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Pensées pour la retraite du mois 2

SOMMAIRE du No 26 Février 1924 Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 67 Le nouveau Vicariat de Hiroshima (Fin)(J.-B. DUTHU) 70 Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô (CH. CESSELIN) 79 Journal dun futur Missionnaire (1865-72) 88 Deux lettres de S. E. le Cardinal Préfet de la Propagande 98 Motus proprio de S.S. le Pape Pie XI100 Chronique des Missions et des Etablissements communs Nécrologe103 BULLETIN de la Société des MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS
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    SOMMAIRE
    du No 26 Février 1924

    Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 67
    Le nouveau Vicariat de Hiroshima (Fin)(J.-B. DUTHU) 70
    Une belle figure de Prêtre chinois. Augustin Kô
    (CH. CESSELIN) 79
    Journal dun futur Missionnaire (1865-72) 88
    Deux lettres de S. E. le Cardinal Préfet de la
    Propagande 98
    Motus proprio de S.S. le Pape Pie XI 100
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Nécrologe 103

    BULLETIN
    de la Société des
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS

    3e ANNÉE Nº 26 FÉVRIER 1924
    ___________________________________________________________________________

    Pensées pour la retraite du mois

    NOS BIENHEUREUX MARTYRS

    Puisque notre Mère, la Sainte Eglise, nous invite tout particulièrement, nous, membres de la Société es Missions-Étrangères, à célébrer durant Février la fête de nos Bienheureux Martyrs Etienne Jean et leurs Compagnons, nest il pas naturel que nous réfléchissions quelques instants, lors de notre Retraite du mois, sur ce qui, but de leur vie, consacra leur triomphe : but triomphe qui nécessairement doivent être nôtres ?

    Parlant de lui-même, Jésus a dit : Je suis la lumière du monde, et, sadressant à ses Apôtres : Vous êtes la lumière du monde, leur annonce-t-il. Toute lumière vient donc du Christ, mais il en fait diffuser les rayons sur les âmes par ses prêtres. Or, daprès Lacordaire, la lumière à son plus haut point de splendeur, ici-bas, du moins, cest la parole de Dieu. En proclamant donc ses Disciples lumière du monde, le Maître voulait signifier quils étaient désignés comme ses porte-parole, et la preuve : Allez, leur ordonne-t-il, enseignez toutes les nations et baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. Tous les vrais successeurs des Apôtres ont entendu, compris et exécuté cet ordre. Tels spécialement les Cuenot, Néron, Vénard, Néel, Le Van Phung, Pierre Khanh, Tchang Ta-pong, Agathe Lin, etc., devenus Evêques, Missionnaires, Prêtres, Catéchistes, ou restés simples fidèles, et qui, durant le dix-neuvième siècle, scellèrent de leur sang, nourri dEucharistie, leur inébranlable croyance au Christ. Tous furent des martyrs de leur foi, dont ils avaient parcouru les étapes en France, en Indochine ou en Chine.

    Or la foi, cest le don suprême de Dieu ; cest le bienfait insigne du Seigneur, quil accorde selon son bon plaisir à telles nations ou tels individus tour à tour, en effet, des siècles de foi au Christ et à lEglise se sont succédé, laissant même entre eux sécouler des intervalles plus ou moins entachés de scepticisme, dindifférence ou de naturalisme. De raisonnable quil doit être et raisonné, lacte de foi ne saurait devenir ni raisonneur, ni critique. La parole de Dieu suffit, comme révélation certaine, aux ignorants que nous sommes tous. Croire Dieu sur parole est la marque distinctive de ceux qui le plus sûrement, entreront dans le royaume des cieux. Même pour des génies, comme celui dun saint Thomas dAquin, croire cest adhérer à la parole divine, sans rien de plus : simpliciter inhrendo primæ veritati. Et placer son intelligence sous lautorité de Dieu na rien de déshonorant ; cest même lui procurer son vrai repos dans la vue évidente du vrai. Ipse dixit : le Maître la dit : voilà qui suffit au disciple qui sait sacrifier de plein gré son indépendance intellectuelle et rendre ainsi volontiers un suprême hommage au Créateur. Souvenons-nous toujours que, si nous ne sommes pas semblables aux petits enfants qui répètent sans cesse : Maman la dit, donc cest vrai, nous ne possédons de la foi ni une notion pure, ni une compréhension pleine. Il faut que notre volonté commande à notre esprit et que notre adhésion dépasse le poids des motifs. En définitive, notre foi doit-être une foi sans discours, une adhésion simple et immédiate de lesprit à la vérité révélée, supposant la vue des motifs qui rendent certain le fait de la révélation, mais motivée uniquement par lautorité divine, sans aucune influence logique de la vue préalable sur lassentiment.

    Nos Bienheureux Martyrs ont eu cette foi-là, cette foi quils ont scellée de leur sang : imitons-les dans leur foi.

    Cependant, plus peut-être à notre époque que de leur temps, de vous-nous être, non seulement des convaincus de lintangibilité de notre foi, mais encore des voyants de Dieu, cest-à-dire des missionnaires prêts à satisfaire ceux qui nous demanderont raison de notre foi. Car beaucoup dindividus aujourdhui, même dans nos régions dAsie, discutent foi. Elle est passée dans le grand domaine public et certains veulent historiquement et scientifique-ment la contrôler. Esprits curieux sympathiques parfois, la foi reste pour eux une énigme. Il est rare den trouver de sarcastiques ; plus nombreux sont les affamés de la vérité et les fatigués du scepticisme.

    A un moment ou à un autre de notre apostolat, nous avons rencontré lune de ces âmes venue nous demander : Prédicateur de lEvangile du Christ, toi qui vois les choses de Dieu dans cette nuit intellectuelle qui mentoure toi, du moins que vois-tu ? Et que lui avons-nous donc répondu, si nous navons point étudié notre foi, si nous navons pas surtout fait entendre ce cri : Je crois Seigneur, mais aidez-moi constamment à mieux croire ! Notre foi nest pas incapable de progrès, encore moins incorruptible. Nappelons jamais au secours de notre ignorance ce Credo de fantaisie, commode parfois pour étudier une interrogation embarrassante, mais fléau véritablement destructeur.

    Au temps de la Passion du Christ, les Apôtres eurent une foi faible, si faible que tous, sauf Jean, senfuirent en laissant le Maître gravir le Calvaire. Et, même après la Résurrection, Jésus dut encore ouvrir le sens des Ecritures aux disciples voyageurs vers Emmaüs. Successeurs de ces disciples, imitateurs des Apôtres, croyons, nous maintenant que notre Chef est glorieux et quil a répandu sur nous à profusion les effluves du Saint-Esprit, croyons les secrets divins quil nous a lui-même découverts : Ipse enarravit. Tous ce quil a entendu du Père, Il nous la fait connaître : comme nos Bienheureux Martyrs, répandons cette doctrine dans cet Extrême-Orient qui nous est confié. Tentations, épreuves, souffrances de toute sorte seront martyre quotidien ; scellons par ce silencieux martyre notre croyance, et le Christ, Roi des Martyrs, nous rendra participants de sa gloire durant léternité.

    SACERDOS
    1924/67-70
    67-70
    Anonyme
    France
    1924
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