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Nécrologe

Nécrologe MONSEIGNEUR TEISSIER, EVÊQUE DE MYSORE. Mgr Hippolyte Teissier, Evêque de Mysore, est décédé à lhôpital Sainte-Marthe, Bangalore, le Dimanche 26 Février 1922.
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    MONSEIGNEUR TEISSIER,
    EVÊQUE DE MYSORE.

    Mgr Hippolyte Teissier, Evêque de Mysore, est décédé à lhôpital Sainte-Marthe, Bangalore, le Dimanche 26 Février 1922.

    Notre Evêque ne nous a pas été enlevé dune manière tout à fait imprévue. On pouvait sy attendre dès Septembre 1918, quand il fut atteint de son angine de poitrine. Mais, si le vénéré malade fut longtemps à reprendre le dessus, il se remit si bien et vaqua de nouveau si courageusement à ladministration de son diocèse, quon saccoutuma insensiblement à oublier le diagnostic du docteur et à croire à une maladie plus indulgente. Hélas ! la guérison nétait que temporaire.

    Nous avions eu notre dernière Retraite générale du 11 au 17 Janvier 1922 ; Mgr en avait suivi tous les exercices avec nous sans fatigue apparente. Pendant les récréations il parlait de son prochain voyage à Kaniambetta, chez le Père Jauffrineau, retenu dans son camp retranché, à portée dune colonie de Moplahs. Mgr devait partir le 1er Février. Le Père Meyniel était désigné pour laccompagner.

    Huit jours après la Retraite, notre bon Evêque eut une légère attaque dinfluenza. Il voulait se traiter à lévêché ; mais les confrères le prièrent en grâce daller se reposer à lhôpital : il y consentit, plutôt, pensait-il, pour leur faire plaisir que par nécessité.

    A Sainte-Marthe il demeura un mois, pendant lequel les progrès vers la guérison parurent continus.

    Le jeudi, 23 Février, Mgr dîna à lévêché. A son retour à lhôpital, il sentit une douleur lancinante dans la région du cur ; mais, comme cela ne dura que quelques minutes, il ne sen inquiéta pas. Le lendemain, le docteur lexamina minutieusement et constata les symptômes de la vieille maladie oubliée, langine de poitrine. Il prescrivit un repos absolu, même à lintérieur de la chambre. Mgr, qui néprouvait aucun malaise, fut surpris. Il se soumit cependant à ce nouveau régime ; mais, dans laprès-midi, se sentant toujours dispos, il crut pouvoir se rendre à la chapelle pour sa visite au Saint-Sacrement. Trouvant la chambre vide, la Sur infirmière partit à la recherche de son malade ; elle le ramenait tout doucement, lorsque le docteur arriva en même temps à lhôpital et ne déguisa pas les craintes que lui causait cette imprudence. Pourtant le reste de la journée se passa sans incident.

    Courte alerte, semblable à celle de lavant-veille, le samedi matin vers 5 heures. A midi, une première crise ninspira encore pas trop dinquiétude ; mais, à partir de 2 heures, ce fut autre chose et Mgr, qui garda toute sa lucidité jusquà la fin, demanda lui-même et reçut les derniers sacrements.

    Désormais les crises se succèdent sans interruption, et lon ne saurait dire les affres de lauguste malade. Sa patience est admirable. Il offre à Dieu ses souffrances et sa vie pour sa chère Mission. A tout instant il fait appel à la miséricorde divine : Jésus, mon Dieu, ayez pitié de moi ! Parfois le mal est si. intolérable quil demande grâce : Mon Dieu, un peu de répit ! Mais de suite il se reprend : Pardon, mon Dieu, jai eu tort ; que votre sainte volonté soit faite !

    Après plus dune journée de lutte, le dimanche soir, vers 6 heures, le répit est enfin accordé : le visage du malade sillumine dun sourire et sa belle âme séchappe et vole vers son Dieu.

    Le corps, revêtu des ornements pontificaux, resta en chapelle ardente à Sainte-Marthe jusquau lundi à 3 heures et demie du soir. A ce moment il fut transféré et exposé à la cathédrale, où tout le clergé de Bangalore se réunit pour la récitation de lOffice des Morts. La bière fut ensuite fermée sous les yeux de lOfficier de Santé, qui avait pris la responsabilité de laisser retarder linhumation jusquau mardi matin. On comptait ainsi permettre aux Evêques de la Province de Pondichéry de se trouver à la cérémonie. Aucun ne put arriver à temps. Le Père Sigean, Vicaire Capitulaire, présida les obsèques. Le mardi, 28 Février, il chanta la Messe, assisté dun diacre du clergé européen et dun sous-diacre du clergé indien ; puis, après les cinq absoutes liturgiques, le cercueil fut déposé dans le caveau de la chapelle du Sacré-Cur. Cest là, devant limage du Cur infiniment miséricordieux de Jésus, que les restes mortels de notre vénéré Père attendent le réveil de la résurrection générale.

    Mgr Teissier, sans rechercher la popularité, était très-connu et très-aimé à Bangalore. Sa mort a causé un deuil général. Immense a été laffluence aux cérémonies de linhumation : la cathédrale était trop étroite pour contenir la foule appartenant à toutes les religions.

    Né le 15 Novembre 1853 à S-Ferréol dAuroure (diocèse du Puy), Hippolyte Teissier fut ordonné prêtre à la rue du Bac le 20 septembre 1879, en même temps que M. Quénard, qui devait laccompagner au Mayssour. Les deux jeunes missionnaires partirent le 29 octobre et arrivèrent à destination le 3 décembre suivant. M. Quénard était doué dun talent supérieur qui faisait présager un bel avenir ; mais les voies de Dieu ne sont pas celles des hommes : il mourut à Bangalore le 14 novembre 1890.

    En mai 1880 le P. Teissier était envoyé à Mattigeri, puis, en novembre de la même année, à Shimoga. En 1883 il est en charge de Closepet, et en 1884 de Silvépura. De là il passe à Ganjam (Seringapatam) en juin 1885 ; cest son plus long stage dans les districts. En janvier 1890 il est nommé Procureur, et Vicaire Général en 1910, lors de la retraite de Mgr Kleiner. Enfin élu évêque de Mysore à la mort de Mgr Baslé, il fut sacré le 24 Janvier 1917 ; son épiscopat ne fut donc que de cinq ans.

    Mgr Teissier sest fait des amis partout où il a passé. Il pratiqua toujours la sentence évangélique : Estote prudentes sicut serpentes et simplices sicut columb, qui se traduisait chez lui par trois qualités : une volonté tenace pour atteindre son but, une grande souplesse de caractère pour tourner les difficultés, et une simplicité enfantine, non seulement pour éviter doffenser Dieu ou de froisser le prochain, mais encore pour gagner laffection des personnes qui pouvaient contrecarrer ses intentions. Avait-il besoin de vous pour une entreprise ; il savait sarranger de manière à vous faire croire que linitiative venait de vous, et, en cas de réussite, il vous en attribuait le succès. Tel pensait avoir amené lEvêque à ses combinaisons, tandis que cest lEvêque qui, par son affabilité, ses mille petites attentions, lavait fait entrer dans ses vues. Ainsi sest-il fait des amis nombreux et sincères, qui le regretteront longtemps, et lui continueront le tribut de leur reconnaissance et de leurs prières.

    LE PÈRE EUGÈNE MUGNIER,
    MISSIONNAIRE DE COCHINCHINE ORIENTALE

    Né à Avressieux (Savoie) le 13 juillet 1880, Eugène Mugnier entra en 5e au Petit-Séminaire de Pont-de-Beauvoisin, puis, en septembre 1897, à Bièvres. Ordonné prêtre le 7 mars 1903, il arriva le 30 mai suivant à Quinhon, où son frère Gaspard vint le rejoindre en 1907. Après dix mois détude de la langue près de son compatriote le P. Bruyère, il fut nommé professeur au Grand-Séminaire de Dai-an, quil ne devait plus quitter que pour mourir. Supérieur de létablissement en novembre 1911, il eut, trois ans après, la lourde charge et le rare mérite de parer à toutes les perturbations que la mobilisation vint jeter dans sa communauté ; et si, à laide de concours dévoués, il réussit à maintenir les études et la discipline à leur niveau normal, ce fut surtout grâce à son calme imperturbable, à son énergie toujours souriante et à sa capacité de travail ordonné, mais sans secousses, que rien ne semblait déranger, que rien ne paraissait presser, mais que rien non plus ne parvenait à entraver : les veillées sous la lampe nétaient-elles pas là pour suppléer aux insuffisances des jours trop pleins ?

    Mais la lampe, à son tour, vint à manquer dhuile... Bien que rien dans sa démarche et sa conversation ne révélât lusure, notre confrère était déjà atteint aux sources de la vie et, sans se faire jamais de grandes illusions, il présida lui-même à sa lente et longue agonie. En mai 1920, il vint à Quinhon, où, pendant un grand mois, toute la science éclairée du Docteur et les soins dévoués des bonnes Surs larrachèrent à grandpeine aux prises de la mort, quil appelait pourtant de tous ses vux, tant il sy était bien préparé ! Insuffisamment remis, il reprit de suite son fardeau quotidien ; mais, dès 1921, il dut se rendre à la clinique de Saigon pour y subir une grave opération dont il ne vit jamais la guérison. Encore entouré de ses pansements et au lieu de partir pour France, où les sollicitudes de tous lenvoyaient, il préféra rentrer à Dai-an pour y préparer lui-même un de ses ordinands à la prêtrise ; deux jours après, terrassé, il regagnait lhôpital de Quinhon, doù, quand son état le permit, on dut lévacuer à nouveau sur Saigon, dans les premiers jours de janvier 1922. Deux mois et demi plus tard, Dieu rappelait à Lui ce serviteur mort à la peine.

    Pendant ses dix-huit ans de Dai-an, le P. Eugène Mugnier a concouru, pour sa grande part, à la formation ecclésiastique de trente-neuf de nos prêtres indigènes : quelle plus belle citation vaudrait celle-là au champ dhonneur de lapostolat ?

    LE PÈRE DIỂM
    Prêtre du Tonkin Occidental

    Le Père Diểm, prêtre annamite, doyen de tout le clergé indigène du Tonkin, un des derniers confesseurs de la foi, sest éteint pieusement, le 5 Mars, à lâge de 90 ans.

    Ce prêtre très méritant était né en 1832, dune famille foncièrement chrétienne. Tout jeune, il soffrit à Dieu, au service des autels, et plus tard fut envoyé au Petit-Séminaire. Pendant sa dernière année détudes, la persécution religieuse redoubla de fureur ; les satellites des mandarins parcouraient les campagnes, à la recherche des missionnaires, des prêtres indigènes et des chrétiens. Un jour, le Petit-Séminaire fut cerné par les soldats ; la plupart des écoliers séchappèrent par les haies de bambou et se sauvèrent à travers les rizières ; mais le jeune Diểm fut arrêté et conduit devant le tribunal du mandarin. Celui-ci le fit frapper de verges et lui ordonna de renier sa foi. Diểm avait létoffe dun martyr ; il se montra inflexible. Furieux le mandarin lui fit imprimer sur la joue droite, avec le fer rouge, les trois caractères chinois, qui signifient : religion perverse de Jésus, et lenvoya en exil dans les régions éloignées et insalubres, où il eut beaucoup à souffrir des privations de toutes sortes. Le calme revenu, Diểm regagna son pays. En décembre 1866, il entrait au Grand-Séminaire de Keso, à lâge de 34 ans. Il fut le premier prêtre ordonné par Mgr Puginier, en 1869. Destiné pour le Lạc-Thổ, région montagneuse et malsaine, sa santé fut vite ébranlée ; continuellement en proie aux fièvres des bois, il dut redescendre dans la plaine. En 1872, il fut nommé à la paroisse de Thach-Bich, où il demeura jusquà sa mort, cest-à-dire 50 ans.

    Par sa piété, son esprit de foi et de dévouement, par sa parfaite dignité, il simposa à lestime et à laffection de tous les chrétiens et païens de la région. Il défendit courageusement ses paroissiens contre les Pavillons-Noirs qui rançonnaient tous les villages. Ses funérailles furent célébrées, le 9 Mars, au milieu dune foule immense de chrétiens, qui récitaient leur chapelet, demandant à Dieu pour leur Pasteur regretté la récompense promise au bon serviteur.

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    Eugène MUGNIER, né le 13 Juillet 1880 à Avressieux, diocèse de Chambéry ; missionnaire de Cochinchine Orientale en 1903.

    Michel Clément LAUMONDAIS, né le 23 Novembre 1849 à Saint-Denis-de-Gastines, diocèse de Laval ; directeur au Collège général de Pinang en 1874.

    Julien-Joseph-Marie DENIS, né le 15 Janvier 1876 à Pléchâtel, diocèse de Rennes ; missionnaire du Tonkin Méridional en 1899 ; directeur au Séminaire de Paris en 1914 ; membre de lAdministration Centrale en 1921.


    1922/250
    250
    Anonyme
    France
    1922
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