Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Pensées pour la retraite du mois 10

Pensées pour la retraite du mois St Joseph, Patron de la dévotion envers Marie
Add this
    Pensées pour la retraite du mois

    St Joseph, Patron de la dévotion envers Marie

    Si la Sagesse Eternelle a voulu sédifier une maison dans la personne même de la très Sainte Vierge, le gardien terrestre et le chef de cette maison fut Saint Joseph. Nul mieux que lui ne la connut, et nul autre que lui na le droit de nous admettre à la visiter. Joseph est le seul qui puisse nous introduire et nous montrer les richesses quil a contemplées lui-même et, de même que nous ne pouvons aller à Jésus que par Marie, de même il nous est difficile dapprocher Marie sans passer par Joseph.

    Alors que des maîtres ont dû nous guider dans le dédale des sciences profanes ou religieuses, à combien plus forte raison navons-nous pas besoin dun maître quand il sagit pour nous détudier et de comprendre celle quon nomme Siège de la Sagesse. Il nous faut un introducteur près dElle, qui nous illumine de ses réflexions et nous rende participants des fruits de son labeur. Abîme insondable de grâces, Marie na pleinement été comprise que par Joseph ici-bas. Ses relations avec la Mère de Dieu ont été si intimes que nul ne saurait prétendre à les égaler. Des âmes saintes, sans doute, des Docteurs de lEglise ont pu chanter ses perfections et imiter ses vertus, nul na jamais découvert, comme Joseph, les secrets renfermés en son Epouse. Lui seul a su lui rendre ses devoirs comme jamais Chevalier de Marie ne saura désormais le faire. Cest quon ne pénètre pas dans ces régions supérieures où réside Marie bien au-dessus des Anges, sans quon ne lui ressemble en perfection et qui donc, plus que Saint Joseph, oserait se vanter dy avoir atteint ?

    Avouons dabord que nous sommes fort ignorants des grandeurs de Marie. Nos lèvres en parlant dElle ne savent que balbutier, et nos curs, même bien disposés, manquent parfois délan tendre et respectueux. Nous sommes de petits enfants encore inéduqués et, jusquau soir de notre vie, nous aurons besoin dun maître en dévotion mariale. Ce maître, cest Joseph, qui nous fera comprendre et aimer la beauté de la Mère de Dieu, dans son Corps, dans son Intelligence et dans son Cur.

    Ne craignons pas, premièrement, de nous représenter par limagination Marie dans sa forme humaine, si belle et si gracieuse. Celle qui devait enfanter le plus beau des Enfants des hommes possède un corps parfait. Dieu, se préparant un tabernacle, ne pouvait hésiter à le parer de toutes les splendeurs. David, pour le temple, navait-il pas déjà recherché les cèdres du Liban les plus magnifiques, les marbres de Phénicie les plus rares et lor le plus précieux dOphir ? Si la chair de Marie est la chair du Christ, ainsi que le proclame St Augustin, nest-il pas convenable que le Créateur rassemble le limon le plus pur pour en former le corps de Marie, ébauche du corps de Jésus-Christ ? Il le composa le plus saint, jouissant de toutes les qualités de lorganisme humain : tempérament, constitution, énergies, humeurs, sensibilité, tout, suivant Gerson, sy enchaîna dans une merveilleuse mesure. Dans son enveloppe charnelle, Marie est toute belle et lil ne découvre en elle aucune imperfection. Sa beauté, faite de dignité, de douceur, de bonté, de modestie, rayonne extérieurement et ses traits reflètent son âme.

    Que dire maintenant de son intelligence? Faut-il avancer que Marie a tout su et tout connu ? Assurément non. Son rôle nétant pas de gouverner le monde, une infinité de sciences humaines lui échappaient. Par contre, son esprit connaissait les faits dordre surnaturel susceptibles de léclairer dans sa charge de Mère de Dieu. Les obligations de sa maternité, ses droits et ses devoirs, ses relations avec la Trinité, sa place unique dans le plan rédempteur, tout ce qui constituait, en un mot, sa vocation, Marie en avait pleine connaissance. Moins éclairée quAdam, au dire des théologiens, selon lordre de la nature, elle le dépasse, lui et tous les humains et tous les anges, selon lordre de la grâce. Licet ipsi apostoli, sit sanctus Anselmus, per revelationem Spiritus Sancti edocti fuerint in omnem veritatem, incomparabiliter tamen eminentius ac manifestius Maria per eum Spiritum veritatis, illius veritatis profunditatem intelligebat, et per hanc multa ei revelabuntur qu in se non solum simplici scienta, sed ipso effectu, ipso experimento didicerat.

    Dès sa conception, Marie a reçu le parfait usage de la raison, plus une première communication de science infuse ; telle est lopinion de Saint Bernardin de Sienne : In Prima sanctificatione beata Maria fuit illustrata, ut perfectius etiam in ventre matris contemplaretur Deum, quam unquam fuit contemplatus aliquis in Perfrcta tate. Puis, graduellement, se firent plus lumineuses les communications divines. De plus, à cette science reçue directement de Dieu, la Vierge ajouta la science acquise par sa propre intelligence, splendidement douée et capable de sadonner à toute recherche. Eût-elle pu sexercer à parcourir tout le champ des connaissances humaines et à les découvrir par lexpérience, lobservation et la réflexion ? Sans nul doute, mais elle dirigea constamment sa méditation sur les mystères de la grâce, de préférence aux problèmes cosmogoniques. Marie ne prêta jamais quune attention secondaire aux phénomènes extérieurs et, comme Jésus-Christ son Fils, elle sappliqua presque uniquement aux intérêts et aux choses qui regardaient le Père Eternel. Ame adonnée à loraison, fervente des Livres Saints où puise sa moisson desprit, Marie scrute les mystères de la foi et laisse ceux de la nature.

    Mais si brillante que soit son intelligence, son cur renferme tant et de si incomparables trésors quil nous est impossible de les étaler complètement. Pour ne parler que de son amour envers Dieu, disons quil reste incommensurable. Quand on assure que les Séraphins eux-mêmes devaient descendre du ciel pour apprendre de Marie la façon daimer Dieu, comment pouvons-nous songer à résumer en écrit lessence de cet amour ! Connaissant Dieu plus et mieux que tout être créé, la Vierge laimait en proportion. Entièrement elle se réserva pour Lui, son souverain Maître. Il ny eut pas dalliage dans son amour surnaturel et parfait. Sans doute nous pouvons avancer que Marie aima et aime encore les hommes, mais par rayonnement et par commandement : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cur et ton prochain comme toi-même. Copie du cur de Dieu venu sur terre pour embraser damour tous les hommes, le cur de Marie répondit aux desseins de Jésus-Christ par sa tendresse envers le genre humain. La Mère du bel amour les a sauvés par son amour envers le Père Eternel qui lui demande consentement, au jour de lAnnonciation, à luvre de charité de la Rédemption du monde. Et, jusquà la fin de sa vie, à chaque instant, Marie renouvela ses actes damour, sa donation totale jusquau jour où se brisèrent les liens terrestres qui la retenait captive et où elle mourut damour divin.

    Aussi, après cette esquisse rapide des beautés de la Mère de Dieu et de lEpouse de St Joseph, comme il nous sera facile dadmettre que seul, cet Epoux privilégié peut nous diriger dans notre dévotion mariale. Lui qui reçut de Dieu cet inestimable trésor, cette créature sans rivale, lui qui vécut avec elle de longues années, a des droits si particuliers quil peut seul les communiquer. Son titre dEpoux de Marie, quil conservera toute léternité, lui confère une autorité sans égale sur Marie, tempérée daffection sang partage. Quil nous permette, du moins, de nous mettre à son école et de le considérer comme notre Maître ! A genoux, implorons le grand Patriarche de nous confier le secret dune dévotion forte, sincère, loyale envers notre Mère. Frappons à la porte de lhumble demeure de Nazareth et pénétrons dans le sanctuaire où réside la Ste Famille. Acceptons dêtre les serviteurs, les esclaves de Marie. Nous sommes dune indignité manifeste pour être admis comme enfants ou amis. Avec grand respect saluons lEpoux en le priant de nous permettre de saluer lEpouse. Nous navons que de pauvres témoignages damour à offrir, mais, en considération des grands mérites de Joseph, Marie nous attirera vers Elle, pour nous conduire à Jésus. Devant la Trinité terrestre, nous serons délivrés de toute familiarité présomptueuse et de toute parole trop hardie, mais nos lèvres répèteront cette invocation, cueillie dans le parterre des prières composées en lhonneur du Saint Patriarche : O Joseph, Virgo Pater Jesu, purissime Sponse Virginis Mari, quotidie deprecare pro nobis Jesum, Filium Dei, ut armis su grati muniti, legitime certantes in vita, ab eodem coronemur in morte.

    SACERDOS

    1928/577-581
    577-581
    Anonyme
    France
    1928
    Aucune image