Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Les Missions Protestantes et le Thibet

Les Missions Protestantes et le Thibet I. Marches du Setchouan. TATSIENLU. China Inland Mission. La première en date des sociétés protestantes, dans les Marches thibétaines du Setchouan, est la China Inland Mission. Dès 1877, un des membres de cette société, le Dr Caméron, en voyage, avait séjourné quelque temps à Tatsienlu, mais le premier missionnaire, M. Cecil Polhill Turner, ne sy établit que 20 ans plus tard, en 1897.
Add this
    Les Missions Protestantes et le Thibet
    _____

    I. Marches du Setchouan.

    TATSIENLU.
    China Inland Mission. La première en date des sociétés protestantes, dans les Marches thibétaines du Setchouan, est la China Inland Mission. Dès 1877, un des membres de cette société, le Dr Caméron, en voyage, avait séjourné quelque temps à Tatsienlu, mais le premier missionnaire, M. Cecil Polhill Turner, ne sy établit que 20 ans plus tard, en 1897.

    Quelques années auparavant (1892-1893), Miss Annie Taylor 1, partie du Kansiou, sétait avancée jusquà la frontière du royaume de Lhassa. Reconnue, elle fut arrêtée sur les rives du Nakhio et conduite sous bonne escorte à Tatsienlu, doù, grâce à la charité du Père Déjean, elle put rallier Kiating et rejoindre ses coreligionnaires. De retour en Angleterre, elle réunit douze missionnaires et fonda la Tibetan Pioneer Mission dans le but dévangéliser le Thibet. Après un essai de quelques mois dans le Sikkim et la vallée de Chumbi. que les Anglais venaient douvrir au commerce, la société fut dissoute et quelques-uns des pionniers, agrégés à la China Inland Mission, furent dirigés sur la frontière sino-thibétaine, à Tatsienlu, Tongolo et Songpan 2.

    Les troubles de 1900 éloignèrent la troupe évangélique, qui ne rentra dans les Marches quaprès lorage et concentra ses efforts sur Tatsienlu et les environs. Quand, en 1906, les bataillons chinois eurent achevé la pacification de la région de Batang, qui sétait soulevée lannée précédente, deux. missionnaires se fixèrent à Batang, pendant quun de leurs collègues saventurait vers Rongmé, Tchangou, doù le peuple lobligeait à regagner dare-dare son point de départ avec les bibles et tracts quil lui destinait.

    En 1911, nouvel exode. Au retour, deux ans plus tard, on abandonne Batang pour tenter un essai à Taofou : là, encore, le succès ne répondit point au zèle du Révérend, qui quitta le pays dès 1915. Depuis lors, la China Inland Mission na plus quune station dans les Marches, celle de Tatsienlu, où, des deux missionnaires en charge, lun soccupe des Chinois et lautre des Thibétains. Celui-ci, thibétisant distingué, a essayé, durant ces dernières années, de lapostolat par la plume et publia une série de tracts, tandis que son collègue joignait à la prédication la direction dune école chinoise qui connut une vogue éphémère. Durant plus dun quart de siècle, selon les rapports de lun deux, les missionnaires de la China Inland Mission nont baptisé que 40 à 50 adultes, dont 10 thibétains. De ce nombre il ne reste que quelques unités, les autres sont rentrés en Chine et sont morts ou apostats.

    ___________________________________________________________________________
    1. Travel and Adventure in Tibet. W. Carey.
    2. In the land of the Lamas. Amundsen.


    Quand, pour la troisième fois, au printemps dernier, les autorités britanniques invitèrent leurs sujets à se retirer à lombre du drapeau anglais, la C. I. M. navait plus quun représentant à Tatsienlu. Gravement malade, ce dernier se vit dans lobligation de rester à son poste où il na pas été inquiété.

    *
    * *

    Adventist and Seventh Day. En 1919, une société adventiste et sabbatine envoyait à Tatsienlu un médecin, dans la personne du docteur Andrews. Plus tard, il fut rejoint par un prédicant qui, comme un météore, ne fit que passer et rentra en Amérique sans esprit de retour. Lexercice de la médecine, la construction dun hôpital up-to-date, la distribution de tracts et de journaux ont, jusquà ce jour, suffi à lactivité du docteur-missionnaire et les réunions sabbatines nont, semble-t-il, attiré que des curieux. Lan passé, au moment où, sur lordre consulaire, le Dr Andrews quittait Tatsienlu pour gagner la côte, les soldats chinois, ses clients, lui prouvèrent leur reconnaissance, en brisant, sous ses yeux, les vitres de son immeuble et en pillant sa pharmacie !

    *
    * *

    BATANG.
    Foreign Christian Mission. En 1898-1899, la famille Rijnhart quittait Konboun, traversait le Koukounor et marchait sur Lhassa. En plein Thibet, leur enfant en bas âge était emporté par la maladie et le chef de famille disparaissait mystérieusement, noyé, croit-on. Mrs Susie Rijnhart, rentrée en Amérique 1, fait de nombreuses conférences et, admise dans la Foreign Christian Mission, sollicite lhonneur dêtre renvoyée sur le front thibétain. La société lui adjoint la famille Shelton qui prend avec elle la route de Tatsienlu (1904). Peu de temps après son arrivée, la jeune veuve convole en secondes noces et quitte la société pour entrer dans la China Inland Mission, à laquelle appartient son mari. En 1906, le Dr Shelton parcourt la région avec un jeune missionnaire, M. Ogden, et décide de sinstaller à Batang. Les deux prédicants réalisent leur projet dès lannée suivante, prêchent dans les carrefours de la petite cité et dans les villages voisins et le docteur donne ses soins aux malades 2.

    ___________________________________________________________________________
    1. With the Tibetans in tent and temple. Dr S. Rijnhart.
    2. Sun shine and Shedow. Mrs Shelton.


    1911. Survient la révolution anti-dynastique ; les membres de la Mission quittent Batang, où ils ne rentrent que dans les derniers mois de 1914. Les matériaux de construction, quils avaient réunis durant leur premier séjour, ont disparu, le Gt chinois leur accorde, à titre dindemnité, un terrain vague que des acquisitions successives devaient agrandir. Sans retard, les missionnaires (4 familles) se mettent à luvre, construisent, coup sur coup, résidences, écoles, orphelinat, hôpital, et, aidés dune équipe dévangélistes, maîtres décole et infirmiers indigènes, ils font grand bruit autour deux. On voulait faire de Batang le boulevard du protestantisme dans les Marches Thibétaines et on demandait 12 nouvelles familles et 200,000 dollars pour réaliser ailleurs, dans les Marches et au Thibet, luvre commencée à Batang. Le Dr Shelton, qui, à plusieurs reprises, avait été appelé près des blessés de larmée thibétaine durant la campagne contre la Chine (1917-1918), crut lheure venue de solliciter lautorisation douvrir un hôpital à Lhassa. Le Dalai lama lui répondit évasivement que, si les traités ouvraient le Thibet aux Etrangers, il était disposé à lui accorder cette autorisation. Quelques années plus tard (1922), au retour dun congé, le docteur, fort de ses bonnes relations avec les autorités indigènes, annonçait au Gouverneur de Kiangkha quil irait sous peu lui faire visite et, sans attendre la réponse, se mettait en route. On lui prêtait le dessein de pousser jusquà Lhassa, où sa femme, qui surveillait à Calcutta limpression de livres thibétains. laurait rejoint. Dès la première étape, la réponse du Gouverneur parvenait au voyageur et lui interdisait lentrée de son territoire. Le docteur, regagnant en hâte Batang, est assailli, à 12 kilm de cette localité, par une bande de brigands et laissé pour mort sur le terrain. Transportée durgence à sa résidence, la victime expirait quelques heures après, sans avoir repris connaissance 1.

    ___________________________________________________________________________
    1. Pioneering in Tibet. Dr Shelton. Shelton of Tibet. Mrs Shelton.


    De 1907 à 1927, douze familles américaines sont venues sinitier à luvre de lévangélisation ; elles ont dépensé sans compter, essayé toutes les méthodes dapostolat moderne, sans grand succès toutefois, et la plupart dentre elles ont abandonné la partie. Actuellement trois familles soccupent des uvres de la Mission. Depuis la fondation de la Mission, 60 à 70 adultes, chinois en majeure partie, ont reçu le baptême et une centaine de personnes assistent aux réunions dominicales. Les écoles sino-thibétaines, qui comptaient naguère plus de 100 élèves, nen ont plus que 15, en dehors des orphelins. Lorphelinat abrite 68 enfants des deux sexes et lhôpital peut recevoir une trentaine de malades. En dehors des visites quil fait aux malades hospitalisés, le médecin donne encore des consultations au dispensaire (800 par mois en moyenne) et visite les malades à domicile.

    *
    * *

    II. Marches Thibétaines du Yunnan.

    ATUNTZE, WEISI.
    Pentecostal Mission. Cette jeune société, fondée par M. Cecil PolhiIl Turner, que nous avons rencontré à Tatsienlu comme représentant de la China Inland Mission, ne compte que quelques membres. De Likiang, un de leurs centres au Yunnan, quelques missionnaires sen allèrent porter la Bonne Nouvelle au Tchongtien et se fixèrent à Atuntze en 1915. Quelques années plus tard, ils abandonnaient cette station ingrate et se retiraient à Weisi, où lélément lyssou leur paraissait disposé à embrasser le christianisme. M. Morse, toutefois, se préparait à réoccuper Atuntze, en mai dernier, quand de Yunnanfu vint lordre aux 4 familles de Weisi de se replier sur la Birmanie, ordre quelles ont exécuté à la lettre.

    Partout, à Tatsienlu, Batang, Atuntze ou Weisi, les protestants se sont fixés dans le voisinage de la Mission Catholique et quelques-uns dentre eux, dans la région de Tatsienlu notamment, déployèrent, au début, leur zèle contre leur voisine. Ils ne tardèrent pas à constater que ce zèle intempestif ne leur attirait quune clientèle peu intéressante et ils abandonnèrent la lutte. Depuis lors, entre catholiques et protestants lentente est presque cordiale et, tout récemment, un missionnaire protestant, qui a eu loccasion dapprécier la charité des nôtres, avouait ingénument quon lavait indignement trompé en Amérique sur le rôle du clergé catholique dans les Missions.

    Au lieu de se disperser, de sisoler, les missionnaires protestants préfèrent se grouper dans les centres, où ils peuvent mener de front lévangélisation et les uvres déducation et de bienfaisance. De ces centres ils voyageaient dans toute la région et dirigeaient leurs colporteurs de bibles et de tracts jusque dans les hameaux les plus reculés. Ils ont dû renoncer à cette méthode dévangélisation depuis que les brigands désolent la contrée et que lautorité chinoise se désintéresse du sort des Etrangers.

    En résumé, des quatre Sociétés protestantes qui ont envahi le champ du Vicariat Apostolique de Tatsienlu, seule, la Foreign Christian Mission a enregistré quelques succès, grâce surtout à la colonisation et aux uvres de bienfaisance. Lorphelinat, pourtant, est loin de donner les résultats que les missionnaires escomptaient ; les enfants, quils ne peuvent employer ou placer sur leurs terrains, abandonnent toute pratique religieuse.

    En sortant des Marches du Setchouan et du Yunnan, jentre dans linconnu et, si je ne métais engagé, par un titre trop plein de promesses, à étudier les Missions Protestantes et le Thibet, je déposerais ici la plume. Pour ne pas leurrer mes lecteurs, continuons notre enquête aux abords du Royaume interdit, en gardant pour guides les protestants eux-mêmes qui, dans de nombreux articles de revues, ont signalé leurs tentatives et accusé les résultats de leurs travaux 1.

    *
    * *

    III. Marches du Kansiou.

    SILING et TAOTCHEOU.
    China Inland Mission. Vers 1885, quelques missionnaires de cette Société ouvrirent une station à Siling, dans le voisinage du Koukounor, point de départ des caravanes à destination de Lhassa. Cest de là que les PP. Huc et Gabet senfoncèrent dans le mystérieux Thibet. Les missionnaires protestants, qui se sont succédé dans ce poste, ont depuis longtemps renoncé à lévangélisation des Thibétains et se contentent de leur distribuer les tracts quon leur envoie dans un but de propagande. Leurs collègues de Kantcheou, une des principales villes du couloir qui rejoint Iii au Kansiou, couloir qui fut jadis la Route de la Soie, névangélisent pas non plus les Thibétains.

    *
    * *

    Christian and Missionary Alliance Mission. Cette société, qui, dans le principe, avait pour but de porter lévangile aux populations thibétaines dAmdo (angle S.-O. du Kansiou), ouvrit, en 1895, une Mission à Taotcheou, dont Amdo relève administrativement. En dépit de la protection que le prince indigène de Choni accordait aux missionnaires, lélément indigène resta réfractaire et peu à peu les missionnaires se détournèrent des Thibétains pour se consacrer presque exclusivement à lévangélisation des Chinois de la ville et des environs de Taotcheou. Depuis sa fondation, la Christian and Missionary Alliance na enregistré que 15 baptêmes parmi les Thibétains. Toute la contrée dAmdo est couverte de pâturages, la population est en partie nomade et les rares hameaux quon y rencontre sont sous la domination des lamaseries, situation qui, à vrai dire, nest pas spéciale à cette région. Lautorité chinoise défend aussi aux Etrangers dentrer dans la terre des herbes et décline toute responsabilité en cas daccident.

    ___________________________________________________________________________
    1. Work in Tibet. Sorensen. The Challenge of Central Asia. World Dominion.


    La Mission Catholique du Kansiou Septentrional occupe depuis longtemps Siling et la Route de la Soie, et les Pères Belges, avant de se retirer pour laisser la place aux missionnaires Allemands du Verbe Divin, signalaient un grand mouvement de conversions dans cette région ; mais ils navaient pas, que je sache, tenté lévangélisation dAmdo.

    Nous avons remarqué que la société protestante de Taotcheou a été amenée par les circonstances à se rapprocher des Chinois. Dans les Marches du Setchouan et du Yunnan, aussi bien chez nous que chez les protestants, les mêmes causes ont produit les mêmes effets. Rappelons-nous le geste du premier Vicaire Apostolique du Thibet rétrocédant les postes chinois de sa Mission et, conquérant pacifique, marchant, à la tête de sa petite troupe apostolique, sur Lhassa. Quelques années plus tard, son successeur obtenait une nouvelle délimitation de sa Mission et actuellement, dans 5 stations seulement sur 14, le ministère est fait en thibétain.

    Au Koukounor et dans le Tsaidam, où la population est un mélange de Thibétains et de Mongols, aucun missionnaire na encore pénétré. Après avoir traversé le bassin du Tarim dont la population fut jadis Nestorienne et professe, depuis dix siècles, une forme dislamisme mêlé de mysticisme hindou, nous pénétrons dans le Cachemire, dont la partie orientale, le Ladak, est thibétaine de race et de religion. Ce Ladak ou Petit Thibet fut évangélisé, il y a trois cents ans, par les Capucins Italiens et vers 1858, nos aînés, les Pères Bernard et Desgodins, à la recherche dune voie de pénétration au Thibet, abordèrent cette région, mais ils durent la quitter et revenir vers leur Vicaire Apostolique, à la frontière sino-thibétaine.

    A la même époque (1856), la Moravian Mission, qui, par suite de la présence des troupes russes en Ili, ne pouvait reprendre sa mission chez les Mongols. avait fondé une station à Leh. Située à un carrefour de lAsie Centrale, Leh, capitale du Ladak, est un centre commercial, où se rencontrent Turko-Mongols de lIli, Afghans, Thibétains et Cachemiriens. Dans cette ville, les Moraves ont ouvert un hôpital et le compte rendu que jai sous les yeux accuse un total de 153 convertis dans le Ladak et le Lahoul. Dans toute la région, les missionnaires peuvent sans danger voyager à leur guise, mais les lamaseries font partout opposition à leur uvre et obligent même les chrétiens à quitter leurs villages. Interrogés naguère sur leurs plans davenir, les Moraves ont répondu quils nétaient pas équipés pour entreprendre lévangélisation du Grand Thibet, dont ils sont séparés par le plateau désert du Chang tang, et quils envisageaient seulement lévangélisation des principaux centres thibétains du Ladak et du Baltistan : Skardo et Karguil.

    En bordure du Cachemire et du Lahoul, se trouvent la préfecture du Karifistan, les diocèses de Lahore et de Simla. Je ne sais si les PP. de Mill-Hill, les Capucins Belges et Anglais ont porté lEvangile aux groupements thibétains éparpillés dans cette région.

    En passant à Agra et Patna, saluons respectueusement les tombeaux de ces hérauts de la Bonne Nouvelle, Capucins et Jésuites qui, au XVIIIe siècle, furent autorisés à prêcher la doctrine du Maître, au centre du Lamaïsme et en présence même du Dalai Lama.

    Entre le Népal et le Bouthan, dont lentrée est encore interdite, senfonce, comme un coin, dans le massif de lHymalaya, le district thibétain du Sikkim qui, avec la vallée voisine de Chumbi, constitue la voie daccès la plus courte au Thibet central. Les Anglais lont compris, et les Sociétés protestantes, à leur suite, ont envahi la vallée de la Tista. On les trouve à Gangtok, la capitale, à Lakhien, Lakhiong, Darjeeling et Kalimpong, où, dans leurs écoles, elles instruisent un bon nombre de Thibétains et de Bouthaniens : le directeur des Postes à Lhassa et le Premier Ministre actuel du Bouthan sortent de ces écoles. Le Gouvt des Indes favorise les uvres scolaires de la Tibetan Mission de Darjeeling, de la Church of Scotland Mission de Kalimpong et de la Scandinavian Alliance Mission de Ghoom ; il a même dirigé sur Londres quelques jeunes Thibétains pour y compléter leur instruction. Pour éviter les inconvénients du dépaysement, le Gouvt des Indes se propose, dit-on, douvrir des écoles à Gyangtsé, dans le Thibet Central.

    Nos confrères du British Boothan ont, à Padong, Maria Basti et plus récemment à Kalimpong, avec le concours des Surs de St Joseph de Cluny, créé des uvres déducation et de bienfaisance, qui ont attiré lestime publique et lattention des autorités britanniques.

    Dans le domaine de la littérature religieuse et scolaire, les missionnaires protestants ont déployé une grande activité. Les Moraves ont traduit toute la Bible en thibétain, et la British and Foreign Bible Society a édité 250,000 copies du Nouveau Testament et publié 7 livres de lAncien. Des donations particulières ont permis aux pasteurs de lancer dans les Marches et au Thibet une série de tracts. Les Sociétés qui travaillent au Sikkim, avec le concours du Bureau de lInstruction publique du Bengale, ont publié une collection de livres à lusage des écoles primaires thibétaines.

    Si, malgré toute leur activité, malgré les sommes considérables dépensées, les quelque dix sociétés religieuses protestantes et leurs 30 à 40 missionnaires ne peuvent se flatter davoir obtenu quelques succès près des Thibétains, ils peuvent, du moins, se rendre le témoignage davoir plaidé chaleureusement la cause de louverture du Thibet aux Missions et davoir, en occupant les principaux centres de la frontière, créé un courant de sympathie et préparé les voies à lévangélisation. Jai relevé, sous la plume de nos frères séparés, les difficultés quils ont rencontrées dans leur travail, difficultés qui furent et restent les nôtres. Et, maintenant, à ces difficultés de toujours, dautres viennent encore sajouter : cest dune part lamoindrissement du prestige des Etrangers dans tout lExtrême-Orient et, dautre part, le bolchevisme chinois, qui laissera aux brigands thibétains, comme les événements de cette année ne le prouvent que trop, le soin de les molester et de leur rendre la vie impossible. Quant à nous, missionnaires catholiques, souvenons-nous que le disciple nest pas au-dessus du Maître et levons les yeux au Ciel unde veniet auxilium.

    FRANCIS GORÉ,
    Miss. Apost. du Thibet.

    1928/544-553
    544-553
    Goré
    Chine
    1928
    Aucune image