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Pensées pour la retraite du mois 4

SOMMAIRE du No 28 Avril 1924 Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS)199 Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU)202 Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô (Fin)(CH. CESSELIN)214 Journal dun futur Missionnaire (1865-72) (suite)224 VARIA. Pays charmant !237 Un Mariage difficile239 Chronique des Missions et des Etablissements communs Nécrologe241 BULLETIN de la Société des MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS 3e ANNÉENº 28AVRIL 1924
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    SOMMAIRE
    du No 28 Avril 1924

    Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 199
    Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU) 202
    Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô
    (Fin)(CH. CESSELIN) 214
    Journal dun futur Missionnaire (1865-72) (suite) 224
    VARIA. Pays charmant ! 237
    Un Mariage difficile 239
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Nécrologe 241

    BULLETIN
    de la Société des
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS

    3e ANNÉE Nº 28 AVRIL 1924
    ___________________________________________________________________________

    Pensées pour la retraite du mois

    LÉVANGÉLISTE SAINT MARC

    Cueillons dans luvre de lEvangéliste saint Marc quelques pensées pour la retraite du mois davril. Fidèle secrétaire de saint Pierre, celui-ci confident des pensées du Maître, Marc nous révélera les enseignements du Christ dans la mesure où nous chercherons nous mêmes à les connaître par lEvangile.

    Marc (pour certains, Jean Marc), fils de cette pieuse femme nommée Marie, propriétaire du logis où se retira Pierre lors de sa sortie miraculeuse de prison, avait reçu dans sa jeunesse une saine éducation. Juif dorigine, de race sacerdotale, daprès Bède, il fut un des premiers disciples de Pierre après la descente du Saint-Esprit, disciple si particulièrement chéri de lApôtre quil lappelle son fils, comme layant engendré dans le Christ. Rien donc détonnant que Marc ait rédigé, sur le désir des auditeurs de Pierre, un mémoire concernant la doctrine qui venait de leur être oralement transmise par le premier successeur de Jésus-Christ.

    Clément dAlexandrie atteste le fait, fait conservé par lhistorien Eusèbe.

    Ecrit à lusage de lecteurs romains, lEvangile de Marc détaille les murs juives et les coutumes israélites qui leur sont inconnues. Il concentre surtout sur la personne de Jésus lesprit des néophytes, expliquant ses miracles, donnant les preuves de sa divinité, faisant clairement ressortir la sublimité de sa doctrine. On la remarqué avec beaucoup de justesse, ce quil fallait montrer avant tout à ces Romains, cétait le Dieu fort, le conquérant des siècles à venir, bien plus que le Sauveur dIsraël. Et tel il se manifeste dans saint Marc. Sans aucun préambule, Jésus apparaît dans la pleine maturité de la vie et dans lépanouissement de sa toute puissance. Il commande en maître à la maladie, à la mort, aux démons. Rien nétait plus propre à saisir limagination romaine, qui séprenait dadmiration pour tout ce qui lui semblait fort.

    Les paraboles que raconte saint Marc ont trait surtout à 1 universelle évangélisation du monde, au salut des Gentils et à létablissement de lEglise catholique, dont Rome devait être le centre. Les faits auxquels saint Pierre participe spécialement sont décrits avec minutie et revivent sous nos yeux avec leurs moindres circonstances. Tels la guérison de la belle-mère de Pierre et la résurrection de la fille de Jaïre. On reconnaît là le témoin oculaire au nom de qui lécrivain tient le calame. Même les fautes de Pierre et tous les événements propres à lhumilier sont relatés exactement. Mais, encore une fois, lauteur partout et toujours cherche à prouver la messianité de Jésus, Homme-Dieu, Fils du Tout-Puissant.

    Et cest, pour notre époque actuelle qui nie la divinité de Jésus, une magistrale et divine réponse faite depuis des siècles que cet Evangile de saint Marc ! Aussi son Evangile est-il le seul historique et digne de croyance, daprès les comparatistes modernes.

    Si nous navons pas à réfuter les théories des Loisy, des Couchoud, des Salomon Reinach, etc., passés maîtres en lart de solliciter les textes et de disséquer les critères internes daprès leur mentalité personnelle, nous avons du moins, nous, missionnaires, le devoir personnel de connaître intimement la personne humano-divine de Jésus, et la mission de le défendre selon nos moyens intellectuels contre ceux qui, daventure, nous feraient part de leurs doutes ou de leurs défaillances intérieures concernant le Maître. Nous sommes persuadés de lutilité réelle pour nous de connaître le Christ des Evangiles : sommes-nous convaincus que ces Livres Saints doivent être notre nourriture quotidienne ? Le missionnaire est lhomme de Dieu, mais il demeure aussi très particulièrement lhomme de la Bible. Les protestants qui nous coudoient dans toutes les parties du champ que nous évangélisons avec ardeur, sont des distributeurs de Bibles tronquées et de vérités frelatées : à nous de leur donner la réplique ; à nous de traduire intégralement et authentiquement ces Synoptiques, ces Actes, ces Epîtres, ainsi que tous ces livres de lAncien Testament, et de les distribuer à notre tour. Encore faudra-t-il que nous ayons dabord étudié et compris nous-mêmes ces textes. Attende lectioni, disait saint Paul à Timothée : que cet ordre soit nôtre ; quil demeure une règle pour nous, qui navons peut-être pas parcouru les Saintes Lettres, comme Timothée, depuis notre enfance. La lecture publique de lEvangile est particulièrement confiée au diacre dans la hiérarchie ecclésiastique ; à plus forte raison, sa lecture et son explication conviennent-t-elles plus amplement au prêtre. Il ny a pas si longtemps que le Pontife suprême Léon XIII, dans lEncyclique Providentissimus Deus, écrivait : Nous souhaitons et nous désirons que cens-là surtout qui ont été appelés par la grâce de Dieu dans les Ordres sacrés mettent de jour en jour un plus grand soin et un plus grand zèle à lire, à méditer, à expliquer les divines Ecritures ; rien nest plus conforme à leur état. Puis, après avoir cité lexemple de Jésus-Christ et des Apôtres, le glorieux Pontife ajoutait : Que tous, surtout les soldats de larmée sacrée, comprennent bien... quelle estime ils doivent avoir de la sainte Ecriture, avec quel zèle... il leur faut sapprocher de cet arsenal. Et, pour donner plus de poids à ses désirs, avant de conclure il enjoint aux évêques de veiller à ce que les prêtres de leurs diocèses respectifs lisent et étudient la Bible. Employez, leur dit-il, employez avec ardeur votre autorité, et multipliez vos exhortations, afin que ces études demeurent en honneur et quelles prospèrent dans les Séminaires et dans les Universités qui dépendent de votre juridiction. Quelles y fleurissent purement et avec succès, sous la direction de lEglise, suivant les salutaires enseignements et les exemples des saints Pères !

    Soyons donc fidèles à la lecture quotidienne de lEvangile. Cette étude mettra du paradis dans nos journées parfois tragiquement morcelées dennuis et de douleurs. Surtout si, comme notre bonne Mère et notre Reine, nous savons conserver dans notre cur tout ce langage empreint déternité. Maria conservabat omnia verba hc, conferens in corde suo.

    SACERDOS.

    1924/199-202
    199-202
    Anonyme
    France
    1924
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