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Pensées pour la retraite du mois 2

Pensées pour la retraite du mois JÉSUS ET LA LOI, LE PRÊTRE ET LA BIBLE. Comme tout enfant venant en ce monde dans une famille chrétienne, Jésus apprit sur les genoux de Marie à glorifier Dieu son Père et but avec le lait maternel le lait de la doctrine mosaïque. Réfléchissons donc, nous, missionnaires, durant notre retraite de Février, sur notre diligence actuelle à nous assimiler, comme le divin Nazaréen de jadis, les Saintes Ecritures.
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    Pensées pour la retraite du mois

    JÉSUS ET LA LOI, LE PRÊTRE ET LA BIBLE.

    Comme tout enfant venant en ce monde dans une famille chrétienne, Jésus apprit sur les genoux de Marie à glorifier Dieu son Père et but avec le lait maternel le lait de la doctrine mosaïque. Réfléchissons donc, nous, missionnaires, durant notre retraite de Février, sur notre diligence actuelle à nous assimiler, comme le divin Nazaréen de jadis, les Saintes Ecritures.

    Marie, Mère de Jésus, avait appris au Temple le sens caché des Saints Livres. Ses maîtresses lavaient initiée à la délicate transcription de la Loi et des Prophètes sur de longs parchemins, quelle conservait dans une riche étoffe. Aussi était-ce une vraie joie pour elle de les dérouler chaque soir, et surtout le jour du sabbat, et de les méditer avec Jésus et Joseph. Jésus se trouvait réellement favorisé son heure nétant pas encore venue, dentendre les explications de sa Mère et se enseignements.

    Comme Jésus, nous avons été favorisés, nous aussi, pour découvrir, même avant notre adolescence lévitique, les mystérieuses sentences bibliques. Un prêtre, sans grande érudition peut-être, mais zélé, mais pétri desprit de foi, nous avait révélé cette Lettre divine dictée par lEsprit-Saint lui-même. Puis de nous-mêmes nous avons parcouru hâtivement, hélas ! durant notre grand séminaire, lenchaînement de ces deux Testaments de notre Père, qui nous parlaient dune patrie dont nous sommes exilés encore pour un temps. Enfin lheure des travaux apostoliques ayant sonné, nous avons poursuivi personnellement létude du Livre par excellence, moins peut-être dans son texte original que dans certains livres ou revues le glosant et le commentant.

    Et ce fut là notre grand tort. Coûte que cotte attachons-nous, en effet, à la lecture journalière du texte, car Dieu y a condensé plus que ne pourra jamais épuiser nul génie, car Dieu y a réservé plus que ne pourra jamais fournir le travail de tous les siècles. A dire vrai, ce que nous cherchons, la plupart dentre nous, dans ces traités spéciaux dEcriture Sainte ou dans ces revues à chroniques bibliques, nest trop souvent quune vaine curiosité, quand ce nest pas une manie de critique historique ou une passion philologique déplacée. Or, legendo et inhiando, comme sexprime saint Augustin, cest-à-dire par lalliance étroite de la prière suppliante du labeur personnel, voilà seulement comment sera saine et savoureuse notre herméneutique sacrée.

    Malheureusement nos temps actuels se prêtent mal à cette sorte détude. Nous perdons des heures à diluer lEcriture, alors que nous devrions en cohésionner les parties et nous les assimiler dans un ordre logique et imposant. La Tradition, lEglise enseignante, Dieu surtout, nous sont de sûrs garants de lauthenticité des Livres saints ; que nous importe donc, à nous missionnaires de la brousse, les interprétations dun Loisy, les subtilités fleuries dun Renan, les propositions dun Guignebert ou les assertions dun Harnack ? Ce qua voulu Dieu, en multipliant les versions et leurs variantes et en nous frustrant en partie des originaux, cest de nous attacher à lesprit plutôt quà la lettre des Ecritures, cest de nous en faire savourer le sens intime et général, plutôt quun passage imprécis nuageux.

    Que la Bible reste donc notre liber sacerdotalis et notre arsenal théologique. Quelle soit le foyer central où sattisera la flamme de notre oraison et quelle demeure le perpétuel rendez-vous de nos pensées : Hac meditare, in his esto (Tim. IV, 15).


    Lun des nôtres, dont la voix sest éteinte de ce monde, mais dont les écrits nous restent comme une mine précieuse (sa Sainte Bible méditée entre autres), avait particulièrement bien compris ce précepte paulinien qui met du paradis dans nos journées ! Comme notre frère dans le Christ, prenons pour fil conducteur de nos études bibliques cette maxime de saint Angustin : Primo igitur umbra prcessit, secula est imago, erit verilas ; umbra in lege imago vero in Evangelio, veritas in cleslibus, et comme lui, nous lespérons, nous aurons le bonheur de voir le Verbe-Dieu pleinement et pour léternité.

    SACERDOS


    1923/69-71
    69-71
    Anonyme
    France
    1923
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