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Pensées pour la retraite du mois 12

Pensées pour la retraite du mois Les Gloires de Saint Joseph.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Les Gloires de Saint Joseph.

    Si dillustres titres ont été conférés à travers les âges au glorieux Patriarche Saint Joseph par la piété des fidèles, on ne peut pas avancer que lEglise les lui ait décernés, comme elle le fait dordinaire aux saints, peu de temps après sa mort. Les couronnes réunies aujourdhui sur le front du Père Nourricier de Jésus, de lEpoux de Marie et du Patron de lEglise universelle ont été tressées par les siècles et nont donné leur somptueux éclat quen nos dix-neuvième et vingtième siècles principalement. Nous sommes, de nos jours, à la période dépanouissement du culte de St Joseph : elle fut précédée par celles de préparation, déclosion et de développement.

    Tandis que le Sauveur et sa Sainte Mère étaient partout lobjet dun culte public et de solennités religieuses, on ne trouve aux premiers siècles que de rares vestiges dun culte rendu à Saint Joseph. Les raisons de ce silence liturgique sont faciles à donner. De même que, durant sa vie, le Saint, par son mariage et sa paternité légale, avait voilé la divinité du Sauveur et la virginité de Marie, ainsi, en seffaçant plus tard, il devait contribuer à mettre davantage en lumière cette divinité et cette virginité.

    Disons toutefois que, même avant la fin des persécutions, des Docteurs de lEglise rendirent à Saint Joseph un juste hommage. Parmi eux, citons Saint Justin et Origène. A lépoque suivante, les Pères de lEglise leur font écho dans leurs homélies et leurs commentaires de lEvangile : Saint Jérôme, Saint Ephrem, Saint Jean Chrysostôme, Saint Grégoire de Nazianze et plus particulièrement Saint Augustin. Plus tard, dans une de ses plus éloquentes homélies, St Bernard glorifie celui qui a eu lhonneur dêtre dit et dêtre cru le Père de Dieu... le serviteur prudent et fidèle qui la nourri lui-même et qui a été choisi comme lauxiliaire très sûr de ses grands desseins. Cependant il est très probable que les Frères Prêcheurs et les Frères Mineurs ont été les premiers à célébrer la fête de Saint Joseph. Quelques églises particulières, à lexemple des Religieux Mendiants, adoptent loffice et la messe de Saint Joseph. Parmi elles, il faut citer celle dUtrecht, celle de Milan, celle de Langres, celle de Tolède où elle était célébrée in sex cappis, cest-à-dire de première classe.

    En 1371, une première confrérie en lhonneur de Saint Joseph est fondée en léglise Saint Agricole, à Avignon, probablement par le Pape Grégoire XL Dès lors, le culte de Saint Joseph, renfermé dans lenclos de quelques monastères ou dans les limites de rares diocèses, se propage, au XVe siècle, dans toute lEglise latine, sous limpulsion de deux écrivains et orateurs : Jean Getson et son maître, Pierre dAiIly.

    Cependant, malgré le zèle de Jean Gerson, Saint Joseph était loin davoir, au début du XVIe siècle, dans la liturgie et dans la piété des fidèles, le rang quil méritait. La vierge dAvila, Ste Thérèse, née un mercredi du mois de mars 1515, contribua beaucoup à étendre le culte de St Joseph. La réformatrice des Carmels dhommes et de femmes donna, en effet, le nom de Saint Joseph à quinze de ses fondations. Elle voulut que sa statue fût placée au-dessus de la porte de tous ses couvents, et, chaque soir, elle déposait à ses pieds les clefs de la maison, le priant de la garder ainsi que toutes celles qui lhabitaient.

    Disciple de Sainte Thérèse dans la dévotion à Saint Joseph fut aussi Saint François de Sales. Puis, plus tard, dans un Bref du 7 juillet 1871, Pie IX évoquait le souvenir des Papes, qui, avant lui, avaient décerné à Saint Joseph de particuliers honneurs. Les voici brièvement évoqués :

    Sixte IV, qui fit insérer la fête de Saint Joseph dans les Bréviaire et Missel romains ;

    Grégoire XV qui, par son décret du 8 mai 1621, voulut que la dite fête fût célébrée de précepte dans tout lunivers ;

    Clément X qui, le 6 décembre 1670, éleva cette fête au rite double de seconde classe ;

    Clément XI qui, par décret du 14 février 1714, octroya pour la même fête une messe et un office entièrement propres. Enfin,

    Benoît XIII qui, par décret du 19 décembre 1726, fit ajouter le nom du Saint Patriarche aux Litanies des Saints.

    Nous-même, ajoutait Pie IX, par décret du 10 septembre 1847, nous avons étendu à lEglise universelle, sous le rite double de seconde classe, la fête de son Patronage, qui déjà se célébrait dans plusieurs lieux par induit particulier du Saint-Siège.

    Les épreuves de lEglise continuant, le Pape Léon XIII invita, par son encyclique Quanquam Pluries, les fidèles à se mettre sous le patronage de Saint Joseph et de la très Sainte Vierge Marie.

    Ce fut Léon XIII encore qui ordonna que, pendant le mois doctobre, à la récitation du Rosaire on ajoutât une prière spéciale à Saint Joseph, dont il composa lui-même la formule. Il recommandait en outre avec instance la célébration du mois de mars en lhonneur du Saint Patriarche.

    A ces honneurs, Pie X en a ajouté de nouveaux en ordonnant que la fête de son Patronage soit célébrée dans lEglise universelle sous le rite double de première classe avec octave. Cest le même Pie X qui, dans la solennité de cette fête, a voulu mettre surtout en lumière le premier titre du Saint, la raison et lorigine des autres, celui dEpoux de Marie.

    Enfin, cest Benoît XV, qui rappelle en style lapidaire, dans une admirable Préface, toutes les gloires de lincomparable Patriarche. Saint Joseph est le seul Elu, avec la très Sainte Vierge, qui ait sa Préface personnelle.

    Pour être complets à notre point de vue particulier, il nous faudrait rappeler ici les efforts couronnés de succès, réalisés par les éminents Fondateurs de la Société des Missions-Étrangères et leurs successeurs pour implanter en pays de Missions la dévotion à St Joseph. Depuis que Mgr de Bérythe construisit au Siam, en 1665, une église et un séminaire quil plaça tous deux sous le Patronage de St Joseph, innombrables ont été, en Extrême-Orient, les fondations déglises, de séminaires, de couvents, dEcoles, dHôpitaux, de Crèches, etc, confiés à la protection spéciale du Père Nourricier de Jésus. Cest un signe favorable que de voir cette dévotion à Saint Joseph croître et se multiplier tous les jours dans lEglise, car cest reconnaître de plus en plus la puissance de ce grand Saint et son crédit auprès de Dieu. Loin de nous la pensée de croire que ce culte ait atteint son apogée. Filius accrescens, Joseph, filius accrescens, selon lantique prophétie de la Genèse. Saint Joseph, Patron des prêtres, des vierges, des pères, des époux, des artisans et des mourants, a des serviteurs répandus dans la chrétienté toute entière et cest là sa plus glorieuse couronne. Dautres Saints, semble-t-il, ont reçu le pouvoir de choisir parmi les fidèles quelques âmes, dont ils ont particulièrement charge. Certains ont une ou plusieurs familles dont ils sont les Pères selon lesprit. Saint Joseph est Père universel et protège tous les chrétiens sans exception. Aussi bien, si les gloires du ciel sont en rapport avec les grâces de la terre, quelle félicité incommensurable doit être maintenant la félicité de St Joseph ! Dans le ciel, en corps et en âme, rien ne lui manque de la vision de Dieu quil contemple sans voiles ; rien ne lui manque ni du côté de Jésus, ni du côté de Marie qui se laissent voir à lui dans leurs âmes et dans leurs corps glorieux. Si les Anges et les Saints rendent au Tout-Puissant et à Marie un culte de latrie et dhyperdulie, quil nous soit permis de croire quils vénèrent Saint Joseph dun culte de protodulie, culte que nous aurons nous-mêmes à cur, missionnaires apostoliques qui travaillons à la Vigne du Seigneur, de lui rendre tous les jours de notre vie jusquà notre dernier soupir. O Sancte Joseph, respice de clo, et vide, et visita vineam istam et perfice eam... O Saint Joseph, abaissez jusquà nous vos regards, visitez cette vigne dExtrême-Orient dont les fruits sont encore peu nombreux, rendez cette vigne parfaite, riche et féconde, afin que, après avoir germé, fleuri, fructifié par vos soins sur cette terre, vous la transfériez dans le Royaume céleste, près de Jésus et de Marie, pour sy épanouir en une éternelle effloraison.

    SACERDOS

    1928/705-709
    705-709
    Anonyme
    France
    1928
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