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Pensées pour la retraite du mois 1

Pensées pour la retraite du mois LÉpiphanie. Jai gardé un si bon souvenir des conférences spirituelles du supérieur de mon grand séminaire, que, cette année, jy ferai de larges emprunts pour les méditations de la retraite du mois.
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    Pensées pour la retraite du mois

    LÉpiphanie.

    Jai gardé un si bon souvenir des conférences spirituelles du supérieur de mon grand séminaire, que, cette année, jy ferai de larges emprunts pour les méditations de la retraite du mois.

    LEpiphanie, ou la manifestation du Sauveur aux gentils, est une solennité que nous, missionnaires, avons à cur de bien célébrer. Notre église de la rue du Bac porte ce grand nom : on nen pouvait choisir de mieux en rapport avec notre vocation. Allons en esprit dans cette chère chapelle. Renouvelons en notre âme la ferveur de nos curs daspirants.

    I. La Collecte de la fête de lEpiphanie débute en ces termes : Deus qui hodierna die Unigenitum tuum gentibus, stella duce, revelasti. Ces simples mots renferment tout lexposé et comme la substance du mystère que lEglise nous invite à honorer spécialement durant le temps de lEpiphanie.

    Touché de compassion pour létat malheureux où les hommes pendant tant de siècles ont été réduits par le péché de notre premier père, Dieu, dit lApôtre, leur envoie dans la plénitude des temps, son Fils pour être leur Sauveur. Longtemps à lavance il lavait fait annoncer au monde, aussi était-il devenu le Désiré des nations.

    A peine né, voici que les anges le font connaître aux Juifs dans la personne des bergers ; bientôt par un prodige non moins surprenant une étoile soffre comme guide aux Mages de lOrient et les invite à se rendre eux aussi à Bethléem où, par eux, Jésus veut se manifester aux Gentils. Cest donc le jour de lEpiphanie qua lieu notre première vocation à la foi : Bethléem où Jésus est adoré à la fois par les pasteurs juifs et les Mages dOrient est comme le berceau de lEglise universelle : Bethleem totius Ecclesi nascentis exordium.

    Nous avons linappréciable bonheur dappartenir à cette Eglise. Connaître Jésus, cest la science la plus enviable, puisquelle est pour nous le principe de la vie éternelle. Notre reconnaissance doit être dautant plus vive que Dieu ne sest pas contenté envers nous, prêtres missionnaires, de cette première vocation générale en la personne des Mages, il nous a fait bénéficier, avec surabondance, de la prédication de lEvangile, de la civilisation chrétienne au sein de laquelle nous sommes nés. Les infidèles ont bien le droit de nous envier ce privilège. Combien, en effet, est digne de pitié la condition de cette multitude dâmes qui ignorent Jésus Christ et sont sans foi, sans charité, sans espérance.

    II La deuxième partie de loraison de lEpiphanie nous représente le fruit principal que nous retirons de la foi, savoir : la connaissance de Dieu. Qui jam te ex fide cognovimus.

    Nous professons que cest par la foi surtout que nous connaissons Dieu. Sans doute le langage des cieux et des autres créatures, lordre et lharmonie de ce vaste univers etc... nous convainquent que nécessairement doit exister et existe un Etre parfait, tout puissant. Mais Jésus Christ nous a fait connaître plus parfaitement son Père éternel, sa miséricorde, ses desseins sur le salut et la justification des hommes. La vraie connaissance de Dieu nous est donc venue par la foi en la parole de Jésus. Jam te ex fide cognovimus. Cette connaissance doit être entretenue par la prière, la méditation, sans oublier létude de la théologie dogmatique. Pour le moins, relisons de temps à autre notre manuel du séminaire, rien de plus pratique et daussi intéressant, les notes dont nous avons plus ou moins chargé certaines pages nous feront parfois sourire, en tous cas elles nous remettront dans latmosphère de notre jeunesse.

    Noublions pas quil y a des prêtres, et peut-être en connaissons-nous, qui, pour avoir négligé létude de la doctrine chrétienne, se sont exclus du sacerdoce : Quia tu scientiam repulisti, repellam te, ne sacerdotio fungaris mihi.

    Notre participation à la foi éclate dans toutes sortes de bonnes uvres, écrivait St Paul à Philémon. Les dons que les Mages offrent à lEnfant-Dieu sont agréés parce quils sont lemblème des vertus que la foi a fait naître dans leurs curs. Ce que Jésus réclame pareillement de nous, cest lencens dun culte fervent dadoration, lor dune charité pure, la myrrhe de la mortification.

    III. La connaissance de Dieu quoique transformée par la foi est néanmoins toujours imparfaite en cette vie : Videmus nunc per speculum... Notre âme nest donc pas rassasiée par cette vue de Dieu, même dans la contemplation elle ne sent que saccroître son désir darriver à la pleine et complète vision et possession de lEtre infini. Elle veut voir Dieu face à face, tel quil est : Facie ad faciem, sicuti est.

    Chez les âmes qui, par leur ascension continuelle vers Dieu, sont parvenues au sommet de la sainteté, la connaissance de Dieu est sublime ; si nous ne pouvons pas nous élever à ces hauteurs, du moins il nous est permis dadmirer et denvier ceux que le Seigneur y appelle. Plus que cela, si nos vux ici-bas osent à peine implorer ne serait-ce quune parcelle de ces visions extra-terrestres réservées aux âmes pures, humbles, du moins en ce qui regarde léternité rien ne saurait arrêter nos aspirations ; avec lEglise nous pouvons hardiment demander quil nous soit donné de contempler dans tout son éclat la majesté divine elle-même : Concede, propitius usque ad contetnplandam speciem tu celsitudinis perducamur.

    Quelle plus belle, quelle plus magnifique récompense peut être promise à notre foi ?
    O Dieu ! Aidez-nous à nous réformer intérieurement à limage de Celui qui, en ce temps de lEpiphanie, se montre à nous dans une chair semblable à la nôtre : Per quem similem nobis foris agnovimus, intus reformari mereamur.
    1932/3-6
    3-6
    Anonyme
    France
    1932
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