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Notre heure du Vendredi

SOMMAIRE du No 34 Octobre 1924 Notre Heure du Vendredi 621 Un coin de la Mission du Thibet (F. GORÉ)625 Le nouveau Vicariat de Hiroshima (fin) (J.-B. DUTHU)636 LEtablissement du Christianisme dans lInde (J.-B. CROZE)645 VARIA. Le culte de la Lune en chine652 Liturgie658 Chronique des Missions et des Etablissements communs Nécrologe660 BULLETIN de la Société des MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS hhhhhhhh 3e ANNÉENº 34 OCTOBRE 1924
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    SOMMAIRE
    du No 34 Octobre 1924

    Notre Heure du Vendredi 621
    Un coin de la Mission du Thibet (F. GORÉ) 625
    Le nouveau Vicariat de Hiroshima (fin) (J.-B. DUTHU) 636
    LEtablissement du Christianisme dans lInde
    (J.-B. CROZE) 645
    VARIA. Le culte de la Lune en chine 652
    Liturgie 658
    Chronique des Missions et des Etablissements communs
    Nécrologe 660



    BULLETIN
    de la Société des
    MISSIONS-ÉTRANGÈRES DE PARIS

    hhhhhhhh

    3e ANNÉE Nº 34 OCTOBRE 1924
    ___________________________________________________________________________

    Notre heure du Vendredi

    Une tradition de famille chez nous, cest la méditation sur la Passion tous les vendredis de lannée. Notre petit livret de la prière du soir en porte la rubrique formelle : Le jeudi on annonce la méditation sur la Passion. Nous y avons été formés dès les années de notre séminaire. Or qui naime à retourner par la pensée à ces jours que nous avons coulés calmes et pieux dans ce berceau apostolique ? La dévotion à la sainte Passion y était un des éléments de cette solide piété que cherchait à nous inspirer notre Directeur des Aspirants. Cest quil savait, lui, et avant lui, nos aînés, qui ont été les fondateurs premiers de cette tradition, savaient de quelle joyeuse constance, de quelle volonté de tenir malgré tout, de combien dinitiative et dentrain pour recommencer toujours, a besoin le missionnaire dans sa vie si coupée de traverses, si remplie de décourageants déboires. La Passion de notre divin Sauveur est lexemplaire et la source de la charité et du zèle. Saint Thomas nous le dit : Per hoc enim homo cognoscit quantum Deus hominem diligat. Et saint Jean : In hoc cognovimus charitatem Dei quoniam ille animam suam pro nobis posuit. Ils lavaient bien ainsi compris les saints pour qui la méditation de cette douloureuse et très féconde Passion était un soutien et un réconfort. Saint Paul, qui ne savait prêcher que le Christ et le Christ crucifié, nous invite expressément à la méditation assidue des douleurs de lHomme-Dieu : Recogitate, dit-il, eum qui talem sustinuit a peccatotribus contradictionem ut ne fatigemini animis vestris deficientes (Hébr. XII, 3). De par ailleurs, si cest par la Passion et la mort de son Fils unique que Dieu a voulu sauver les âmes, nous ne pouvons guère nous promettre, nous, de les pouvoir sauver par dautres chemins : cest par la voie royale de la croix que toute âme doit opérer sa transformation et conquérir le degré de gloire qui lui est destiné : Conformes eri imaginis Filii sui.

    Aussi parmi nous, beaucoup, malgré les péripéties de la carrière, sont-ils restés fidèles à cette pratique salutaire, et ce nest pas sans une secrète satisfaction quil voient revenir ce jour du vendredi, où ils pourront se remettre sous la croix, recueillant, pour eux et pour leurs ouailles, les gouttes du précieux Sang.

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    Cependant reprendre chaque vendredi le même thème de méditation ne va pas sans quelque monotonie. Lamour, il est vrai, facilite toute tâche et triomphe de lennui : pourtant mieux vaut user de méthode et à lavance distribuer la matière. Plusieurs, pour suppléer lauteur qui leur manque sur ce sujet spécial, se sont composé un petit recueil à eux. Ils se sont dit, à la suite de saint Liguori (1) que, si Notre-Seigneur na enduré en fait les tourments de la Passion quun temps relativement court, il les a soufferts par lappréhension et la crainte dès linstant de sa miraculeuse conception. Dolor meus in conspectu meo semper (Ps. XXXVII, 18). Et quomodo coarctor usquedum perficiatur (Luc.XVI, 50). Et les austérités, les souffrances, les privations, les fatigues, les humiliations et les crève-cur de sa vie privée ou publique, ne sont-ils donc pas aussi une Passion ? Quotidie morior per vestram gloriam (I Cor. XV, 51). Il doit donc être relativement aisé, ont-ils pensé, de trouver un sujet neuf sur la Passion pour chaque vendredi de lannée. Il nest que de cueillir, depuis la naissance ou même la conception de ce bon Sauveur, les épisodes les plus douloureux pour son corps, les plus pénibles pour son cur, les rassembler, en faire une liste et les distribuer sur le cycle annal. La matière est abondante et ne laisse que peu dembarras, même pour le choix.


    (1) Horloge de la Passion, chap. III.

    Mais quelle voie suivre pour la distribution de ces sujets ? Est-il indiqué de se conformer à lesprit de chaque saison liturgique ? Sans aucun doute, et pour autant que la chose est possible. Si le cadre est étroit et gêne la marche, car le temps de la Passion, par exemple, même en lui joignant le Carême tout entier et les semaines après la Septuagésime, ne peut épuiser les liste des sujets sur la Passion proprement dite, on y remédiera pour le mieux. Celui qui cependant voudrait méditer les souffrances du Sauveur dans lordre chronologique de sa vie, le pourrait aussi. Dans lacte même de loraison, il sadaptera, sil le veut, à la tendance générale de la liturgie pour ce temps. Toutefois, comment le jour du Vendredi Saint méditer un autre sujet que le supplice et la mort du Rédempteur ?

    On prendra donc pour les vendredis de lAvent les abaissements, les humiliations, les acceptations pleines damour et dabandon du Verbe incarné au sein virginal de Marie. Semetipsum exinanivit (Phil. II. 7). Hostiam et oblationem noluisti, corpus autem aptasti mihi; tunc dixi : Ecce venio. (Hebr. x, 5 et 9). A.moins quon ne veuille honorer, à la suite de plusieurs serviteurs de Dieu, la gêne et les privations quil endura dans sa prison de chair. Non horruisti Virginis uterum. Et pourquoi pas lun et lautre ?

    Au temps de Noël et de lEpiphanie nous aurons les souffrances causées au divin Enfant par la pauvreté et le dénuement, par la cérémonie de la circoncision, par les poursuites dHérode et la fuite à létranger.

    Viennent ensuite la Septuagésime, le Carême et le temps de la Passion. Avant les décrets de Pie X sur la liturgie, il y avait au calendrier de cette saison des offices commémoratifs de la Passion, fixés au mardi pour le temps après la Septuagésime, pendant le Carême au vendredi. Quoique supprimés depuis, ils restent une indication autorisée pour notre oraison du vendredi en ce temps.

    Le temps pascal semble exclure la méditation de la Passion. Il nen est rien : mais la tâche devient malaisée de distinguer les sujets qui cadreraient mieux avec les gloires de la résurrection. Et pourquoi sastreindre à les rechercher ? Est-ce que lEglise célèbre la résurrection tous les dimanches du temps pascal ? Lalleluia suffit à les lui rappeler. Faisons comme elle et, jusquau prochain Avent, disposons selon lordre qui nous paraîtra le plus avantageux ce qui nous reste de sujets sur la Passion.

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    Comment convient-il de faire notre oraison sur la divine Passion ? Est-il nécessaire de sélever à la contemplation de lintérieur de Notre-Seigneur dans ces scènes de douleur ? Heureuses les âmes que le Saint-Esprit a conduites jusque-là ! Que chacun sy efforce ! Mais on ne saurait imposer cette manière à tous, aux petits et aux grands. Doit-on se contenter de méditer discursivement sur ces sujets comme sur un vice ou une vertu ? Il est une méthode intermédiaire, à la fois plus facile et plus fructueuse : cest lapplication des sens. Aux souffrances de notre bon Maître et Sauveur appliquons chacun de nos sens extérieurs et intérieurs comme le comporte le sujet.

    Essayons, efforçons-nous de les ressentir en nous-mêmes, dy prendre part. Puis laissons libre issue aux sentiments et aux résolutions que cette tendre compassion aura fait naître en nous.

    Sancta Mater, istud agas,
    Crucifixi fige plagas
    Cordi meo valide !...

    

    1924/621-625
    621-625
    Anonyme
    France
    1924
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