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Pensées pour la retraite du mois 1

Pensées pour la retraite du mois Secundum fidem vestram fiat vobis! Pour réussir dans la vie, disent avec raison les pédagogues et les philosophes, il faut avoir de l'allant, du cran, de l'énergie, du courage, avec une certaine confiance en soi et un espoir fondé de succès. Et nous aussi, missionnaires, si nous voulons réussir et mener à bien notre double tâche, c'est-à-dire si nous voulons devenir des saints, convertir, sanctifier et sauver beaucoup d'âmes, nous avons également besoin de vaillance et d'énergie, de courage et de confiance.
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    Pensées pour la retraite du mois

    Secundum fidem vestram fiat vobis!

    Pour réussir dans la vie, disent avec raison les pédagogues et les philosophes, il faut avoir de l'allant, du cran, de l'énergie, du courage, avec une certaine confiance en soi et un espoir fondé de succès.
    Et nous aussi, missionnaires, si nous voulons réussir et mener à bien notre double tâche, c'est-à-dire si nous voulons devenir des saints, convertir, sanctifier et sauver beaucoup d'âmes, nous avons également besoin de vaillance et d'énergie, de courage et de confiance.
    Mais, à la différence des gens du monde, des commerçants et des industriels, des politiciens ou des avocats, nous devons fonder notre confiance et notre espoir de succès non sur notre talent, notre intelligence et notre savoir-faire, mais sur les promesses de Dieu, sur son infinie bonté et sa toute-puissance.
    Le but que nous avons en vue est trop élevé pour que nous puissions l'atteindre de nous-mêmes, les ennemis de notre sanctification et du salut de nos frères sont trop nombreux et trop redoutables pour que, laissés à nos propres forces, nous puissions en avoir raison.
    Mais Dieu, qui nous a donné la vocation apostolique, nous a promis son secours tout-puissant et il nous fait un devoir d'espérer en lui, devoir très doux certes, mais aussi devoir difficile parfois, après des échecs répétés, par exemple, ou lorsque les obstacles se multiplient, devoir difficile, mais devoir impérieux et salutaire devant lequel nous ne saurions hésiter.
    Nous ayant appelés au sacerdoce et à l'apostolat, Dieu nous a par là même appelés à la perfection ; il veut très certainement que nous devenions des saints, et très certainement aussi il nous donnera les grâces nécessaires à notre sanctification, si nous les lui demandons avec confiance et persévérance.
    Nous sommes faibles naturellement, et naturellement aussi nous craignons la souffrance, nous avons peur de la croix, nous hésitons devant la mortification même modérée, nous recherchons facilement nos aises, et c'est pourquoi nous nous fatiguons vite dans la voie du bien, dans la réforme de nos défauts, et nous nous persuadons sans peine que la vertu parfaite n'est pas à notre portée, qu'il faut nous contenter d'une vertu médiocre et que décidément la sainteté n'est pas pour nous ; nous en prenons aisément notre parti.
    Nous devrions cependant nous rappeler les paroles de Notre
    Seigneur : Sine me nihil potestis facere. Venite ad me omnes qui laboratis et onerati estis et ego reficiam vos ; et celles de St Paul : Sufficientia nostra ex Deo est. Omnia possum in eo qui me confortat ; et la déclaration du Concile de Trente : Deus impossibilia non jubet, sed jubendo monet et facere quod possis et petere quod non possis, et adjuvat ut possis.
    Si donc nous nous sentons faibles et pusillanimes, demandons à Dieu la force et le courage ; éprouvons-nous de la fatigue et du dégoût, prions-le de nous réconforter et récréer ; nous laissons-nous glisser sur la pente de la tiédeur, prions-le de nous arrêter et de nous faire remonter vers lui ; nous attardons-nous dans les sentiers de la médiocrité, demandons-lui de nous attirer dans le chemin de la ferveur, dans la voie parfaite. C'est là manifestement demander de vrais biens, des biens de premier ordre, qui rentrent sans aucun doute dans la catégorie des bonnes choses que Dieu s'est engagé formellement à donner à ceux qui lui en font la demande. Si ergo vos, cum sitis mali, nostis bona data dare filiis vestris, quanto magis Pater vester qui in coelis est, dabit bona petentibus se.
    Dieu désire plus que nous-mêmes notre salut et notre sanctification, il ne demande qu'à nous aider dans l'acquisition de l'un et de l'autre pourvu que nous l'en priions, aucun doute n'est possible à ce sujet ; allons donc à Lui avec confiance, nos essais infructueux jusqu'à ce jour, nos échecs passés ne doivent pas diminuer notre foi en la prière : si nous n'avons pas obtenu tout ce que nous avons demandé pour notre sanctification, c'est que notre prière a été défectueuse et insuffisante ; prions davantage, prions mieux, avec une instance plus pressante, une humilité plus confiante, un désir plus ardent, une foi plus grande et nous serons exaucés. La confiance est la mesure des grâces que Dieu accorde à la prière, et St Alphonse ne craignait pas de dire à ses religieux : \La sainteté sera délimitée pour chacun de vous par la confiance plus ou moins grande que vous aurez en Dieu ". (Reg. et Const. C. SS. R., 44).
    De fait, à lire dans l'Evangile le récit des guérisons opérées par Notre Seigneur, on est en droit de conclure que rien ne plaît tant à Dieu que la confiance et que c'est la confiance qui assure à la prière son efficacité. Jésus dit en effet à la Chananéenne : O mulier, magna est fides tua, fiat tibi sicut vis ; aux deux aveugles qui l'avaient suivi dans une maison : Secundum fidem vestram fiat vobis ; à l'hémorroïsse : Fides tua te salvam fecit ; à l'aveugle de Jéricho ainsi qu'au lépreux de Samarie : Vade, fides tua te salvum fecit. Si Notre Seigneur proclame ainsi la puissance de la confiance pour l'obtention des biens du corps, à plus forte raison devons-nous croire fermement à l'efficacité des prières par lesquelles nous demandons pour nous-mêmes les biens spirituels nécessaires ou utiles à notre sanctification.
    Mais pouvons-nous, devons-nous croire aussi à l'efficacité des prières que nous faisons pour notre prochain, par exemple pour la conversion des pécheurs ou des infidèles ? Nombre de théologiens répondent que la prière pour les autres n'est vraiment efficace que si celui pour qui nous prions ne met point d'obstacle à l'objet de notre prière. Pour apprécier la portée de cette réponse, il convient de faire plusieurs remarques.
    D'abord, la conversion des coeurs, la sanctification des âmes est une chose très complexe et très mystérieuse à laquelle concourent nécessairement la grâce divine et la liberté humaine. La grâce ne fait pas violence à la liberté, Dieu ne force personne à le suivre, et il est certain que l'homme peut résister aux avances de son Créateur non seulement une fois, mais des milliers de fois, non seulement un jour, mais des années et des années.
    D'autre part, il est également certain que sans violenter ni forcer le moins du monde la liberté de l'homme, mais en le comblant de grâces qui éclairent son esprit, touchent son coeur et ébranlent sa résistance, Dieu peut amener le pécheur ou l'infidèle à changer d'idées et de sentiments et finalement à accepter très librement et de plein gré une religion pour laquelle il n'éprouvait d'abord que dédain et répulsion.
    Il y a des conversions lentes, très lentes, qui demandent des lustres et des lustres, il y en a d'autres si rapides qu'elles semblent presque soudaines : les unes et les autres ne portent aucune atteinte à la liberté, elles se font de plein gré, mais il faut bien convenir qu'elles sont pour une bonne part, pour une très grande part, l'oeuvre de la grâce qui agit plus ou moins vite selon les dispositions du sujet, suivant le bon plaisir de Dieu et suivant les prières qui lui sont adressées. Pour triompher d'une volonté rebelle, d'un coeur endurci dans le péché, d'un esprit égaré ou aveuglé par des préjugés tenaces, la grâce doit être plus abondante et plus puissante, mais il n'est pas de résistance dont elle ne puisse avoir raison. Et comme la grâce est toujours à la disposition de la prière, il faut en conclure que la prière, non pas une prière quelconque, mais une prière humble et confiante, assidue et persévérante, peut obtenir n'importe quelle conversion ; le tout est d'avoir confiance et de prier sans se lasser. " On obtient du Bon Dieu tout autant qu'on en espère ", disait Ste Thérèse de Lisieux.
    Si les conversions sont autour de nous trop peu nombreuses à notre gré, ne serait-ce point que nous n'avons pas assez prié, pas suffisamment bien prié ? D'après les déclarations réitérées de Notre Seigneur et les paraboles dont il a daigné se servir, notamment celle de l'ami importun et celle du juge inique, il appert clairement que Dieu veut être prié, supplié, j'allais dire même importuné par ses enfants. Si donc nous le priions davantage, il répandrait ses grâces en plus grande abondance sur notre champ d'apostolat et les conversions y seraient plus nombreuses.
    Il n'y a certes pas lieu de négliger les moyens naturels qui sont à notre disposition pour préparer et ouvrir les esprits et les coeurs à l'Evangile : oeuvres d'enseignement et de charité, prédication sous toutes ses formes, bonne presse, conférences, services rendus, etc.. Mais comme en définitive, c'est Dieu qui est le souverain Maître des esprits et des coeurs, c'est à Dieu surtout que l'ouvrier apostolique doit s'adresser, c'est auprès de Dieu quil doit dabord agir par de ferventes et fréquentes prières, ainsi que le recommande Benoît XV : Sit prcipue pius, sanctoeque orationi ac perpetuoe cum Deo conjunctioni deditus, sedulo apud eum agens causam animarum.


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    1934/1-5
    1-5
    Anonyme
    France
    1934
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