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Nécrologe

Nécrologe Le Père Jean-Marie-Joseph Guéguend, Missionnaire de Saigon. Jean-Marie Guéguend, du diocèse de Saint-Brieuc, né en 1875, partit en Mission en 1900. La Mandchourie peut regretter que la guerre des Boxers ait fait changer sa destination, mais à Saigon on s’en est toujours félicité.
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    Nécrologe
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    Le Père Jean-Marie-Joseph Guéguend,
    Missionnaire de Saigon.

    Jean-Marie Guéguend, du diocèse de Saint-Brieuc, né en 1875, partit en Mission en 1900. La Mandchourie peut regretter que la guerre des Boxers ait fait changer sa destination, mais à Saigon on s’en est toujours félicité.

    Au physique, c’était un homme de taille moyenne, taillé en force ; son œil clair de Breton semblait dur parfois, mais un bon rire venait souvent épanouir son épaisse et longue moustache de Gaulois. Cavalier infatigable, marcheur intrépide, donnant de sa personne partout et toujours, il semblait inaccessible à la maladie ; et ce vaillant est mort à la tâche, il a succombé à l’épuisement.

    Ses qualités intellectuelles n’étaient pas celles d’un sujet brillant ; il n’était pas transcendant, comme disait un de ses condisciples. N’empêche : tout ce qu’il a entrepris, il l’a mené à bonne fin.

    Sa caractéristique était un jugement droit et solide, au service duquel il savait mettre un zèle à toute épreuve et une ténacité digne de son pays natal.

    Défricheur de brousse à Cùmi et Làgi, grand riziculteur à Chàvà, constructeur d’une des plus belles églises de la Mission, fondateur de postes nouveaux, d’un orphelinat agricole : voilà son œuvre matérielle ; mais surtout est remarquable la vie intense qu’il savait communiquer à ses chrétiens. Le plus beau, peut-être, dans la construction de l’église de Chàvà, c’est l’entrain avec lequel, sous son impulsion, les paroissiens ont aidé au travail, l’effort qu’ils ont fourni grâce à lui.

    Et pourtant tous ces soins extérieurs, ces soucis constants, cette lourde tâche physique, n’ont jamais entravé son ministère sacerdota1. Jamais il n’a eu de vicaire à demeure et, en guise de repos, c’étaient les longues séances au confessionnal, le catéchisme quotidien, la visite des malades, l’administration d’un grand district ; même, au lieu de sieste, il faisait la classe de chant.

    Si bien qu’un jour, ses forces le trahirent. On lui conseille le repos, un séjour en France ; mais il n’a pas achevé son église. Il se décide à passer six semaines à Dalat au mois d’août et y reprend quelques forces ; la construction d’une petite chapelle dans un nouveau poste le rappelle et il oublie qu’il a promis de se ménager. En décembre on le vit arriver à l’infirmerie du Séminaire, pâle, maigre, voûté, méconnaissable, et disant pour la première fois de sa vie : “Je n’en puis plus, je me rends.”

    C’était trop tard ! Deux mois de soins dévoués à la clinique Angier n’ont pu arrêter la maladie terrible, le sprue, qui l’a abattu avant sa vingt-cinquième année de sacerdoce. A ses funérailles se pressaient de nombreux confrères, des personnalités civiles éminentes et même M. le Gouverneur Cognacq tint à y assister en personne.

    Le P. Guéguend était une tête, un conducteur d’hommes, un chef. Dur quand il le fallait, on l’aimait quand même, car son cœur de prêtre trouvait toujours la parole qui ramène et console. Admiré de tous pour ses qualités fortes, il faisait impression sur ceux qui l’approchaient et son éloge était dans la bouche de tous.

    Humainement parlant, sa mort est une grande perte. Lui, il est parti avec la consolation d’avoir travaillé beaucoup et bien ; son œuvre reste, son exemple aussi. Daigne Dieu accorder à notre chère Société beaucoup d’aussi bons missionnaires !

    *
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    5. — Marie-Joseph-Emile KEMLIN, né le 17 juin 1875 à Lusse, diocèse de Saint-Dié ; missionnaire de Cochinchine Orientale (Quinhon) en 1898 ; mort à Marseille le 6 avril 1925.

    6. — Joseph-Marie GAILLARD, né le 20 août 1877 à Cayres, diocèse du Puy ; missionnaire de Cochinchine Orientale en 1903 ; mort à Marseille le .... ?

    7. — Dieudonné Charles PITON, né le 12 novembre 1861 à La Pommeraye, diocèse d’Angers ; missionnaire du Yunnan en 1890 ; mort captif des brigands en lieu et date inconnus.

    8. –– Charles-Antoine-Arthur RUEL, né le 9 février 1862 à Saint-Pierre-Eglise, diocèse de Coutances ; missionnaire du Kouangtong en 1886 ; décédé en France le ... avril 1925.

    1925/316-319
    316-319
    Anonyme
    France
    1925
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