrer des atrocités de la guerre et de nous placer en sécurité sous sa protection.


    LE DÉLÉGUÉ APOSTOLIQUE.
    Signé : CELSE COSTANTINI ARCHEV. DE THEOD.

    1927/329-333
    329-335
    Anonyme
    France
    1927
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