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Pensées pour la retraite du mois 3

SOMMAIRE du No 27 Mars 1924 Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS)137 Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU)140 Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô (suite)(CH. CESSELIN)151 Journal dun futur Missionnaire (1865-72) (suite)159 Le Concile National de Chine171 Chronique des Missions et des Etablissements communs Nécrologe172 BULLETIN de la Société des MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS 3e ANNÉENº 27MARS 1924
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    SOMMAIRE
    du No 27 Mars 1924

    Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 137
    Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU) 140
    Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô
    (suite)(CH. CESSELIN) 151
    Journal dun futur Missionnaire (1865-72) (suite) 159
    Le Concile National de Chine 171
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Nécrologe 172

    BULLETIN
    de la Société des
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS

    3e ANNÉE Nº 27 MARS 1924
    ___________________________________________________________________________

    Pensées pour la retraite du mois

    SAINT JOSEPH

    Le mois de Mars se trouve, dans la liturgie de lEglise, spécialement consacré à saint Joseph et cette dévotion nest pas nouvelle. Les âmes contemplatives la reçurent dabord et en firent leur nourriture ; celles qui préfèrent la vie active sien saisirent ensuite et sen réconfortèrent dans leur dévouement envers Dieu et envers le prochain ; le peuple des travailleurs récemment sy attacha et prit saint Joseph comme modèle. Toutefois cest dans les communautés religieuses surtout quelle devint florissante. Sainte Thérèse létablit solidement au Carmel ; saint Vincent de Paul la favorisa dans ses maisons et plaça sous son patronage les séminaires internes de sa double famille ; il la propagea dans les séminaires confiés à la Congrégation de la Mission, comme M. Olier le fit pour ceux dirigés par ses fils dévoués. La Société des Missions-Étrangères aussi tient à honneur de propager le culte de saint Joseph dans les régions qui lui sont confiées et elle le reconnaît comme son avocat particulier dans toutes les difficultés que lui causent ou les hommes ou les temps.

    Hélas ! Lépoque actuelle devrait plus que toute autre voir saint Joseph honoré, glorifié, aimé. A lheure où nous devons tourner nos curs angoissés et nos mains suppliantes vers Dieu, pour quil sapitoie sur nos rangs clairsemés, pour quil nous envoie des auxiliaires, ne serait-il pas utile et bon que nous demandions à saint Joseph dintercéder pour nous auprès de la Majesté divine ? Chacun sait le crédit de saint Joseph au ciel et, pour mieux létablir, on se plaît à répéter les paroles de sainte Thérèse : Pour les autres Saints, dit elle, il paraît que Dieu ne leur accorde de nous secourir que dans telle ou telle nécessité ; mais, pour saint Joseph, je sais par expérience quil peut nous secourir en toute occasion. Or que veut par là nous faire entendre le Seigneur, si ce nest que, comme sur la terre il voulut lui être soumis, de même dans le ciel il fait tout ce que le Saint lui demande ? Plus simplement parlant, on peut dire que sa puissance découle dune double source : de la bonté de Marie et de la libéralité de Jésus, ou mieux du pouvoir que Joseph continue à exercer sur Jésus et sur Marie.

    Sil jouit dès lors dune si prodigieuse influence, à nous de savoir en profiter ; à nous de lui exposer nos besoins personnels, matériels ou spirituels. Il fut pauvre : nous le sommes plus que jamais et, en interrogeant lavenir, la richesse ne se découvre pas et ne semble point devoir de si tôt sabaisser sur les terres ingrates que nous évangélisons et que nous travaillons à la sueur de notre front ; sueur précieuse, dailleurs, essuyée par les mains délicates de lEnfant Jésus, comme elles essuyaient jadis celle qui perlait sur lauguste visage du charpentier de Nazareth. Si nous avons des ennuis ou des tracas, confions-les à celui qui reçut les confidences célestes et qui dut fuir en toute hâte vers lEgypte pour conserver son double trésor. Noublions pas que le captif de lEgypte, en cela semblable à lancien Joseph, reste chargé du haut du ciel de tous les prisonniers terrestres, de nous tous qui formons la grande famille humaine. Ne sommes-nous pas, en effet, captifs de mille manières différentes ? Captifs du démon, qui nous a vaincus par ses ruses et ses violences ? De nos péchés, qui nous emprisonnent dans les liens les plus tristes ? De nos imperfections, que nous navons point le courage de vaincre ? De nos concupiscences, qui cherchent à étendre sur nous leur emprise ? Captifs de nos souffrances, de nos infirmités, de nos erreurs ? Captifs de mille captivités que nous voyons et de mille autres qui se dérobent aux regards trop peu vigilants de notre âme ? Mais que ce soit notre consolation, notre joie, notre espérance, de savoir que nous tous, avec tous nos frères, nous pouvons nous remettre entre les mains de Joseph, et que ce quil ordonnera de nous sera sagement ordonné, car le Seigneur est avec lui et dirige toutes ses uvres.

    Nul saint, dailleurs, ne paraît mieux indiqué que celui-là même qui reçut de Dieu la garde terrestre de sou Fils bien aimé, et nul ne nous conduira plus sûrement dans le chemin de la vertu parfois si difficile, que lHomme juste de lEvangile. Nous ne savons point encore aimer effectivement lamère douceur de la souffrance et la croix paraît lourde à nos épaules peu vaillantes. Que saint Joseph vienne à notre aide, quil ouvre à nos regards ces trésors de lenfance et de la vie cachée du Seigneur à Nazareth, quil nous introduise dans ces régions privilégiées qui nont point léclat de la vie ressuscitée ni lamertume de la vie crucifiée, mais qui se présentent devant nous comme une terre bénie où nous pourrons nous reposer et progresser sans relâche jusquà ce que nous soyons affermis dans la vertu !

    Puis, lorsque nous aurons passé notre vie dans lexercice de la prière, de la mortification, de la souffrance ; lorsque, fatigués des vains bruits du monde, nous demanderons à Dieu de nous rappeler de cette vallée de larmes, ne nous sera-t-il pas utile alors dappeler à notre secours le trop heureux, le trop privilégié vieillard, qui vit veiller auprès de lui à son heure dernière Jésus-Christ et la Vierge, le visage serein:

    O nimis felix, nimis o beatus
    Cujus extremam vigiles ad horam
    Christus et Virgo simul astiterunt
    Ore sereno !

    Aucune époque dans lhistoire ne vit pareille envolée dâmes humaines vers le ciel pour paraître devant le Juge. La mort planait hier sur les champs de bataille ; elle fauchait en aveugle toute cette belle fleur de la jeunesse contemporaine, sans sinterrompre de cueillir en tout temps les fruits de lâge mûr et de lenfance, puisquen un clin dil des milliers dâmes senvolaient du Japon voilà six mois à peine, et que des centaines denfants meurent aujourdhui de famine en Russie. Pourquoi, durant ce mois de Mars, ne pas recommander particulièrement au Patron de la bonne Mort, saint Joseph, toutes ces agonies et tous ces trépas ?

    Pour nous aussi prions-le, car qui sait si nous ne sommes pas au ferme de notre carrière ? Tout au moitis, recommandons-lui dès maintenant notre dernière heure. Accordez-nous, ô Joseph, dans cet instant suprême qui décidera pour jamais de notre sort, ce parfait détachement de cur qui vous permit de quitter, sans résistance à la volonté divine, les Etres que vous aimiez si tendrement, votre Epouse et votre Fils. Nous nous voyons encore jusquà ce jour remplis dattaches dangereuses qui nous lient de mille manières à nos possessions terrestres, à nos parents, à nous-mêmes : préparez-nous donc dès maintenant, par des dispositions plus généreuses et plus saintes, afin quà lheure de la mort, lorsque nous entendrons lappel divin, nous puissions obéir au commandement du Seigneur, sans déchirement et sans tristesse, afin que nous puissions sans obstacle voler en avant,, sous le souffle du Saint-Esprit, comme un vaisseau dont toutes les ancres sont levées et qui vogue vers la haute mer en liberté !

    SACERDOS.

    1924/137-140
    137-140
    Anonyme
    France
    1924
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