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Les écoles au Japon : Les écoles catholiques 3 (Suite)

Les écoles au Japon II. Les écoles catholiques De létude, qui précède il ressort clairement que pour nous, catholiques, la question des écoles est pleine de difficultés. Nous sommes dans un pays qui possède une parfaite organisation de lenseignement à tous les degrés et nous devons nous estimer heureux que le monopole de lEtat ne soit pas absolu et que pratiquement il y ait encore place pour les écoles libres ou privées.
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    Les écoles au Japon
    II. Les écoles catholiques


    De létude, qui précède il ressort clairement que pour nous, catholiques, la question des écoles est pleine de difficultés. Nous sommes dans un pays qui possède une parfaite organisation de lenseignement à tous les degrés et nous devons nous estimer heureux que le monopole de lEtat ne soit pas absolu et que pratiquement il y ait encore place pour les écoles libres ou privées.

    Dans son remarquable ouvrage, si bien documenté, La Religion de Jésus ressuscitée au Japon, M. lAbbé Marnas (aujourdhui évêque de Clermont) parlait ainsi de la question des écoles chrétiennes : Au Japon les catholiques ne peuvent prétendre pour le moment quavoir des établissements où la jeunesse reçoive une instruction qui ne soit pas inférieure à celle que donne le gouvernement et une éducation morale plus sérieuse.... Cest ce quun évêque bien connu du Mexique, Mgr Montès de Oca, de passage au Japon, disait judicieusement aux missionnaires : Pour vos écoles il est maintenant trop tôt ou trop tard ; trop tôt, parce que les catholiques ne sont pas encore en assez grand nombre pour les soutenir ; trop tard, car les païens ont aujourdhui les écoles du gouvernement, qui leur suffisent.

    Ces lignes, écrites en 1896, sont encore vraies aujourdhui.


    1. Voir Bulletin de janvier et février 1923.


    Au Japon la Société des Missions-Étrangères ne pouvait établir des écoles telles que le pays les exige. Nos Evêques ne pouvaient pas non plus se désintéresser de la question des écoles catholiques. Aussi ont-ils fait appel au dévouement de diverses Congrégations religieuses. Plusieurs dentre elles acceptèrent de consacrer à cette uvre un personnel formé à cet effet et de se charger de toutes les dépenses dinstallation et dentretien, toutes choses que ne pouvait faire notre Société.

    Nous allons passer rapidement en revue les uvres des divers Congrégations enseignantes au Japon.

    SOCIÉTÉ DE MARIE (MARIANISTES)

    La Société de Marie, celle-là même qui, jusquen 1903, posséda et dirigea on sait avec quel succès, le Collège Stanislas, à Paris, sétablit pour la première fois au Japon à la fin de lannée 1887, sur la demande du vénéré Mgr Osouf. Elle y compte actuellement 5 établissements, 2 lycées, 2 écoles de commerce et 1 école apostolique.

    Ecole de IEtoile du Matin (Gyôsei-gakkô, caractères chinois) à Tôkyô (1887). A la fin de 1887 les 5 premiers religieux arrivaient au Japon, sous la direction de M. lAbbé Heinrich 1. Installés provisoirement dans les dépendances de lévêché, à Tôkyô, ils commençaient, dès le premier mois de lannée suivante, à faire quelques cours. Les débuts furent modestes : 5 élèves européens. Au mois de juillet de cette même année, ils trouvaient à louer en pleine ville japonaise (Kôjimachi, Motozonochô), et non plus sur la concession européenne, une maison qui leur parut suffisante, au moins temporairement, pour y ouvrir une école, à laquelle ils donnèrent le nom symbolique dEcole de lEtoile du Matin, nom qui devait plaire à lesprit poétique des Japonais et attirer sur la nouvelle institution les bénédictions de Celle qui en était constituée la Patronne. La nouvelle école compta, dès la rentrée doctobre, 32 dont 10 Japonais. Elle comprenait les deux sections, primaire et secondaire, et suivait les programmes officiels des écoles françaises. Dans la soirée avaient lieu des cours de langues française et anglaise, à lusage surtout des employés, fonctionnaires, commerçants, etc.

    En 1889, six nouveaux professeurs arrivent. Lannée suivante, lÉcole se transporte sur le plateau de Kudan, Iida-machi, là où elle est encore aujourdhui et où elle na cessé de se développer. Elle comptait alors 50 élèves, et telle était déjà la réputation que sétaient acquise les professeurs dans lenseignement des langues que deux dentre eux furent alors demandés par lUniversité Impériale de Tôkyô, lun 2 pour y enseigner le français, lautre 3 pour y occuper la chaire nouvellement fondée de littérature française.


    1. Aujourdhui Vice-provincial de la Société au Japon.
    2. M. Beuf, aujourdhui Directeur de lEcole primaire.
    3. M. lAbbé Heck, aujourdhui Directeur du Lycée.


    En 1893 lEcole comptait 100 élèves. De France et dAmérique de nouveaux renforts étaient venus sadjoindre au corps professoral. LEcole fut transformée en lycée et, en octobre 1899, elle était reconnue officiellement (ninka, caractères chinois) par le Ministère de lInstruction Publique. Les élèves européens furent peu après séparés des Japonais et formèrent une école commerciale qui, en 1901, fut transportée à Yokohama. Dès lors lorganisation et les programmes furent ceux des lycées japonais, avec cette seule différence que la langue étrangère enseignée principalement fut le français et non pas langlais. Les cours du soir se continuaient et réunissaient 200 élèves.

    A partir de cette époque, la réputation de lEcole est bien établie : les sympathies lui viennent de toutes parts et les personnages les plus en vue lui confient léducation de leurs enfants. Aussi le nombre des élèves ne cesse-t-il de croître : en 1906, 450 ; en 1907, 600 ; en 1909, 800. Il faut nécessairement sagrandir, cest-à-dire acheter un nouveau terrain et construire des bâtiments pour lEcole primaire, qui sera séparée du Lycée. Une souscription est lancée. Le Marquis Saionji, alors Président du Conseil, crée un comité qui, en moins de 3 ans, recueille 138.000 yen, soit plus de 300.000 francs. A la rentrée de 1913, lEcole primaire sinstalle dans ses nouveaux locaux, à 100 mètres du Lycée. Les deux sections comptent alors ensemble 850 élèves.

    Aujourdhui la situation est la suivante. LEcole primaire emploie 2 professeurs français, 16 professeurs japonais et réunit 550 élèves. Il y a 4 heures de classe de français par semaine. Au Lycée le corps professoral se compose de 14 Français, 2 Américains, 21 Japonais ; le nombre des élèves est de 660, qui tous ont 6 heures de classe de français par semaine.

    Au total donc, 55 professeurs et 1210 élèves.
    Les cours de français, de 5 à 8 heures du soir, comptent plusieurs centaines délèves.

    De plus, 4 Marianistes sont professeurs de langue ou de littérature française à lUniversité Impériale, au Lycée supérieur, à lEcole Militaire, à lEcole des Officiers, à lEcole des Nobles ; un est professeur danglais à lEcole Militaire.

    Les anciens élèves ont formé une Association amicale qui compte un millier de membres et publie un Bulletin inséré dans la Revue semestrielle de lEcole. Un bon nombre dentre eux occupent des situations importantes : fonctionnaires, professeurs, magistrats, officiers de terre et de mer, banquiers, industriels, etc. Plusieurs ont fait partie des diverses délégations envoyées en Europe ces années dernières.

    Ecole de IEtoile de la Mer (Kaisei-gakkô caractères chinois), à Nagasaki (1891). Au mois de décembre 1891, quatre Frères de Marie sinstallaient à Nagasaki, dans une modeste maison japonaise louée provisoirement et, dès le mois suivant, y ouvraient une petite école sous le nom de lEtoile de la Mer. Ce nest quà grandpeine quils obtinrent des autorités la permission de résider dans leur maison, située hors de la concession européenne. Comme partout les débuts furent laborieux. A la rentrée de 1893 on ne comptait encore que 23 élèves. Dès lannée suivante cependant les Frères firent lacquisition dun grand terrain, très avantageusement situé sur une colline qui domine toute la ville. LEcole sy transporta en 1895 ; puis un bâtiment spacieux fut élevé, permettant de recevoir des pensionnaires : linauguration eut lieu en septembre 1898 et peu après le chiffre des élèves dépassait la centaine. Dans lespoir den attirer un plus grand nombre, IEcole fut transformée en Ecole de Commerce ; mais, après une courte période de prospérité (plus de 400 élèves en 1907-08-09), létablissement commença à décliner parce que les élèves sortant de lEcole ne pouvaient entrer dans les écoles supérieures de Commerce, qui nadmettaient que des gradués des lycées. En 1911 on se décida à remplacer lEcole de Commerce par un Lycée, pour lequel lautorisation ministérielle fut obtenue sans trop de peine. Les premiers résultats de ce changement furent peu encourageants : la rentrée de 1912 namena que 108 élèves, et lon se demandait avec quelque inquiétude ce quallait devenir une uvre poursuivie au milieu de tant de difficultés. La Providence se chargea de répondre à cette angoissante question. Depuis lors chaque année le nombre délèves a été en augmentant : il est aujourdhui de 689, dont 50 pensionnaires. 8 Frères européens, 4 Frères japonais et 13 maîtres japonais forment le corps professoral.

    LEcole délivre un diplôme aux élèves qui ont passé dans la maison les 5 années fixées pas les règlements ministériels et subi avec succès lexamen en de fin détudes.

    Autorisée par le gouvernement, lEcole jouit de tous les privilèges concédés aux lycées de lEtat.

    LEcole de lEtoile brillante (Meisei-gakkô, caractères chinois) à Osaka (1898). Cest au mois daoût 1898 que les Marianistes firent à Osaka leur troisième fondation, quils mirent dès labord sous la protection de la Sainte-Vierge en lui donnant le nom poétique dEcole de lEtoile brillante. Etablie dabord dans les bâtiments dun ancien hôpital, elle ne compta, à sa première rentrée, que 2 élèves. Les bons Frères eurent alors lidée que, dans un centre commercial aussi important quOsaka, une Ecole de Commerce aurait toutes chances de succès : cétait une inspiration de la Providence. Modifiant donc les programmes quils avaient préparés, ils annoncèrent, pour le 20 avril 1899, louverture dune Ecole de Commerce : 19 élèves se présentèrent ; peu après ils étaient 25. A la fin de cette année, sur 7 élèves que présenta lEcole à lexamen dentrée dans une école supérieure, 6 furent admis. Ce fut le premier succès de lEtoile brillante, et aussitôt les élèves commencèrent à affluer. Le préfet, le maire, le Ministre de lInstruction Publique lui-même, visitèrent lEcole, et les journaux dOsaka reproduisirent les éloges décernés par ces hauts personnages. De 50 en 1901, le nombre des élèves augmenta rapidement et lancien hôpital devint absolument insuffisant. Heureusement on put à ce moment louer les bâtiments dune grande école primaire et lon sy transporta. En 1903, les élèves étaient au nombre de 332. En février de cette année, les Frères réussirent enfin à acheter un vaste terrain dans le quartier de Tamatsukuri. De magnifiques constructions furent bientôt sur pied et, le 20 mars 1904, lEcole de lEtoile brillante sy installait avec ses 387 élèves. Aujourdhui elle en compte 850, dont un bon nombre de fils de gros marchands de la ville. Il y a deux ans, 1.200 se présentèrent à lexamen dentrée, alors que les Frères ne purent, faute de place, en recevoir que 190.

    LEcole de lEtoile brillante est dirigée par 10 Frères de Marie, dont un prêtre aumônier, 4 Frères français, 1 Espagnol, 1 Américain, 3 Frères japonais et 19 professeurs japonais, dont 3 catholiques. Tous les élèves sont Japonais et lEcole, reconnue par le gouvernement, jouit des mêmes privilèges que les écoles publiques similaires.

    Bien que vaste et imposant, létablissement de lEtoile brillante aurait besoin dagrandissement.. Il na pu jusquici recevoir que des élèves externes : il est bien à désirer quil trouve les moyens dinstaller aussi un pensionnat.

    Si lenseignement religieux est interdit pendant les heures de classe, aucune loi ni aucun règlement ne saurait lempêcher quand la classe est finie. Aussi depuis 1901 des cours de catéchisme, obligatoire pour les catholiques, facultatifs pour les autres, ont été établis. Sur 850 élèves, 130 jeunes gens païens suivent les cours de religion. Tous, assurément, ne recevront pas le baptême, au moins pendant le temps de leurs études ; mais lexpérience prouve que le bon grain, une fois semé, lève tôt ou tard : cest là la consolation et lespoir des maîtres de lEtoile brillante.

    Collège Saint-Joseph à Yokohama (1901). Lorsque lEcole de lEtoile du Matin à Tôkyô eut décidé dadopter les programmes japonais et de solliciter lautorisation gouvernementale, elle ne pouvait plus admettre délèves européens. Cest alors que fut fondé un collège à eux spécialement destiné, et à Yokohama, où la population étrangère est plus nombreuse quà Tôkyô. Appelé Collège Saint -Joseph, il fut installé provisoirement dans un ancien hôtel, sur le Bluff, et, dès le jour de louverture, 19 septembre 1901, il compta 70 élèves, dont 44 venaient de Tôkyô : un an après on atteignait la centaine. En mars 1904, le Collège se transportait dans un autre bâtiment, Maples hotel, plus grand, où il est encore aujourdhui, mais auquel il a peu à peu ajouté les terrains voisins, ce qui lui a permis daugmenter et les locaux scolaires et les cours de récréation pour football, baseball, etc. Les protestants sefforçant dattirer les enfants par lappât des sports, il fallait rivaliser avec eux. Cest dans le même but qua été réalisée au Collège, en 1919, linstitution des boys-scouts.

    En 1906 le Collège européen de Nagasaki, ayant été supprimé, envoie ses élèves à Saint-Joseph, qui reçoit par ailleurs dans lannée 30 jeunes Russes venus de Sibérie. Depuis lors le nombre des élèves na cessé de croître : il est aujourdhui de 230, appartenant à une vingtaine de nationalités. 80 dentre eux sont catholiques. Parmi les autres, un bon nombre suivent librement les catéchismes, et chaque année quelques-uns, avec lautorisation de leurs parents, reçoivent le baptême.

    Le cycle des études est partagé en deux sections : 6 années décole préparatoire et 4 années décole supérieure. Les programmes sont ceux des écoles de commerce américaines. La langue principale est langlais ; le français est langue secondaire, mais obligatoire ; le russe
    Et le japonais sont langues facultatives. Le Directeur prête son concours pour des classes de français organisées au Consulat de France.

    Le corps professoral est composé de 8 Français et 4 Américains.
    On exécute en ce moment dimportants travaux dagrandissement, comprenant la construction dun grand bâtiment pour les classes et laménagement dun gymnase et de vastes cours de récréation.

    Ecole Apostolique (Sei Maria Gaku-in caractères chinois) à Urakami (1909) Dès les débuts de leurs uvres denseignement au Japon les Marianistes comprirent de quelle importance il serait pour eux de recruter dans le pays et de former des professeurs catholiques, pour leurs maisons et aussi pour dautres écoles. Cest dans ce but que, en 1903, un noviciat fut adjoint, à Nagasaki, à lEcole de lEtoile de la mer, dont les novices et scolastiques suivirent les cours. Mais lobjet des deux institutions étant tout différent, cette réunion ne pouvait être que temporaire.

    Au mois davril 1909 eut lieu la fondation de lEcole Apostolique, à proximité de la grande chrétienté dUrakami. LEcole prend à sa charge des enfants de famille chrétienne, qui, sous le rapport de lintelligence et de la piété, offrent pour lavenir les garanties désirables ; elle leur donne une instruction solide en même temps quune sérieuse formation morale et les prépare ainsi à une carrière en rapport avec leurs aptitudes et leurs goûts : prêtres séculiers, religieux marianistes, catéchistes, maîtres décole, etc. LEcole compte actuellement 67 élèves, dont 7 novices de la Société de Marie.

    RR. PP. JÉSUITES

    Université Catholique (caractères chinois, Jôchi-Daigaku) à Tôkyô. Cest sur le désir du saint Pape Pie X que les RR. PP. Jésuites vinrent sétablir au Japon dans le but dy préparer la fondation dune Université catholique. Les 3 premiers religieux arrivèrent à Tôkyô au mois doctobre 1909 sous la conduite du R. P. Rockliff, auquel succéda, dès lannée suivante, le R. P. Hoffmann, aujourdhui encore Supérieur de létablissement. Après de longues recherches et de nombreuses difficultés, un terrain convenable put enfin être acheté en avril 1912. Dune contenance de 2 hectares, il est situé sur une hauteur, au centre de la ville, en face du nouveau palais impérial dAkasaka, et, circonstance digne de remarque, il appartint autrefois à une des branches de la famille des Shôgun Tokugawa, celle dOwari : ainsi, par une disposition de la Providence, la propriété des anciens persécuteurs va servir à la cause de léducation catholique sous la direction des Jésuites, autrefois persécutés, bannis, martyrisés !

    Lautorisation gouvernementale douvrir une école du degré dUniversité fut obtenue en mars 1913 et, dès le mois suivant, une clase fut ouverte dans un bâtiment provisoire. A lautomne de la même année fut commencée la construction dune grande école en briques, à 3 étages, pouvant recevoir 400 à 500 élèves ; les travaux furent achevés en un an. On construit actuellement, pour la résidence des Pères, une maison qui pourra loger 23 religieux et suffira, par conséquence pendant longtemps encore.

    Le but de lUniversité est de représenter lEglise catholique dans le domaine de lenseignement supérieur. Elle admet donc des élèves de toute religion ou même sans religion. Elle veut aussi offrir aux étudiants catholiques la facilité de faire des études supérieures sans avoir à redouter, au point de vue moral, les dangers auxquels ils seraient exposés ailleurs ; aussi, dans lenclos de lUniversité, une pension est réservée aux étudiants catholiques ou catéchumènes.

    Le cycle actuel des études comporte deux années de cours préparatoire, consacrées surtout aux langues étrangères : anglais et allemand, et trois années de cours principal : commerce, littérature ou philosophie. Dautres cours seront ouverts en temps opportun.

    Le corps professoral se compose actuellement de 8 Pères Jésuites, originaires de toutes les parties du monde, et de 15 laïques, presque tous Japonais.

    Le nombre des étudiants sest élevé peu à peu de 15 à 170. La pension assure le vivre et le couvert à 40 jeunes gens.

    Il est grandement à désirer que luvre si laborieusement commencée continue de prospérer et atteigne bientôt son plein développement.

    J.-B. DUTHU,
    (A suivre) Miss. dOsaka.

    1923/338-345
    338-345
    Duthu
    Japon
    1923
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