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Nécrologe

NÉCROLOGE Le Père Jean-Marie ROBERT Missionnaire de Hunghoa.
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    NÉCROLOGE

    Le Père Jean-Marie ROBERT
    Missionnaire de Hunghoa.

    Originaire du diocèse de Nantes, le Père Robert arriva au Tonkin en 1882. A Keso, où il étudia la langue annamite et travailla à la rédaction des Actes des Martyrs du Tonkin ; dans le district de Sonmiêng, quil dirigea quelques années ; à Sontay, où il fut de 1889 à 1907, comme à Laokay, quil administra de 1908 à 1925, partout le Père Robert se montra homme détude. Toutes les questions lintéressaient : théologie, liturgie, linguistique, médecine, botanique, politique, etc. Que de notes il rédigea durant son long séjour au Tonkin, surtout dans ses dernières années !

    Homme de dévouement, il le fut surtout à Sontay, où, jeune aumônier militaire, il se consacra sans mesure au bien des malades de lambulance, se montra toujours plein de sollicitude pour les confrères fatigués, et prêt à rendre service à tous. Ses connaissances médicales lui facilitaient la tâche, et ses soins vraiment maternels, ainsi que la gaieté de ses conversations, aidèrent bien des missionnaires à se remettre complètement ou à supporter plus aisément leurs souffrances.

    Cest également au Père Robert que la chrétienté de Sontay doit son église, dont elle peut être fière. Il fut aussi lorganisateur de lhôpital que la Mission possède en cette ville, et où tant de malades reçurent, avec les soins du corps, la grâce du salut.

    En 1907, le Père Robert rentra en France pour y refaire sa santé ; mais les forces ne revinrent jamais. A Laokay, où il fut envoyé à son retour en 1908, il donnait ses soins aux militaires de lambulance et soccupait des chrétiens dispersés dans la région.

    Complètement anémié, il souffrait surtout du froid et nappréhendait rien tant que lhumidité. Au commencement de décembre, se sentant plus fatigué, il descendit à Yênbai ; son séjour ny fut pas de longue durée, mais il y trouva une fois de plus les bons soins des PP. Granger et Blondel et des Surs de St-Paul. Le 16 décembre, il séteignit doucement et, le 17, au soir, neuf de ses confrères accompagnaient sa dépouille mortelle au cimetière de Yênbai. Le Bon Dieu lui a accordé la grâce de ne point mourir seul dans son poste éloigné. Requiescat in pace!

    Le Père Victor-Louis POISNEL,
    Provicaire de la Mission de Seoul.

    Né à St.-Hilaire du Harcouêt (Manche), le 13 juillet 1855, le P. Poisnel fut ordonné prêtre à Coutances le 29 juin 1879. Il était le contemporain et lami de Mgr Le Roy, Supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit, avec lequel il entretint jusquà ces derniers temps les meilleures relations.

    Après un an passé dans son diocèse, le P. Poisnel entra au Séminaire des Missions-Étrangères, le 17 août 1880, et reçut sa destination pour la Corée lannée suivante. Parti de Paris le 3 août 1881, il narriva en Corée que le 15 avril 1883. Cest quen route il avait rencontré à Nagasaki son Evêque malade, Mgr Ridel. et était resté auprès de lui pour le soigner.

    Quand il arriva en Corée, cétait encore létat de persécution. Les missionnaires dalors navaient partout que des résidences provisoires. Ils voyageaient huit ou neuf mois de lannée, et ce nest que pendant lété quils sarrêtaient dans quelque endroit retiré pour aller ailleurs lannée suivante. Après quelque temps passé à Séoul, le P. Poisnel fut envoyé dans lintérieur ; il parcourut ainsi les provinces du Hpyeng-an-to, Kang-ouen-to et Hoanghai-to en 1884-85. Quand le P. Mutel fut nommé Directeur au Séminaire de Paris, le P. Poisnel vint à Séoul prendre sa place de procureur, charge quil remplit jusquen 1892, année où il fut chargé du district de Séoul intra muros. En 1896, le P. Coste, provicaire, étant mort sans avoir pu terminer les travaux de la cathédrale, ce fut le P. Poisnel qui en prit la direction. Pour cela, il étudia à fond larchitecture et devint un maître dans cette branche. On lui doit le dessin de presque toutes les églises et résidences de Corée.

    En 1917, à la mort du P. Doucet, provicaire, Mgr Mutel designa le P. Poisnel pour le remplacer dans cette fonction. Il continua néanmoins à diriger jusquà sa mort la paroisse de la Cathédrale.

    Pendant les 42 ans de son séjour en Corée le P. Poisnel ne connut jamais le repos. Le voyant réaliser à la lettre cette parole de saint Paul : Nullam requiem habui, un ami lui demandait, il y a quelque temps, sil navait pas lintention de prendre un congé pour aller revoir sa Normandie, mais lui de répondre : Mon billet est déjà pris pour lautre monde.

    En effet, au mois de septembre dernier la maladie larrêta. Atteint demphysème pulmonaire, il souffrait de douloureuses crises détouffement, qui devinrent de plus en plus pénibles et fréquentes, et, le 27 décembre, à 7 heures du matin, il rendait doucement son âme à Dieu.

    Les funérailles eurent lieu le 29. La levée du corps fut faite par son compatriote, le P. Le Merre. La messe fut chantée pontificalement par Mgr Devred, qui donna ensuite labsoute. Les séminaristes, venus de Ryongsan, prêtaient leur concours et pour les cérémonies et pour le chant. Dans le chur de la cathédrale il y avait une trentaine de prêtres en surplis, missionnaires, Pères bénédictins, prêtres coréens. Mgr Sauer tint à assister à la cérémonie, et à aller jusquau cimetière. Dans lassistance on remarquait M. Gallois, Consul de France avec toute la colonie française, le Bishop Trollope de lEglise anglicane, etc.... Les chrétiens coréens et japonais étaient venus nombreux. Malgré le froid, très vif ce jour-là, quinze cents suivirent le cercueil jusquau cimetière, et cela dans un ordre parfait, au grand étonnement de la population païenne.

    Une fois arrivé à Ryongsan, et les prières liturgiques récitées par le P. Larribeau, M. Gallois, Consul de France, tint à dire quelques mots dadieu, Voici le texte de ses paroles.

    Après laustère grandeur de cette cérémonie funèbre, je tiens à apporter le dernier adieu de la Patrie à celui que nous vénérions tous pour ses hautes vertus de chrétien et de Français.

    Missionnaire Français, tels sont les beaux titres de gloire qui dépeignent en effet tout ce que fut le Père Poisnel, car, parti de France en 1881, sil a pu parfois souhaiter revoir sa patrie, missionnaire jusquà lhéroïsme, il a préféré demeurer toujours dans cette Corée pour laquelle il avait été désigné. Son entrée dans lEmpire Ermite, ses premières difficultés connues de tous, font maintenant partie de lhistoire, et je laisse à dautres, mieux placés, le soin de continuer la relation de la fructueuse carrière de ce pionnier de laction chrétienne et française au Pays du Matin Calme.

    A lévangélisation de la Corée, il a consacré sa remarquable intelligence et son inlassable activité, sans cesser un instant de reporter sa pensée vers la France. Dans les premiers temps de son apostolat, bien souvent les marins français venus en Corée ont reçu de lui laccueil et lassistance quon noublie jamais. Récemment encore nous en avons eu la preuve quand le Commandant du vaisseau-amiral a tenu à venir témoigner sa vieille amitié au Père Poisnel, connu lors des historiques événements de Quelpaert. Et toujours, sa vie entière, il a marqué son attachement à cette France quil aimait et servait de mille manières, dont la moindre nétait pas lexemple dun courage qui dura près dun demi-siècle sans défaillir.

    Et ce sont les services éminents de ces ouvriers de la première heure que la France a récemment sanctionnés par la Croix des Braves épinglée sur la poitrine du vaillant compagnon darmes du P. Poisnel, Monseigneur Mutel, son chef et son ami.

    Et nous voila privés de cette activité bienfaisante ! Mais si la grande figure du P. Poisnel disparaît pour toujours, les témoins de son activité demeurent : Il na point fondé sur le sable ! Littéralement, vous le savez tous, les bâtiments français qui se groupent autour de notre cathédrale disent son uvre presque impérissable. Plus impérissables encore vivront son uvre morale et religieuse et le souvenir de sa valeur personnelle dans les curs des milliers de ses disciples. Qui dentre eux na pas bénéficié de sa bonté inépuisable ou de ses conseils dune sagesse si avertie ? Le nombre de ceux qui ont tenu à assister tout à lheure à son service funèbre et de ceux qui se pressent autour de cette tombe, témoigne hautement de la vénération filiale que le cher défunt a su inspirer toute sa vie et du sentiment de douleur profonde quil nous laisse en partant.

    Père Poisnel, nous nen doutons pas, Celui que vous avez aimé par dessus tout et si bien servi vous a déjà récompensé, mais par votre vie, par votre uvre, votre influence personnelle, vous avez aussi bien mérité de la Patrie. Et cest en son nom, comme au nom de tous ses enfants, qui vous ayant connu, vous aimèrent, que je viens vous dire le merci suprême et ladieu.

    22. Victor Louis POISNEL, né le 13 juillet 1855 à Saint-Hilaire-du-Harcouët, diocèse de Coutances ; missionnaire de Corée en 1881, de Seoul en 1911, provicaire en 1917 ; mort à Seoul le 26 décembre 1925.

    1926

    1. Emile-Alexandre-Joseph DEVRED. né le 7 janvier 1877 à Roucourt, diocèse de Cambrai (auj. de Lille) ; missionnaire de Corée en 1899, de Seoul en 1911 ; évêque dHésébon et Coadjuteur du Vicaire Apostolique en 1920 ; mort le 18 janvier 1926.

    2. Jules-Joseph MONTAGNON, né le 22 décembre 1873 à Monestier, diocèse de Viviers ; missionnaire de Cochinchine Septentrionale (Hué) en 1899 ; mort le 21 janvier 1926.



    1926/133-137
    133-137
    Anonyme
    France
    1926
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