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Pensées pour la retraite du mois 4

Pensées pour la retraite du mois Fiançailles de Saint Joseph. A lépoque où Joseph échangeait sa robe élégante de fils de famille pour la sombre tunique de lartisan et quittait, non sans tristesse, sa chère bourgade de Bethléem, naissait lincomparable Enfant dont Dieu le préparait à devenir lépoux.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Fiançailles de Saint Joseph.

    A lépoque où Joseph échangeait sa robe élégante de fils de famille pour la sombre tunique de lartisan et quittait, non sans tristesse, sa chère bourgade de Bethléem, naissait lincomparable Enfant dont Dieu le préparait à devenir lépoux.

    Marie avait été obtenue par ses parents au prix de supplications, de larmes, de rigoureuses humiliations. A sa mère, Anne, avaient été imposées les épreuves autrefois subies par son homonyme, la femme dElcana, mère de Samuel. En effet, lhistoire dAnne, mère de Samuel, est, dans son ensemble, lhistoire dAnne, mère de Marie.

    Celle-ci avait épousé Joachim, appartenant à la branche cadette de la famille de David. Il semble que cette lignée eût conservé, mieux que la principale, la piété et les vertus de laïeul. Anne, elle-même, était de la tribu de Lévi. Il avait paru convenable à la Providence que la Vierge-Mère et le Messie, Prêtre et Roi, fussent issus du sang des Princes mêlé par une alliance à celui des prêtres.

    Les ancêtres de sainte Amie appartiennent à la classe des Esséniens mariés.

    Le premier enfant, quAnne mit au monde dans la maison de son père, fut une fille, mais qui nétait pas lenfant de la promesse. On lui donna le nom de Marie. On sait quelle épousa, quelque vingt ans plus tard, Cléophas et quà son tour elle fut mère de Marie, dite Marie de Cléophas, et la grandmère de Simon, de Josés, de Jacques et de Jude, que saint Mathieu nomme les Frères du Seigneur. Cette première fille, Marie, mise au monde par Anne fut donc réellement la sur de la Sainte Vierge.

    Daprès dantiques traditions, il passa sur la Galilée un souffle dallégresse la nuit où la Vierge ouvrit les yeux à la lumière. Dans les parcs, les agneaux et les chevreaux bondissent ; dans les airs, les tourterelles sassemblent, volent en cercle, roucoulent, comme aux lueurs dune aurore.

    Daprès les calculs les plus probables, Marie naquit à Jérusalem, vingt ans avant lère chrétienne, pendant la grande fête des Tabernacles, entre le 4 et le 11 Tissri, soit exactement entre le vendredi 20 et le vendredi 27 septembre 734 de lère romaine.

    Le quinzième jour après la naissance devait avoir lieu comme cétait lusage pour les filles limposition du nom. Le Seigneur avait choisi lui-même, comme il a été dit, celui que porterait sa Mère : Miryâm, dont nous avons fait Marie.

    Ce nest pas ici le lieu de décrire les premières années de la Sainte Vierge, son entrée au Temple où elle demeura jusquà lâge de quatorze ans, âge où les jeunes filles élevées au Temple retournaient dans leurs familles et dordinaire se fiançaient. Marie et six de ses compagnes, ayant atteint cet âge, furent donc invitées à se préparer au départ. Sans doute, Marie est engagée par vu de chasteté perpétuelle à rester unie au Seigneur, mais le grand-prêtre Simon, auquel la candide enfant confie son secret, se contente de sourire. Simon, fils de Btheos, homme très vieux et ne pouvant marcher quappuyé sur dautres prêtres, lui déclare sa promesse sans valeur, car le Seigneur na pu la ratifier étant contraire à la Loi. Et comme la jeune fille lui répond par des larmes, le grand-prêtre, quand même ému, lui annonce quil lui choisira un mari, digne delle, de ses qualités, de sa famille, qui, loin de lentraver dans sa recherche de la perfection, se fera un devoir de la seconder.

    Aussi voyons-nous, le lendemain de cette scène, avant que les trompettes des lévites néveillent la cité, le grand-prêtre présider limmolation de lagneau, réciter le Schema et lAlenou, puis faire le sacrifice du Parfum. Cest alors que le Pontife, ouvrant le rouleau du Livre sacré, lit ce texte : Un rameau sortira du tronc de Jessé et de ses racines une fleur jaillira. Puis cet autre : Moïse parla aux enfants dIsraël, et tous les princes lui donnèrent une verge, chacun tenant la sienne selon leurs maisons, soit douze verges et la verge dAaron était parmi les autres. Moïse les déposa devant Jehovah dans la tente de réunion. Le lendemain, Moïse retourna dans la tente du témoignage et voici que la verge dAaron avait fleuri pour la tribu de Lévi ; il y avait poussé des boutons, éclos des fleurs et mûri des amandes

    La scène dantan ne pourrait-elle pas se renouveler ? Le miracle que Dieu a opéré pour désigner le gardien de son arche dalliance, ne daignera-t-il pas laccorder aux prières de la sainte jeune fille élevée sous ses regards ? Avec une assurance qui létonne, le timide vieillard décide de recourir à lépreuve des verges pour connaître le fiancé à qui sera confiée la merveilleuse enfant.

    Il quitte le sanctuaire ; au bruit des clochettes qui pendent à sa robe ses jeunes auxiliaires se pressent pour le soutenir. Il enlève léphod et le pectoral tandis que retentissent au dehors les sistres, les harpes et les cymbales.

    Sans retard, le grand-prêtre exécute son projet. Sur son ordre les descendants de David encore célibataires sont convoqués au Temple. La plupart, habitant Bethléem et les environs, nont à faire que quelques heures de marche. Joachim étant mort durant le séjour de sa fille au Temple, Anne arrive en hâte de Nazareth. Cest à ses côtés quau jour marqué Marie se présentera devant les prétendants. Ils la savent pourvue dune considérable fortune, et cette raison seule suffit à plusieurs pour souhaiter vivement sa main. Mais, de plus, ils nont jamais vu dé jeune fille dune pareille grâce et dune modestie aussi exquise.

    A chacun des jeunes gens une branche sèche est remise par le Pontife. Ils sont invités à y attacher leur nom et à la tenir en main durant la prière et le sacrifice. Lholocauste terminé, les branches seront recueillies et placées sur un autel dressé devant le Saint des Saints. Le prétendant dont la verge fleurira sera lépoux de Marie. Lépreuve durera la journée entière.

    Mais, le lendemain, le grand-prêtre constate avec surprise quaucun rameau na changé daspect. Il en informe les prétendants. Cet échec ne rebute pas le Pontife. Il apprend que tous les descendants de David nétaient pas présents à la réunion. Un des absents lui est, sans doute, signalé dune façon spéciale. Enfui de la maison paternelle, il mène par esprit de renoncement une vie dobscurité et de travail. Qui sait sil nen adviendra pas pour lui comme pour son ancêtre David, que le prophète Samuel oignit de préférence à ses frères. Convoqué au Temple par le Pontife, le Saint hésite à sy rendre. Que lui parle-t-on de mariage ? Na-t-il pas, à douze ans, voué à Dieu sa virginité ? Le Seigneur, quil consulte dans la prière, lui manifeste sa volonté. Il faut quil aille, accepte la main de la jeune fille qui lui sera proposée et devienne le gardien de son inviolable chasteté.

    Joseph arrive, voit le grand-prêtre, reçoit de lui la branche mystérieuse et la tient en sa main durant le sacrifice. Au moment où lon se dispose à la placer sur lautel devant le Saint des Saints, il en sort une fleur blanche semblable à un lys. En même temps une colombe merveilleuse descend sur lépaule de lhumble ouvrier. Plus de doute : Joseph est lépoux désigné par le Seigneur. Les prêtres le conduisent à Marie et à sa mère. Les deux fiancés nont pas encore échangé une parole, mais par leurs regards ils se sont promis dans le Seigneur une inviolable fidélité.

    Les fiançailles duraient dordinaire une année entière, elles avaient un caractère aussi définitif que le mariage ; la fiancée infidèle était lapidée comme la femme coupable.

    Sainte Anne veut que les fiançailles de ses enfants soient somptueuses. Elle durent sept jours selon lusage et se célèbrent à Jérusalem, au pied du mont Sion.

    Joseph, à peine âgé de trente ans, était vêtu dune tunique bleue rayée. Magnifique était aussi la robe procurée par sainte Anne et que Marie portait en la circonstance, si riche même que lhumble Vierge avait hésité à la revêtir.

    Les fiançailles de Joseph et de Marie sont dabord le triomphe de la pureté réciproque, puis le principe de toutes les grâces et gloires de Saint Joseph. Choisi de Dieu pour garder inviolable le dépôt de la virginité de son épouse, Joseph gardera lui-même cette virginité, mais il confiera la sienne en retour à Marie. Habent aliquid jam non carnis in carne. Il y a de lange en cette double virginité, comme il y aura plus tard du divin dans lunion très étroite entre le Verbe fait chair et Marie, Vierge après lenfantement. Dieu nunit ces deux natures humaines que pour leur faire produire quelque chose de spirituel. La Trinité ne conjonctionne ces deux astres que pour que de leur lumière en jaillisse une troisième, Soleil de justice et damour, indépendante cependant delle et dune essence infiniment plus sacrée.

    Si de lincomparable pureté de Joseph et de Marie est né Jésus, appelé Christ, si joseph est le délégué de la Providence pour conserver lhonneur de Marie, son gardien perpétuel, quelle intégrité virginale ne doit pas avoir tout prêtre qui touche chaque jour la chair de Jésus et la distribue aux âmes ! Aux prêtres aussi Dieu demande dêtre des anges pour garder les dépôts quil leur a confiés : son Fils et les âmes. Léminente dignité des prêtres leur impose donc la réserve et la modestie, la fuite du monde, le désir de la mortification sous toutes ses formes et lobligation de la prière. Nos chrétiens ne nous sont pas donnés au même titre que Marie à Joseph ; ils nous sont simplement confiés pour un temps et ce serait unes usurpation sacrilège de notre part que de nous les réserver. Toutes les âmes sont vouées uniquement à Jésus-Christ ; elles sont ou doivent être ses épouses, et ce serait un véritable adultère même de notre esprit, si nous les recherchions et si nous voulions nous y reposer. Nous ne devons aimer dans les âmes que Dieu, dont nous ne sommes que les gérants et les trésoriers, les humbles serviteurs : servus servorum Dei, comme sappelle le Pape, vicaire de Jésus-Christ. Ainsi que saint Joseph, qui toute sa vie conserva le plus profond respect pour Marie, gardons, nous aussi, prêtres, le respect des âmes. Avec elles, sans doute, nous avons des relations constantes ; quelles soient toujours dignes, condescendantes, affables comme le furent dès le jour des fiançailles celles de Joseph et de Marie. Alors, des bénédictions fécondes se répandront sur nos ouailles, notre ministère sera béni et nous aurons la joie de découvrir aux nations, comme Joseph, le Verbum absconditum, Jésus-Christ, le Roi des intelligences, des curs et des volontés.

    SACERDOS.

    Saint JOSEPH, toujours et partout, se soumet à la volonté du Créateur et sabandonne avec une confiance sans bornes à sa sagesse et à sa bonté paternelle. Il ne se trouble point ; il ne se livre point à linquiétude ; il ne conçoit aucune tristesse ni aucune appréhension, comprenant que cette défaillance de lâme outrage Dieu de la manière la plus sensible, car elle est comme un doute de sa bonté et une défiance de sa providence, plus attentive à nos besoins que la mère la plus tendre.

    St. Français de Sales.

    1928/193-198
    193-198
    Anonyme
    France
    1928
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