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Pensées pour la retraite du mois 10

Pensées pour la metraite du mois La Mort et lAssomption de la Ste Vierge.
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    Pensées pour la metraite du mois

    La Mort et lAssomption de la Ste Vierge.
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    A limitation de Jésus, son Fils, Marie a subi la mort. Son âme, embrasée damour, sest détachée de son corps, sans secousse, tel un parfum sexhale du calice de la fleur. Le Sanctuaire de la Dormition de la Bienheureuse Vierge Marie, sur la Sainte Montagne de Sion à Jérusalem, réclame aujourdhui lhonneur dêtre bâti sur lemplacement traditionnel de la demeure, où vécut et mourut lAuguste Mère de Dieu à lâge de soixante-douze ans. Pour elle, la mort ne fut point le châtiment du péché, mais le suprême mérite dune vie pleine de grâces. Mis au tombeau, le corps de Marie na pas connu la corruption et, pour lui, lheure de la résurrection a sonné sans attendre la fin des siècles et la trompette de lAnge du Jugement. Nétait-il pas convenable, en effet, puisque Jésus, nouvel Adam, avait remporté la victoire sur la mort et ouvert les portes du ciel, que Marie, nouvelle Eve et corédemptrice du genre humain, fît également, corps et âme, son entrée triomphale au Paradis et que son corps si pur, temple de la Divinité, ne se trouvât point soumis aux lois ordinaires du tombeau ?

    LEcriture, sans doute, ne nous confirme pas, comme article de foi, cette croyance à lAssomption. Toutefois, depuis lEglise primitive jusquà nos jours, les papes, les docteurs, les écrivains sacrés et le peuple catholique lui-même ont toujours enseigné ou cru que Marie, par privilège spécial, était montée au ciel, peu de temps après sa mort avec son corps ressuscité. LAssomption de Marie na point encore été définie par les Papes ou les Conciles, mais elle fait partie du trésor des doctrines certaines reçues par lEglise catholique, apostolique et romaine, et tout fait espérer quun jour, prochain peut-être, le Magistère infaillible proclamera lanathème contre quiconque nadmettrait pas ce dogme.

    La liturgie antique célèbre solennellement le jour où le Seigneur fit prendre et transporter sur une nuée en Paradis le Saint Corps de la Vierge et où là même, uni de nouveau à son âme, il jouit maintenant dans lallégresse, avec les élus du Seigneur, des biens sans déclin de léternité (Grégoire de Tours, 596).

    Les calendriers et les martyrologes assignent presque tous le quinze août, comme date où se commémore lAscension du corps de la Dame (Marie), selon la discipline des Syriens, des Francs, des Arméniens et des Romains. A Rome, les Matines de lAssomption-Dormition-Déposition se psalmodiaient jadis pendant la nuit du 14 au 15 août. Au milieu de cette nuit, le Pape quittait le Latran pour aller à Sainte Marie Majeure en passant par le Colisée, lArc de Titus, Ste Marie la Neuve et le Forum. Lui-même chantait la Messe.

    Disons que la France fit de lAssomption lune de ses fêtes les plus populaires bien avant le vu de Louis XIII. Celui-ci, toutefois, en 1638, lui donna le caractère dune véritable fête nationale, en soffrant lui-même et son royaume à Marie et en instituant à perpétuité la grande procession dactions de grâces pour remercier la Vierge de la naissance inespérée de Louis XIV.

    De la méditation de cette mort et de cette assomption de la Sainte Vierge jaillira de notre cur et de nos lèvres un cantique de félicitations. LAuguste Souveraine a droit à nos concerts de louanges, à nos hymnes éclatants en son honneur. Marie a souffert héroïquement sur la terre, plus que nulle créature : ses douleurs et ses souffrances ont splendidement reçu leur récompense. Dieu la privilégiée sur terre et glorifiée dans le ciel. Par une vie silencieuse, humble, mortifiée, par des jours de labeurs et de peines, par des heures dindicibles angoisses lors de la fuite en Egypte, au Temple de Jérusalem, au Calvaire, Marie, dont le cur a été brisé, comme celui de son divin Fils, Marie a gagné héroïquement la couronne promise à tous ceux que la lutte quotidienne nabat pas.

    Quel motif despérer pour nous, missionnaires apostoliques, que cette morte et cette ascension corporelle de Notre Mère ! En portant avec nous le Christ, ne nous sommes-nous pas exilés dans cet Extrême-Orient, pour y passer des jours pleins de troubles et danxiété ? La persécution nous a talonnés et nos temples ne jouissent plus peut-être pour un temps de la présence de Jésus-Christ. Nous avons eu notre Calvaire, notre heure de détresse où tous nos rêves étaient brisés et nos espoirs évanouis. Bien que nous sachions avec certitude que la sanctification des âmes à nous confiées fût une uvre théandrique, nous avons néanmoins gémi de voir notre troupeau dispersé, anéanti, et nos efforts antérieurs annihilés. Avec soin nous avions formé des fils adoptifs à Dieu et des frères à Jésus-Christ. Notre temps, nos ressources, nos prières sétaient également dépensés pour engendrer à la vie surnaturelle dautres Christs, des prolongations de nous-mêmes dans de fervents petits et grands séminaires. La tempête a soufflé, dispersant les pierres de lédifice. Nous sommes revenus à lépoque de la barque en bambou tressé et des chaumières en torchis. Gloire à nous, membres souffrants sous un chef couronné dépines, sous légide dune Mère, racine de lArbre de la vie et aurore du jour qui doit éclairer le monde, Salve radix, salve Porta, ex qua mundo lux est orta!

    La Toute-Puissance à genoux!, lOmnipotentia supplex, Marie, peut et doit nous protéger à lheure actuelle. Ayons confiance. Si nous sommes persécutés, si la prospérité de nos uvres laisse à désirer, si le règne de Dieu sétend lentement à notre gré, ne désespérons de rien. Nous ne sommes pas encore parfaits et de là viennent nos misères. La mort de la Vierge a mis fin au miracle continu dune vie toute consumée pour Jésus. Son âme, nayant plus ici-bas daliment capable de la soutenir, sa tâche accomplie, sest détachée comme un fruit mûr de larbre qui la produit. Chaque matin, demandons à notre Reine de nous faire grandir à la taille de lhomme complet comme le Christ. in mensuram tatis plenitudinis Christi, Notre sanctification dépend de Marie, comme en un certain sens, dépendit celle de lHomme-Dieu. Nest-ce pas la Vierge, en effet, que Dieu choisit pour réaliser humainement le virum perfectum appelé Christ ? Jésus nest que le premier-né dans la famille élue dont nous devons faire partie, Ipse primogenitus in multis fra tribus; Marie, étant sa Mère, est la nôtre, et par Elle, mundi Domina, nous devons attendre notre plénitude de sève chrétienne et notre entrée au paradis. Nous ignorons lheure de notre mort, mais ne répétons-nous pas suffisamment chaque jour cet ora Pro nobis peccatoribus, nunc et in hora mortis nostr pour que Marie nous accueille à ce moment où nous passerons à une éternité de bonheur ? Ardemment, demandons-lui la grâce de la persévérance finale, afin quun jour nous aussi, lorsque nous aurons répété notre « consummatum est, lorsque notre mandat terrestre sera pleinement accompli, nous puissions avoir part à la glorieuse résurrection des élus.

    SACERDOS.

    oOo

    O pia, o dulcis Virgo Maria.

    O ciel resplendissant de grâce et de beauté, ciel plus vaste que lempyrée, puisque Dieu, dont lunivers ne peut contenir limmensité, sest tenu caché dans votre sein ! O riche trésor, dans lequel fut déposé le prix infini de notre rédemption ! O Mère des pécheurs, sous le manteau de laquelle nous sommes en sûreté ! O consolation des affligés, des infirmes, de tous ceux qui sont abandonnés, et du monde entier ! O beaux yeux qui ravissez les curs ! O lèvres dont le sourire captive les âmes ! O mains libérales et pleines de richesses inépuisables, qui ne faites que répandre des grâces ! O pure créature qui ressemblez à une Divinité, et que jaurais prise pour telle, si la foi ne mavait appris que vous ne lêtes pas, quoique vous ayez un éclat, un je ne sais quoi de divin !

    Jouissez, auguste Reine et Maîtresse des cieux, jouissez, durant mille éternités, de votre sublime élévation, de vos immenses prérogatives, et de votre glorieuse félicité. Je vous supplie seulement, ô tendre Mère, de ne pas nous oublier, nous qui nous estimons heureux dêtre vos serviteurs et vos enfants.

    S. Alphonse-M. de Liguori.

    oOo

    DELEGATIO APOSTOLICA
    IN SINIS
    1927/585-589
    585-589
    Anonyme
    France
    1927
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