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Mission du Yunnan, traditions et souvenirs 7 (Suite )

Mission du Yunnan, traditions et souvenirs P. Bourgeois (Pên), Provicaire (1864-1890). La logique, en mobligeant à unir dans une même notice les deux chevaliers émules, ma du même coup fait déroger à la chronologie : jai hâte dy revenir.
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    Mission du Yunnan, traditions et souvenirs
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    P. Bourgeois (Pên), Provicaire (1864-1890).

    La logique, en mobligeant à unir dans une même notice les deux chevaliers émules, ma du même coup fait déroger à la chronologie : jai hâte dy revenir.

    Le P. François-Xavier Bourgeois vit le jour dans le diocèse de Poitiers. Introduit par Mgr Pie dans lEcole des Hautes-Etudes, il était bachelier en théologie, lorsque lappel den-haut lorienta vers les Missions Etrangères. Arrivé au Yunnan deux ans avant le P. Parguel, il différait de ce dernier et par le tempérament et par la tournure desprit. Taille élancée, large carrure, face épanouie, ornée dune luxuriante barbe noire, noblesse de port, facilité délocution : toutes les qualités physiques qui imposent aux hommes sunissaient en sa personne. Doué de plus dun coup dil juste, dun grand sens pratique, pieux, ami du travail, il représentait le type dune énergie calme, mais indomptable.

    Ainsi armé pour la lutte continuelle quest la vie apostolique, la nouvelle recrue arrivait à son heure. Mgr Ponsot, affaibli par lâge et les infirmités, avait grandement besoin dun assesseur actif et dévoué : il trouva aide et conseil dans le P. Bourgeois. Celui-ci, tout en dirigeant le collège-séminaire de la Mission, fut pendant quinze ans le bras droit, jallais dire le suppléant de lévêque valétudinaire.

    Promu de bonne heure au provicariat, il siégeait au Synode régional de Suifu en 1877. Quelques années plus tard, il suppléait le Vicaire Apostolique dans la visite du Yunnan, omise depuis longtemps. Cest lui qui assista Mgr Ponsot à sa dernière heure et lui rendit les honneurs de la sépulture à Long-ki.

    Lorsquen 1881 le siège épiscopal fut transféré à Yunnansen, à la requête unanime des missionnaires, le P. Bourgeois assuma à lui seul le dur labeur du déménagement, ainsi que lorganisation du nouveau local. Continuant ses fonctions de procureur, il fonda en 1883 le nouveau Séminaire S.-Joseph à Kèou-fán-tiến, à travers mille oppositions et tracasseries du gouvernement provincial.

    Plus tard, Mgr Fenouil ayant pris en main ladministration, il poursuit près du nouveau prélat son rôle de conseiller discret et dauxiliaire très apprécié, jusquà son dernier jour (1890).

    Peu enclin à lhyperbole, je ne dirai pas, selon la formule consacrée, que sa disparition creusa un vide irréparable ; mais jaffirme en toute sincérité quelle impressionna douloureusement les missionnaires et les chrétiens sans exception et quelle desservit fâcheusement la cause catholique au Yunnan.

    La constitution vigoureuse du regretté provicaire lui permettait descompter cinquante ans dapostolat actif, mais le surmenage auquel il lassujétit abrégea sa carrière de moitié. Avare de son temps, ennemi du farniente, on ne la pas vu une seule fois inoccupé pendant vingt-trois ans. Lorsquil avait rempli les devoirs de sa charge ; il sadonnait à létude, surtout à celle des caractères chinois. Au moment de son arrivée en mission, on navait encore publié ni lexiques, ni dictionnaires, qui en facilitassent linitiation. Il se mit bravement à luvre, préparant un vocabulaire quil grossissait progressivement, même jusquà une heure avancée de la nuit. Cest surtout ce travail nocturne qui affaiblit sa vue et ruina sa santé. Grâce à cette application épuisante, il était parvenu à lire et à expliquer couramment les classiques chinois aux élèves du Séminaire, à démasquer les malversations mandarinales, aussi bien que les friponneries du vulgaire.

    Ajouterai-je que, rigide pour lui même, le P. Bourgeois fut toujours serviable et dévoué avec ses confrères, mais sans passe-droit au préjudice de la règle. Ainsi observait-il le vieil adage : Amicus Plato, sed magis amica veritas.

    Une vie apostolique si exemplaire mériterait assurément une notice moins succincte, plus riche en détails ; mais la situation particulière du P. Bourgeois, en effaçant sa personnalité, ne se prête pas à une relation étendue. Coopérateur de lévêque pendant vingt-cinq ans, il a participé largement au bien réalisé par ladministration en ce quart de siècle. Cest tout ce quon peut en dire, lusage étant dattribuer au général lhonneur de la victoire gagnée par ses soldats, à un ministre les succès diplomatiques obtenus par ses agents.

    Il est pourtant une uvre dont le P. Provicaire peut à bon droit revendiquer la paternité : cest la création de revenus territoriaux pour lentretien des établissement fondés ou projetés. Précédemment on vivait au jour le jour de la modeste allocation de la Propagation de la Foi. Mgr Ponsot sestimait heureux quand il pouvait atteindre la Saint-Sylvestre sans contracter de dettes. Dans ces conditions on navait pu faire aucune réserve en prévision de lavenir : cétait donc le statu quo forcé, sans espoir dextension. A la sollicitation du P. Bourgeois, la mission de Tchong-kin consentit gracieusement un prêt à long terme, sans intérêt, remboursable par annuités. Placé sur des terrains de bon rapport, ce capital fut lorigine de nos acquisitions foncières, gage de vitalité et de progrès pour les uvres de propagande. Cette heureuse initiative méritait bien une mention à part.

    Sur la scène du monde, les hommes se succèdent aussi rapidement que les fleurettes dans le rayon visuel dun kaléidoscope. Les plus éminents sont ceux dont les entreprises sy montrent avec un maximum de netteté. Celles du regretté défunt le placent en première ligne.

    P. Dumont (Ly). Le P. Jean-Alexis Dumont, du diocèse de Verdun, ne saurait rentrer dans cette catégorie. Ses cinq premières années de sacerdoce sécoulent dans le ministère paroissial au pays natal. Incorporé ensuite à la Société, il reçoit, en 1866, sa destination pour le Yunnan.

    Quel que soit son champ daction, le prêtre doit au préalable bénéficier de deux dispositions naturelles : mens sana in corpore sano. Dans les pays de mission, les durs labeurs de lapostolat donnent à la seconde condition une importance particulière, Or le P. Dumont, bien doué dailleurs, entrait en lice avec une santé compromise par une gastrite rebelle. Il était immanquable que le mal empirât sous linfluence de la cuisine chinoise. Cest ainsi que les six années quil passa, tant à Kan-tsè-pîn quà Mà-chàng, peuvent se définir : un acheminement douloureux vers la catastrophe finale. Il fut inhumé à Mà-chàng en 1872. Dieu sest contenté de ses bonnes intentions.

    Le P. Chicard (bis ). Nous ne quitterons pas le Bas-Yunnan sans visiter le seigneur Godefroy en son nouveau castel. A Ko-koui, le P. Bariod avait ceint la résidence dune muraille rudimentaire ; linsécurité du lieu exigeait ce minimum de précaution. En la voyant, le P. Chicard se sentit repris du démon de la bâtisse : Montjoie et Charlemagne ! sécria-t-il, il est grand temps que ces pauvretés disparaissent. Ici même sélèvera un château-fort dont on parlera dans lhistoire !

    Oui, mais, pour réaliser ce rêve grandiose, il faudra de longs travaux et beaucoup dargent... Quà cela ne tienne, il vivra déconomie ; et puis na-t-il pas en France le meilleur des pères, lequel ne refuse rien à son fils de prédilection ? Lui envoyant donc une peau de panthère, il écrit : Vénéré Père, votre fils sest mis en grand péril de mort pour couvrir vos vieux os.... Un exorde aussi insinuant était un emporte-pièce. Assuré de la réussite, il aborde lentreprise sans hésitation, fort de lexpérience acquise. Cest grâce à lénergie soutenue du missionnaire et à son épargne notoire que la chrétienté de Ko-koui se prévaut de sa forteresse hors de pair dans la région. Dans la pièce principale du logis subsistent encore un siège massif avec une table ronde en pierre de taille, souvenirs suggestifs du chevalier constructeur. Il est seulement regrettable que le manque de fonds lait empêché de construire la chapelle, complément obligé du manoir classique.

    Quoique les incursions des Man aient pris fin depuis cinquante ans, le Fort Chicard nen conserve pas moins sa raison dêtre. En tout temps les malfaiteurs gîtent volontiers dans le pays dalentour, à cause de son relief montagneux et de la proximité du Kouytcheou. On sait quen Chine, lextradition dune province à une autre, ou même dune préfecture voisine, nécessitant des formalités longues et dispendieuses, les mandarins la pratiquent rarement. Le plus souvent il suffit aux criminels de franchir la frontière pour jouir de limpunité. Quatre fois, à des heures de perturbation, la citadelle de Ko-koui, assaillie par des bandes de pillards armés, sest ri de leurs inutiles efforts : elle en rira longtemps encore.

    Une chose digne de remarque chez le P. Chicard, cest que ses travaux matériels, subordonnés aux exigences du ministère, ne préjudiciaient aucunement à ses devoirs détat. Paladin toujours, il voulait être apôtre avant tout. Son naturel entreprenant, son goût inné pour les aventures, les longues chevauchées, les prouesses hardies, il mit tout au service de lEglise ; lEglise lui procura les moyens de tout faire converger à la gloire de Dieu.

    Outre son spacieux district de Kokoui, il visitait Tchao-tong, Ta-kouan avec ses stations multiples, San-chan et Fa-tchou-o. Ce dernier poste ressort de la juridiction du Kouytcheou ; mais, rapproché de San-chan et très excentrique par rapport à Koui-yang, il avait été recommandé par Mgr Faurie aux bons soins de notre obligeant confrère. Quel vaste champ ouvert à son activité ! Que de courses ny a-t-il pas faites pendant vingt et quelques années !

    De Kokoui à Fa-tchou-o, on compte sept jours de marche. Sur une grande partie du parcours, la route (disons la piste, pour parler juste) se déroule, riche en casse-cou, dans des parages boisés et solitaires. Un jour, monté sur son palefroi rapide, le chevalier traversait une forêt ; tout à coup, il aperçoit sous la futaie un groupe dindividus à la mine peu rassurante. A coup sûr, ce sont des détrousseurs à 1affût, leur armement en fait foi. Vivement il met pied à terre, puis les abordant avec désinvolture : Hé ! Les amis, sécrie t-il, avez-vous du feu ? Jai grande envie de fumer une pipe. Et, sasseyant sans façon près des fripons ébahis, il leur conte des histoires de grandmère jusquà larrivée de ses porte-bagages. Cependant, le principal larron, lorgnant sa carabine, dit : Belle arme ! Est elle chargée ? Evidemment. A quoi bon ce fusil quand le pays est si tranquille ? Le Père eût pu lui rétorquer largument ; il se contenta de répondre : Si lon navait affaire quà de braves gens comme vous ! en voyage on ne sait ce qui peut arriver ; la prudence est mère de la sûreté. Sur ce il remonte en croupe, laissant lhonnête compagnie stupéfaite.

    San-chan 1 possède, à flanc de coteau, une grotte superbe, quil serait aisé de convertir en basilique. Cette petite merveille impressionna dès labord lesprit romanesque de Godefroy. Il neut de cesse quaprès sêtre rendu acquéreur de la montagne fortunée. Son intention était dy établir un fac-simile du Mont Gargan en lhonneur de saint Michel, grand-maître de la chevalerie. Heureusement dautres occupations plus pressantes ajournèrent indéfiniment lexécution de ce projet tant soit peu chimérique.


    1. Le nom, typique de San chan (caractères chinois les trois monts) a été imposé par le P. Chicard au hameau chrétien, à cause des trois mamelons qui le dominent.


    A Tchao-tong, lesprit nettement hostile de la municipalité, joint à larrogance des soldats, commandaient une extrême réserve au missionnaire. Se sentant environné de traquenards, celui ci navançait quavec prudence. Mais le moyen, je vous prie, déchapper à des taquins qui vous cherchent noise à tout propos et hors de propos ? Les notables partirent en guerre à loccasion dure bâtisse trop élevée à leur avis, réclamant sa démolition. Cité à comparaître devant le tribunal, le P. Chicard se justifia ainsi : Lorsquon achète un terrain, on nacquiert pas seulement sa superficie, mais aussi le sous-sol jusquau centre de la terre, et en dessus jusquaux étoiles. Telle est la loi universelle ; pourquoi voulez-vous restreindre mes droits ? Les plaignants ne trouvant rien à répondre, le sous-préfet les renvoya, disant : Après tout, cest son affaire à lui ; sil lui plait demployer ainsi son argent, que vous importe ? Bien dit ! Dautres difficultés, moins faciles à résoudre, lui vinrent de la garnison. Un certain Tien-ta-jen, aventurier travesti en général, infatué de ses succès sur les Musulmans, simposait en dictateur à la population. Pourquoi et comment prit-il lEuropéen en grippe ? je lignore. Toujours est-il que, après lui avoir prodigué les insultes et les menaces, il finit par lui intimer brutalement lordre de quitter Tchao-tong, sous peine de mort. Contre la force le Père était impuissant : obéissant au précepte du Seigneur, il se retira discrètement dans la banlieue ; mais le persécuteur sacharnant à sa recherche, il était à craindre que les chrétiens ne fussent molestés à son occasion. Cest alors que, à linstigation du Vicaire Apostolique, il se décida au voyage de Shanghai auquel jai fait précédemment allusion. Lorage passé, il rentra au Yunnan, sous le pseudonyme de Hô (auparavant il sappelait Tiên) et poursuivit ses travaux dantan.

    Parmi ses catéchumènes, il eut la joie denrôler un certain nombre de He-î (indigènes noirs), descendants des anciens seigneurs féodaux.

    Il construisait à ses frais un hospice pour les vieillards, aux portes de Tchao-tong, quand une fièvre typhoïde aiguë mit fin à sa laborieuse carrière en 1887.

    Le chevalier-apôtre avait combattu crânement le bon combat pendant 29 ans. Ses restes reposent au cimetière catholique de la ville.

    Evangélisation de Ku-tsin.

    Assez parlé du Bas-Yunnan : reportons-nous vers les régions centrales.

    Quand on examine les résultats acquis dans cette zone jusquen 1869, on est forcé de convenir quils nont rien de brillant. Depuis 1847, époque où le P. Vachal y a introduit lEvangile, 22 ans se sont écoulés ; deux missionnaires avec plusieurs chrétiens y sont morts pour la foi. Le P. Fenouil, vrai type dapôtre, y travaille de tout son cur depuis tantôt douze ans, avec la collaboration successive de deux prêtres indigènes. Finalement, à quoi ont abouti les travaux entrepris, les dangers courus, les tribulations souffertes, les vies généreusement sacrifiées ?

    Tchến kiang, Kai-hôa ne peuvent entrer en ligne de compte, la tourmente révolutionnaire y ayant balayé jusquaux derniers vestiges de lévangélisation.

    Restent, en tout et pour tout, les deux communautés anémiques de Yunnansen et de Sin-hin, comme deux petits îlots isolés au sein de la gentilité grouillante. Nétaient les obstacles insurmontables de cette triste période, un tel fiasco serait inexplicable. Que devient donc le vieil adage : labor improbus omnia vincit ?

    Patience ! Voici que le calme, succédant à lorage, laisse entrevoir des perspectives rassurantes à lOrient ; un mouvement sensible vers la religion se dessine dans la grande plaine de Kù-tsìn. Lhistoire de cet ébranlement mérite dêtre contée.

    Du temps quil résidait à Tiên-pá-teôu, le P. Fenouil rencontra un jour au marché de Pòu-eûl-tòu, un voyageur en détresse. Dévalisé par les voleurs, miné par la fièvre, le malheureux gisait sur la voie publique, sans asile comme sans ressources. La peur de se compromettre ou dobliger un insolvable pousse, en effet, les païens à fermer impitoyablement leur porte aux malades et aux nécessiteux. Laltruisme chinois plaçant lintérêt personnel avant tout, lui sacrifie jusquaux devoirs de lhumanité la plus élémentaire.

    Mû de compassion, le Père donne au pauvre diable les soins les plus pressants, puis lhéberge en sa résidence jusquà complète guérison, et lui sauve ainsi la vie de lâme avec celle du corps.

    Le jeune homme hospitalisé, du nom de Tsâo, était un attaché du prétoire, originaire de Tsâo-kia-in (plaine de Ku-tsín). Convenablement imbu de la doctrine chrétienne, il reçut le baptême avant de réintégrer ses pénates.

    Quinze ans plus tard, Joseph Tsâo, dont on avait perdu la trace, venait à Yunnansen remercier le provicaire, son bienfaiteur : Père, dit il, vous navez pas obligé un ingrat : je nai jamais oublié ni votre bienfaisance, ni vos enseignements. Rentré dans mon village, parents et amis mont longtemps assailli de leurs contradictions. Grâce à Dieu, jai tenu bon. Bien mieux, jai tant fait quune dizaine de familles sont disposées à se convertir. Si le Père daignait nous honorer dune visite, il y a lieu despérer que beaucoup dautres se feraient chrétiennes.

    Jadis saint Pierre et saint Jean, apprenant les conversions opérées en Samarie par le diacre Philippe, ne se réjouirent pas plus que le Provicaire quand il reçut cet heureux message. Lappel de la divine Providence nétait pas douteux, il partit pour Ku-tsín Comme Joseph lavait pressenti, la population de Tsâo-kia-in, toute composée de ses parents ou alliés, se rangea assez vite sous létendard de la Croix. Ce nétait que le commencement, La venue dun Européen était un fait trop inouï pour ne pas sébruiter dans le voisinage : toute la plaine en avait retenti.

    A Tang-kia-tén, localité distante dune lieue, un jeune démoniaque ne contribua pas peu à accroître cette notoriété. Parlant par sa bouche, le Mauvais ne tarissait pas sur les mérites et le pouvoir extraordinaire de létranger, ajoutant toutefois que, pour lui, il le détestait cordialement.

    Prié davoir compassion du malheureux adolescent, le Père eut quelque peine à le délivrer. Si tu veux que je sorte, dit lesprit retors, permets que je mempare de cette femme bavarde. Non pas ; je ne te chasse pas dune personne pour que tu entres dans une autre. Alors abandonne-moi la mule que tu montes. Cette mule mappartient, tu ny as aucun droit. Au moins ne mexpulse pas du pays. Esprit impur, au nom de Jésus-Christ, fils du Dieu vivant, je tadjure de quitter cette région et de ny plus revenir. Lobsession finit instantanément 1.

    Lexorcisme achevé, le jeune homme, affranchi de la servitude diabolique, se convertit avec toute sa famille. Peu à peu lexemple fut suivi par tous les habitants de Tâng-kia-tén : la seconde station catholique se trouva ainsi fondée. San-pe-fou-in, Pe-che-gâi, Iê-tchon-tâng et autres localités, se ralliant peu après au parti de la vraie foi, lavenir se révélait gros de promesses pour lOrient du Yunnan. Outre les positions dores et déjà conquises, un champ immense souvrait à lexploitation ultérieure, Il importait dutiliser au plus tôt ces heureuses conjonctures, car la fortune, inconstante par définition, fait souvent des volte-face étranges, Le P. Fenouil le savait fort bien ; aussi, ne pouvant suffire à lui seul aux besoins du moment, il sempressa de crier à la rescousse.


    1. Le fait est attesté par les habitants du village et par deux chrétiens de Yunnansen, encore vivants, qui accompagnaient alors le Provicaire.

    (A suivre) E. MAIRE,
    Provicaire du Yunnan.


    1922/403-410
    403-410
    Maire
    Chine
    1922
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