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Nécrologe

Nécrologe LE PÈRE PAUL LECORNU, Missionnaire du Tonkin Occidental (Le Bulletin a annoncé, dans son dernier numéro, la mort du P. Lecornu ; mais un apôtre comme lui mérite mieux que cette trop courte mention. Aussi sommes-nous heureux de reproduire la notice suivante, quune amitié fidèle a bien voulu nous communiquer, sur notre regretté Confrère).
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    Nécrologe


    LE PÈRE PAUL LECORNU,
    Missionnaire du Tonkin Occidental

    (Le Bulletin a annoncé, dans son dernier numéro, la mort du P. Lecornu ; mais un apôtre comme lui mérite mieux que cette trop courte mention. Aussi sommes-nous heureux de reproduire la notice suivante, quune amitié fidèle a bien voulu nous communiquer, sur notre regretté Confrère).

    Arrivé au Tonkin en 1886, le capitaine du génie Lecornu rentra en France en 1888. Cest durant ce séjour dans la colonie quil avait fait la connaissance du capitaine Joffre, chef du génie à Hanoï. Les deux officiers apprirent vite à sestimer et saimer mutuellement, et leur amitié ne se refroidit jamais : chaque année ils senvoyaient au moins une carte de visite au premier de lan, et le P. Lecornu ne manquait pas de complimenter son ami chaque fois que celui-ci recevait une décoration, un galon ou une étoile de plus.

    Le capitaine Lecornu passa 4 ans au Séminaire des Missions-Étrangères pour y étudier la théologie et nous revint en 1893... En Juillet 1895, il fut nommé curé de la paroisse de Hanoi, poste pour lequel il était mieux préparé que tout autre. En Août 1901 parut son Bulletin paroissial, dont lannonce est un chef-duvre de programme. Une fois par mois les lecteurs se délectaient à parcourir les pages si instructives, si spirituelles et si originales de cette revue. Les dialogues de la fin sont souvent une fine critique des défauts, des travers, des manies de certaines personnes du monde.

    Le père Lecornu se montra toujours prêtre digne, savant, zélé, habile, délicat, généreux. Tous les jours, levé avant 4 h. il était à léglise dès 4 h. ¼ ou 4 h. ½ pour dire sa messe dans le silence complet, ou, sil la disait ailleurs, pour entendre une ou plusieurs messes matinales, fréquentes ici à cause des voyageurs souvent obligés de prendre le premier train du jour. Il entendait jusquà 4, 5 ou 6 messes, et toujours avec une dévotion croissante, allant dun autel à lautre pour mieux sunir aux intentions du célébrant.

    Tous les matins et tous les soirs, il se tenait à la disposition de ses pénitents avec une régularité militaire : jamais il ne les laissait volontairement attendre, ne ménageant point sa peine en ce ministère si pénible, mais si fructueux pour les âmes... Mais un exercice, une fonction de son ministère quil aimait à remplir et dont il sacquittait avec grand succès, cest la prédication, sous toutes les formes, devant tous les auditoires et en toute saison. Ses sermons, quils fussent destinés à la foule ou à un auditoire restreint, aux enfants ou à lélite de sa paroisse, étaient préparés avec soin et, sinon écrits tout entiers, au moins résumés en un canevas quil avait sous les yeux. On aimait à lentendre ; on jouissait de lécouter exposant un sujet, développant une thèse avec tant de clarté et dampleur ! Il disait ce quil voulait et comme il le voulait ; les termes variés lui venaient à souhait et sans effort sur tous les sujets. A lexemple de saint Paul, son patron, il pouvait, il savait sadresser à toutes les classes de la société avec le même succès. Mais un genre de discours où il excellait, cétait dans les allocutions de mariage. On ne saurait imaginer plus de variété, de finesse, dà-propos. La collection de ces épithalames serait à publier : un normalien même sy délecterait.

    Les catéchismes, quil faisait 3 et 4 fois par semaine, étaient très goûtés et profitables à ses enfants au suprême degré. Travailleur acharné, doué dune facilité et dune promptitude extraordinaires, il saisissait et expliquait clairement toutes les questions. Sa correspondance, très. nombreuse, était vite mise à jour, et cependant il ne laissait aucune lettre, aucune carte de visite, sans réponse. Ses connaissances, très étendues et très nettes dans son esprit, rendaient sa conversation charmante, émaillée quelle était de réparties spirituelles et toutes personnelles, qui excitaient ladmiration et faisaient la joie de ses auditeurs. Aussi qui dira le plaisir goûté par les confrères qui avaient, lavantage de partager sa société ? Les heures des repas étaient attendues et trop vite écoulées dans sa compagnie. Cest dans ces entretiens intimes quon pouvait admirer ses nombreuses connaissances en toutes les langues. Il savait citer à propos du latin, du grec, de langlais, réciter de longues tirades de Ravine, de La Fontaine, de Boileau, dHorace, se rappelant ses classiques et les définitions des sciences mathématiques comme, un élève encore assis sur les bancs de lécole.

    A lentendre ainsi converser, daucuns auraient pu penser que sa vertu nétait peut-être pas à la hauteur de sa science. Cest plutôt le contraire quil faut dire. Quelle régularité à remplir tous ses exercices de piété, et, en tout et partout, quel soin à accomplir toutes les cérémonies de la messe et des offices liturgiques, surtout dans ladministration des sacrements ! On ne dira jamais toute sa dévotion à la sainte Eucharistie, quil aimait tant à prêcher... Pendant plus de vingt ans, ses sermons au Carmel, deux fois par mois, eurent tous pour sujet lEucharistie. Aussi avec quel respect il traitait, les vases et les ornements sacrés et tout ce qui touche à lautel ! Et quil souffrait de voir parfois des confrères ou des prêtres indigènes manquer aux rubriques, négliger quelque cérémonie, omettre ou mal faire des inclinations ou des signes de croix ! Avec quel soin jaloux il soccupait de faire préparer les ciboires pour la communion et veillait à ce quil y eût toujours dans le tabernacle assez dhosties pour les nombreux communiants. Il est inouï que, pendant 26 ans, on ait jamais manqué dhosties malgré les imprévus ! On ne faisait pas les pains de messe sans sa permission, et il allait lui-même surveiller la confection. Le Sauveur Jésus lui saura gré de toutes ces attentions.

    Qui dira aussi sa générosité pour les pauvres, surtout les pauvres honteux et inconnus du public, qui nosent pas tendre la main, mais souffrent de la faim et simposent parfois des privations au-dessus de leurs forces. Oh ! il y eut bien quelques indiscrets qui abusèrent de sa bonté ; mais lui ne pensait quà soulager les malheureux et à augmenter ses mérites. Il savait la valeur des promesses quon lui faisait parfois ; mais il donnait quand même.

    Enfin pour augmenter ses mérites et enrichir sa couronne au ciel, Dieu la éprouvé par une cruelle maladie et cloué sur un lit de douleur pendant plus de 5 mois ; mais lépreuve na point dépassé le courage du malade, toujours tranquille et remerciant aimablement pour le moindre service rendu. On dit que la vraie vertu est reconnaissante : il nous en a donné une preuve nouvelle ; le bon Dieu saura len récompenser. Pour nous, nous garderons fidèlement son souvenir et, tout en priant pour le repos de son âme, nous essaierons de nous appliquer à imiter les beaux exemples de vertus sacerdotales et apostoliques quil nous a donnés.

    J.-B. DRONET, M. Ap.

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    Février

    Edouard-Jean-François-Régis VILLESÈCHE, né le 16 Janvier 1872 à Saint-Haon, diocèse du Puy ; missionnaire du Thibet en 1896.

    Marie-Paul-Auguste SCHERRIER, né le 15 Août 1850 à Sarralbe, diocèse de Metz ; missionnaire du Sutchuen Méridional en 1874.

    André KIRCHER, né le 21 Octobre 1863 à Stieringen-Wendel, diocèse de Metz ; missionnaire du Yunnan en 1892, à la maison de Nazareth en 1911.


    1922/111a
    111a
    Anonyme
    France
    1922
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