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Les écoles au Japon : Les écoles catholiques 4 (Suite et Fin)

Les écoles au Japon II. Les écoles catholiques ENSEIGNEMENT FÉMININ RELIGIEUSES DU SAINT-ENFANT JÉSUS (DAMES DE SAINT-MAUR)
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    Les écoles au Japon


    II. Les écoles catholiques
    ENSEIGNEMENT FÉMININ

    RELIGIEUSES DU SAINT-ENFANT JÉSUS (DAMES DE SAINT-MAUR)

    A peine le Japon était-il ouvert aux étrangers que le P. Girard, Supérieur de la Mission, faisait des démarches pour obtenir le concours de Congrégations vouées à léducation des jeunes filles. En 1863, revenant dEurope, il eut un long entretien avec la Rde Mère Sainte-Mathilde, Supérieure dun grand établissement à Singapore et lui demanda denvoyer des religieuses en ce pays où lavenir sannonçait comme si encourageant. La réponse fut affirmative, mais il fallut attendre près de dix ans avant que le projet pût être mis à exécution. Mgr Petitjean renouvela alors la demande faite par le P. Girard et, le 27 juin 1872, quatre religieuses, conduites par la Mère Sainte-Mathilde elle-même, débarquaient à Yokohama.

    Etablissement de Yokohama (1872). Les débuts furent pénibles. Installées provisoirement dans une petite maison sur la colline (bluff) qui domine la ville, les Surs durent dabord se faire accepter population hostile aux étrangers ; moins de quatre ans après son arrivée, la Supérieure, Mère Saint-Norbert mourait à la tâche, et Mère Sainte-Mathilde, quittant définitivement Singapore, venait prendre la direction de la maison de Yokohoma, quelle devait garder pendant 35 ans : elle mourut le 20 janvier 1911 à lâge de 97 ans. Cette femme dun esprit supérieur et dune énergie toute virile sut donner une impulsion décisive aux uvres de charité et denseignement quelle fonda successivement. En 1877, dix religieuses se partageaient les travaux de lécole, de lorphelinat et de linfirmerie. Le nombre des orphelines entièrement à la charge de la maison sélève peu à peu jusquà 400, tandis que 60 à 70 nourrissons sont confiés à des femmes campagne voisine.

    Lécole primaire, destinée dabord aux seules orphelines, accueillit bientôt des externes de la ville. Puis, pour les jeunes filles désireuses dune instruction plus complète, on fonda, en 1898, une école secondaire (Kôran-jogakkô, caractères chinois), qui compte aujourdhui 442 élèves et 24 maîtres ou maîtresses.

    Un pensionnat pour les jeunes filles européennes a 185 élèves et 19 maîtresses de différentes nationalités.

    Lorphelinat a dû nécessairement décroître en nombre : les Japonais ne donnent plus aussi volontiers leurs enfants à élever, cela parce quils sont généralement plus à laise et quils trouvent partout, et à très peu de frais, des écoles publiques. Actuellement la Sainte-Enfance na plus à sa charge que 150 enfants.

    Durant lexercice 1921-22, le dispensaire a secouru 1030 malades.

    Quant aux résultats spirituels obtenus par le zèle et le dévouement des religieuses, ils sont inappréciables. Des milliers denfants leur doivent, par le baptême, le bonheur du ciel. Un grand nombre de jeunes filles élevées par elles sont devenues des mères de famille sérieusement chrétiennes. Enfin celles-là même qui nont pas cru devoir se faire baptiser ont rejeté les préjugés traditionnels contre le christianisme et gardent toute leur vie une respectueuse sympathie pour leurs maîtresses.

    Etablissement de Tôkyô (1875). Trois ans seulement après son installation la Communauté de Yokohama essaimait à Tôkyô. La nouvelle maison fut établie dans le quartier de Tsukiji, sur la concession européenne et débuta par un orphelinat, auquel furent adjoints successivement un pensionnat européen, un pensionnat japonais et une école de langues ; mais, sauf pour lorphelinat toujours au complet, on ne parvint jamais à réunir un grand nombre délèves : Tsukiji est à une extrémité de limmense capitale et son caractère de concession étrangère en éloignait les Japonais.

    En 1898 les Surs ouvrent, au centre de la ville, tout près de lEcole des Nobles, un Cours de langues étrangères et darts dagrément exclusivement réservé aux jeunes filles et dames de la haute société japonaise. On débuta avec 3 élèves ; il y en avait 48 en 1903, 120 en 1913 ; actuellement il y en a plus de 400.

    Cependant lécole de langues et les deux pensionnats de Tsukiji continuaient à végéter. Pour donner aux uvres une plus grande extension en même temps quune orientation un peu différente, il fallait changer de quartier. En 1910, dans larrondissement de Kôjimachi, un grand établissement fut élevé, comprenant école maternelle, école primaire et école secondaire. En 1913 on y transporta également le cours de langues étrangères.

    Ce ne fut pas sans une vive peine que les Surs renoncèrent à lorphelinat, une de leurs uvres préférées, tout à fait dans lesprit de leur Institut ; mais cette mesure simposait pour permettre aux nouvelles uvres de se développer. Lorphelinat et le pensionnat européen furent rattachés à ceux de Yokohama. Pendant les 35 années de son existence, lorphelinat de Tôkyô avait inscrit plus de 3.600 baptêmes.

    Dès la fin de 1875 et non loin du couvent de Tsukiji les Surs avaient ouvert un petit hôpital destiné à recevoir les enfants malades ainsi que les pauvres du dehors qui demanderaient, à y être admis. Plus de 550 enfants ou adultes y reçurent la grâce du baptême. Au commencement de 1910, les Dames de S.-Maur, ne pouvant donner à cette uvre lextension désirable ni ladapter aux exigences administratives, se virent dans lobligation de la supprimer.

    Létablissement de Kôjimachi na cessé de prospérer. Lécole supérieure réunit 425 élèves ; le cours de langues, 455, toutes appartenant à la meilleure société. Le vénéré P. Ligneul, qui fut pendant 30 ans le dévoué aumônier de la maison, a eu, avant de mourir, la consolation de voir le succès de ces uvres, quil encourageait par ses conseils, quil soutient maintenant par ses prières auprès de Dieu.

    Il ny a pas lieu dinsister encore sur le bien produit par cet établissement. Un seul chiffre en donnera une idée : parmi les élèves le nombre des catéchumènes sélève actuellement à plus de 300.

    Etablissement de Shizuoka (1903). Cest en 1903 que la maison de Yokohama fondait sa deuxième filiale dans la ville de Shizuoka, au pied du fameux mont Fuji. Le 23 février de cette année, trois Surs de chur et une Sur coadjutrice sinstallaient dans la maison qui avait été préparée à leur intention.

    Le 15 avril elles ouvraient une école de langues (français et anglais). de musique et de couture européennes. Pour attirer des recrues, les bonnes Surs sastreignirent même à donner des leçons de cuisine française. On atteignit le chiffre de 40 élèves ; mais la persévérance faisait défaut au plus grand nombre. On jugea opportun dajouter au programme létude du japonais. Malgré cela les progrès furent lents : en 1910, 50 élèves ; en 1911, 62. Il fallait faire reconnaître officiellement lEcole et pour cela adopter entièrement les programmes ministériels. Cest ce qui fut fait : en 1912, lEcole, approuvée comme école secondaire, prenait, à lombre du Fuji, le nom de Fuji-kôtô-jogakhô (caractères chinois ) et commença à se développer rapidement . En 1915, 200 élèves dont 50 pensionnaires ; en 1920, 500 élèves, 120 pensionnaires ; en 1923, plus de 600 élèves et 125 pensionnaires.

    Une école enfantine (yôchi-en, caractères chinois) annexée à létablissement compte actuellement 90 enfants, garçons et fillettes.

    Les cours particuliers de français, danglais, de musique, de couture européenne, continuent dêtre fréquentés par nombre de jeunes filles de la ville.

    En somme létablissement de Shizuoka est un véritable succès ; comme ceux de Tôkyô et de Yakohama, il fait grand honneur aux éducatrices qui lont créé et autorise les meilleurs espoirs pour lavenir religieux du pays.

    SURS DU SAINT-ENFANT JÉSUS DE CHAUFFAILLES

    La seconde Congrégation qui vint en aide aux missionnaires du Japon pour léducation des jeunes filles fut celle des Surs de Chauffailles (diocèse dAutun). LAbbé Petitjean, le futur évêque de Nagasaki, avait été laumônier de la maison-mère pendant quelques mois et, en ce peu de temps, il avait si bien su conquérir les sympathies de la Communauté que lorsque, pour répondre à lappel den-haut, il partit pour le Séminaire des Missions, il crut devoir sesquiver par une fenêtre durant la nuit pour échapper aux émotions trop vives de la séparation. Lui aussi, du reste, avait gardé bon souvenir de la Congrégation ; devenu évêque, il songea tout naturellement à sassurer son concours pour le bien de sa Mission, et, en 1877, au retour dun voyage en Europe, il amenait avec lui quelques religieuses, qui sétablirent à Kôbe, port ouvert aux étrangers, doù elles ne tardèrent pas à essaimer en divers points du Japon.

    Ecole Sainte-Marie à Kôbe (1877). A leur arrivée, les Surs fondèrent dabord un orphelinat ; puis, la population européenne ayant considérablement augmenté, elle ouvrirent, en 1899, une école pour les enfants catholiques obligés daller demander linstruction aux établissements protestants. Le programme comporte 10 années détudes et donne droit au brevet élémentaire des écoles de France. LEcole Sainte-Marie compte actuellement 105 élèves européennes ou eurasiennes, dont 34 catholiques. Lenseignement est donné en français et en anglais et comprend des cours de catéchisme, obligatoires pour les seules catholiques, mais suivis volontairement par nombre de non catholiques.

    A Kôbe également, mais dans la ville japonaise, les Surs du Saint-Enfant Jésus ont depuis 1903 un établissement qui réunit lorphelinat et lécole maternelle.

    Etablissement dOsaka (1879). Deux ans après leur arrivée à Kôbe, les Surs sinstallaient à Osaka. Elles ny eurent dabord quune misérable maison dans la ville japonaise, où maintes fois elles furent en butte aux attaques nocturnes des païens, qui les volaient, les pillaient, après avoir empoisonné leurs chiens de garde. Létablissement ne fut dabord quun orphelinat, dont les classes admettaient des externes du quartier. Elles purent se transporter sur la concession européenne et y développer leurs uvres ; mais la cherté de la vie ayant obligé les Surs à restreindre le nombre de leurs orphelines, les salles de classe furent rebâties et, en 1908, létablissement fut transformé en lycée de filles. Par suite du succès croissant de leur école, les Surs se trouvent maintenant à létroit : elles sont dans limpossibilité de recevoir un plus grand nombre délèves et ne peuvent admettre quune dizaine de pensionnaires. Linstruction religieuse est donnée régulièrement par un missionnaire qui fait un cours à toutes les élèves réunies.

    Etablissement de Nagasaki (1880). En novembre 1880, deux religieuses arrivaient à Nagasaki en vue dune nouvelle fondation. Après avoir reçu pendant quelque temps lhospitalité dans un immeuble de la Mission, elles firent lacquisition dune maison sur le Bund et y ouvrirent une école, qui, à la première rentrée, en septembre 1881, compta 25 élèves, toutes jeunes filles destinées à devenir de précieuses auxiliaires pour linstruction des enfants, lentretien des églises, la visite des malades, etc. : cétait une école de femmes catéchistes. On y joignit bientôt une école primaire, qui reçut lapprobation officielle.

    En 1885 le noviciat japonais de la Congrégation fut canoniquement érigé à Nagasaki. Jusquà ce jour 67 postulantes ont été admises, 44 ont pris lhabit et 27 ont prononcé leurs vux.

    En 1895, le séjour de la flotte française et les épidémies qui sévissent sur plusieurs bâtiments donnent aux Surs lidée douvrir lhôpital Saint-Bernard, qui fonctionna jusquen 1912.

    Les locaux scolaires devenant insuffisants, les Surs achètent le terrain voisin du leur et y élèvent de nouveaux bâtiments, qui sont inaugurés en juillet 1898. Orphelinat, école japonaise, école européenne toutes les uvres se développaient normalement lorsquéclata en Chine linsurrection des Boxeurs. Pendant un an (juillet 1900-juillet 1901) la maison est transformée en hôpital militaire français et hospitalise 1240 personnes.

    Après le départ des derniers malades, les uvres prenaient un nouvel essor ; mais la guerre russo-japonaise (1904-05) vint porter coup fatal à lécole européenne et au pensionnat ; puis furent promulgués les décrets de monopole de lenseignement primaire. Lécole japonaise cependant continue son modeste travail pour les jeunes filles qui veulent poursuivre des études commencées ailleurs. On y a adjoint une école de couture et broderie. Une garderie est ouverte aussi aux petits enfants. Le nombre total des élèves est denviron 250.

    Etablissement dOkayama (1886). Cet établissement fut fondé en 1886 : les Surs furent appelées pas Mme Chisaka, épouse du préfet, qui venait de recevoir le baptême et voulut doter la chrétienté dune école catholique, tout en assurant à sa fille les leçons des religieuses. Létablissement ne fut dabord quune école professionnelle et les élèves furent surtout des dames et des demoiselles qui venaient apprendre le français ou les travaux féminins. En 1904, il fut transformé en lycée de filles et obtint lapprobation ministérielle. Les cours y sont de 4 années. Létablissement compte aujourdhui 320 élèves et en aurait davantage, nétait linsuffisance des bâtiments scolaires. Depuis 1920 le Conseil Général du département lui alloue chaque année quelques centaines de yen à titre de secours. Cest dire que luvre des Surs est tenue en haute estime par la population.

    Là aussi lenseignement de la religion ne peut être donné pendant les heures de classe ; il est donc nécessairement facultatif, mais nombre délèves païennes assistent volontairement au cours de catéchisme fait par le missionnaire.

    (N.-B. Le poste dOkayama fait maintenant partie de la nouvelle Mission de Hiroshima, confiée aux RR. PP. Jésuites).

    Ecole Sainte-Thérèse à Kyôto (1886). Fondé la même année que celui dOkayama, cet établissement ne fut dabord quun orphelinat. En 1901 les Surs y adjoignirent une école professionnelle qui comprend 5 années détudes. Le corps professoral se compose de 2 religieuses françaises, 1 japonaise et 4 maîtresses japonaises catholiques. Les élèves sont au nombre de 233.

    Etablissement de Kumamoto (1889). Au mois de mars 1889, le P. Corre, alors chargé de la province de Higo, obtenait deux religieuses françaises et une novice japonaise pour fonder une maison à Kumamoto. Au milieu dune population très anti-européenne, les débuts furent des plus pénibles. Il se passait peu de jours où les pauvres religieuses, dans leurs allées et venues, neussent à enregistrer des insultes grossières, voire même des coups. Lannée suivante cependant les Surs purent acquérir un terrain de 800 tsubo (2.500 m2) et y bâtit une maison, dans laquelle elles donnèrent des leçons particulières de couture et autres travaux manuels. En 1900, lécole fut approuvée la préfecture comme Ecole professionnelle. Après plusieurs changements, elle est devenue Ecole supérieure (kôtô-jogakkô, caractères chinois) autorisée par le gouvernement. Elle compte 242 élèves, dont 112 pensionnaires, avec 13 professeurs.

    Etablissement dUrakami (1890) En septembre 1890 les Surs de Chauffailles ouvraient à Urakami, près de Nagasaki, une école pour les jeunes filles de cette importante chrétienté. Dès le premier jour, 60 élèves se présentèrent ; trois mois plus tard elles étaient 150 ; en 1905, 263. Alors survinrent les lois qui réservaient, pour ainsi dire, à lEtat le monopole de lenseignement primaire : il fallut abandonner une uvre si prospère et qui donnait tant despérances pour lavenir. On y substitua une salle dasile (yôchi-en, caractères chinois) pour les petits et un ouvroir pour les jeunes filles qui ont terminé les cours de lécole primaire, à quoi fut ajoutée, en 1919, une Ecole du dimanche. Lécole maternelle réunit actuellement 300 enfants ; louvroir, 60 élèves ; lécole du dimanche, 250 jeunes filles.

    SURS DE SAINT-PAUL DE CHARTRES

    Les surs de Saint-Paul de Chartres, établies à Hongkong en 1848, en Cochinchine en 1861, ne devaient pas tarder à apporter leur concours à lévangélisation du Japon. A la demande qui lui en fut faite par Mgr Osouf, la célèbre Mère Benjamin, Supérieure principale de la Congrégation en Extrême-Orient, répondit avec empressement et, en 1878, trois de ses religieuses arrivaient à Hakodate, port ouvert aux étrangers dans lîle de Yeso.

    Maison de Hakodate (1878). Les débuts furent naturellement très modestes : un petit orphelinat et un dispensaire, où les soins minutieux et la charité des Surs attirèrent en peu de temps de nombreux malades. Cet état de choses dura jusquen 1885. On construisit alors une grande école pouvant recevoir 500 élèves et donnant lenseignement primaire et lenseignement primaire supérieur : chaque division eut bientôt 200 élèves. On ne tarda pas à y ajouter des cours supplémentaires de musique, de couture européenne.

    En 1898 lEcole recevait lapprobation gouvernementale. Le dispensaire avait continué à étendre son action de jour en jour. Les uvres prospéraient et le bien se faisait, discrètement mais sûrement, lorsque le 26 août 1907, un incendie, qui dévora la moitié de la ville, vint anéantir et raser jusquau sol les établissements des Surs de Saint-Paul. Sans perdre courage les zélées religieuses se remirent au travail : une vieille maison japonaise achetée doccasion leur servit dhabitation ; le dispensaire fut installé dans un abri de fortune ; quant à lécole, ce nest quau bout de trois ans quelle put être reconstruite et sur des plans plus modestes que celle quelle remplaçait. Elle devint alors une école ménagère et ne tarda pas à se remplir, sans atteindre toutefois les chiffres antérieurs.

    Les uvres avaient donc repris leur cours normal lorsque, pour la seconde fois, le 14 avril 1921, un incendie vint réduire en cendres maison des Surs, école, dispensaire, dépendances. Rien ne put être sauvé.

    Cette fois la résurrection de létablissement devenait un problème angoissant. Etait-il sage de sobstiner à entretenir des uvres sans cesse exposées à être anéanties ? Tandis que la Mère Provinciale hésitait à prendre une décision, un télégramme de Chartres enjoignait dentreprendre les travaux de reconstruction, et peu après la S. C. de la Propagande communiquait à Mgr Berlioz une note exprimant le désir du Saint-Père que luvre des Surs de Saint-Paul fût continuée. On se mit aussitôt au travail et cette fois, pour nêtre plus exposé au danger dincendie, on nemploya que les briques et le ciment armé. Lécole fut achevée en octobre, le dispensaire en novembre. Quant à la maison dhabitation des Surs, elle ne fut reconstruite quen 1922. Aujourdhui les uvres fonctionnent comme par le passé : lécole compte près de 203 élèves, dont une trentaine de pensionnaires ; le dispensaire a retrouvé ses malades, et les bonnes religieuses, jamais découragées, continuent à se dévouer au bien des enfants et au soulagement des malheureux.

    Maison de Tôkyô (1881). A peine les Surs de Saint-Paul étaient-elles depuis trois ans à Hakodate que Mgr Osouf obtenait la création dun établissement à Tôkyô. Mère Benjamin vint elle-même de Saigon installer trois de ses filles à ce nouveau poste de combat. Une maison avait été préparée pour les recevoir, et, aussitôt arrivées, elles organisèrent, selon les traditions de leur Institut, un orphelinat et un dispensaire. Après les difficultés inévitables du début létablissement se développa promptement et dut pourvoir à des agrandissements successifs motivés par la création duvres nouvelles : cours de français, danglais, de musique, de peinture, de broderie. Un pensionnat vient sajouter à lorphelinat et obtient lapprobation du gouvernement.

    Comme à toutes les uvres de Dieu cependant les épreuves nont pas manqué à celle-ci : épidémies de choléra, de rougeole, dinfluenza ; typhons et tremblements de terre entraînant de coûteuses réparations ; enfin, dans la nuit du 19 au 20 février 1913, un incendie qui ne laisse que des ruines.

    On ne cesse pas pour cela le travail : les classes se continuent dans un local de larchevêché mis à la disposition des Surs par Mgr Rey ; le dispensaire et lasile sont installés dans des baraquements de fortune. Pendant ce temps on procède à la reconstruction sur le même terrain, mais daprès de nouveaux plans. Il fallut trois ans pour réparer le désastre.

    Aujourdhui toutes les uvres ont repris leur essor. Lécole maternelle compte 94 élèves ; lécole primaire, 300 ; lécole secondaire, 420 ; le cours spéciaux, 228. Encore ces chiffres ne représentent-ils que le quart des demandes dadmission, dont le trop grand nombre oblige chaque année à faire subir des examens dentrée pour procéder aux éliminations nécessaires. Une vingtaine de religieuses et autant de maîtresses ou maîtres japonais forment le personnel enseignant. Le dispensaire donne environ 1500 consultations par an, 700 visites à domicile et administre une moyenne de 300 baptêmes, dont les trois-quarts dadultes.

    Maison de Sendai (1891). Le 23 mars 1891, sept religieuses de S.-Paul sinstallaient à Sendai, dans une maison bâtie à leur intention. Dès leur arrivée elles ouvrirent un dispensaire et, lannée suivante, école, qui, reconnue officiellement en 1901, compte actuellement 240 élèves, nombre que le manque de locaux ne permet pas de dépasser. Les Surs chargées du dispensaire administrent chaque année 120 à 150 baptêmes.

    Maison de Morioka (1892). Un an après la fondation de celle de Sendai une nouvelle maison était ouverte à Morioka, également dans la Mission de Hakodate. Lécole, dirigée par 3 religieuses françaises et 10 professeurs japonais, a 250 élèves. Le programme des études est celui des écoles secondaires officielles.

    Maison de Yatsushiro (1910). Enfin, en 1910, Mgr Cousin obtenait quune petite colonie de Surs de S.-Paul vînt sétablir dans la Mission de Nagasaki et il les installa à Yatsushiro, dans la province de Higô. Luvre a prospéré. Elle se compose actuellement dune école supérieure avec pensionnat (320 élèves), dun ouvroir (26 élèves), dun orphelinat (30 enfants) et dun hôpital, qui, chaque année, procure le salut dun grand nombre dâmes.

    DAMES DU SACRÉ-CUR

    Etablissement de Tôkyô (1908). La Bse Mère Barat désirait vivement voir sa Société établie dans les contrées les plus lointaines et, plus dune fois, le nom du Japon se retrouve sous sa plume ; aussi fut-ce avec enthousiasme que la Rde Mère Digby, répondant à un désir du saint Pape Pie X, envoya en décembre 1907 une colonie, partie dAustralie, sous la conduite de la Rde Mère Salmon, sur du sympathique Vicaire général de Nagasaki. Le 1er janvier 1908, les fondatrices arrivaient à Tôkyô et sinstallaient dans une maison modeste où, dès le mois suivant, leur nombre était porté à 13, grâce au renfort de personnel envoyé dEurope par la Supérieure générale. Aussitôt on réunit quelques jeunes filles à qui lon enseignait langlais, le français et lallemand. Après bien des recherches on put acquérir dans le quartier de Sankô-chô une propriété en friche sur laquelle se trouvait une maison japonaise, qui abrita la Communauté et le petit noyau denfants composant alors le Pensionnat. On commença alors la construction dun vaste bâtiment pour lécole. A lautomne de 1909, 21 élèves suivaient les classes de langues. A la rentrée davril 1910, on ouvrit avec 8 élèves les cours de lécole primaire. Lannée suivante elles étaient une soixantaine. En 1914, lors de sa visite à Tôkyô, la Rde Mère Stuart, Supérieure générale, décida la création dune école normale, projet qui ne put être réalisé quen avril 1916.

    Actuellement 39 religieuses de chur et surs coadjutrices, aidées de professeurs japonais, composent le personnel enseignant. Le nombre total des élèves est de 642, dont 52 à la classe enfantine, 221 à lécole primaire, 193 à lécole primaire supérieure, 30 à lécole normale et 146 aux cours de langues.

    Les Dames du Sacré-Cur essayèrent, vers 1912, de fonder un pensionnat à Kôbe ; mais lentreprise ne réussit pas au gré de leurs désirs et fut abandonnée. Aujourdhui le temps a marché, les esprits ont évolué, et les dévouées religieuses vont renouveler leur tentative par la fondation dun grand établissement entre les villes populeuses de Kôbe et dOsaka. Puisse, cette fois, le succès couronner leurs généreux efforts !

    SURS DE LA CHARITÉ ET DE LINSTRUCTION CHRÉTIENNE
    DE NEVERS.

    Etablissement dOsaka (1921). En 1861 Mgr Forcade, ancien Vicaire-Apostolique du Japon, était promu à lévêché de Nevers. Il avait gardé un grand attachement à sa Mission et inspira à la Congrégation des Surs de Nevers lamour du Japon. Plusieurs fois les Missions de ce pays firent appel au concours des religieuses : toujours des obstacles insurmontables empêchèrent dy répondre. Ce fut seulement au chapitre de 1914 quune fondation au Japon fut décidée en principe ; mais la grande guerre vint en retarder lexécution. Le 8 mai 1921, sept religieuses débarquaient à Kôbe et, quelques jours après, sinstallaient à Osaka dans un local mis à leur disposition par la Mission. Elles ont ouvert une école, lInstitution Notre-Dame, destinée aux jeunes filles qui ont terminé leur cours détudes secondaires. Leur clientèle se recrutera donc surtout dans les classes élevées, que le christianisme na guère approchées jusquici.

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    Le court aperçu qui précède suffit à prouver que les Missions du Japon nont pas négligé la question si importante de léducation. Il serait à souhaiter que lon pût faire plus encore : mais les difficultés sont grandes. Au Japon, on nétablit pas une école nimporte où et nimporte comment : pour réussir les écoles catholiques doivent tenir compte de certaines exigences.

    Dabord on ne peut ouvrir un établissement déducation que là où les écoles publiques sont insuffisantes pour la population scolaire, ce qui est le cas des grandes villes. Un établissement privé, fût-il de premier ordre, végétera toujours sil a en face de lui des écoles publiques suffisantes. La nécessité de sétablir dans une grande ville exige des ressources considérables. Après quelques années, lécole arrivera à couvrir ses frais, mais il faut pouvoir fonder et attendre.

    Enfin, pour prendre la direction dune école, il faut un personnel qui ait reçu une formation pédagogique sérieuse. Au Japon, la bonne volonté, nécessaire, sans doute, ne suffit pas : il faut être au courant des meilleures méthodes dinstruction et déducation, et encore devra-t-on, à laide de lexpérience acquise, les adapter au milieu japonais, si lon veut exercer sur la jeunesse une influence moralisatrice.

    Devant ces difficultés nos religieux et religieuses nont pas reculé : ce nous est, à nous missionnaires, une raison de plus de leur témoigner ici notre vive reconnaissance avec nos vux pour la prospérité toujours plus grande de leurs uvres !

    J.-B. DUTHU,
    Miss. dOsaka.

    1923/401-412
    401-412
    Duthu
    Japon
    1923
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