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Mission du Haut Tonkin : Aperçu historique

Mission du Haut Tonkin : Aperçu historique La Mission du Haut-Tonkin compte actuellement 27 ans dexistence. Elle fut détachée, la première (1895), du vaste Vicariat du Tonkin Occidental, au rapide développement duquel avait présidé Mgr Puginier, puis, après lui, Mgr Gendreau. Quelques années plus tard (1901), la Mission du Tonkin Maritime devait à son tour être formée de la partie sud du Tonkin Occidental.
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    Mission du Haut Tonkin :
    Aperçu historique

    La Mission du Haut-Tonkin compte actuellement 27 ans dexistence. Elle fut détachée, la première (1895), du vaste Vicariat du Tonkin Occidental, au rapide développement duquel avait présidé Mgr Puginier, puis, après lui, Mgr Gendreau. Quelques années plus tard (1901), la Mission du Tonkin Maritime devait à son tour être formée de la partie sud du Tonkin Occidental.

    Quand fut décidée en 1895 la création de la Mission du Haut-Tonkin, Rome choisit pour être le premier évêque du nouveau Vicariat le Père Ramond, jusque là chargé du beau district de Nam-Xang.

    Il ny avait alors, pour évangéliser tout limmense territoire formant la nouvelle Mission, que 7 missionnaires : les PP. Girod, notre vénéré doyen, Jean Robert, Pichaud, Duhamel, Brossier, dAbrigeon et Chotard.

    Le 15 Juillet 1895, le chef de la Mission du Haut-Tonkin sembarquait sur le Fat-si-long de la Compagnie fluviale, avec cinq missionnaires nouvellement désignés pour remédier à linsuffisance numérique des ouvriers apostoliques. Cétaient les PP. Bessière, Méchet, Ambroise Robert, Chatellier et Granger.

    Le voyage fut pénible, et plus pénible encore larrivée à Hung-Hoa, point terminus du voyage, car le manque de coolies obligea les voyageurs à opérer eux-mêmes, aidés de leurs servants, le débarquement des bagages et de tout le matériel nécessaire à une nouvelle installation cependant bien sommaire.

    Hung-Hoa avait été choisi pour y établir le chef-lieu de la Mission et la communauté. Cétait à ce moment le chef-lieu de la province.

    Bien des ennuis furent évités, grâce au concours dévoué de M. le baron Pierre de Goy, Résident-chef de la province.

    Le 31 juillet eut lieu à Ha-Tchach la cérémonie de la division officielle, et cest de là que S. G. Mgr Gendreau adressa en termes touchants ses recommandations et ses adieux aux chrétiens du nouveau Vicariat, auxquels il donnait une dernière fois sa paternelle bénédiction.

    La séparation était faite et Mgr Ramond, évêque élu, non encore sacré, prenait le gouvernement de la nouvelle Mission qui, sous sa prudente direction, allait peu à peu se développer, non toutefois sans avoir à vaincre les difficultés qui se rencontrent toujours au début dune uvre de cette importance. Chacun y mit tout son zèle, et, Dieu aidant, le bien se fit ; le champ daction sélargit et de nouvelles moissons levèrent sur des terres jusque là incultes, pendant que les vieilles chrétientés se réjouissaient davoir plus souvent la visite dun missionnaire.

    Les obstacles, dordinaire, ne font pas défaut sur la route des ouvriers apostoliques ; mais les derniers venus dans le Haut-Tonkin savaient que toutes les difficultés quils pourraient rencontrer seraient peu de chose eu comparaison des périls de tout genre qui avaient traversé et marqué parfois tragiquement la vie mouvementée de notre cher doyen, le P. Girod.

    Longtemps seul dans presque tout le Vicariat actuel, il allait sans repos, par monts et par vaux, visiter ses nombreuses chrétientés, dont la plupart étaient encore, après leur dispersion, incomplètement reconstituées.

    Cest en août 1886 que le P. Girod, quittant le delta, montait, en compagnie du P. Ambroise Robert, prendre la direction de cet immense district, comprenant les provinces de Hung-Hoa, Tuyen-Quang, Cho-Bo, et les cercles militaires de Yen-Bay, Lao-Kay et Ha-Giang, où depuis longtemps les missionnaires navaient pu faire que de rares et rapides voyages.

    Je ne marrêterai pas à narrer en détail les travaux, les voyages, les épreuves du cher Père et des deux confrères, Ambroise Robert et Beaumont, quil eut un temps avec lui. Il y faudrait un volume. Or ce volume, point nest besoin de lécrire, car il existe déjà : Dix ans de Haut-Tonkin, écrit par le P. Girod lui-même, et dans ce style alerte et personnel qui en rend la lecture fort attrayante et fait désirer la suite de si intéressants récits.

    Peu à peu, au fur et à mesure que le calme renaissait dans la haute région, le Supérieur envoyait de laide, et plusieurs missionnaires se partageaient déjà le vaste district quon appelait Xu-Doai, quand fut décidée la division du Tonkin Occidental.

    Cétaient, avec le P. Girod, le P. dAbrigeon, son vicaire, pour administrer les paroisses de Yen-Tap, Du-Bo, Yen-Bay et Song-Chay. Puis les PP. Pichaud et Brossier, chargés de Duc-Phong, Bau-No, Ha-Thach et Lang-Lang, et enfin, en mars 1895, le P Chotard, installant la paroisse de Tuyen-Quang.

    En Son-Tay se trouvaient déjà depuis 1889 le P. Jean Robert, puis, un peu plus tard venu, le P. Duhamel.

    La fondation de la nouvelle Mission les trouva à leur poste et leur amena comme renfort les cinq missionnaires désignés pour accompagner Mgr Ramond.

    Quelques mois après la division, le 15 octobre 1895, fête de sainte Thérèse, eut lieu à Hanoi le sacre de Mgr Ramond, et en même temps celui de Mgr Marcou, donné comme coadjuteur à Mgr Gendreau. Ce fut une superbe cérémonie, à laquelle une foule dEuropéens et dAnnamites tinrent à assister.

    Quelques jours après, Mgr Ramond était fêté à Hung-Hoa, où se trouvait installée sommairement notre communauté. Le Haut-Tonkin avait son Evêque.

    Une de ses premières préoccupations fut détablir son Petit-Séminaire. Cest à Ha-Tchach quil fut installé, sur une colline, en un endroit très sain, près du Fleuve Rouge, et maintenant à proximité de la voie ferrée. Les débuts furent, modestes. Le P. Ambroise Robert se dépensa à cette fondation, on peut le dire, tout entier, car il mourut (1886) avant davoir pu terminer les travaux, que le P. Bessière, Provicaire, mena à bonne fin et clôtura par la construction dune jolie chapelle due à la générosité dune bienfaitrice, Mlle Caradec, et dont le campanile abrite trois belles cloches, don du P. de Guébriant.

    Le P. Bessière resta supérieur de cet établissement jusquà sa mort (1906). Sous sa prudente et sage direction, le Petit-Séminaire se développa, et ses six classes donnaient un total de près de 80 élèves.

    Depuis la guerre on a dû, par raison déconomie dargent et de personnel enseignant, réduire le nombre des classes à trois. Celui des élèves varie entre 55 et 60. Les Pères Quioc et Vandaële soccupent avec grand dévouement de leur formation.

    Le manque de ressources et de personnel na pas encore permis de fonder un Grand-Séminaire, et lEvêque envoie ses élèves de théologie au Grand-Séminaire de Ke-So, dans la Mission du Tonkin Occidental.

    En même temps que sélevait et se recrutait le Petit-Séminaire, la communauté de Hung-Hoa sorganisait petit à petit et, grâce aux libéralités de la pieuse Mme de Gargan, voyait sélever une grande église, dédiée à N.-D. de Lourdes, et qui sert de cathédrale.

    Le travail dévangélisation se poursuivait, et les fidèles, plus souvent visités, avaient plus de facilités pour remplir leurs devoirs religieux et se fortifier dans la foi par une plus fréquente réception des sacrements.

    Le Séminaire de Paris envoyant de nouveaux missionnaires, le champ daction sétendait dannée en année. Ce nétait plus le temps des fuites éperdues de toute une population à la lueur des incendies qui marquaient le passage des bandes de pirates. La France avait apporté dans les plis de son glorieux drapeau la paix et la liberté tarit désirées, et, sur ce sol autrefois si troublé, sélèvent chaque jour un peu partout des églises, encore modestes, sans doute, mais bien convenables, dues en grande partie, à la générosité de lEvêque et des missionnaires.

    Voici dailleurs un aperçu succinct de ce qui a été fait dans la Mission du Haut-Tonkin depuis la date de sa séparation davec le Tonkin Occidental.

    En 25 ans, 41 missionnaires ont été désignés pour y travailler. Actuellement 24 se partagent, avec les différentes charges de Procureur, Directeurs du séminaire et aumôniers des hôpitaux, le soin de veiller sur 23 paroisses, comprenant toutes ensemble 271 chrétientés, et dassurer ladministration régulière des sacrements à plus de 33.000 chrétiens. Ils sont aidés dans cette tâche, qui serait écrasante et qui malgré tout est fort absorbante et pénible, par 26 prêtres indigènes, dont un bon nombre est vraiment zélé, et aussi par les catéchistes, qui sont des aides précieux.

    En 1895, lors de la fondation de la Mission du Haut-Tonkin, il y avait à peine 17. 000 chrétiens. A loccasion du 25e anniversaire dû sacre de Mgr Ramond, on fit le recensement, dont le résultat fut tel que je viens de le mentionner ci-dessus.

    Les épreuves dun peu toutes sortes nont, certes, pas fait défaut ; malgré cela beaucoup de bien a déjà été fait, un bon labeur a été accompli, et les prières de tous les confrères, nous en avons lassurance, aideront puissamment à obtenir du Ciel que dans cette part du champ du Père de famille lèvent bientôt de nouvelles moissons.

    L. M.

    1922/548-552
    548-552
    Anonyme
    Vietnam
    1922
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