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Nécrologe

Nécrologe Le P. Adolphe Grisel, Missionnaire de Malacca
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    Nécrologe
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    Le P. Adolphe Grisel,
    Missionnaire de Malacca

    Originaire du diocèse de Marseille, le P. Grisel, ses études théologiques terminées au Séminaire des Missions-Étrangères, fut destiné en 1899 à la Mission de Canton, où il travailla pendant dix ans. Obligé par sa mauvaise santé à rentrer en France, il y passa plusieurs années ; puis, désirant revenir en mission, il fut agrégé à Malacca, dont le climat semblait devoir lui mieux convenir. Il fut placé à Singapore, à léglise chinoise du P. Gazeau, et cest là quil est mort subitement, le jour de lAscension, dans laprès-midi. Depuis quelques mois il souffrait de lasthme et les nuits étaient pénibles pour lui ; mais rien ne faisait prévoir une fin aussi prompte. Il repose à côté du regretté P. Beaublat.

    Le P. Antoine Moutot,
    Provicaire du Sutchuen Méridional

    Avec le P. Moutot, cest une belle figure de missionnaire qui disparaît. Depuis 1870 tout son temps et toutes ses forces furent au service de ses chrétiens, toujours avec une égalité dhumeur et une charité parfaites. La belle chrétienté de Simen, où il a travaillé 32 ans, a vu, grâce à son zèle, décupler le nombre de ses fidèles. Doué dun grand sens pratique, dun esprit fin qui saisissait vite le fond des roueries chinoises, il ny avait pas daffaire, si embrouillée fût-elle pour laquelle il ne trouvât une solution amiable. Il secourait toutes les misères et consolait toutes les peines.

    Après 46 ans de labeur apostolique, il fut frappé de paralysie, et, pendant six années encore, acheva de se sanctifier par la souffrance, nous donnant lexemple dune patience admirable. Il laisse à ses confrères le souvenir dune longue carrière de zèle et de charité.

    Le P. François-Félix Roudière,
    Provicaire de Swatow

    Né à Elne, près Perpignan, François-Félix Roudière, après avoir fait ses études au pays natal, entra à la Rue du Bac à lâge de 17 ans. A la fin de ses cours, trop jeune pour être ordonné prêtre, il fut envoyé à Rome comme socius du P. Delpech. Ordonné en 1884, il partit de suite pour la Mission du Kouangtong et fit ses premières armes dans lOuest de la province, à lîle de Waitchao et à Pakhoi. En 1895 il était transféré à Tchaotcheoufou, Homme daction et dautorité, il commença par organiser la vieille chrétienté de la ville et, tout en y bâtissant la belle église de N.-D. Auxiliatrice, il étendit son action à la campagne et y fonda plusieurs nouvelles chrétientés florissantes. Grâce à son expérience des affaires chinoises et à lascendant quil sut prendre sur les autorités locales, il put rendre de grands services aux chrétiens et aux païens, à lépoque des Boxeurs dabord, comme délégué du Consul de France de Canton, puis lors des troubles de la guerre Nord-Sud, où par deux fois il contribua puissamment à sauver la ville du pillage. Les habitants de Tchaotcheou et le gouvernement de Canton lui témoignèrent officiellement leur reconnaissance, et le gouvernement français, pour reconnaître les services rendus à la cause française, lui décerna la croix de la Légion dHonneur en 1919.

    Dès lannée dernière il se sentait atteint du mal qui devait lemporter ; mais il en ignorait la nature et la gravité. Pensant quun séjour en France lui rendrait la santé, il fit ses préparatifs de départ. A son arrivée à Hongkong le médecin diagnostiqua un cancer compliqué dascite. Le mal empira rapidement et, le 28 juin, le Père rendait son âme à Dieu.

    Le P. François Ligneul,
    de la Maison de Nazareth.

    Cest une belle figure de prêtre et dapôtre qui disparaît avec le P. François Ligneul.

    Le 19 Janvier 1921, 4 Evêques et 40 missionnaires étaient réunis pour fêter solennellement ses Noces dor sacerdotales, et, ce jour-là, un confrère, dans une adresse de félicitations au vénéré jubilaire, résumait ainsi sa carrière sacerdotale.

    Que de souvenirs pour vous, cher Père, pendant ces cinquante années !

    Cest dabord Chartres, la ville de Marie ; votre ordination dans la magnifique cathédrale, votre première messe : moments dineffable bonheur, assombris Pourtant par la tristesse de loccupation allemande, qui ne permit pas de donner à ces touchantes cérémonies toute la solennité quelles comportent. Chartres et le professorat. Vos élèves vous ont fait honneur : pour les rencontrer aujourdhui, il faudrait aller frapper à la porte des cures les plus importantes du diocèse, voire à celle de lévêché de Châlons ou de Singapore, et partout, je nen doute pas, on retrouverait bien vivant le souvenir du professeur qui a travaillé et réussi non seulement à orner lintelligence de ses élèves, mais encore à former leur cur, leur volonté, en vue des combats de la vie.

    Puis cest le Séminaire de Paris, où, Pendant une année, le brillant professeur de Chartres redevient élève et édifie directeurs et aspirants par lhumilité, la simplicité avec laquelle il se soumet et à lobservation du règlement et aux exigences de la vie commune avec des confrères de dix ou quinze ans plus jeunes que lui et dont plus dun peut-être a prétendu en remontrer à son expérience.

    Puis le Japon, cette chère Mission de Tôkyô, où, pendant trente années, vous allez vous dépenser sans compter. Ah ! là surtout, que de souvenirs !... Ce Séminaire, dont les Premiers prêtres ont été formés par vous depuis leur entrée dans la maison jusquà leur ordination sacerdotale, couronnement dune longue et laborieuse préparation, et qui aujourdhui mettent en pratique dans le ministère les bonnes leçons quils ont reçues. Cette maison de Saint-Maur, où des centaines denfants, instruites et baptisées par vous, sont demeurées de bonnes et solides chrétiennes ; ces uvres denseignement, qui, grâce à vos conseils, ont atteint un degré de prospérité qui donne les meilleures espérances pour lavenir religieux du Pays. Et, avec la direction du Séminaire et laumônerie dune importante communauté, cest la rédaction dune Revue catholique, cest la publication de nombreux ouvrages qui vont porter, dans un milieu pour nous inaccessible, les principes dune saine philosophie et la connaissance des grandes vérités de la foi catholique.

    Que de travaux pendant trente ans, cher Père, et comme on comprend que votre cur se soit attaché profondément à ce sillon si laborieusement creusé par vous !

    Et pourtant un jour vint où il vous fallut labandonner : Dieu vous appelait à dautres labeurs sur un champ plus vaste. Votre centre fut Nazareth ; mais de là vous rayonnez de tous côtés, allant réveiller dans des âmes de prêtres et dapôtres lamour de leur sainte vocation et la volonté dy répondre toujours généreusement. Quel ministère que celui-là ! Et quel bien ne produit-il pas ? Ce ministère, vous lavez exercé non seulement à Nazareth, mais dans nombre de nos Missions, depuis la Cochinchine et le Tonkin jusquà la Mandchourie et le Japon, qui, naturellement, avait eu les prémices de ce nouvel apostolat. Partout vos retraites ont laissé une impression profonde, partout elles ont opéré des fruits de salut. Et, dans les intervalles de vos pérégrinations apostoliques, vous repreniez modestement votre place à Nazareth, simple comme un jeune séminariste, ponctuellement fidèle aux moindres prescriptions du règlement, toujours prêt, par votre direction et vos conseils, à aider les âmes à se sanctifier et donnant à tous lexemple dune vie de recueillement, de prière et de travail.

    Depuis la cérémonie de ses Noces dor, la santé du cher Père commença à décliner ; lanémie triompha peu à peu de sa robuste constitution et, le 25 Juillet, il séteignait doucement, couronnant par une sainte mort une vie toute de dévouement et de zèle apostolique.

    Prévoyant le dénouement fatal, un de nos Evêques écrivait : Ce sera une grande perte pour la Société, pour le Japon et pour Nazareth ; une grande perte aussi tour ses nombreux amis et ses fils spirituels. Mais pour lui ce sera tout bénéfice, car, après une vie terrestre si bien remplie, quelle belle récompense lattend là-haut !

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    22. Henri-Léon BOUIGE, né le 8 Juillet 1868 à Ainay-le-Château diocèse de Moulins ; missionnaire de Nagasaki en 1894.

    23. François-Alfred-Désiré LIGNEUL, né le 21 Septembre 1847 à Châtillon-en-Dunois, diocèse de Chartres ; ordonné prêtre le 22 Janvier 1871, missionnaire du Japon Septentrional (Tôkyô) en 1880 ; agrégé à la Maison de Nazareth en 1912, décédé le 25 Juillet 1922.


    1922/449
    449
    Anonyme
    France
    1922
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