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Pensées pour la retraite du mois 1

SOMMAIRE du No 25 Janvier 1924 Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 1 Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU) 4 Une uvre de Messes et de Prières pour la conversion de lExtrême-Orient14 LUniversalité de lArt chrétien (Mgr C. COSTANTINI)20 Mes Amis les Bonzes (A. VILLION)25 Les Ecoles en Chine et en Indochine33 VARIA. Ave Maria41 Chronique des Missions et des Etablissements communs Nécrologe42 BULLETIN de la Société des MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS
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    SOMMAIRE
    du No 25 Janvier 1924

    Pensées pour la retraite du Mois (SACERDOS) 1
    Le nouveau Vicariat de Hiroshima (suite)(J.-B. DUTHU) 4
    Une uvre de Messes et de Prières pour la conversion
    de lExtrême-Orient 14
    LUniversalité de lArt chrétien (Mgr C. COSTANTINI) 20
    Mes Amis les Bonzes (A. VILLION) 25
    Les Ecoles en Chine et en Indochine 33
    VARIA. Ave Maria 41
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Nécrologe 42

    BULLETIN
    de la Société des
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS

    3e ANNÉE Nº 25 JANVIER 1924
    ___________________________________________________________________________

    Pensées pour la retraite du mois

    SAINT PAUL ET SA CONVERSION

    Durant 1924, nous avons lintention détudier, lors de notre retraite mensuelle, lun quelconque des cohéritiers du Christ, déjà participants de sa béatitude. Jésus restera toujours, il va sans dire, lunique exemplaire de toute perfection ; mais, puisque lEglise, son Epouse, a divinement enfanté des modèles secondaires de ses uvres et de ses vertus, nhésitons pas de temps à autre à reconnaître Dieu dans ses Saints. Ils ont été ses hérauts leur vie durant: modelons-nous sur eux avec foi, avec amour, persévéramment.

    Dailleurs pour saint Paul, choisi comme notre modèle de ce mois, le Christ est sa vie. Mihi vivere Christus est, dit-il après sa conversion. Car il ne la pas été toujours. Saul de Tarse, en effet, le Juif instruit par Gamaliel, le circoncis israélite de la tribu de Benjamin, le pharisien rigide, a jadis persécuté lEglise. Il fut de ceux qui condamnèrent le diacre Etienne. Membre du Sanhédrin, il obtint même facilement du grand-prêtre des lettres laccréditant auprès des synagogues de Damas, lettres qui lui donnaient pleine latitude de ramener à Jérusalem, captifs et enchaînés, tout les adhérents à la funeste et nouvelle doctrine du Galiléen Jésus. On sait par ailleurs sa conversion subite et totale.

    Paul va dès lors se dépenser sans réserve pour ses frères : Ego autem libentissime impendam et superimpendar ipse pro animabus vestris. Il a compris le sens de cette parole : Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Ce nest pas, en effet, les disciples du Christ quil persécute, cest le Christ lui-même, cest Lui qui reçoit véritablement les coups. Aussi, quand Paul veut soulager ses frères, sait-il quil soulage le Christ et que véritablement tout le bien fait au moindre de ses frères est fait au Christ. Depuis sa conversion, Paul a profondément étudié le précepte de la charité chrétienne, le premier et le plus grand des commandements: aimer Dieu, qui se révèle pour lui complet et parfait dans lamour du prochain. Lamour de Dieu et lamour du prochain ont pour Paul le même motif, bien que différents dobjets. Aussi Paul aimera les hommes en faisant rejaillir sur eux lamour quil porte à Dieu. Le commandement nouveau donné par Notre-Seigneur à la veille de sa mort est pleinement compris et mis en pratique par son Disciple. Constamment dans ses quatorze Epîtres, Paul, dans lexposition de la doctrine, nous fera part de ses sentiments de fraternelle charité. A Rome, centre politique, à Athènes, centre philosophique, à Jérusalem, centre religieux, partout, lApôtre des nations enseignera tant le monothéisme que la charité.

    Et cest bien ce que nous sommes venus enseigner nous-mêmes, missionnaires apostoliques : la foi, la charité.

    Cest par la parole surtout, Dieu la fécondant, que nous établissons la foi dans le pays de mission que nos supérieurs nous ont confié. Que notre parole soit donc, comme celle de Paul, apostolique et conquérante. A côté du bol de riz que nous sommes souvent obligés de distribuer aux corps, plaçons la bonne parole douce aux âmes, la parole vibrante de dogme et de morale, la parole convaincante, sympathique, surnaturelle. Nous devons être des semeurs de Dieu partout et toujours : remplissons cette tâche avec amour. Et comme nous ne nous adressons pas uniquement à des païens dont lesprit est vierge de toute strate religieuse, fait ethnique dailleurs très contestable, mais que souvent nous rencontrons des frères musulmans, bouddhistes, protestants, théosophes, etc., pratiquons envers eux la franche hospitalité intellectuelle. Il y a de par le monde tant de pauvres âmes égarées dans dinextricables systèmes religieux, quune pitié profonde doit nous saisir à leur rencontre. Tous ceux qui ne partagent pas nos croyances ne sont pas nécessairement des gens malhonnêtes ou des mécréants. Qui sait même si plusieurs ne croient pas rendre gloire à Dieu en nous ridiculisant ? Non pas quessayer de les comprendre veuille signifier abdication de notre foi, nullement ; mais ne soyons pas de ces intransigeants qui parlent toujours dune manière infaillible, sans vouloir ni discuter, ni se trouver contredits. Nous avons la vérité, mais nous ne la possédons que pour la communiquer, et nous nen ferons part vraiment aux autres que dans la mesure de notre charité. Jamais de concessions de principes : sur ce point soyons forts comme le diamant; mais pour le reste, tendres comme des mères. Soyons enfin des charitables à la Saint Paul. Sa méthode fut de se sacrifier constamment pour lâme de ses frères : sacrifions-nous. Le prêtre est un homme à sacrifices perpétuels : de son temps, de son repos, de son argent, de son cur. Quand le prêtre aura refoulé chez lui tout sentiment égoïste, tout instinct bas, toute déchéance humaine, tout élément mondain, cest alors quil sauvera le monde. Paul, pour ses chrétiens, endure veilles et fatigues, privations et souffrances ; Paul donne, comme son Maître Jésus, la dernière goutte de son sang. Or le disciple nest pas plus grand que le Maître. Une infinie distance sépare Paul du Christ ; la distance, sans être infinie, nen reste pas moins considérable qui sépare le grand Apôtre de nous, missionnaires actuels. Lactivité divine sur les âmes se continue par nous : le Christ est toujours vivant. Or le Christ étant amour et charité, soyons amour et charité. Connaissant lhomme tel quil est, avec ses infinies bassesses et ses possibilités de vie riche en surnaturel, Jésus a aimé lHomme : suivons lexemple de Jésus. Lamour du Christ pour les hommes est le fruit de sa science divine : cherchons à connaître de plus en plus nos brebis pour les aimer selon leur incomparable valeur. Faisons des ascensions damour, sans préférence égoïste vers telle ou telle catégorie dâmes, et nous les atteindrons toutes pour Dieu.

    Par notre foi vive, réfléchie, vaillante sans éclipse ; par notre amour désintéressé, constant, raisonnable, arrachons chaque jour, si possible, une âme à Satan. Puis, de ces âmes, formons des êtres nouveaux, des êtres morts au monde, comme le veut saint Paul, mais ensevelis dans lEsprit du Christ pour le temps et léternité.

    SACERDOS

    1924/1-4
    1-4
    Anonyme
    France
    1924
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