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Pensées pour la retraite du mois 11

PENSÉES POUR LA RETRAITE DU MOIS Per Immaculatam Virginis Conceptionem.
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    PENSÉES POUR LA RETRAITE DU MOIS

    Per Immaculatam Virginis Conceptionem.

    Nous, prêtres, à la lumière de la vraie foi, nous découvrons sans peine les raisons de haute convenance qui font du mystère de lImmaculée Conception un des plus accessibles à lintelligence humaine et en même temps un de ceux qui répondent le mieux aux sentiments de la piété. Par la Collecte de la Fête de lImmaculée Conception, si riche de doctrine, si pleine de dévotion, nous professons notre foi en lImmaculée Conception de Marie et nous sollicitons les grâces en rapport avec lobjet même de la solennité.

    I. Notre pensée sélevant jusquà Dieu, ne sarrête pas, dans cette collecte, à contempler ses attributs ineffables, mais se porte aussitôt à linsigne faveur dont il a gratifié Marie. Notre prière na quun mot pour désigner celui que nous invoquons, Ô Dieu, Deus ! mais dans ce mot, premier cri du cur, nous mettons toute la puissance de notre foi, toute lardeur de notre confiance, Deus !

    Remarquons en passant comment lEglise voulant honorer Marie nen fait pas légale de Dieu, ainsi que certaines sectes protestantes le prétendent sottement, avant tout elle se plaît à renvoyer au Très-Haut la gloire de ce quil a opéré lui-même dans la très pure Vierge. Elle exalte avec Marie la toute-puissance qui a fait ces merveilles : fecit mihi magna qui potens est. Elle ninvoque pas directement Marie, elle prie Dieu davoir égard aux mérites de sa très sainte Mère et dagréer son intercession pour nous exaucer.

    Dieu nagit jamais que par le motif dune infinie sagesse ; plus ses uvres sont excellentes, plus elles révèlent ce quelque chose dachevé qui est le propre des actions divines, plus aussi nous devons y découvrir un grand dessein.

    Quel est donc ici ce dessein ? A quelle fin Dieu na-t-il pas permis que la tache du péché originel souillât jamais cette âme privilégiée ? lEglise nous le dit dans le langage précis qui distingue les définitions de foi : Ô Dieu, qui par lImmaculée Conception de la Vierge avez préparé une digne habitation à votre Fils, Deus, qui per Immaculatam Virginis Conceptionem dignum Filio tuo habitaculum prparasti...

    Une telle suspension de la loi portée par la justice divine contre toute la postérité dAdam était motivée par le respect que Dieu porte à sa propre sainteté. Les rapports que Marie devait avoir avec la divinité même, étant non seulement la Fille du Père Céleste, mais appelée à devenir la propre Mère du Fils et le sanctuaire ineffable du St Esprit, ces rapports exigeaient que rien de souillé ne se rencontrât, même un instant, dans la créature prédestinée à de si étroites relations avec ladorable Trinité (Dom Guéranger). En un mot, il fallait selon lexpression de St Augustin : Ut de mundissima matre, mundissimus nasceretur filius.

    Nous, prêtres, ne nous lassons pas dadmirer cette disposition toute de sagesse et damour que la Providence manifeste dans ses voies et pour la gloire du Fils et pour lhonneur de la mère. Oui, ô mon Dieu, cest par lImmaculée Conception de la bienheureuse Vierge que vous avez réussi à préparer un digne sanctuaire à votre Fils !

    II. Cette pensée nous engage à recourir à la bonté divine pour en obtenir la purification de nos âmes. Cest la demande précise que dans notre Collecte nous adressons à Dieu. Nous lui représentons les plus pressants motifs pour être exaucés. Ces motifs ne sont autres que la grâce signalée accordée à Marie : Ut qui ex morte ejusdem Filii tui prvisa, eam ab omni labe prservasti.

    Que de vérités renfermées ici encore en quelques mots ! Voici dabord exprimée la cause méritoire efficace : la mort prévue du Fils, ex morte Filii tui prvisa. Marie, dit St Ambroise, est un commencement des uvres de Dieu, il nest donc pas étonnant que Dieu qui devait racheter le monde ait commencé son uvre par sa mère, afin que celle par qui le salut était préparé à tous, jouit la première du fruit du salut. Dieu le Père avait déjà agréé le sacrifice de son Fils quand Marie fut conçue. Celle à qui il était réservé décraser de son talon la tête du serpent, aurait-elle pu être jamais sous lempire de son ennemi ? Aussi elle na pas été seulement délivrée, mais elle a été entièrement préservée, prservata, de toute atteinte, ab omni labe. Par lImmaculée Conception un temple est préparé à Dieu dans la création et digne de Dieu, la race humaine revient à sa noblesse première, il y a pour elle une restauration. Et ce doit être pour nous un sujet de joie et de confiance ; Dieu na rien refusé à Marie, or Marie na pas seulement été bénie pour elle, mais aussi pour nous, ainsi que le fait remarquer St Anselme.

    Nous pouvons donc avec une sainte hardiesse demander à Dieu de nous faire participants de linnocence et de la pureté de Marie, de nous rendre ainsi dignes de parvenir jusquà lui : Nos quoque mundos ejus intercessione ad te pervenire concedas.

    Nous, prêtres, dont la vocation a tant de ressemblance avec celle de Marie, nous qui chaque jour reproduisons sur lautel, par les paroles de la consécration, lhumanité sainte de J. C., nous qui chaque jour le recevons et le portons dans notre cur, comment ne souhaiterions-nous pas ardemment de partager avec Marie le plus divin de ses privilèges ? Mais nous avons été conçus dans le péché et nous avons tant de peine à échapper aux atteintes du mal ! Cependant le bon prêtre peut se rassurer, son zèle à honorer lImmaculée Conception de Marie lui obtiendra léminente pureté quexige de lui sa céleste vocation.

    Comment douter que la Ste Vierge naccueille avec une satisfaction particulière les hommages rendus à sa Conception Immaculée ? Elle aime que nos louanges sunissent aux siennes pour remercier Dieu dun bienfait dont elle connaît le prix : Magnificate Dominum mecum, dit-elle à toutes les créatures intelligentes.

    Répondre à cette invitation est bien dans les traditions de notre Société. Au séminaire, nous invoquions Marie sous le titre de Notre-Dame des aspirants. Dans les bois de Meudon ou à loratoire de la Rue du Bac, de quel cur nous chantions le cantique ; Comme un joyeux essaim, à tes pieds, ô Marie.... En mission nous avons retrouvé le culte de la Bonne Mère inculqué profondément par nos aînés dans lâme des chrétiens ; à nous de lentretenir, de le rendre plus intense par nos exhortations et notre exemple.

    Terminons en méditant ces pieuses considérations de Dom Guéranger : Ô Emmanuel, la Conception Immaculée de votre Mère nous révèle les exigences de votre souveraine sainteté. Daignez, par lamour qui vous a porté à la préserver du souffle de lennemi, prendre en pitié ceux dont elle est aussi la mère. Ils savent que nulle créature natteindra jamais à la sainteté de votre mère. Mais ils vous demandent le pardon, le retour de votre grâce, laversion pour le monde et pour ses maximes, la persévérance dans votre amour. Ô Marie Immaculée, le monde ébranlé jusquen ses fondements appelle, pour se raffermir, le secours de votre main maternelle. Lenfer a déchaîné sur la race humaine les plus redoutables de ces esprits de malice qui ne respirent que blasphème et destruction, mais en même temps lEglise de votre Fils ressent en elle une jeunesse nouvelle et la semence de la parole divine se répand et germe en mille endroits.

    Ô Marie conçue sans péché, priez pour nous, semeurs de lEvangile en pays infidèle, priez pour nous qui avons recours à vous.

    1932/807-811
    807-811
    Anonyme
    France
    1932
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