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Nécrologe

Nécrologe Mgr Joseph-Claude EXCOFFIER, Evêque de Metropolis, ancien Coadjuteur du Vicaire Apostolique du Yunnan.
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    Nécrologe


    Mgr Joseph-Claude EXCOFFIER,
    Evêque de Metropolis,
    ancien Coadjuteur du Vicaire Apostolique du Yunnan.

    Mgr Excoffier est décédé le 3 Mai à la villa Henri-Joseph à Hyères. Des démarches, dont il sétait réjoui avaient été faites pour quil fût transporté à notre sanatorium de Montbeton, mais son état ne permit pas ce voyage. Quand le P. Sibers et le P. Guichard arrivèrent à Hyères, laprès-midi du 2, Sa Grandeur venait de rendre le dernier soupir, après avoir reçu une dernière absolution du vénéré curé de la paroisse. Le Père Masseron les rejoignit le lendemain. Les obsèques furent présidées par Mgr Bruley des Varannes, évêque de Monaco : Jai été heureux, écrit Sa Grandeur, de pouvoir donner au cher défunt que je connaissais, et à la Société que jaime, cette marque publique de profonde et respectueuse sympathie.

    Du P. Guichard les détails qui suivent. Le 4 Mai, à 9 h. ¾ du matin, les pompes funèbres arrivent. Au dehors sorganise le cortège de toutes les communautés religieuses de la ville : enfants du Patronage, Congrégations de la Sainte-Vierge, jeunes gens du Petit-Séminaire, cinq six ordres de religieuses, suivies de paroissiens et paroissiennes en bon nombre.

    LEvêque de Monaco, en chape et en mitre, fait la levée du corps, et le cortège se dirige vers léglise paroissiale dans un ordre parfait. Le Père Sibers chanta la Messe. Monseigneur présidait au fauteuil ; il y avait diacre, sous-diacre et 4 chapiers. Léglise, toute tendue de draperies noires depuis lautel jusquà la dernière colonne, le catafalque, dune grande hauteur, illuminé, comme lautel, de cierges nombreux, offrait un aspect vraiment solennel. Le P. Sibers très ému de cet ensemble majestueux, crut nécessaire dexprimer à tous son merci. Il monta en chaire, avant labsoute, quallait donner Mgr Bruley des Varannes, déclarant ne vouloir pas prononcer une oraison funèbre, mais croyant nécessaire de fixer dans lidée de tous, le caractère particulier du défunt, qui fut avant tout un grand ami du silence.

    Ensuite Mgr de Monaco donna labsoute, et tout le cortège reformé accompagna le corbillard jusquà la sortie de la ville. Nous suivîmes seuls la dépouille mortelle jusquau cimetière situé à ½ heure de distance.

    On déposa le cercueil dans le caveau des Prêtres de Saint-Sulpice.

    Mgr Joseph-Marie BIGOLET,
    Evêque dAntiphres,
    Coadjuteur du Vicaire Apostolique du Tonkin Occidental

    Louis-Marie-Henri-Joseph Bigolet naquit au diocèse de Langres en 1872. Ordonné prêtre en 1895, il reçut sa destination pour le Tonkin Occidental et apprit la langue dans le district de Ngô Khô, sous la direction du P. Jean-Marie Martin. Mgr Gendreau remarqua vite son fonds de piété solide, sa science théologique, déjà bien assise, et le chargea du cours de morale au Grand-Séminaire de Kesô, où il devait remplir en même temps les fonctions de procureur.

    En 1911, un Bref du Saint-Siège le nommait évêque dAntiphres et Coadjuteur du Vicaire Apostolique du Tonkin Occidental. Simple, accessible à tous, même au plus simple des chrétiens, travailleur infatigable, Mgr Bigolet fut par dessus tout homme doraison. Cest principalement cette dernière qualité qui le désigna, de préférence à tout autre, pour la direction des consciences et la prédication des retraites dans les différentes communautés religieuses de la Mission. Il se tua à la besogne et ce nest que lorsquil fut à bout de forces quil consentit à aller se reposer à Hongkong. Mais il ny avait déjà plus despoir de guérison. Mgr Bigolet comprit vite que lheure de la mort était arrivée ; il accepta ce dernier sacrifice avec calme et résignation. Prenant dans ses mains la croix pectorale de Mgr Retord, il la tint longtemps devant ses yeux et y posa ses lèvres à plusieurs reprises. Sans doute cet instant fut-il pour lui celui du non recuso laborem. Evêque dans ce Tonkin où Mgr Retord avait tant travaillé et tant souffert, il lui en coûtait, sans doute, de quitter sitôt la lutte engagée. Pourtant le non mea voluntas sed tua fiat sortit de ses lèvres et, sans hésitation, Monseigneur enleva de son doigt lanneau pastoral, celui que Mgr Freppel, député au Parlement, avait envoyé à Mgr Puginier, alors que les deux Prélats défendaient ensemble la cause du Protectorat français au Tonkin.

    Les derniers jours furent un sujet dédification pour ceux qui en furent témoins. Malgré son état de fatigue extrême, Monseigneur voulut encore donner les renseignements nécessaires pour lachèvement dun travail quil jugeait utile à sa chère Mission. Oubliant ses
    propres souffrances il demandait sans cesse des nouvelles des missionnaires en traitement au Sanatorium. Ayant appris larrivée dun jeune confrère dont létat paraissait grave, il voulut le voir et trouva dans son cur dévêque de ces paroles de réconfort et dencouragement qui touchent et quon noublie jamais.

    Enfin un soir arriva où, se sentant plus mal, il pria les confrères de venir réciter les prières des agonisants : Si je dois mourir cette nuit, dit-il, ne dérangerai personne.

    Il séteignit doucement, le mercredi de la Pentecôte. Ses mains tenaient un petit crucifix que lui avait légué lannée dernière un jeune confrère mort après trois mois de mission. Lui aussi paraissait tout jeune, comme un partant au moment des adieux ; mais cette fois cétait pour le grand départ au ciel.

    Mgr Bigolet repose maintenant dans le cimetière du Sanatorium, sous une charmille de bougainvillers en fleurs une bonne partie de lannée, en face de la passe du Tonkin, sa patrie dadoption, quil continuera de bénir au séjour du repos et de la félicité sans fin.

    Le Père Antoine SUDRE,
    Missionnaire de la Cochinchine Orientale

    Ce cher confrère a rendu sa belle et bonne âme à Dieu le 1er mars, à Quinhon. Né à Gelles (Puy-de-Dôme) le 2 février 1858, le P. Antoine Sudre, après une année de vicariat, entra au Séminaire de Paris en septembre 1886. Destiné à la Cochinchine orientale, il arriva à Quinhon en janvier 1888. Après quelques mois consacrés à létude sommaire de la langue il fut envoyé, dès que la pacification le permit, dans la province de Quang-ngai où, sur 6.600 chrétiens, les massacres de juillet 1885 avaient fait plus de 5.400 victimes. Curé de Trung-son, puis de Cu-va, il passa 21 ans dans cette province, où son grand esprit de foi, salliant à un sens pratique très ouvert, lui permit de mener de front, avec un égal succès, le soin très paternel des âmes à lui confiées et exploitation plus rationnelle des terrains du district. Le bon P. Sudre y mettait tout son cur, et plus encore. La barre à mine en mains, ou le pic, ou le niveau deau, il faisait plus et mieux quindiquer le travail, il lamorçait lui-même, plaçait les explosifs, faisait sauter les roches et nétait jamais aussi radieux que quand ses pieds légendaires pouvaient mesurer le plafond dun canal et sy baigner dans leau montante. La nuit le surprenait souvent sur ses chantiers et, un soir quil rentrait par un ravin des plus étroits, un faux pas opportun le libéra dun tigre, qui dun bond passa sur ce grand corps qui lui barrait la route.

    Il vint un temps où notre vaillant confrère dut savouer vaincu. Un climat insalubre et des travaux pénibles avaient eu peu à peu raison dune constitution qui fut particulièrement robuste, coulée en lave de Volvic, son pays dAuvergne. Après deux longs séjours à Béthanie, il se fixa à Phu-hoa, annexe de son ancien district. Ce ne fut pour lui quune courte escale : il dut cette même année se réembarquer pour Hongkong et, de là, pour France. Il nen revint quen juillet 1913 et fut nommé à la paroisse de Dai-an, où se trouve notre Grand-Séminaire : soins, aide et affection ne lui manquèrent donc pas durant les 10 dernières années quil y passa. Lui-même ne cessa dy donner à tous le profond exemple dune grande pondération en toutes choses, dun zèle sans tapage, dune piété sans fracas et dun effacement volontaire quon eût dit inné. Cétait un prédicateur assidu et très goûté de retraites aux prêtres indigènes, aux grands et petits séminaires, aux diverses communautés religieuses. Ajoutons que, bien quayant commencé ses études un peu tard, le P. Sudre vivait souvent, à ses heures libres, dans la compagnie de nos vieux classiques et que Tacite, Horace, Virgile, et Aulu-Gelle, disait-on, étaient ses livres de chevet.

    Cher et bon Père Sudre, vous étiez la joie pacifiante de nos réunions fraternelles, lédification reposée de nos retraites communes, lexemple vivant du bien qui ne fait pas de bruit, mais que rien ne lasse et que rien narrête, priez du haut du ciel pour cette Mission, que vous avez si bien servie et qui vous a tant aimé.

    Le Père Pierre-Matthieu ENTRESSANGLE
    Missionnaire du Cambodge.

    Arrivé au Cambodge à la fin de lannée 1901, le Père Entressangle débuta à Soairiêng, où il apprit lannamite ; après quoi il occupe successivement les postes de Luocson et de Taom. Sa santé lui ayant imposé un séjour au sanatorium de Hongkong, il fut, à son retour, envoyé à Prasant, près de Soairiêng. La chrétienté cambodgienne de Battambang se trouvant sans titulaire, le P. Entressangle laccepta sans faire aucune objection, bien que la langue khmère lui fût presque totalement inconnue. Quelques années après, sa santé toujours chancelante nécessita un voyage en France. Il revint, mais non guéri. Après un court intérim à Phnompenh, il en commença un autre à Chaudoc, et cest là que, après quelques semaines, il termina sa carrière apostolique.

    Le cher défunt ne comptait pas dennemis : pour tout le monde il était le bon Père Entressangle. A la bonté, il joignait lobéissance simple : on la vu plus haut pour Battambang. Une autre fois, à certaine proposition, plutôt badine que sérieuse, il répondit néanmoins sans hésitation : Jirai où Monseigneur menverra.

    Enfin il était membre très fidèle de lUnion Apostolique.

    M. Emile THOMAS,
    Aspirant des M.-E.

    Notre séminaire de Bièvres a été cruellement éprouvé par le décès de lun de nos aspirants, M. Emile-François-Marie Thomas, du diocèse de Rennes, mort le samedi 3 mars 1923, à lâge de dix-neuf ans.

    Né à Tréguier le 7 novembre 1903, il avait fait ses études classiques au Petit-Séminaire de Sainte-Croix à Châteaugiron. Lorsque le divin Maître révéla au cur de lenfant quil serait un jour son prêtre, Il lui fit entrevoir en même temps la vocation de missionnaire, et jamais Emile Thomas ne sépara lidéal sacerdotal de lidéal apostolique. Aussi, ses études secondaires terminées, il sollicita son admission au Séminaire des Missions-Étrangères, où il entra en septembre 1922.

    Le jeune aspirant était doué dune santé robuste, et rien ne faisait prévoir une fin si prématurée. Il salita le 19 février, atteint dune légère crise dappendicite ; le mal paraissait définitivement enrayé lorsque se produisit, le 26 février, une nouvelle crise beaucoup plus sérieuse que la première. Le 3 mars, létat de notre confrère, qui jusque là avait paru saméliorer, saggrava subitement et, une intervention chirurgicale étant jugée inévitable, le malade fut transporté à lhôpital S.-Joseph, où lopération eut lieu à sept heures du soir. Le mal, hélas ! avait fait de rapides progrès ; une péritonite diffuse sétait déclarée et il ne restait plus que peu despoir de sauver le cher malade. Il séteignit, en effet, une heure plus tard, dans les bras du confrère qui lavait accompagné, après avoir offert à Dieu le sacrifice de sa vie avec la plus grande simplicité et conservant toute sa lucidité desprit jusquau dernier souffle. Avant son départ du Séminaire de Bièvres, notre confrère avait reçu le Saint-Viatique et était prêt à paraître devant le tribunal de Dieu.

    Le mardi 6 mars eut lieu dans notre chapelle de Paris la cérémonie des obsèques, présidée par Mgr de Guébriant. Le P. Parmentier, Directeur de la communauté de Bièvres, chanta la messe, et Monseigneur donna labsoute. La dépouille mortelle du défunt fut ensuite transportée à Cancale, où devait avoir lieu linhumation.

    Le vendredi 9 mars une dernière cérémonie funèbre réunissait à Cancale les parents et amis de M. Thomas. Un nombreux clergé, parmi lequel ses anciens maîtres de Sainte-Croix, avait tenu à témoigner par sa présence laffectueuse estime en laquelle il tenait le jeune séminariste. M. le Supérieur du Petit-Séminaire donna labsoute, après avoir dit en quelques mots le bon et pieux souvenir que tous, maîtres et élèves, gardaient de celui que Dieu rappelait à Lui. Au cimetière, le P. Pungier, de la mission de Pondichéry, présida aux dernières prières.

    Et nous qui lavons connu et aimé, nous ne pouvons que répéter les paroles admirables de foi et de résignation que prononçait la mère de notre cher confrère devant la dépouille mortelle de son fils : Mon Dieu, vous nous laviez donné, vous nous lavez enlevé : que votre sainte volonté soit faite ! Nous garderons fidèlement la mémoire de cet enfant de la chrétienne Bretagne. En lui fleurissaient les vertus caractéristiques de la race : une foi solide comme les menhirs de la lande bretonne, une volonté ferme comme les rocs de la vallée de Tré Auray.

    Son âme, souvent voilée dune légère mélancolie, était dune délicatesse exquise. Elle vibrait intérieurement à toutes les belles choses. Un goût très prononcé pour la musique et la poésie faisait de lui un artiste. Il chantait éloquemment les beautés de sa Bretagne quil aimait avec passion, et ne perdait jamais loccasion de sexprimer dans le langage de ses pères. Quelques instants avant de mourir, apprenant que Mgr de Guébriant devait venir le voir le lendemain, il se r1éjouissait à la pensée que peut-être il pourrait parler breton.

    Un autre amour était aussi profondément enraciné dans son cur : celui des missions. Il était déjà le parrain dun étudiant mandchou qui sétait converti au Petit-Séminaire de Sainte-Croix et qui lui avait appris quelques caractères chinois. Il sappliquait avec ardeur à les reproduire, afin, disait-il, de pouvoir apprendre plus vite cette langue si difficile et préluder ainsi plus tôt à son apostolat.

    Une grande modestie nuancée dun peu de timidité était la note prédominante de son caractère : elle empêchait que les sérieuses qualités de laspirant-missionnaire ne fussent mises en relief. La formation forte et virile reçue au Séminaire des Missions-Étrangères aurait fait de lui un apôtre accompli.

    Un Aspirant-missionnaire

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    14. Adolphe-Joseph UNTERLEIDNER, né le 6 septembre 1879 à Dinsheim, diocèse de Strasbourg ; missionnaire du Cambodge en 1903 ; mort à Chaudoc le 4 juin 1923.

    1923/457-463
    457-463
    Anonyme
    France
    1923
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