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Nécrologe

Nécrologe Le Père Charles-Léon Salomez, Missionnaire de Cochinchine Orientale Charles-Léon Salomez naquit à Fives-Lille le 27 novembre 1872. D’abord élève au pensionnat Saint-Gabriel, il entra en 1886 au Petit Séminaire de Cambrai et passa au Séminaire de philosophie de Solesmes en 1891. En août 1893, il entrait au Séminaire des Missions-Étrangères. Ordonné prêtre le 27 juin 1897, le P. Salomez arriva à Quinhon le 10 septembre. Il apprit la langue annamite à Gothi et, le 2 février 1898, il montait chez les sauvages.
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    Nécrologe
    Le Père Charles-Léon Salomez,
    Missionnaire de Cochinchine Orientale

    Charles-Léon Salomez naquit à Fives-Lille le 27 novembre 1872. D’abord élève au pensionnat Saint-Gabriel, il entra en 1886 au Petit Séminaire de Cambrai et passa au Séminaire de philosophie de Solesmes en 1891. En août 1893, il entrait au Séminaire des Missions-Étrangères.

    Ordonné prêtre le 27 juin 1897, le P. Salomez arriva à Quinhon le 10 septembre. Il apprit la langue annamite à Gothi et, le 2 février 1898, il montait chez les sauvages.

    Après avoir étudié le bahnar à Konmonei, il accompagna, le 2 juillet de cette même année, le P. Guerlach chez les Bounuine, où nos deux confrères essayèrent vainement, au milieu de privations sans nombre, de faire quelques chrétiens.

    Le 27 septembre 1899, le P. Salomez malade dut redescendre en Annam et aller rétablir sa santé à Tourane. Il fut quelques mois curé de Leson, district voisin, puis de Phuhoa au Quangngai. En 1904, après un court séjour à Tourane et à Phanrang, il devint directeur de l’orphelinat de Gothi, puis, en 1906, de celui de Longsong.

    En septembre 1909, il reçut sa destination pour le poste de Cayvong, près de Nhatrang-citadelle, auquel devait s’ajouter plus tard celui de Hadua, vieille chrétienté où il devait mourir le 22 décembre 1924.

    Ce jour-là, vers une heure de l’après-midi, le Père récitait ses vêpres sous la véranda, quand, se sentant indisposé, il appela son petit serviteur. Des charpentiers qui travaillaient près de là vinrent aider le Père à gagner son lit. A ce moment il perdit l’usage de la parole, mais garda encore sa connaissance une dizaine de minutes. C’est alors qu’il fit sur ses narines et sur l’une de ses oreilles un signe de croix pour indiquer qu’il réclamait l’Extrême-Onction. Un vomissement se produisit, mais ne le soulagea point. L’infirmier de la citadelle essaya vainement de rappeler le Père à lui ; après une quarantaine de minutes, il s’éteignait doucement.

    Notre cher défunt n’a pas été surpris. Deux séjours récents à la clinique de Saigon l’avaient nettement instruit, et l’état de sa santé de plus en plus mauvais lui était, au reste, une indication qui ne trompe point. Ajoutons qu’il s’était confessé quatre jours auparavant.

    Il aimait beaucoup les Annamites et ceux auxquels il a rendu service ne se comptent pas. Il aidait aussi le plus possible les prêtres indigènes et allait jusqu’à écrire de tous côtés afin d’avoir un peu d’argent à remettre, surtout au zélé prêtre qui, dans la partie du district qu’il lui avait cédée, avait courageusement et avec succès entrepris la conversion des sauvages.

    Au mieux aussi avec les Européens de la province, il était tous jours prêt à leur rendre service, quelque peine qu’il lui en coûtât ; aussi un journal cochinchinois, l’Impartial, écrit-il de lui :

    “Le P. Salomez était le meilleur homme de la terre ; brave, honnête et digne homme dans toute l’acception de ces termes et il ne comptait que des amis parmi ceux de nos compatriotes qui passèrent à Nhatrang. Ce prêtre n’était point un homme morose, il respirait au contraire la gaîté et savait réconforter ses pénitents. Il était à la tête d’une paroisse très prospère en pleine citadelle annamite de Nhatrang, et il avait su se faire aimer des païens aussi bien que de ses fidèles. Indulgent à tous, il s’appliquait surtout à faire le bien... Ce fut un bon ouvrier de la propagande française ”.

    Un autre journal, le Camly, s’exprime ainsi : “On n’oubliera pas qu’il y a quinze ans à peine, à dix kilomètres de la citadelle, il n’y avait que la forêt vierge. Aujourd’hui, grâce à l’énergie du pauvre Père, la haute vallée de la rivière de Nhatrang est peuplée et cultivée. Et c’est en réalisant cette œuvre gigantesque que le bon Père Salomez contracta les germes de la maladie qui vient de l’emporter. Puisse-t-il dans l’au-delà trouver la récompense que les pouvoirs publics n’ont jamais songé à accorder à ce vaillant Français, à ce grand pionnier de la civilisation, qui tombe à son poste pour la plus Grande France ”.

    Rectifions au moins ce détail : le gouvernement venait, il y a quelques mois, de reconnaître les services de notre cher défunt en lui accordant la décoration annamite du Kim Khanh.

    L’œuvre religieuse du P. Salomez n’est pas négligeable. En 1909, il prenait trois paroisses avec 768 chrétiens. En 1916, il avait doublé le nombre de ses paroisses et il comptait 1104 chrétiens. A cette date, Monseigneur lui confia deux nouvelles paroisses avec 512 chrétiens et, un peu plus tard, il eut un vicaire, devenu aujourd’hui curé d’une partie de ce district. En 1909, y compris les deux paroisses ajoutées plus tard, il n’y avait que 5 paroisses et 1329 chrétiens ; le Père laisse à sa mort 9 paroisses et 2046 chrétiens. Et dans ce district 13.258 confessions ont été entendues et 21.594 communions ont été distribuées au cours de l’an dernier ; ce qui indique bien une vie chrétienne intense. Sa part personnelle dans ce travail fut, l’an dernier, de 9.643 confessions et de 17.322 communions.

    Au jour des obsèques, la veille de Noël, l’église s’est trouvée trop petite pour contenir la foule. Tous les Européens étaient là ainsi que les grands mandarins. Deux missionnaires étaient venus de Phanrang et tous les prêtres de la province avaient fait l’impossible pour venir apporter au cher défunt une dernière prière.

    27. — Félix DUGAST, né le 12 décembre 1884 à La Guyonnière, diocèse de Luçon ; missionnaire du Kientchang en 1910 ; décédé le 31 décembre 1924.

    — 1925 —

    1. — Jean-Baptiste FAHRER, né le 25 mai 1862 à Saint-Hippolyte, diocèse de Strasbourg ; missionnaire de Pondichéry en 1886 ; décédé le 29 janvier 1925.

    2. — Joseph-Eugène MARTIN, né le 17 août 1853 à Tarare, diocèse de Lyon ; missionnaire du Setchoan Méridional en 1876 ; décédé le…………

    3. — Jean-Marie-Joseph GUÉGUEND, né le 30 juin 1875 à Plestan, diocèse de Saint-Brieuc ; missionnaire de Cochinchine Occidentale en 1900 ; décédé le 4 février 1925.

    4. — Claude BONIN, né le 28 septembre 1839 à Saint-Didier-en-Bresse diocèse d’Autun ; missionnaire de Cochinchine Septentrionale en 1867 ; décéda le 17 février 1925.


    1925/180-185
    180-185
    Anonyme
    France
    1925
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