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Nécrologe

NÉCROLOGE Le Père Samuel Pauthe, Missionnaire du Tonkin Méridional. Il y a une vingtaine dannées, un religieux que ses recherches scientifiques avaient amené à passer quelques semaines dans notre Mission, nous avait, en partant, gratifiés à peu près tous dun mot plus ou moins malicieux qui, sans doute, relevait le trait le plus saillant de nos qualités ou de nos défauts. Le P. Pauthe nayant pas eu son mot, quelquun en fit la remarque. Oh ! le P. Pauthe, cest un saint , dit aussitôt le vieux savant.
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    NÉCROLOGE

    Le Père Samuel Pauthe,
    Missionnaire du Tonkin Méridional.

    Il y a une vingtaine dannées, un religieux que ses recherches scientifiques avaient amené à passer quelques semaines dans notre Mission, nous avait, en partant, gratifiés à peu près tous dun mot plus ou moins malicieux qui, sans doute, relevait le trait le plus saillant de nos qualités ou de nos défauts. Le P. Pauthe nayant pas eu son mot, quelquun en fit la remarque. Oh ! le P. Pauthe, cest un saint , dit aussitôt le vieux savant.

    Et, en effet, pendant les 34 ans quil vécut au milieu de nous, le P. Pauthe nous donna constamment lexemple dune vie humble et fervente, tout appliquée au devoir. Très modeste, ne faisant pas de bruit, il se sanctifia dannée en année par laccomplissement exact, réfléchi, presque méticuleux, des devoirs de chaque jour.

    Pendant la longue maladie, qui le conduisit au tombeau, sa tranquille résignation fut un sujet de grande édification pour tous ceux qui lapprochaient : pour le Docteur, qui ne se lassait pas dadmirer une si entière et si sereine acceptation de la souffrance et des assujettissements pénibles que lui imposait la maladie ; pour les infirmiers païens de lhôpital, qui navaient jamais été témoins de tant de douceur et de patience chez un malade et lui en savaient gré en lentourant de prévenances dont ils ne sont pas coutumiers ; pour nous, ses confrères, qui voyions dans des dispositions si parfaites laboutissement et la récompense dune vie toute de foi et dunion à Dieu.

    On ne lentendit jamais se plaindre ; quelquefois il disait dune voix faible et douce : Cest bien long ! et, dans les moments de plus grandes souffrances, on remarquait seulement chez lui une certaine contraction de la face et un léger crissement des dents.

    Il va sans dire quil reçut les derniers sacrements dans des sentiments de piété et de ferveur admirables ; il garda sa connaissance presque jusquau dernier moment et, le 11 décembre, vers 5 heures matin, il sendormit doucement dans le Seigneur. Cest en assistant à pareille mort que lon peut dire : Sil est parfois dur de vivre en Mission, il est bien doux dy mourir !

    Le Père Julien Huchet,
    Missionnaire de Mandchourie Méridionale.

    Arrivé en Mandchourie en 1898, le P. Huchet fut envoyé par Mgr Guillon faire ses premières armes, à 500 lys à lest de Moukden, dans les montagnes que le P. Villeneuve ouvrait alors à lEvangile. Cest là quil se formait à la vie apostolique, lorsque linsurrection des Boxeurs vint ly surprendre. Tout proche de la Corée, il passe la frontière en compagnie du P. Villeneuve ; par monts et par vaux, après des fatigues inouïes, les deux apôtres arrivent à Ouensan, où le regretté P. Bret les accueille en frères. Après quelques jours de repos ils repartent et gagnent Séoul, où Mgr Mutel leur accorde la plus bienveillante hospitalité. Rentré en Mandchourie en octobre 1900, le P. Huchet est chargé du vaste district de Hei-chan-hien, puis de celui de Kan-chan-toun, où il se dépensa sans compter et fit beaucoup de bien. Mais, miné par le mal (diabète) qui devait lemporter, il baissait dannée en année ; les courses apostoliques le fatiguaient de plus en plus, et il dut enfin sarrêter. Il fut assisté à son chevet dhôpital par deux confrères, le P. Toudic, son ami de cur, et un prêtre chinois, son vicaire. Lorsque, sur le verdict du docteur, on linvita à se préparer à la mort, il fut étonné de la gravité de son mal, mais se résigna bien vite : Servi inutiles sumus, répétait-il. Il garda sa pleine connaissance jusquà la fin et expira doucement, le 29 décembre à 11 heures du matin, en baisant son crucifix. Belle et pieuse mort !

    *
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    1922

    30. Joseph-Mathurin BAZIN, né le 22 septembre 1869 à Ménéac, diocèse de Vannes ; missionnaire de Birmanie Septentrionale en 1895.

    1923
    1. Julien-Jean-Baptise-Pierre HUCHET, né le 30 août 1873 à Moulins, diocèse de Poitiers ; missionnaire de Mandchourie Méridionale en 1898.

    2. François-Charles-Xavier PATINIER, né le 2 décembre 1850 à Steenbecque, diocèse de Cambrai ; missionnaire de Cochinchine Septentrionale en 1875.

    1923/137-140
    137-140
    Anonyme
    France
    1923
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