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Nécrologe

Nécrologe Le Père Pierre Aurientis, Vicaire Général honoraire du diocèse dOsaka.
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    Nécrologe

    Le Père Pierre Aurientis,
    Vicaire Général honoraire du diocèse dOsaka.

    Né le 1er avril 1854 à Saint-Amans de Pellagal, dans le diocèse de Montauban ; prêtre le 21 septembre 1878, parti le 30 octobre pour la Mission du Japon Méridional, arrivé à Nagasaki le jour de Noël de la même année. Le P. Aurientis fut envoyé dans la partie de la Mission qui, détachée du Japon Méridional, fut érigée, en 1888, en Mission indépendante sous le nom de Mission du Japon Central, actuellement Mission dOsaka. Il fut chargé successivement des postes de Hiroshima, de Tsu et de Kyôto. Vicaire Général de 1914 à 1917, il fut Supérieur de la Mission depuis mai 1917, époque de la mort de Mgr Chatron, jusquà larrivée (janvier 1919) de Mgr Castanier, qui le nomma Vicaire Général honoraire. Il est mort à Kyôto, ville où il a travaillé pendant 29 ans.

    Doué dune belle intelligence et dun jugement très droit, dun cur dor et dune bonne humeur réconfortante, le P. Aurientis était estimé et aimé de tout le monde. Il jouissait dune excellente santé et avait une activité extraordinaire ; aussi, tout en administrant limportante paroisse dont il était chargé, il avait pu accepter depuis de nombreuses années denseigner la langue et la littérature françaises au Lycée supérieur et à lUniversité Impériale de Kyôto. Dans cette ville notre confrère sétait créé une place de premier ordre, surtout parmi la classe dirigeante. Les services que le P. Aurientis rendait, soit aux Japonais pour létude de la langue française et pour les relations avec les Français, soit aux étrangers qui venaient visiter Kyôto et se documenter auprès de lui sur ce Japon quil aimait tant et quil connaissait si bien, lui avaient valu une grande notoriété. Aussi, pour reconnaître ses services, lAmbassadeur de France au Japon avait demandé pour lui la croix de la Légion dHonneur. Dautre part, en reconnaissance de son grand dévouement à ses élèves du Lycée supérieur et de lUniversité Impériale de Kyôto, le gouvernement japonais lui a conféré, à la veille de sa mort, la décoration de 5e classe de lOrdre de Meiji.

    A ses funérailles, de nombreuses couronnes, offertes par ses amis et ses obligés, témoignaient de la grande estime dans laquelle était tenu notre confrère. Le Maire de la ville, le Président de lUniversité Impériale, le Directeur du Lycée supérieur, de nombreux professeurs et des délégations de ses élèves vinrent assister au service funèbre qui eut lieu à léglise de Kyôto le 27 octobre, et beaucoup laccompagnèrent jusquau cimetière. Devant la tombe du regretté défunt, M. Hauchecorne, Consul de France à Kôbé et Osaka, lui dit adieu, au nom de la France, dans les termes ssuivants.

    Monseigneur,
    Messieurs.
    Au nom de S. Exc. M. lAmbassadeur de France, qui ma chargé de le représenter officiellement, et au nom des Français de ma circonscription consulaire, je présente au chef et aux membres de la Mission dOsaka les sentiments de grande sympathie et de regrets que tous ont ressentis en apprenant la mort du P. Aurientis, Vicaire Général honoraire. Cette mort enlève soudain à votre Mission lun de ses membres les plus expérimentés, et nous savons combien de telles pertes se réparent difficilement.

    Il appartient à une autre voix que la mienne de dire les travaux du vaillant missionnaire qui, pendant quarante et quelques années, marcha sans relâche dans la noble voie quil avait choisie, et qui, en plein labeur, tombe tout à coup sous laction dun mal inopiné, et non sous le poids des années. Il avait, en effet, conservé cette verdeur, cette activité de la jeunesse, qui, comme une juste récompense, subsistent souvent dans lâge avancé pour ceux dont lexistence fut droite et belle.

    Cette grande activité nétait pas toute absorbée par les travaux de Mission. Le P. Aurientis trouvait le moyen den réserver une bonne part à la France : cest pour moi le plus évident des devoirs de le rappeler en ces douloureuses circonstances. Je sens trop la perte que fait notre pays, en voyant disparaître ce fils dont il était fier, et avec lequel son influence dans cette grande ville japonaise était en bonnes mains.

    Pendant de longues années, Je P. Aurientis professa notre langue dans deux chaires de Kyôto, à lUniversité et au Lycée supérieur. Sa belle culture générale, sa grande puissance de travail, les dons les plus solides et les plus séduisants de lesprit, une bonne grâce toujours obligeante, lui assurèrent une situation tout à fait éminente,

    Je nétonnerai personne en ajoutant que lattention de notre Ambassadeur M. Paul Claudel, sétait fixée sur ces longs et brillants services, ainsi que sur un mérite personnel dont il était certes excellent juge. Comme, dailleurs, Monsieur Bapst, son prédécesseur, il était résolu à faire tout le nécessaire pour obtenir du Gouvernement français un témoignage de sa reconnaissance. Je ne doute pas que son action naboutisse : cet honneur posthume vous ira, je pense, droit au cur, Messieurs, et vous montrera que la mort ne peut effacer pour nous le souvenir de tant de services généreusement prodigués.

    Il y a quelques semaines, je recevais moi-même du P. Aurientis une marque précieuse de ses sentiments de bon Français : il madressait sur la Société Franco-Japonaise certains renseignements demandés et mexposait un projet de réception en vue dune visite à Kyôto, dont je lavais entretenu pour lautomne. Le tour vif et charmant de cette lettre me frappa, comme aussi la cordialité qui linspirait. Je me faisais une joie de prendre bientôt contact avec la personnalité si complète de votre confrère et de minstruire près de lui des choses de cette région. Jétais loin de prévoir, hélas ! Le triste devoir qui motiverait mon premier voyage à Kyôto et qui me conduit aujourdhui devant cette tombe pour apporter à votre cher disparu ladieu de la France et lhommage des regrets unanimes de nos compatriotes.

    Les funérailles furent célébrées, selon la volonté expresse du défunt, avec la plus grande simplicité ; cependant elles furent imposantes par la nombreuse assistance qui débordait de léglise et qui suivit la croix jusquau cimetière. Ce fut la dernière prédication du P. Aurientis dans la ville de Kyôto.

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    29. Samuel-Antoine PAUTHE, né le 23 mars 1864 à Appelle, diocèse dAlbi ; missionnaire au Tonkin Méridional en 1888 ; mort à Vinh le 11 décembre 1922.

    1923/66-69
    66-69
    Anonyme
    France
    1923
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