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Pensées pour la retraite du mois 3

Pensées pour la retraite du mois. Jésus au Temple. Il est peu de scènes dans lEvangile plus singulières que celle rapportée par saint Luc (II, 41-51) nous décrivant Jésus au milieu des Docteurs dIsraël, Docteur éminent lui-même à lâge de douze ans.
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    Pensées pour la retraite du mois.

    Jésus au Temple.

    Il est peu de scènes dans lEvangile plus singulières que celle rapportée par saint Luc (II, 41-51) nous décrivant Jésus au milieu des Docteurs dIsraël, Docteur éminent lui-même à lâge de douze ans.

    LEnfant de Bethléem et dEgypte a, en effet, grandi. Depuis longtemps il est à Nazareth. Lheureux Enfant ! Ses jours se passent paisibles et le temps développe harmonieusement son petit corps, tandis que son cur souvre candide aux émotions du dehors et aux impressions du dedans. Luc, médecin, la diagnostiqué et noté : Jésus croît physiquement selon la loi de la nature : Puer autem crescebat et confortabatur (II, 40). Son intelligence, régulièrement aussi sépanouit. Ses voisins en sont témoins, qui peuvent lentendre balbutier le Décalogue, apprendre les préceptes du Deutéronome et lire les Saints Livres, calligraphiés par Marie, sa Mère, durant son séjour au Temple.

    A ce Temple, lheure a sonné pour lui dy aller, car voici la Pâque et, daprès lécole dHillel, tout enfant doit se rendre au sanctuaire de Jérusalem dès quil peut gravir seul la sainte montagne en donnant la main à son père. Or la septième année de notre ère a paru et la douzième depuis la naissance du Fils de Dieu sest levée.

    Nous ne raconterons ici ni les péripéties du voyage en caravane, ni les embarras inévitables de Jérusalem, où se trouvent des milliers de pèlerins, ni la disparition de Jésus et les angoisses de Joseph et de Marie. Nous écouterons plutôt et méditerons simplement les paroles graves tombées des lèvres de lEnfant retrouvé quand sa Mère lui demande la raison de son absence : Pourquoi me cherchiez-vous ? Ne saviez-vous pas que je dois moccuper des affaires de mon Père. Etranges paroles, à la vérité, et que ne comprirent sur le moment, dit lEvangéliste, ni Joseph ni Marie, anxieux du lien légal et temporel qui les reliait à leur fils, à ce fils, plus soucieux, lui, du lien mystique et vraiment éternel qui lattachait à son Père.

    Ces paroles, remarquons-le, sont les premières de Jésus consignées dans les Evangiles. Elles sont la charte proclamant le but et même la fin de sa venue sur terre, de son Incarnation. Jésus a quitté son Père en qualité de mandataire et pour soccuper des affaires de son Père, affaires qui concernent le genre humain au premier chef, puisquil sagit de la Rédemption. Joseph, de plus, nest pas son père ; son Père, cest Dieu, et Jésus déclare demblée sa divinité. Quelle étonnante révélation ! Un enfant de douze ans sintituler Fils de Dieu, et prendre les intérêts de Dieu, quel inconcevable mystère !...

    Ce mystère depuis longtemps sest partiellement éclairci pour nous, prêtres et missionnaires, devenus conscients de lamour infini de Jésus pour sa créature. Et, pour répondre à cet amour, nous avons peut-être, nous aussi, dit un adieu brusque et douloureux à nos parents effrayés de notre vocation dapôtre ; nous leur avons fait connaître que les affaires divines nous appelaient et que nous devions les quitter pour le temple où nous nous consacrerions au service de Dieu et des âmes, car lheure vint pour nous aussi dêtre les envoyés de Dieu, comme son Fils, et daccomplir en définitive les mêmes étonnants prodiges. Nous savions que nous venions de Dieu comme Jésus, et que nos chers parents, en réalité, ne nous avaient donné que notre corps, alors que notre âme était de création divine. Nous voulions aller à Dieu sûrement et donc nous avions lobligation de nous occuper avant tout des choses de Dieu. Lappel divin, concrètement formulé par nos supérieurs, nous a de plus mis en devoir de veiller aux intérêts spirituels de nos frères en humanité. Aussi, volontairement, comme Jésus, avons-nous quitté parents et amis, champs et villes, pour le Temple, où nous nous sommes-formés dabord au service divin, puis, de ce Temple, dispersés pour courir lExtrême-Orient et bâtir à notre tour de petits temples et modeler des âmes à leffigie de Jésus et de Dieu. De ces âmes, il y a diverses catégories et toutes doivent nous être chères. Mais il nous est recommandé fortement à notre époque par le Pape, notre chef, den distinguer, den choisir, den réserver parmi les plus pures et les plus saintes pour le service des autels. Nous avons, certes, un ministère de conquête auprès des multitudes païennes ; mais, ne loublions pas, nous devons actuellement concentrer nos efforts à la recherche dâmes dignes dêtre élevées au sacerdoce. En restant au milieu des docteurs de lancienne loi, Jésus nous apprend à nous tenir au milieu de ceux qui seront plus tard docteurs dans la Loi nouvelle. En demeurant au Temple, Jésus nous enseigne aussi que la vie religieuse, la vie du Temple, où les affaires du siècle ne pénètrent point, reste la voie la plus sûre et la plus courte pour gagner le ciel. Au Temple, rapprochés de Dieu, comme au Curé dArs devant le tabernacle, nous avons enfin, plus quailleurs, la garantie de notre salut personnel, lunique et indispensable couronnement de notre vie.

    A nous donc de méditer profondément cet épisode du Temple, cette première manifestation de la relation directe du Christ à son Père. Prenons comme résolution de nous occuper davantage des affaires spirituelles qui nous sont confiées ; de réaliser au mieux cette vie de mission que, dès lâge le plus tendre peut-être, nous avons librement choisie : vie de dévouement aux âmes, vie réservée pleinement au service de Dieu.

    SACERDOS.

    Que tout missionnaire sefforce dêtre prédicateur, catéchiste, confesseur, rien nest plus légitime et plus nécessaire ; mais il faut quil aspire à être, avant tout et par dessus tout, homme de prière. Plus il le sera, plus il pourra légitimement espérer faire du bien dans le poste, quel quil soit, qui lui est confié et être vraiment pour lui le bon pasteur.

    Répétez-vous donc souvent à vous-même : Je suis lhomme de la prière ; jai été placé dans ce poste surtout pour prier. Cest ma principale fonction. Je dois être le supplément de la dévotion souvent si faible et si imparfaite de mon peuple, supplementum devotionis populorum. A moi de prier pour ceux qui ne prient pas ; à moi de bien prier pour ceux qui prient mal !
    1926/137-140
    137-140
    Anonyme
    France
    1926
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