Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pensées pour la retraite du mois 2

Pensées pour la retraite du mois La Réparation consolatrice Outre la réparation dont nous parlions ces derniers mois et qui tend à rendre ou à procurer à Dieu la somme de gloire dont nos infidélités l'ont privé, il en est une autre que l'on pourrait appeler réparation consolatrice, vu qu'elle s'adresse spécialement à Notre Seigneur et qu'elle a pour but de le dédommager et de le consoler des outrages et des offenses qu'il reçoit dans le Saint-Sacrement.
Add this
    Pensées pour la retraite du mois

    La Réparation consolatrice

    Outre la réparation dont nous parlions ces derniers mois et qui tend à rendre ou à procurer à Dieu la somme de gloire dont nos infidélités l'ont privé, il en est une autre que l'on pourrait appeler réparation consolatrice, vu qu'elle s'adresse spécialement à Notre Seigneur et qu'elle a pour but de le dédommager et de le consoler des outrages et des offenses qu'il reçoit dans le Saint-Sacrement.
    Cette sorte de réparation, demandée par Notre Seigneur lui-même lors de ses apparitions à Ste Marguerite-Marie, fait partie intégrante, sinon essentielle, de la dévotion au Sacré-Coeur et elle est depuis longtemps en usage parmi les âmes ferventes, mais le Souverain Pontife veut qu'elle se répande de plus en plus parmi les fidèles, et son encyclique Miserentissimus Redemptor, \ de communi expiatione Sacratissimo Cordi Jesu debita ", a pour but principal de recommander à tous cette réparation consolatrice tant désirée par Notre Seigneur.
    Après avoir rappelé le devoir que nous avons de compenser l'indifférence, l'oubli, les offenses, les outrages, les injures que subit l'Amour incréé, Pie XI ajoute : " La justice exige cette compensation, car l'offense faite à Dieu par nos crimes doit être expiée et l'ordre violé doit être rétabli par la pénitence ; mais l'amour la demande aussi, car nous devons compatir au Christ souffrant et rassasié d'opprobres, et lui apporter, selon notre petitesse, quelque consolation, ut Christo patienti ac saturato opprobriis compatiamur eique nonnihil solacii pro tenuitate nostra afferamus.
    Et ensuite le Souverain Pontife de rappeler les plaintes de Notre Seigneur à Ste Marguerite-Marie, les pratiques pieuses demandées par lui à sa fidèle servante, notamment la communion réparatrice et l'heure sainte ; par où il est manifeste dont il sagit prend figure de consolation apportée au Christ souffrant non seulement dans son corps mystique, dans cette Eglise dont il est le chef et que l'on persécute, mais encore et surtout souffrant en lui-même, dans sa sainte humanité.
    Or cet aspect " consolateur " de la réparation crée pour certains esprits une difficulté qu'ils ont peine à résoudre. En effet le Christ ressuscité étant désormais glorieux et impassible, comment les offenses et l'ingratitude des hommes pourraient-elles l'atteindre et troubler sa béatitude, et en quoi aurait-il besoin d'être consolé et réconforté ?
    Cette difficulté disparaît, si l'on considère que Notre Seigneur étant Dieu, et Dieu étant dans un présent éternel, sans passé et sans avenir, il s'ensuit que les péchés des hommes, ceux qui ont été commis il y a dix siècles, ceux qui se commettent aujourd'hui, ceux qui se commettront dans deux ans ou dans deux siècles, tous sont éternellement présents à Dieu avec tous leurs effets et leurs suites ; ils étaient donc tous présents à Notre Seigneur au cours de sa douloureuse passion. Ce divin Sauveur ressentit alors dans son âme et dans son corps des souffrances atroces, mais temporaires et qui ne se renouvelleront plus ; seulement il savait et voyait fort bien que ces souffrances étaient causées par les péchés déterminés de tels et tels hommes qu'il connaissait et cornait encore en détail ; il n'y a pas un coup de fouet de sa flagellation, pas une épine de sa couronne, pas une goutte de son sang versé, où sa Sagesse divine ne puisse mesurer et n'ait en effet mesuré exactement la part de responsabilité qui revient à chacun de nous, pour chacun de nos actes coupables. C'est donc en réalité à chaque instant, hier, aujourd'hui et demain, que la malice des hommes, en commettant le péché, pose la cause réelle et efficace des souffrances endurées par notre divin Maître. Et c'est ce qui nous aide à comprendre le vrai sens de ses plaintes : lorsque, par exemple, parlant à Ste Marguerite-Marie de l'ingratitude des hommes, de leur froideur, de leur mépris, il ajoute : "Cela m'est plus sensible que ce que j'ai souffert dans ma Passion", il ne veut certainement pas dire qu'il ait actuellement à subir des douleurs plus grandes que celles de son agonie et de son crucifiement, mais seulement que ces douleurs physiques dont le souvenir nous semble, à bon droit, si effrayant, n'étaient rien auprès des tortures morales de son Coeur, et que ces tortures morales, leur cause est tout entière dans la froideur et l'indifférence actuelles des hommes à l'égard de son sacrement d'amour. Par conséquent, au moment où ces péchés, jadis prévus, se commettent dans la suite des temps, il peut montrer son visage douloureux d'autrefois, qui attend de ses amis les consolations désirées.
    Et ces consolations, il est en notre pouvoir de les lui apporter maintenant et à toute heure, pour une raison analogue à celle qui vient d'être exposée.
    Au milieu des souffrances de sa passion, après la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l'abandon de ses apôtres, notre divin Sauveur rencontra sur la voie douloureuse la compassion de sa Sainte Mère, celle de Véronique, celle des saintes femmes, il vit au Calvaire Madeleine et Jean qui avaient accompagné la Sainte Vierge, et le spectacle de ces âmes aimantes le réconforta.
    En outre, parce qu'il lisait dans l'avenir et que son regard pénétrait les siècles, il voyait aussi comme réellement présentes et opérantes toutes les démonstrations d'amour, de gratitude, de dévouement, toutes les ferveurs de la dévotion réparatrice qui devaient se produire dans la suite des âges et mettre ainsi d'avance un adoucissement à ses maux. Ce baume de notre compassion, nous ne l'avions pas encore versé et pourtant il le sentait déjà couler sur ses blessures, parce qu'il était pour lui aussi réellement existant que l'huile et les aromates des Galiléennes. Tout ce qui s'est fait depuis dixneuf cents ans, tout ce qui se fera jusqu'à la fin des temps, d'actes réparateurs, a été mis alors sous ses yeux et s'est répandu dans son âme pour son réconfort et sa consolation.
    Ce sont là des vérités communément admises et que l'encyclique Miserentissimus nous rappelle en quelques mots : Quod si Propter peccata quoque nostra, qu futura quidem erant sed proevisa, anima Christi tristis facta est usque ad mortem, haud dubium quin solacii nonnihil jam tunc ceperit etiam e nostra, item prvisa, reparatione. Atque ita Cor ejus sacratissimum quod ingratorum hominum peccatis continenter sauciatur, etiam nunc mira quidem sed vera ratione solari possumus ac debemus.
    Faut-il ajouter une autre considération plus simple, sinon plus certaine, c'est à savoir que le Christ ressuscité et glorifié, pour lit être désormais inaccessible à la douleur, ne l'est pas à la joie. Au bonheur essentiel dont il jouit dans la contemplation de l'essence divine, d'autres joies accidentelles, d'autres consolations personnelles peuvent être ajoutées. Ces consolations, les méchants les lui refusent en ne l'adorant pas, en ne l'aimant pas, en ne le visitant pas, en ne le recevant pas dans son sacrement d'amour, mais il appartient aux âmes ferventes, il nous appartient à nous, ses prêtres et ses amis, de les lui donner, abondantes et toujours renouvelées par la ferveur de notre dévotion eucharistique, de notre dévotion réparatrice.
    Nous connaissons de longue date les plaintes si touchantes de notre divin Maître au sujet des âmes qui lui sont consacrées, qui sont au nombre des privilégiées de son amour et qui n'ont pour lui que froideur et indifférence ; n'aurait-il pas lieu parfois de nous adresser ces mêmes plaintes ? Ny a-t-il jamais chez nous d'irréverences, de négligences, de froideur à son endroit ?
    Nous savons qu'il désire des " communions réparatrices " ; nous mettons-nous en peine de lui en procurer ? Enseignons-nous à nos ouailles (on en trouve partout, en Chine comme au Japon, aux Indes comme au Tonkin ou en Annam, des âmes de bonne volonté qui ne demandent qu'à être instruites et formées à la piété), enseignons-nous à nos ouailles la nécessité, l'utilité, la convenance de la réparation, de la réparation consolatrice ? Avons-nous jamais pris soin de faire connaître la doctrine de l'encyclique Miserentissimus aux âmes qui sont en état de la comprendre ?
    Et pour notre propre compte, pratiquons-nous cette doctrine ? Faisons-nous parfois un peu d'adoration réparatrice, ou quelque visite au Saint Sacrement réparatrice? Ne pourrions-nous pas de temps à autre, ne serait-ce qu'une fois ou deux par an, dire une messe réparatrice, une messe à laquelle nous apporterions vraiment tous nos soins, tout le recueillement et toute la ferveur possibles, et que nous dirions afin de réparer nos négligences, nos distractions, nos irrévérences ou nos froideurs pendant la célébration des saints mystères ? Et l'heure sainte, l'avons-nous jamais faite ? Ne pourrions-nous de temps en temps, une fois le mois par exemple, prendre une heure pour accomplir cet exercice si agréable à Notre Seigneur ? N'ou blions pas que plus nous veillerons à pratiquer la réparation et à consoler le Coeur de notre divin Maître, plus il nous comblera de ses grâces et plus il bénira les travaux de notre apostolat.

    "
    1935/73-77
    73-77
    Anonyme
    France
    1935
    Aucune image