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Pensées pour la retraite du mois 2

Pensées pour la retraite du mois Union à Jésus et à sa Croix. Jentre aujourdhui dans la solitude, ô Jésus, pour ne penser quà Vous. Je veux prés de Vous faire ma retraite du mois. Mes occupations journalières, matérielles, intellectuelles, spirituelles, je les abandonne pour quelques heures et je réfléchis dans le calme sur ma vie de prêtre.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Union à Jésus et à sa Croix.

    Jentre aujourdhui dans la solitude, ô Jésus, pour ne penser quà Vous. Je veux prés de Vous faire ma retraite du mois.

    Mes occupations journalières, matérielles, intellectuelles, spirituelles, je les abandonne pour quelques heures et je réfléchis dans le calme sur ma vie de prêtre.

    Elle devrait être une vie dunion avec Vous, ô Jésus ; mais hélas ! Mille fois hélas ! Je la dissipe et la consume en musant avec des riens. Méditation, messe, bréviaire, visite et chapelet sont à ma disposition quotidienne comme autant de moyens ordinaires dentretien cur à cur avec Vous. Jen use parcimonieusement, ô Jésus, avec peu de foi, avec encore moins damour souvent. Vos paroles, vos suggestions divines, devraient, comme une rosée féconde, dilater à chaque instant les intimes profondeurs de mon être. Souvent jécoute vos paroles et je réponds à vos suggestions ; mais que de fois ne suis-je point semblable au disque enregistreur, demeurant froid et immobile tant que laiguille de la douleur physique ou morale négratigne pas de sa pointe mon corps ou mon âme. Les traverses, la maladie, les difficultés et les ennuis me poussent vers Vous, ô Jésus ; mais nest-ce pas que je Vous importune plus des détails de ma vie, compliquée par les événements du jour, que de mes élans spontanés damour ? Je Vous aime à cause de vos bienfaits reçus ou à recevoir, mais il est si rare que je Vous aime uniquement parce que Vous êtes mon Ami et mon Frère !!!

    Cest pourtant cette raison qui devrait me faire Vous aimer ! Vous aimer, Jésus, parce que Jésus ; Vous aimer, Jésus, parce que Dieu, simplement, candidement : que cest bon et que cest doux ! Faire abstraction, en soi et pour soi, même de vos grâces et de vos dons, ô Jésus ; ne sentir que la loi dattraction qui cohésionne et fusionne nos deux curs ; ne plus vivre moi-même, mais Vous laisser vivre en moi, ô Jésus, nest-ce pas la perfection ?

    Isaïe, votre Prophète, exprimait bien cette intimité dunion que je cherche et que je désire, quand il disait : Non vocaberis ultra derelicta, et terra tua non vocabilur amplius desolata ; sed vocaberis voluntas mea in ea et terra tua inhabitata ; quia complacuit Domino in te, et terra tua inhabitabitur.

    Oui, Seigneur, quand Vous habitez une âme, Vous y faites tout germer : racines, feuilles, fleurs et fruits ; Vous faites, en somme, que sa volonté se fasse sur la terre comme au ciel. Sa volonté, Seigneur Jésus, cest-à-dire la Vôtre et celle de votre Père, car il existe alors entre Vous et elle une intime relation, une singulière communication : Quicumque fecerit voluntatem Patris mei qui in clis est, ipse meus frater et soror et mater est !

    Vraiment, ce que Vous désirez, ô Jésus, cest une union plus réelle que celle de la chair, Vous voulez élever lâme, mon âme, à une parenté proche de la nature divine : consors divin natur !

    O Jésus, comme jen suis loin ! Jai la volonté de faire votre volonté ; jai le désir de Vous donner mes forces et ma vie même, sil le faut... mais que de réticences souvent dans ces abandons !

    Et pourquoi ces réticences ?

    Uniquement, ô Jésus, parce que jai peur de la croix, de votre Croix, que Vous avez tant aimée et que Vous faites également porter à ceux que Vous aimez. Vous le savez, ô Jésus, Vous savez bien que je préfère trop souvent les félicités humaines, les joies de la terre, toutes les consolations de la nature à votre Croix ! Vous aimer, oui ; mais souffrir pour Vous...! Je redoute trop de porter cette croix de la souffrance physique ; jappréhende trop ces croix intimes du cur, peines intraduisibles que je garde secrètes ; croix réelles, croix imaginaires parfois, que mon esprit se plaît à sculpter !

    Je connais, dit sainte Thérèse, une personne (et cest delle- même quelle parle) qui, depuis quarante ans, na jamais passé un seul jour sans douleur. Mais elle comptait tout cela pour peu de chose, lorsquelle considérait que, par ses grandes infidélités, elle avait mérité lenfer. Dieu conduira par dautres chemins les âmes qui lont moins offensé. Pour moi, je choisirai toujours celui de la souffrance, quand il ne sy rencontrerait dautres avantages que dimiter Notre-Seigneur Jésus-Christ ; mais à combien plus forte raison le dois-je choisir, quand, à ce premier avantage, il sen joint un si grand nombre dautres !

    Que je suis loin, ô Jésus, de cet état dâme de votre Epouse, et même que de mal ai-je à comprendre la paix sur la Croix, quaimait à se prêcher à lui-même un de vos disciples contemporains, le Père de Ravignan !

    O Jésus ! Ma résolution de retraite du mois sera de Vous aimer en aimant votre Croix, de la regarder chaque jour comme mon unique trésor, de my attacher et de mourir sur elle, si Vous le désirez, pour votre gloire et pour mon salut !

    SACERDOS.


    1922/45a-47a
    45a-47a
    Anonyme
    France
    1922
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