Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Origine des caracteres chinois 3 (Suite)

Origine des caracteres chinois (Suite) Seconde Etude Le caractère (caractères chinois)et le Svastika.
Add this
    Origine des caracteres chinois
    (Suite)
    ____

    Seconde Etude
    ____

    Le caractère (caractères chinois)et le Svastika.

    Le symbole du vent. Un éditeur, pour illustrer les pages dun almanach, a prié un dessinateur de lui dessiner une sorte de médaillon où il devra symboliser le vent. Comment, pensez-vous, lartiste va-t-il sy prendre pour exécuter le travail qui lui est commandé ? Voici, semble-t-il, comment il va procéder. Dabord sur un fond quelconque ciel et terre il va, un peu sur la gauche, esquisser un tertre et sur ce tertre camper un moulin. La partie droite du tableau sera occupée par quelques gros nuages et aussi par une tête dange dûment muni de ses ailes. Cet ange aura les joues comme gonflées et il semblera souffler dans la direction du moulin trois petites flèches. Il nen faut pas davantage pour figurer le vent et lenfant le plus borné saisira de suite lidée de lartiste. Mais, si tous les éléments énumérés ci-dessus suffisent pour construire une délicieuse vignette, par contre il y en a beaucoup trop pour constituer une lettre, un signe symbolique. Pour obtenir ce symbole, il faudrait simplifier notre médaillon. Essayons. Le fond ciel et terre est inutile : supprimons-le. Les nuages nont avec le vent quun rapport indirect : ils peuvent disparaître sans grand dommage. Lange lui-même, avec ses flèches, est encombrant et dun dessin difficile : quil retourne en paradis. En somme, ne gardons que le moulin, débarrassé, dailleurs, de son tertre et de toute sa structure et réduit à ses seules ailes. Toutefois pour que ces ailes donnent davantage limpression du mouvement, courbons vers la droite lextrémité de leurs quatre montants. Au lieu dune croix nous avons ainsi une sorte de moulinet ou de tourniquet. Cest le symbole du vent, le symbole (caractères chinois).

    Les savants modernes, plus ou moins imbus didées évolutionnistes, veulent se rendre compte de la manière dont lhomme, à peine sorti de lanimalité, a appris à parler et a formé son langage. Pour cela ils prennent un enfant et étudient attentivement chez lui les différentes phases formation de la parole. Ils observent les premiers cris quil jette, puis les mots intelligibles quil prononce, enfin comment peu à peu il arrive à former des phrases, à enrichir son vocabulaire, à construire sa langue. La manière dont cet enfant apprend à parler doit, par analogie, nous indiquer comment sest formé le langage humain. Les stades de formation sont, paraît-il, les mêmes.

    En somme, le procédé est bon : mettons-le à contribution. Nous pouvons nous demander si le symbole du vent, tel que nous lavons retrouvé, était vraiment apte à figurer le vent, ou plutôt, si lhomme, lorsquil inventa lécriture, était capable de concevoir un tel symbole. Faisons comme les savants et interrogeons les enfants. Pour cela nous navons pas à sortir de chez nous ; il nous suffit de faire appel à nos propres souvenirs et, par la pensée, de nous reporter à ce temps si heureux quétait pour nous le temps des cocottes. Alors, est-ce que nous navions pas remarqué quun simple moulinet en papier tournait de lui-même sous laction du vent ; quil suffisait de fixer avec une épingle ce moulinet au bout dun bâton, puis, prenant ce bâton dune main, de se mettre à courir pour quaussitôt le moulinet se mît à tourner ? Ce fut la première découverte scientifique de notre enfance. On peut dire aussi, par analogie, que ce fut la première acquisition de lhumanité pensante et que le symbole (caractères chinois) fut une de ses toutes premières créations. Si vous interrogez les gamins chinois, ils vous donneront la réponse. Pour eux, le moulinet de papier évoque si bien lidée du vent quils lui ont donné le nom de (caractères chinois) fong tche tche, litt. petite roue à vent.

    Le caractère (caractères chinois) fang. Puisque nous avons retrouvé le symbole antique du vent (caractères chinois), voyons sil ne serait pas possible de le découvrir parmi les hiéroglyphes chinois. Il ny a pas à chercher longtemps : tenez, voilà, sous les formes antiques du caractère (caractères chinois), fang. Est-ce donc quà lorigine ce caractère aurait symbolisé et signifié le vent ? Ce serait dautant plus curieux et intéressant que la lettre (caractères chinois) fang, rappelle, au point de vue phonétique et dune manière étrange, le ventus latin et le vent français.

    Oui, (caractères chinois) fang est en chinois le vrai symbole du vent. Le caractère signifie aujourdhui carré, côté, mais ce sont là sens évidemment dérivés de la vieille expression (caractères chinois) sé fang quatre côtés. Dans cette expression essayons de traduire (caractères chinois) fang par vent : nous avons ainsi quatre vents. Il ny a pas de doute, çà colle. Ne disons-nous pas en français disperser aux quatre vents du ciel, ou encore être logé aux quatre vents ? Qui ne connaît lantique et si courante expression biblique a quatuor ventis, cest-à-dire de toutes parts, de tous côtés comme dailleurs (caractères chinois) en chinois ?

    Lexpression (caractères chinois) désigne encore les quatre points cardinaux qui sont : (caractères chinois) pe fang le nord ; (caractères chinois) lân fang le sud ; (caractères chinois) si fang le couchant ; (caractères chinois) tong fang lorient. Dans ces quatre expressions, nhésitez pas et traduisez (caractères chinois) fang par vent. Dites le vent du nord pour désigner le nord lui-même et ainsi de suite. Les Romains nappelaient-ils pas boréal, tout dabord, le vent froid du nord, avant de donner ce nom au nord lui-même ? Par le mot austral ne désignaient-ils pas le vent desséchant du sud, avant de donner ce nom au midi lui-même ?

    Point cardinal se dit en chinois (caractères chinois) fong ko, les cornes du vent. On dit aussi bien (caractères chinois) fang oúi, les stations du vent. A la rigueur on pourrait même dire (caractères chinois) fang ko pour (caractères chinois) fong ko.

    La girouette sappelle en chinois (caractères chinois) fong tchen vent aiguille, ou encore (caractères chinois) fong kî vent-drapeau. On pourra aussi dire caractères chinois fang tchen vent-aiguille. Bien plus, (caractères chinois) fang tchen nest plus la vulgaire girouette, cest aujourdhui une expression relevée et très employée qui correspond au mot directive de la langue française. Cest ainsi que lon dit (caractères chinois), les directives du gouvernement ; de même on traduira par (caractères chinois) fang hiáng le mot français orientation.

    Enfin, il faut noter que les caractères (caractères chinois) et (caractères chinois) (vent) semploient lun pour lautre : ainsi, dans lexpression populaire (caractères chinois) fong siou, interprétez comme sil y avait (caractères chinois) de (caractères chinois), pays) et traduisez murs locales.

    Le caractère (caractères chinois) fong. Aujourdhui le vent se nomme en chinois fong et sécrit caractères chinois. Le caractère moderne est tout simplement abominable. Les formes antiques ne valent guère mieux ; elles sont composées, et, plus grave encore, elles comprennent deux éléments également phoniques, ce qui est intolérable, (caractères chinois). Pour une fois, cependant, mettons une sourdine à notre indignation : le caractère (caractères chinois), tout méprisable quil est, peut cependant être intéressant, car il nous a conservé des primitives qui sans lui eussent été perdues. Lélément de gauche des formes antiques (caractères chinois), remplacé aujourdhui par linfâme (caractères chinois), nous est connu de par ailleurs. On le retrouve dans (caractères chinois) kuên, où il symbolise lautorité. Dans (caractères chinois) fong il est simplement phonétique ; cest labeille fong... qui sécrit aujourdhui (caractères chinois). Lélément de droite est plus intéressant, car on ne le retrouve pas ailleurs. Il y a bien des chances pour que cet élément fong soit quelque chose comme la funda latine et la fronde française : cest dautant plus vraisemblable quil a des traits de ressemblance avec les formes anciennes de (caractères chinois) iüen balle et (caractères chinois) tán balle.

    Quoiquil en soit, on ne trouve rien parmi les antiques de (caractères chinois) qui soit capable dévoquer lidée du vent ; le privilège de symboliser le vent appartient bien en propre au caractère (caractères chinois) fang.

    A remarquer que (caractères chinois) fong a subi lattraction dun autre caractère, parce que voisin de son et de forme : le caractère (caractères chinois) fân. De cette dernière lettre disons seulement que cétait, 1º le phallus, 2º le symbole des forces créatrices de la nature, 3º le nom (au moins chinois) de Brahma (avec (caractères chinois), 4º quil était très employé dans les formules de serment et de jurement.

    Remarque. La forme (caractères chinois) se retrouve parmi les antiques de (caractères chinois) ouán. Cela prouve que (caractères chinois) dans le sens de vent se lisait aussi ouán. Cependant si (caractères chinois) a été usurpé pour (caractères chinois), cest par erreur, ou plutôt, comme disent les Chinois, par faux-emprunt.

    Le caractère (caractères chinois) ouán figure une abeille et signifie essaim. Le symbole de lessaim a, par la suite, été employé pour symboliser le chiffre dix-mille ; il est inutile de dire pourquoi. Aujourdhui (caractères chinois) ouán signifie dix-mille, universalité, par exemple, (caractères chinois), litt. ciel, terre, dix-mille choses, cest-à-dire lunivers.

    Le Svastika. Le tourniquet (caractères chinois) se retrouve dans tous les dictionnaires français au mot svastika, où il est catalogué comme symbole religieux indien. Le svastika est certainement un symbole indien, mais comment peut-on dire religieux, puisque les Indiens eux-mêmes ignorent ce quil signifie ? Écoutons les dissertations des savants : Les savants ont interprété différemment le symbolisme du svastika ; on en a fait tour à tour le symbole de la fécondité, de la foudre, du feu, du soleil, de la divinité. Pour Monsieur X, (il sagit ici dun compte-rendu de livre), après avoir été le symbole de lâme radieuse du soleil, le svastika est devenu le symbole de la divinité, symbole mystérieux et mystique, ayant un caractère pieux, sacré, religieux, rituel et ésotérique chez les peuples primitifs.

    Que ces explications sont donc compliquées et nuageuses ! Non, messieurs les savants, le svastika nest probablement quun dernier vestige de lécriture hiéroglyphique des Indiens. En tout cas il ne pouvait, chez les Indiens, symboliser que ce quil était apte à symboliser et ce quil symbolise chez les Chinois : le vent. Cependant, le svastika, en dehors de son symbolisme premier, a pu acquérir un symbolisme secondaire : la fortune. Le vent, en effet, selon quil donne ou retient la pluie, favorise ou non lagriculture ; selon quil souffle ou ne souffle pas, il facilite ou gêne la navigation. Le vent procure donc ou labondance ou la disette. De plus, ne dit-on pas que la fortune saute comme le vent ? Ne disons-nous pas en français : Quel bon vent vous amène ? Voyez aussi le rôle que joue le Fong choùi chinois (litt. vent-eau) à côté de la veine du dragon. Cest ainsi que dun seul symbole primaire sont sortis deux sous-symboles : 1º Le svastika qui tourne à droite et symbolise la chance et la bonne fortune. 2º Le svastika qui tourne à gauche et symbolise la déveine et le malheur. Le côté gauche a toujours été le côté sinistre, désarmé, manche, le côté qui, jouant de malheur, encaisse tous les coups.

    Conclusion. Il serait intéressant, oh, combien ! de retrouver le symbole (caractères chinois) parmi les restes de lécriture chaldéenne, car une telle découverte nous permettrait de conclure dune manière suffisamment sérieuse que ce sont les Chaldéens qui, par lintermédiaire des Indiens, ont fourni aux Chinois leurs premiers hiéroglyphes.

    Quoiquil en soit, le tourniquet symbole du vent, on peut laffirmer, a été une des premières acquisitions de lhumanité et lun des tout premiers symboles des plus anciennes écritures hiéroglyphiques. Par lui nous touchons vraiment aux toutes premières origines. Par la simplicité et la beauté de sa forme, par lingéniosité de son symbolisme, cette forme antique méritait bien de parvenir jusquà nous et de se conserver, intacte dans le svastika indien, à peine déformée dans le (caractères chinois) chinois.

    Est-ce tout ? Soyons audacieux. Est-ce que nos alphabets modernes ne sont pas à rattacher aux écritures hiéroglyphiques ? Est-ce que nos lettres modernes ne sont pas quelques antiques hiéroglyphes très simples, choisis pour constituer les éléments de lécriture nouvelle ? Sil en est ainsi, lantique symbole caractères chinois méritait, plus que tout autre, dêtre choisi. Peut-être le retrouvera-t-on quelque jour dans nos alphabets, dissimulé sous les forme de notre lettre F, qui serait ainsi comme le svastika et le caractères chinois des Européens.

    (A suivre)
    HERCEY

    1928/399-405
    399-405
    Hercey
    Chine
    1928
    Aucune image