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Mission de Tchongking : Consécration épiscopale de S. G. Mgr Louis-Xavier Jantzen, Evêque de Trémithe

Mission de Tchongking Consécration épiscopale de S. G. Mgr Louis-Xavier Jantzen, Evêque de Trémithe.
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    Mission de Tchongking
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    Consécration épiscopale de S. G. Mgr Louis-Xavier Jantzen,
    Evêque de Trémithe.
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    Le sacre de Mgr Jantzen avait été fixé au 21 septembre : il coïncidait avec la clôture de la retraite pour les confrères européens ; à part quelques-uns dentre nous, que des raisons majeures avaient retenus dans leurs postes, nous nous trouvions donc tous réunis à Tchongking : nous avions, en même temps, le plaisir de voir parmi nous certains confrères des missions voisines : les PP. Combe et Alary de Tchengtou, le P. Mansuy de Suifu, le P. Valtat du Kientchang, qui navaient pas reculé devant les fatigues dun long voyage pour apporter à Mgr Jantzen leurs vux et ceux des confrères de leur Mission.

    Les prêtres chinois, conviés par Sa Grandeur, avaient également répondu à son appel et cest la grosse majorité des prêtres de notre Mission qui, malgré les troubles de lheure actuelle, se trouvait présente pour la cérémonie du sacre. De nombreux chrétiens, venus de tous les points de la Mission, avaient aussi tenu à assister à des cérémonies nouvelles pour eux et à saluer, dès le jour de sa consécration, leur nouvel Evêque.

    Léglise cathédrale était magnifiquement décorée : de nombreux lustres, auxquels venaient sassocier très heureusement de riches lanternes chinoises au pittoresque aspect, répandaient leurs multiples lumières sur lautel orné avec un goût parfait, sur les décorations placées à lentrée du chur, sur les magnifiques tentures ou bannières qui recouvraient les colonnes de léglise, sur les écussons harmonieusement disposés le long de la nef principale et dans le chur. Au dehors, de gracieux arcs de triomphe décoraient les entrées, et de nombreux drapeaux donnaient à la rue un aspect joyeux de fête.

    La cérémonie commença à 8 heures. Mgr Rouchouse et le P. ClavaI, faisant fonction dassistants, conduisent à son siège Mgr Jantzen. Mgr Renault, évêque consécrateur, revêt les ornements sacrés et se dirige vers lautel : puis lecture est faite des Bulles apostoliques. Alors se déroulent dans toute leur majesté les cérémonies de la consécration : lexamen sur la soumission au St-Siège, sur la pratique des vertus, sur les vérités de la foi ; puis viennent, après la première partie de la messe, les Litanies des Saints, rendues si touchantes par la prostration du nouvel Elu, limposition des mains, les onctions sur la tête et les mains accompagnées des magnifiques prières que récite lEvêque consécrateur, la bénédiction de la crosse et de lanneau pastoral, les offrandes : et, à la fin de la messe, le Te Deum et la procession pendant laquelle le nouvel Evêque donne à ses prêtres et à ses fidèles ses premières bénédictions.

    La cérémonie avait duré deux heures et ce nest guère quà 11 heures, après avoir reçu chez le P. Cacauld les membres de la colonie européenne et un certain nombre de chrétiens avides de recevoir sa bénédiction, que Mgr Jantzen pouvait rentrer à lévêché.

    Le P. Valentin avait déployé toutes les ressources de son esprit fertile pour décorer la résidence épiscopale avec un goût, une ingéniosité que tous ont loués : lentrée avec son arc de triomphe, les allées bordées de barrières habilement dissimulées sous la verdure et les fleurs, les massifs de plantes disposés de ci de là, les vérandas ornées de drapeaux et décussons, lintérieur des salles rehaussé par les inscriptions et tableaux disposés avec art, tout est dun bel effet. On admire surtout le salon où sont exposés les présents offerts à Sa Grandeur : les visiteurs ne tarissent pas déloges sur une magnifique tapisserie exécutée par les Religieuses indigènes, représentant le Bon Pasteur dans trois attitudes différentes : au milieu de ses brebis, pansant la brebis malade, portant sur ses épaules sa brebis retrouvée ; ils admirent également le tableau de saint François-Xavier, Patron de Sa Grandeur, par un élève du Grand-Séminaire, monté dans un cadre exécuté de même par les séminaristes, ainsi que diverses gravures exposées dans des cadres sculptés ou découpés par les petits-séminaristes.

    Cependant tous les résidents français de Tchongking, M. Robbe, commandant du Doudart de Lagrée avec quelques-uns de ses officiers, plusieurs autorités ou notabilités chinoises, sont arrivés et plus dune centaine de convives prennent part au repas de fête.

    Cest M. Eynard, Consul de France, qui ouvre la série des toasts :

    Au cours de limposante cérémonie qui sest déroulée ce matin, lEglise vous a conféré lune de ses plus hautes dignités et confié une charge lourde de responsabilités. Je sais trop votre modestie pour ne pas penser que vous avez reçu ces honneurs avec humilité et je connais assez votre courage pour être sûr que vous acceptez avec une froide résolution la tâche redoutable qui vous incombe désormais.

    Le Saint-Père, après le choix de vos confrères, a élu celui qui est le plus digne dans le Vicariat du Setchoan Oriental de poursuivre luvre de S. G. feu Mgr Chouvellon, de soutenir la foi et, dans les conjonctures actuelles, den développer les bienfaits. La tâche que vous avez acceptée, Monseigneur, est pleine de difficultés et aussi remplie despérances. Vous ny faillirez point : votre noble intelligence, votre sûre volonté, votre magnifique charité disposent dun champ immense où elles pourront dignement sexercer.

    Je ne doute point, Monseigneur, que tous vos espoirs ne soient, avec laide de Dieu, réalisés et cest le vu très sincère que les sentiments qui nous unissent me permettent de formuler au début de votre épiscopat.

    Je profite de loccasion qui mest si heureusement offerte pour saluer les autorités chinoises et vos nombreux amis chinois qui sont ici autour de vous, et les remercier davoir bien voulu rehausser de leur présence cette belle fête, prouvant ainsi les sentiments destime réciproque qui unissent la République chinoise et la République française.

    Messeigneurs, Messieurs, je vous demande de vouloir bien lever vos verres en lhonneur de Sa Grandeur Monseigneur Xavier Jantzen.

    S. G. Mgr Renault se lève ensuite :

    LEvangile daujourdhui nous rapporte que Notre-Seigneur, passant un jour, durant sa vie publique, devant un bureau de douane, de ce regard qui scrute le fond des curs, vit un homme quil appela à sa suite : cet homme, répondant à lappel que lui adressait Jésus, devint bientôt le grand Apôtre saint Matthieu.

    Voilà, Monseigneur, en quelques mots, votre histoire dhier et celle de demain. Jetant aussi les yeux sur la Procure de Tchongking, Notre-Seigneur vous vit occupé sur votre bureau à aligner des chiffres pour le plus grand bien de la Mission et des confrères : il vit que vous aviez été toujours bon missionnaire, que vous étiez un procureur modèle et que vous feriez certainement un évêque selon son cur. Et il vous appela, sûr de trouver en vous le chef habile à gouverner, le père toujours aimé et le pasteur tout dévoué au troupeau. Non sibi, sed gregi.....

    Nous en avons pour garant, Monseigneur, cette humilité sincère qui vous a fait hésiter quelque temps devant le fardeau en perspective, ce qui prouve bien que, dans votre élévation à lépiscopat, tout vient de Dieu seul ; nous en avons encore pour garant cette joie rayonnante dans tous les curs de vos missionnaires, de vos prêtres indigènes et de vos chrétiens, qui se réjouissent aujourdhui dautant plus quils ont craint un instant de vous perdre à jamais. Dailleurs navez-vous pas, Monseigneur, pour vous éclairer et vous encourager, les vertus et les exemples de simplicité, de bonté, de zèle ardent, de fermeté dans les projets, qui caractérisèrent votre regretté prédécesseur, Mgr Chouvellon ? Du haut du ciel il sourit certainement à notre fête daujourdhui et il vous couvrira toujours de sa protection.

    Aussi est-ce avec joie, une joie pleine des meilleurs espoirs pour votre bien aimée Mission, que je vous adresse à mon tour le souhait liturgique que vous mavez exprimé ce matin ; et cest de tout cur que je vous dis : Ad multos annos, pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes !

    Cest maintenant le tour de S. G. Mgr Rouchouse :

    Monseigneur, le seul fait du voyage entrepris à mon âge et aux heures graves que nous vivons, pour assister à votre sacre, est le témoignage certain de lestime et de laffection particulière que jai pour Votre Grandeur. Vos qualités reconnues de tous, ignorées de vous seul, ont décidé le Saint-Siège à maintenir sa décision et vous voilà maintenant Seigneur et Chef de la florissante Eglise de Tchongking. A lexpérience et à la sagesse de lâge mûr, vous joignez les avantages que procure la jeunesse, source de force et dactivité.

    Votre âge, Monseigneur vous donne lespoir dassister à la réalisation des grands événements qui se préparent en Chine et, à ce propos, nest-il pas opportun de souligner aujourdhui luvre des vaillants pionniers, des Desflèches, des Coupat, celle plus récente de votre prédécesseur immédiat, le très regretté Mgr Chouvellon ? Pourrions-nous laisser dans lombre les noms dun Blettery, dun Lorrain et, dussions-nous faire souffrir son humilité, de votre vénéré Provicaire, le P. Claval ? Tous ces grands Français, unis à leurs confrères et soutenus par luvre, française elle aussi, de la Propagation de la Foi, ont trouvé tout naturel, après avoir quitté patrie et famille, de laisser au Setchoan tout ce quils possédaient.

    Monseigneur et Messieurs, que seraient devenus le Setchoan catholique et les uvres de notre Vicariat sans la France protectrice des Missions ? Cest la France qui, à plusieurs reprises, a relevé les ruines accumulées par les persécutions, protégé nos chrétiens et empêché de plus grands malheurs.

    A lheure actuelle cest encore la France qui, par son digne représentant, M. Eynard, nous soutient et nous fait espérer pour lavenir en des jours meilleurs. Pourrais-je ne pas saluer et unir dans le même hommage de reconnaissance les officiers de notre marine française, épris de justice et dhumanité, qui ajoutent à ces qualités celle dune compréhension parfaite de la mentalité et des aspirations chinoises ?

    Lavenir est sombre ; mais la fête daujourdhui, fête française et chinoise, fête dont vous êtes, Monseigneur, le héros bien aimé, est comme un rayon de soleil qui perce les nuages menaçants amoncelés dans le ciel.

    Après avoir ainsi offert à notre Evêque les souhaits de Tchengtou, S. G. Mgr Rouchouse lui présente ceux du Kientchang sous la forme dune gracieuse poésie.

    Le tout petit Kientchang eut Suifu pour mère,
    Tchengtou pour bisaïeule et Tchongking pour grandmère ;
    Votre Grandeur peut-être à linstant lévoquait :
    De lhumble Mission voici lhumble bouquet.
    Monseigneur, le Kientchang vous offre son hommage,
    Tous ses vux de bonheur et de prospérité ;
    Car pour vous le Bon Dieu, souvent sollicité,
    Saura, soyez certain, octroyer davantage.
    On lit dans lEvangile une divine page
    Où Jésus prescrivit laimable charité ;
    Tchongking la bien compris. Avec pleine équité,
    Le Kientchang, très ému, peut rendre témoignage.
    Ad felices annos ! Bénissez, Monseigneur,
    Ce pays montagneux, lointain, dobscur labeur ;
    Que son nom quelquefois glisse en votre prière !
    Agréez son merci, trop pauvre compliment
    Qui voulut sans effort être vrai, simplement,
    Comme un petit enfant sourit à sa grandmère.

    Mgr Jantzen répond alors aux toasts qui lui ont été adressés :

    Comment ne serais-je pas ému ? sécrie-t-il. Je le suis à ce point que je crois rêver, tant je me sens déconcerté par de si belles choses ! Ce jour, pour moi dimpérissables émotions, cest à vous tous, après Dieu, que je le dois et pour cela quil vous plaise à tous dagréer mon plus tendre, mon plus vibrant et mon plus chaleureux merci ! Je voudrais pouvoir dire à chacun ma reconnaissance et ma joie : mais comment exprimer des choses inexprimables ! Me voilà donc, avec laffreux désagrément de navoir à vous offrir que de médiocres paroles en retour de tant de témoignages de bienveillance.... Parmi ceux-là, Monsieur le Consul, le vôtre mest infiniment précieux et je vous en rends grâces. Lhommage qui me vient de votre présence ici vient du cur, et dun cur délicat dont je savais depuis longtemps les bons sentiments. Mais, en participant officiellement à notre fête de famille, vous représentez la France, et cest elle-même qui, par vous, vient en cette solennité nous apporter tout son appui moral. Nous navons pas à conquérir un sol, mais des âmes, et qui ne sait combien cet apostolat, sous toutes ses formes, fut en tous les temps lidéal sacré de notre Patrie ? Ces deux causes, celle de lEglise, celle de la France, qui seules donnent tout son prix à notre vie, nen seront pour nous jamais quune !

    Mgr Renault, à vous, cest un tribut sacré de reconnaissance que je dois pour toute la vie et je vous le paierai. Vous avez beaucoup damis : je noserais me déclarer le vôtre : trop de respect me linterdit. Mais pour ce beau jour, jai bien le droit de vous chérir : aussi de Votre Grandeur resterai-je toujours le fils très aimant, et dautant plus aimant quen vous je chérirai un enfant de la chère petite patrie lorraine : à elle par vous lhommage de ma fidélité !

    Soyez remercié, Mgr Rouchouse, pour voir daigné nous apporter, en venant de si loin, un nouveau témoignage de la très spéciale sympathie que vous avez toujours eue à légard de la Mission de Tchongking. Dans la foi que javais en votre bonté, je savais bien quaucun obstacle ne vous arrêterait. De ce jour, je suis votre filleul : ce titre nouveau me donne un droit très net à plus de tendresse encore et je men réjouis ; jai désiré vous le dire : puissiez-vous aimer à lentendre !

    Chers compatriotes, laissez-moi vous dire combien ma touché lempressement avec lequel vous avez accueilli mon invitation : je vous exprime à tous le vu très ardent que vous emportiez de cette journée un souvenir vivant ; mes paroles ne sont pas seulement des paroles de simple courtoisie, elles témoignent du désir et de lespoir très vif que de pareilles journées contribuent à rendre plus serrés, plus étroits les liens qui nous unissent.

    A vous, très chers et bien aimés confrères, me voici dès ce jour indissolublement lié. Dans un élan de générosité, bien aveugle petit-être, vous mavez fait tellement crédit de votre confiance : puissé-je vraiment la mériter ! Que vous dirai-je de plus que de vous assurer de toute mon affection, puisque ce sentiment en moi est assez vaste pour contenir tous les autres sans se gêner. Vous le dire tout au long, par le menu ? Inutile, vous le savez et savez mieux encore que je ferai tout pour que vous vous en aperceviez, car vous aurez sur mes prédilections un droit que rien au monde ne pourra vous ôter. Chemineaux du Bon Dieu, toujours vaillants et toujours gais, quoiquil arrive, étroitement unis, sous le regard de mon prédécesseur dont la mémoire vénérée mémeut et meffraie, nous continuerons demain luvre dhier. Ces sentiments que je vous exprime si brièvement, je les éprouve avec une force qui ne pourra séteindre en moi quavec la pensée et le souffle.

    Carissimi Patres, gratias plurimas vobis pro gratulationibus vestris et votis. Utinam, Deo benedicente, compleantur! Ut plena esset hujus diei lætitia, optassem hic videre præsentes omnes sacerdotes meos, sed propter difficultates itinerum et temporum, hoc votum impleri non potuit. Vos vero adstantes etiam absentes repræsentatis ; ideo verba, quibus vos alloquor, ab omnibus audiri volo et in corde servari. Vos omnes estis operarii in parte vineæ Domini mihi commissâ : vos igitur omnes eâdem sollicitudine pastorali, eodem affectu paterno prosequar. In laboribus et ærumnis vobiscum ero ; adversa vestra et prospera participabo usque ad mortem ; quidquid, Deo permittente, acciderit, vobiscum permanebo unum cor et anima una ad majorem sanctæ Religionis nostræ profectum, ad pacem et prosperitatem Sinarum impetrandam.

    Je vous convie donc à lever vos verres en lhonneur de S.S. le Pape Pie XI glorieusement régnant et de Son Excellence Mgr Costantini, son délégué ; en lhonneur de Mgr de Guébriant, notre vénéré Supérieur, et de la Société des Missions-Étrangères ; en lhonneur aussi de toutes nos Missions du Setchoan, dont je salue ici, même des plus éloignées, les représentants fidèles et le très cher camarade de classe ou de combat, le P. Valtat ; en votre honneur, M. le Consul de France, Messeigneurs, Messieurs, en votre honneur à tous, prêtres et chers frères, en lhonneur de tous les absents qui sont de cur avec nous et surtout de nos vaillantes autant que modestes religieuses. Vive lEglise ! Vive la France et vive la Chine !

    Au nom des prêtres chinois, le P. Fr. Ouâng adresse les félicitations suivantes à Sa Grandeur :

    Illmi et Reverendissimi Præsules et RR. Patres : Hc dies quam fecit nobis Dominus, exultemus et ltemur in ea, alleluia ! Hac enim die qua Deus Optimus ostendit nobis suam misericordiam et dignatus est visitare plebem suam et gregem suum fere tribus annis Pastore orbatum, et dare nobis tam bonum omnibusque dotibus ornatum Pastorem, cogimur exultare et gaudere.

    Gratias ergo agamus Deo, qui dignatus est dare nobis optimum Pastorem et Patremfamilias, qui, ut suus Patronus S. Xaverius, omnia omnibus factus prosalute multorum multa patrabit, necessitatibus totius gregis succurret et necessaria illi providebit.

    Gratias etiam rependimus Illmis et Revmis Episcopis hospitibus, qui dignati estis ex longinquo itinere ad nos venire et nos felices reddere consecrando nobis novum Episcopum. Sed deprecamur Deum qui Vos conservet ad multos annos. Quid ergo, RR. Patres, pro hac lætitiæ et congratulationis solemnitate nostro novo Episcopo deferamur ? Argentum, aurum aut alia quæcumque pretiosa munera ? Hæc autem omnis præfacta profecto acceptare non gaudet. Cum hæc munera non sint ei justa et dignitati suæ digna, digniora ergo suæ Prælationi offeramus : nempe reverentiam et obedientiam, quas jam in nostra ordinatione Pontifici et ejus successoribus promisimus, eadem igitur vota obedientiæ et reverentiæ ex corde offeramus, ita ut ei nullam tristitiæ et doloris occasionem præbeamus. Tandem pro ista congratulatione Deum Omnipotentem exoramus ut nostro Antistiti faustam et felicem administrationem, nec non pro utilitate Ecclesiæ et salute totius gregis optimam valetudinem et sospitem vitam concedere dignetur. Vivat ! Vivat.

    Dans la soirée un salut solennel du T. S. Sacrement donné par S. G. Mgr Jantzen nous réunissait à nouveau pour remercier Dieu des grâces quil avait accordées en cette journée à notre Mission en la personne de notre nouvel Evêque. Puis nous pûmes jouir dun feu dartifice des mieux réussis, ce pendant que les causeries intimes reprenaient entre nous et quune petite séance récréative improvisée nous permettait dadmirer le débit ou la voix de plusieurs confrères de notre mission ou des missions voisines.

    Le lendemain fut spécialement consacré à fêter S. G. Mgr Renault, dont le 21 septembre avait ramené lanniversaire de la consécration épiscopale. Puis, le surlendemain, service solennel chanté à la mémoire du regretté Mgr Chouvellon.

    Le dimanche suivant était la fête de nos Martyrs de Corée : notre Setchoan avait une raison particulière de la célébrer avec une sainte joie. Le Bx Imbert avait, en effet, passé 16 ans au Setchoan et le Bx Maubant lui-même nous appartient bien un peu, puisquil avait reçu sa destination première pour cette même Mission. S. G. Mgr Rouchouse avait bien voulu accepter dofficier pontificalement : cest dire la perfection avec laquelle fut exécuté tout loffice ; notons également les chants de la Messe très bien rendus par nos confrères et la chorale du Grand-Séminaire, dirigée par le P. Blanchard.

    Le soir, à trois heures, le salut solennel était donné en lhonneur de nos Martyrs par S. G. Mgr Jantzen, et nous pûmes revivre des heures lointaines du Séminaire de Paris, en entendant chanter avec le même enthousiasme qualors :

    De nos Martyrs Mère, Reine et Patronne,
    Enseigne-nous à prier, à souffrir !...

    1926/692-699
    692-699
    Anonyme
    Chine
    1926
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