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Pensées pour la retraite du mois 12

PENSÉES POUR LA RETRAITE DU MOIS Ad præparandas Unigeniti Tui vias... Seigneur, réveillez nos curs, afin quils préparent la voie de votre Fils unique et que nous méritions de vous servir avec des âmes purifiées, grâce à lavènement de Celui qui règne avec vous dans les siècles des siècles.
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    PENSÉES POUR LA RETRAITE DU MOIS

    Ad præparandas Unigeniti Tui vias...

    Seigneur, réveillez nos curs, afin quils préparent la voie de votre Fils unique et que nous méritions de vous servir avec des âmes purifiées, grâce à lavènement de Celui qui règne avec vous dans les siècles des siècles.

    Cette oraison du deuxième dimanche de lAvent est particulièrement appropriée à nos devoirs de missionnaires ; nous demandons à Dieu deux grâces : la première, dexciter nos curs à préparer les voies à son Fils ; la deuxième, qui est la conséquence de la première, que par son avènement nous méritions de servir Dieu avec un cur pur.

    I. Et dabord nous demandons à Dieu quil excite nos curs : excita corda nostra, cest-à-dire quil les réveille, les ranime et nous porte ainsi à une action vigoureuse. Dans la récitation des oraisons liturgiques ne perdons pas de vue notre devoir de prêtre, intercesseur des hommes auprès de Dieu. Prions pour les pécheurs endurcis et impénitents, pour les infidèles plongés dans un vrai sommeil de mort.

    Quel sort terrible est le leur ? La plupart des infidèles vivent tranquilles dans leur état, de même que beaucoup de chrétiens ont étouffé les remords salutaires de leur conscience, il semble quils ne pensent même pas aux terribles châtiments dont ils sont menacés..

    En leur lieu et place, pour eux, demandons à Dieu la lumière. A Complies du mercredi nous redisons la supplication du Roi-prophète : Illumina oculos meos ne unquam obdormiam in morte. Quelle voix sera assez forte, quelle lumière assez puissante pour empêcher que ces pécheurs ne sendorment dans le sommeil de la mort, sinon la voix de celui qui a réveillé Lazare et la tiré du tombeau, sinon la vraie lumière, la lumière incréée qu illuminat omnem hominem venientem in hunc mundum ?

    LEglise prie aussi pour ces justes tièdes et languissants, prêts à céder au sommeil de lindifférence. Ces justes, il est vrai, ne commettent pas de crimes, ils cesseraient dêtre justes, mais nayant pas lardeur des vrais enfants de Dieu, ils négligent les exercices de piété, leur prière est sans ferveur, ils prêtent une oreille peu attentive à la parole de Dieu, et leur activité pour le bien est fort ralentie. Ici nous devons nous demander ai nous ne sommes pas tombés dans cette catégorie de justes. Eux aussi ont besoin que Dieu, par sa grâce, les excite, les réveille, leur redonne une vive et ferme impulsion pour luvre capitale qui réclame en ce moment tous leurs soins.

    Quelle est donc cette uvre si importante qui ne souffre pas de délai ? Cest de préparer les voies à notre divin Sauveur et de nous disposer au bienfait de sa visite, ad præparandas Unigeniti tui vias.

    Heureuse nouvelle ! Dieu lui-même vient visiter son peuple. Il vient dans la personne de son Fils bien-aimé. Et dans quel dessein ? Guérir, délivrer, sauver notre âme, toutes les âmes. Notre âme est-elle prête, est-elle digne de le recevoir ? Les âmes des chrétiens qui nous sont confiés (que dire des païens auxquels nous avons été envoyés ?) sont-elles prêtes, sont-elles dignes de le recevoir ? Quil est à craindre que non ! Cest en pleine nuit, en plein sommeil de la tiédeur, peut-être dans lendurcissement coupable, dans linaction la plus complète, que cette annonce si bienveillante, mais également redoutable, nous surprend.

    Que faire ? Avant tout il faut sortir de cette léthargie mortelle, mais ce serait présomption que dy prétendre par nos seuls moyens. Crions donc notre détresse avec lEglise vers Celui qui peut tirer les hommes de cet état funeste. Réveillez-nous vous-même, Seigneur, excitez, enflammez nos curs afin que résolument nous nous mettions à préparer les voies à votre divin Fils : Excita Domine cordo nostra ad prparatsdas Unigeniti tui vias !

    II. Ce qui doit stimuler, encourager nos efforts, cest le fruit excellent que nous devons en retirer. Si le Fils de Dieu descend jusquà nous, cest pour nous mettre en possession de ses propres mérites, cest pour les faire en quelque sorte nôtres. Dès lors, de quelle assurance nous pouvons nous prévaloir ! Par lavènement du Christ nous mériterons de servir Dieu : Ut per ejus adventum servire mereamur. Servir Dieu ! honneur éminent, inappréciable profit !

    Honneur éminent. Ne jugeons point, en effet, des choses divines daprès nos petites conceptions humaines. Servir les hommes, cest sabaisser, abdiquer son indépendance, être voué à une condition infime. Servir Dieu, au contraire, cest sélever et sélever jusquà une royauté véritable : Servire Deo, regnare est. Servir Dieu, quel objet plus noble pouvons-nous fixer à notre ambition ? Magnus honor, magna gloria Tibi servire ! O grata et jucunda Dei servitus qua homo veraciter efficitur liber et sanctus. Ce nest point tout, en servant Dieu nous tendons vraiment à notre fin qui est de le posséder éternellement dans le ciel : O amplectandum et semper optandum servitium, quo summum promeretur bonum et gaudium acquiritur sine fine mansurum dit encore lauteur de lImitation.

    La première question du catéchisme que nous avons appris dans notre enfance et que nous enseignons à nos catéchumènes, nest-elle pas celle-ci ? Pourquoi avez-vous été créé et mis au monde ? Pour connaître, aimer et servir Dieu notre Créateur et souverain Maître. En vérité, nous navons pas dautre fin ici-bas, puisquil ny a pas dautre moyen datteindre la possession du souverain Bien qui satisfera les aspirations de notre âme.

    Mais Dieu ne se contente pas dun culte quelconque. Avant de nous promettre sa récompense il pose des règles que nous devons observer pour répondre à ses justes exigences. Mais combien sont bénignes ces exigences ! Jugum suave, onus leve. Tout ce que Dieu demande, cest que nous le servions avec un cur pur : purificatis tibi mentibus servire.

    Nous, prêtres, ne sentirions-nous pas ce qua de légitime, de nécessaire, cette prétention ? Servir Dieu avec un cur pur, nest-ce pas le besoin de notre âme, limpérieux souhait de notre conscience ?

    En quoi donc ferons-nous consister cette pureté et par quelle voie y parviendrons-nous ? Nous lavons appris depuis longtemps, nous lenseignons à nos fidèles, mais il nest pas inutile de nous y arrêter de nouveau, un instant, pour nous-mêmes.

    Avant tout, la pureté du cur consiste dans léloignement et lexemption du péché mortel, parce que quiconque en est coupable apparaît comme un objet dhorreur aux yeux de Dieu. Cest ce qui portait le saint Précurseur à exhorter les Juifs à préparer les voies du Christ : tacite fructus dignos pnitenti. Ce quil demande, ce sont des fruits réels, fructus dignos, une pénitence sincère et non pas seulement apparente, proportionnée au nombre et à la gravité des fautes. Pour entrer au service de Dieu ou pour y rester il va de soi que cette première condition doit être remplie.

    Mais il ne faut pas sarrêter là ; il faut aussi se purifier de tout péché véniel et de toute attache au péché véniel. Il est bien difficile dêtre entièrement exempt de toute faute légère, septies cadet justus et resurget. Saint Bernard ne craint pas de dire que ces chutes fortifient les justes parce quelles leur font connaître, par une expérience sensible, combien est profonde leur faiblesse et lextrême besoin quils ont, à tout moment, du secours de Dieu. Quoiquil en soit, naimons ni nos misères, ni nos fautes, expions-les par un sincère repentir.

    Enfin pour purifier son cur, il faut le détacher de laffection des créatures, de lamour des biens terrestres. Il est clair que chez un missionnaire ce détachement ne doit pas être difficile, en tout cas il na quà reprendre, quà réveiller les sentiments quil avait le jour de son ordination au sous-diaconat ou de son départ en mission.

    Excita, Domine, corda nostra. Avec ces dispositions nous préparerons les voies à Jésus-Christ, nous servirons Dieu comme Dieu lui-même veut quon le serve et comme il mérite dêtre servi.


    1932/889-893
    889-893
    Anonyme
    France
    1932
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