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Le Père Peinard

Le Père Peinard. Après les Parguel, après les Chicard, Je souhaiterais quon célèbre un homme Qui fut, bien quobscur, un modèle en somme : Nous lappellerons Je Père Peinard Il était, je crois, du pays dArvor ; Sol dur et curs forts, telle est lArmorique ; Ainsi quon le chante en un vieux cantique, Il tenait sa foi pour son seul trésor, Dun pas bien égal suivant son chemin, Il faisait sans bruit luvre quotidienne, Prenant tout à gré, déboires et peine, Sans jamais broncher jusques à la fin.
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    Le Père Peinard.

    Après les Parguel, après les Chicard,
    Je souhaiterais quon célèbre un homme
    Qui fut, bien quobscur, un modèle en somme :
    Nous lappellerons Je Père Peinard

    Il était, je crois, du pays dArvor ;
    Sol dur et curs forts, telle est lArmorique ;
    Ainsi quon le chante en un vieux cantique,
    Il tenait sa foi pour son seul trésor,

    Dun pas bien égal suivant son chemin,
    Il faisait sans bruit luvre quotidienne,
    Prenant tout à gré, déboires et peine,
    Sans jamais broncher jusques à la fin.

    Lorsquon le chargeait de nouveaux fardeaux,
    Il ne trouvait point la charge trop lourde ;
    Aux plaintes du corps, lâme, semblait sourde,
    Il partait, disant : Frère Ane a bon dos !

    A le voir ainsi peiner sans un mot,
    Daucuns auraient pu le croire insensible.
    On eût même dit, le prenant pour cible :
    Dun rhinocéros Peinard a la peau !

    En réalité, ce pauvre Peinard
    Souffrait tout autant, voire plus quun autre !
    Mais sa force était dans un cur dapôtre,
    Qui de bien souffrir avait connu lart.

    Son secret était dans la piété
    Quil garda toujours à Jésus Victime :
    Lautel et la croix, comme un bain intime,
    Retrempaient son cur en fidélité.

    Cest là quil puisait la force et lamour
    Pour suivre Jésus, gravir son Calvaire,
    Et pour imiter ses vertus sur terre,
    Faisant humblement le bien chaque jour.

    Ceux qui lont connu savent que lhumeur
    Nétait chez Peinard nullement austère :
    Cordial, serviable envers tout confrère,
    Il eût sacrifié tout pour leur bonheur.

    La Vierge, dailleurs, Reine des M. -E,
    De son doux sourire éclaira sa vie,
    Toujours il resta lenfant de Marie,
    Fidèle à tenir la devise : Aimez !

    Ce nest point ici le lieu de compter
    Les fruits de son zèle, avec les baptêmes...
    Faire un palmarès, dresser des barêmes
    Nappartient quà Dieu dans léternité.

    Quil ait défriché, semé, récolté,
    Ou quil ait laissé la récolte à dautres,
    Ce qui fait quil peut parmi les apôtres
    Tenir un bon rang, cest quil a peiné.

    Cest quil a peiné sur un sol bien dur ;
    Possédant son âme en sa patience,
    Il vécut de foi, souffrit en silence,
    Traçant pour le ciel un chemin très sûr.

    A suivre un Chicard on aurait du mal ;
    Le Père Peinard, héros plus modeste,
    Est plus près de nous ; nest-il pas, du reste,
    Véritablement pour nous lidéal ?

    Aussi bien je crois que chaque Mission
    Parmi ses anciens trouverait sans peine
    De Pères Peinard une longue chaîne,
    Et quà lavenir, ils seront légion !

    L.C.



    Que lon soit pauvre, souffrant, méprisé sur la terre, tout cela nest rien ; mais si lon aime Dieu, on est riche de Dieu même.
    R. P. Eymard.

    Souvent le temps nous est à charge ; nous ne savons quen faire et nous en sommes embarrassés. Un jour viendra où un quart dheure nous paraîtra plus estimable et plus désirable que toutes les fortunes de lunivers.
    Fénelon.


    1922/620-622
    620-622
    Anonyme
    France
    1922
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