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Pensées pour la retraite du mois 1

PENSEES POUR LA RETRAITE DU MOIS La Sainte Vierge et le Missionnaire. Ce nest pas en ce seul article que nous prétendons développer la substance quévoque le titre de nos Pensées pour la Retraite du mois de Janvier 1927. Si Dieu nous le permet, nous glanerons quelques faits historiques et quelques considérations ascétiques de la vie de la Vierge durant cette année nouvelle, et Marie, notre Mère, nous aidera à passer des jours bien remplis et féconds pour léternité.
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    PENSEES POUR LA RETRAITE DU MOIS

    La Sainte Vierge et le Missionnaire.

    Ce nest pas en ce seul article que nous prétendons développer la substance quévoque le titre de nos Pensées pour la Retraite du mois de Janvier 1927. Si Dieu nous le permet, nous glanerons quelques faits historiques et quelques considérations ascétiques de la vie de la Vierge durant cette année nouvelle, et Marie, notre Mère, nous aidera à passer des jours bien remplis et féconds pour léternité.

    Il reste acquis que Jésus demeure pour nous la Voie que nous devons suivre dabord, la Vérité pleine que nous devons croire et répandre, la Vie totale et divine qui doit circuler dans nos membres de chair aussi bien que dans notre âme. Le Verbe incarné est Celui doù nous vient toute grâce, notre Médiateur suprême auprès du Père, Celui dont le rôle est essentiel et prépondérant dans notre propre sanctification.

    Mais, comme S. S. Pie XI la récemment proclamé, Marie est Médiatrice universelle de toute grâce et rien ne nous vient de Jésus que par Marie. Notre avancement spirituel dépend donc aussi, et secondairement, de notre dévotion à Marie. Les relations de la Sainte Vierge avec la Trinité sont si intimes, en effet, que le Père ne saurait rien refuser à sa Fille de prédilection, que le Fils se plaît à exaucer les demandes de sa Mère et que le Saint Esprit prévient les désirs de son Epouse immaculée. Nous tous, qui ne sommes que les prolongements de lHomme-Dieu, que les membres de ce corps dont il est la tête, avons donc été certainement adoptés par Marie au moment même de son Fiat. Nous sommes mystiquement nés en Elle à lheure de lincarnation physique du Verbe : ainsi pense saint Augustin. Notre naissance a pu sépanouir dans le temps, mais elle remonte à lépoque où la seconde Personne divine sest faite chair. Et, avec plus de vérité que saint Paul à ses Galates, Marie peut nous dire : Mes petits enfants, pour qui jéprouve les douleurs de lenfantement, jusquà ce que le Christ soit formé en vous.

    Et il nous plaira, certes, daffirmer et de prouver que nous, prêtres et missionnaires, avons été façonnés par la Vierge dès notre naissance, mis sous sa spéciale protection et engagés à son service. Nés en une terre fief privilégié de Marie, non loin, sans doute, dun de ces sanctuaires si renommés et si riches en faveurs mariales, nous avons appris à bégayer le nom de Marie en même temps que celui de Jésus. A notre insu peut-être, les premières aubes de notre vie à la foi se sont manifestées près dune crèche déglise de village, où Jésus reposait en son jour natal entouré de Marie et de Joseph. A notre première Communion solennelle nous nous sommes consacrés à Marie. Elle fut notre étoile durant nos années de séminaire, et nos confesseurs et directeurs nous demandèrent souvent de témoigner notre affection filiale envers Elle par des actes. Quand sonna lheure du départ, nous fîmes nos adieux à Notre-Dame en son humble oratoire, et ce fut la Bonne Mère qui nous conduisit sains et saufs à travers les mers, les terres, jusquau district lointain choisi par Dieu pour nos premières années de missionnaire. Plus tard, quand vint notre tour de répandre lEvangile, de fonder des postes, de bâtir des églises, nous eûmes soin de réserver une chapelle ou tout au moins une statue à la Vierge de chez nous. Et voici quelles resplendissent dans nos églises, ces madones quon nomme Notre-Dame du Laus, de la Salette, de Lourdes, de la Treille, de Montligeon, de Fourvière, de Chartres, du Puy, de Roc-Amadour, de Boulogne, de la Délivrande, et dautres encore, toutes belles, toutes gracieuses et miséricordieuses. Désormais la Vierge veille sur nos ouailles en pays païen. En certains mois son culte prend une merveilleuse efflorescence et Jésus, qui ne sait que faire plaisir à sa Mère, lui donne en ces occasions dabondantes grâces de conversion pour les peuples que nous évangélisons.

    Dailleurs, à lécole de Marie, nous apprendrons des méthodes efficaces dapostolat. Marie nous donne Jésus à la seule condition de lui rendre Jésus vivant dans les âmes qui nous sont confiées. Or Jésus ne peut vivre que dans des âmes chastes, humbles et obéissantes ; il ne peut habiter que des curs généreux, charitables et miséricordieux. Tout autant de vertus dont nous devons avoir lapanage avant de les faire pratiquer aux autres. Bien plus, prêtres, et donc Christs, il nous faut lidentité, si possible, du Modèle, tout au moins la ressemblance. Ce nest pas à dire que nous y parviendrons sans difficulté, non certes, mais nous y arriverons grâce à Marie, qui a formé Jésus et qui peut et veut nous transformer en images réelles de son divin Fils. La condition nécessaire est de vivre en perpétuelle union avec elle et sous ses regards. Celle qui crut à lAnge de lIncarnation nous donnera la foi. Celle qui ne voulut être mère, même de Dieu, quen restant vierge, nous apprendra la valeur de la pureté. Celle qui se proclama la servante du Seigneur, nous enseignera lhumilité. Celle qui conserva dans lintime de son cur les secrets divins, nous inspirera le recueillement intérieur. Celle enfin qui fut la co-rédemptrice du genre humain nous fera comprendre lutilité et la valeur de la souffrance dans la rédemption des âmes.

    Tous les convertisseurs dâmes ont requis lintervention de Marie, et les Saints les plus célèbres ont eu pour elle un culte spécial. Marie, Reine des Apôtres et des Martyrs, lumière des Docteurs, est laboutissant suprême de la puissance divine dans la production des créatures. Après Dieu nul donc ne pourra nous aider dans notre ministère plus que la Sainte Vierge. Elevons son étendard au milieu de nos populations et rallions-les autour. La nouvelle Eve écrasa jadis le monstrueux serpent : demandons-lui de chasser notre infernal ennemi du champ des âmes dont nous avons charge.

    En sortant du Cénacle, après la descente du Saint-Esprit, les Apôtres se dispersèrent à travers les nations, mais tous conservèrent inoubliable le souvenir de Marie. Leurs yeux ne la voyaient plus, mais leurs curs restaient mystiquement reliés à celui de leur Reine. Moins heureux que les Apôtres, nous, dont les yeux nont point contemplé notre Mère, nous pouvons toutefois communiquer journellement avec la Vierge-prêtre, surtout chaque matin, lors de notre offrande du Sacrifice de la Messe. Alors il nous est donné de faire naître Jésus-Christ, de limmoler mystiquement et de le distribuer en nourriture à nos chrétiens. Fonctions sublimes que Marie Elle-même na pas remplies aussi souvent que nous, mais avec une perfection beaucoup plus grande en une seule fois. Tous les jours de notre existence tendons vers cette perfection mariale, resplendissant miroir de la suprême perfection du Christ. Pour nous rendre vers Jésus, allons à Marie, car le Fils ne veut nous avoir entièrement que par sa Mère : totum nos habere voluit per Mariam.

    SACERDOS.

    Dans son voyage sur la terre, lEglise de Dieu est accoutumée aux jours de deuil : les tribulations lui reviennent comme des anniversaires. En fait de tristesse, il ny a jamais rien de tout à fait nouveau sous notre soleil. Mais il faut quil ny ait aussi rien dinsolite dans la manière de supporter les afflictions de notre Mère. Les plaintes désespérées, labattement, linertie quil produit, seraient des nouveautés. Les générations fidèles qui nous ont précédés ont eu le cur ferme dans la défaillance des prospérités. Nous devons unir nos peines à leurs peines pour mettre en même temps notre conduite si près de leurs exemples quelle en soit comme la prolongation. Nous devons montrer que linvariabilité, qui est un des caractères du catholicisme, se reproduit dans la permanence des sentiments quil inspire toujours sous le coup des épreuves, et que, déjà si visible sous tant de rapports, notre unité de foi va se réfléchir jusque dans la sainte unité de nos douleurs de tous les temps.

    MGR GERBET.

    1927/1-5
    1-5
    Anonyme
    France
    1927
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