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Pensées pour la retraite du mois 3

Pensées pour la retraite du mois JÉSUS RESSUSCITÉ Le Missionnaire ressuscité selon lesprit. Avril est rayonnant de joie pascale. Dans toutes les églises éclate lAlleluia et partout se chante la sainte Résurrection. Cest Jésus sorti du glorieux sépulcre : suivons-Le donc avec amour durant notre retraite du mois.
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    Pensées pour la retraite du mois

    JÉSUS RESSUSCITÉ

    Le Missionnaire ressuscité selon lesprit.

    Avril est rayonnant de joie pascale. Dans toutes les églises éclate lAlleluia et partout se chante la sainte Résurrection. Cest Jésus sorti du glorieux sépulcre : suivons-Le donc avec amour durant notre retraite du mois.

    Le passage du Christ de la mort à la vie est lévénement le plus authentique et le plus divin de lhistoire humaine. Surrexit Dominus vere. Il y a certitude absolue, manifeste, éclatante. Physiquement mort devant des témoins oculaires, mis au tombeau par des disciples nullement fraudeurs, Jésus sest ressuscité sans quune surexcitation mentale, sans quun état visionnaire ait eu le temps de semparer de ses apôtres et de ses amis, qui, désireux de croire à sa résurrection, auraient transformé leur véhément désir en une réalité fictive comme le suggèrent nos rationalistes modernes.

    Les Evangélistes sont des historiens trop sincères pour inventer une légende ; Thomas est trop incrédule ; le témoignage de Paul est trop positif pour laisser place à quelque pieuse corruption ; les apparitions du Sauveur sont trop nombreuses et trop diverses, quant aux personnes et quant aux lieux ; la tradition chrétienne reste trop unanime pour ne pas suffire à donner un parfait démenti aux contradicteurs modernes. Laissons enfin de côté les adhérents à lultra-néo-théorie de lectoplasme, qui prétendent que le Christ ressuscité nest quune apparence médiumnique corporelle, puisque leur théorie vient dêtre scientifiquement qualifiée de supercherie grossière.

    La résurrection de lHomme-Dieu parachève donc son uvre terrestre sur les âmes. LEglise militante peut se disperser dans lunivers ; le royaume de ceux qui doivent former le corps mystique de Jésus peut désormais sétendre.

    Et nest-ce pas grâce à nous surtout, missionnaires, sagement guidés par nos Evêques unis au Siège Apostolique, que ce corps mystique saccroît tous les jours, puisque tous les jours lEglise missionnaire plante sous quelque latitude un pied-à-terre au Seigneur, quelle transformera progressivement en une définitive demeure ? Mais (comme le premier dentre nous le développait magnifiquement) lhistoire de chacune de nos Missions corps partiel mystique du Christ, progresse plus ou moins vite, à travers plus ou moins dobstacles, au prix dun effort plus ou moins dur et souvent plus ou moins sanglant. Elle grandit dans lhumilité, elle sorganise dans la souffrance, puis se divise et se multiplie.

    Oui, certes, il nous faut dabord mourir, si nous voulons vivre nous-mêmes et faire vivre les autres de la vie en Jésus Christ. A nous de ressusciter selon lEsprit : Si consurrexistis cum Christo, qua sursum sunt qurite, qu sursum sunt sapite. Selon le divin Exemplaire, sachons mourir toute notre vie durant : mourir aux convoitises de notre orgueil, aux appétits de notre sensualité, à la recherche désordonnée de notre sécurité matérielle du lendemain, aux envies malsaines et aux rivalités mesquines. Affranchissons-nous de ces mille servitudes que nous impose le monde, nous séparant de ses maximes et de ses frivolités.

    Comme celui du Christ, notre royaume nest pas de ce monde : soyons des hommes à vues surnaturelles, des hommes de foi. La foi est comme un sixième sens, le supplément des autres, le sens du Christ, lil de linvisible, lentendement chrétien. Il y a trois vies qui se disputent notre activité : linstinct, qui fait la brute et lhomme animal ; la raison pure, qui, dans létat de déchéance actuelle, ne fait que le sophiste ; la foi enfin, qui seule fait le vrai chrétien.

    Au seuil du temple, à laube de notre vie, le ministre sacré nous interrogea : Quid petis ab Ecclesia Dei ? et nous répondîmes : Fidem.

    Nous avons donc dû vivre, depuis ce solennel moment, dune vie de foi, cest-à-dire pensant, parlant et agissant comme le Christ.

    Nous ne réaliserons pleinement cette vie quen nous séparant du péché, de ses racines même, quen nous affranchissant de tout ce qui est créé, quen nous libérant de lhumain, quen nagissant enfin que par mobile surnaturel : Vivo ego, jam non ego, vivit vero in me Christus. Faisons régner Dieu dans nos curs et dans nos consciences, dans les curs et dans les consciences de ceux confiés, à notre sollicitude pastorale ; alors, de même que le Christ ressuscité ne meurt plus, nous vivrons de Dieu et pour Dieu, maintenant ici-bas, en attendant de pouvoir un jour chanter lAlleluia de la céleste Liturgie.

    SACERDOS


    1923/203-205
    203-205
    Anonyme
    France
    1923
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