Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels

Le paganisme et lEnfant au Kouangtong 4 (Suite et Fin) : VI Les Remèdes

Le paganisme et lEnfant au Kouangtong VI. Les Remèdes
Add this
    Le paganisme et lEnfant au Kouangtong


    VI. Les Remèdes

    Nous avons vu les abus. Quels remèdes y sont apportés ? Il y a dabord le remède officiel. Plus ou moins stimulé par la crainte de lopinion étrangère, excité par un sentiment à la fois dhonneur, de honte et dhumanité, le gouvernement local sest préoccupé de la question de lenfance. Des exhortations ont été faites, des édits ont été publiés. Mais autre chose est de faire des lois et des édits, autre chose de les exécuter. En Chine la volonté des parents est souveraine : ils sont maîtres chez eux, et les pacifiques policiers de Canton et des villes (il nen existe pas ailleurs,) se garderont bien daller perquisitionner dans un domicile privé. Bien osé le particulier qui irait faire un rapport à la police sur linfanticide perpétré par le voisin : la pratique est admise ; cest bien assez que lautorité soccupe de la voirie extérieure et fasse ramasser les petits cadavres, sil sen trouve encore par hasard sur un tas dordures. Un procès ne saurait être engagé quautant quil y a accusation préalable, et sur pareil sujet personne ne lapportera. Le ministère public nexiste pas en réalité. La déclaration de naissance ou de décès, pas davantage : cest la liberté complète.

    Lois et édits ne changeront pas, dailleurs, la moralité publique. Tout au plus seront-ils un palliatif extérieur. Ce sont les murs, les coutumes, les préjugés, quil faudrait changer dabord, et de cela le paganisme est incapable. Cela posé, disons un mot impartial de leffort païen en faveur de lenfant. La simple humanité ou philanthropie chinoise a, ces dernières années surtout, institué des crèches. Crèches et asiles sont malheureusement faits pour les employés quon y case, plus que pour les enfants à y recueillir. Ceux-là, et non ceux-ci, absorbent le plus clair des revenus affectés à luvre. Et puis, aux institutions païennes, là où elles ont pu sétablir, manque généralement le baume de la charité ; luvre est purement matérielle et dune froideur qui glace. Seul le christianisme, qui voit en tout homme un membre du Christ, sait traiter dune façon digne les plus petits de lhumanité.

    Jai connu un asile qui employait plus de salariés quil navait dorphelines. Le directeur nourrissait tout un troupeau de porcs et de poules ; les boîtes de lait destinées aux bébés étaient revendues ; létablissement était épicerie et porcherie plus quorphelinat. Certain jour quune inspection officielle devait avoir lieu, sept bébés seulement étaient présents à la crèche ; le personnel singénia et sut découvrir quelques paquets de vieilles hardes pour simuler dans les petits lits 25 bébés supplémentaires.

    Un personnage, païen dune ville de Delta, se plaignant de létat de délaissement où était la crèche locale, disait : Les enfants sont souvent apportés viables ; voulant avoir la paix et dormir tranquilles, les gardiens trempent du biscuit dans de leau-de-vie de riz, enivrent le bébé, le déposent sur un van et, tandis quils dorment eux-mêmes en paix, les rats mangent les oreilles ou le nez du petit assoupi.

    Autre abus fréquent : les nourrices invitées sarrangent pour allaiter plusieurs nourrissons à la fois ; leur enfant, sil vit encore, a évidemment la préférence et, dans tous les cas, les nourrissons de la crèche dépérissent dinanition, le lait ne suffisant pas. La cupidité entraîne à dautres actes de cruauté : tel celui-ci. Le neveu-moribond dun néophyte venait dêtre envoyé à un asile par la grandmère, demeurée païenne invétérée. Lenfant portait en signe distinctif un pendant doreille. Avisé du départ du neveu, loncle accourut pour le baptiser : il trouva lenfant encore vivant, mais lanneau arraché de force et loreille lacérée et ensanglantée.

    Le régime des crèches païennes nest pas uniforme : certaines reçoivent lenfant gratis, sans demander explication aucune ; dautres sont plus exigeantes. Celles-ci sengagent à remettre lenfant aux parents, sil revient à la vie ; celles-là le gardent et le vendent, si possible : la crèche est alors une affaire de rapport.

    Il existe parfois, à Tung-kun caractères chinois, par exemple, certaines entreprises particulièrement macabres. A lorée de la ville se trouve une vieille masure humide et obscure, où demeure un brave homme, véritable portier de la mort. Pour quelques sous, il accepte chez lui les enfants malades ou moribonds ; placés sur une étagère ou appendus dans un panier à la poutre du logis, ils attendent le trépas, car la consigne est de les laisser mourir. Le gardien naura donc à soccuper que les funérailles. Moyennant dix sous par tête notre paisible païen appelle un catéchiste de la mission, pour baptiser ses pensionnaires à lagonie.

    Quelles que soient les trop graves lacunes encore existantes, nous devons cependant insister sur les efforts accomplis depuis la Révolution de 1911 pour éclairer lopinion, déraciner les abus et améliorer le sort de lenfance. Ces efforts furent surtout manifestes à Canton. Le mouvement de progrès parti du centre se transmit, mais de plus en plus affaibli, à la surface de la province, plus sensible dans quelques villes presque nul dans les campagnes éloignées.

    A Canton le trop court passage du regretté Chan Kwing-wa caractères chinois, préfet de police (1912), fut lère des plus heureuses innovations. La voirie municipale fut purgée de la plupart des cadavres denfants qui la souillaient jadis ; des crèches et des maternités furent installées ; non sans damères récriminations, les vigiles superstitieuses et immorales du ta-ti-hi, au Shing-wong-miu, furent prohibées ; la pharmacie du dit sanctuaire fut brûlée en un gigantesque autodafé ; supprimés aussi les autels qui obstruaient les rues ; les asiles louches des bonzesses furent vidés des petites novices forcées ou servantes qui y étaient enfermées. La vaste pagode Wong-tai.shin-mui à Honam, où les païens allaient en foule demander des descendants, fut sécularisée et sa gigantesque idole traînée au fleuve. Dans limmeuble approprié furent hospitalisées les ex-novices des bonzesses et toutes les petites servantes brutalisées, que la police ramassait pleurant sur la rue. Une autre institution tout à lhonneur de Chan Kwing-wa est lorphelinat de Fong-tsun, à ½ heure de Canton. Luvre comprend aujourdhui 300 garçons de 6 à 16 ans, qui partagent leur temps entre létude et les travaux dentretien ou datelier. Le directeur est bouddhiste : lordre, la discipline, lesprit de travail et la reconnaissance règnent, nous dit-on, dans son établissement.

    Les troubles politiques amenèrent un arrêt dans les réformes. Lasile de jeunes filles de Honam vit son personnel de 600 pensionnaires tomber peu à peu à néant. La police se contenta de renvoyer les petites fugitives à leur patron ou à leurs parents, sur la simple garantie dun répondant pour empêcher les sévices à venir.

    Les améliorations reprirent ensuite leur cours, les successeurs à la police de Chan Kwing-wa, MM. Wong et Ngai shonorèrent et honorèrent en même temps la Mission catholique en lui confiant la vaste crèche de Tung-shan, qui reçoit près de deux mille bébés par an. Deux Surs canadiennes de lImmaculée-Conception ont la surintendance de luvre et pleine autorité sur le personnel. La préfecture de police exerce le haut contrôle et paie toutes les dépenses. Cette bienveillance à légard de lEglise catholique, fourrière de la charité, ne se dément pas : récemment encore et aux mêmes conditions, le gouvernement de Canton proposait à la Mission française tout un groupe duvres de bienfaisance.

    M. Chan Kwing-wa était protestant ; on peut donc affirmer sans témérité quil était, dans ses réformes, animé par lesprit chrétien. Ceci nous amène à dire un mot de laide apportée à lenfance par les missions protestantes. Celles-ci ne recueillent généralement que les enfants viables. Sauf les Baptistes, les protestants ne baptisent le plus souvent pas avant lâge de raison ; ils ont un bel orphelinat à la campagne, à Tung-shan, près de Canton, où ils dressent les enfants à la culture.

    *
    * *

    Nous nous étendrons un peu plus au long sur leffort accompli par le catholicisme pour le salut et le rachat de lenfance au Kouangtong. Plus délicate, la charité catholique va de préférence à ce quil y a de plus délaissé, recueille les moribonds et les baptise. Pour la province du Kouangtong entière, la Mission de Macao non comprise, 16.694 enfants ont été recueillis et baptisés au cours du dernier exercice annuel.

    A Canton même, la croisade menée surtout par les Surs canadiennes de lImmaculée-Conception et leurs aides chinoises est essentiellement active. Quotidiennement elles sillonnent la ville, singéniant le plus possible à parcourir des rues nouvelles, où leur voile sera un signe de ralliement et une invite discrète à porter les moribonds à leur crèche. Il leur est arrivé de baptiser à même la rue. Récemment encore elles arrachaient au bras dun père éploré le petit enfant quil allait noyer.

    Au fond ce nest assez souvent quavec douleur que le cur paternel ou maternel se sépare de lenfant, surtout sil a déjà quelques jours. Torturés à la fois par la voix de la nature et par la crainte superstitieuse les pauvres parents sont heureux de trouver la crèche catholique comme débouché. Ils sont rassurés parce quils savent que, si lenfant vit, il leur sera rendu à leur gré ; que tout au moins leur petite fille, si on peut la sauver, ne sera pas vendue comme esclave ; et les précieux fardeaux affluent, surtout des rues nouvellement parcourues par les chasseresses dâmes ; des dépôts sont parfois opérés secrètement la nuit à la porte de létablissement, daucuns plus audacieux font passer le bébé dans une corbeille par dessus le mur.

    Et les apports augmentent de plus en plus. Peu à peu disparaît le préjugé que les étrangers arrachent le cur et les yeux des enfants morts pour en faire des remèdes. Car ce préjugé existe encore, même à Canton. Des parents reviennent à la crèche revoir leur enfant vivant ou déjà mort, et constater quon ne lui a fait subir aucune mutilation. Un cas typique est celui dune femme apportant le cadavre de son enfant : Mais il est déjà mort, observe la religieuse, nous ne recevons pas dans cette condition ; payez tout au moins le cercueil. Et la mère, cruelle cette fois, de répondre : Et naurez-vous donc pas, pour vous payer, le cur et les yeux de lenfant ?

    Jusquaux Petites-Surs des Pauvres, daprès leur règle exclusivement occupées des vieillards, et qui font, elles aussi, la cueillette des âmes des enfants. Elles eurent dabord accès à lasile de Sai-kwan, quelles passèrent à leurs compagnes du Couvent canadien ; actuellement elles sont reçues comme des anges de bénédiction à lasile-dispensaire de la rue Kat-cheung-kai, où elles baptisent 3 à 400 moribonds par an. La direction des deux asiles, quoique païenne, est dune exquise courtoisie à légard des religieuses. Le portier de service leur annonce aimablement que tel bébé est parti pour le ciel, cest sa propre expression. Il arrive même que de pauvres mères, apportant à la visite du dispensaire leur enfant dans un état désespéré, prient la Sur de londoyer, afin que lui aussi ait le bonheur éternel.

    Nous ne voyons pas, dans la province, dexemple où la baptiseuse soit officiellement écartée ; au contraire. Au grand marché de Shek-ki caractères chinois, dans le Heung-shan, par exemple, les gardiennes de la crèche vont chercher elles-mêmes la religieuse catholique et la prier de venir administrer le baptême à larticle de la mort. Au Lo-fau caractères chinois, dans le Peng-shing caractères chinois, à Lung-ngan caractères chinois, dans le Sheun-tak caractères chinois, à Ho-po caractères chinois, à Kit-yeung caractères chinois etc., cest avec empressement quon apporte les petites filles aux crèches de la mission. A Shek-lung caractères chinois, non loin de la Mission du lieu et à cheval sur la grande route, il est un pavillon où lon dépose volontiers les enfants, parce quon sait que les religieuses les recueilleront, leur donneront les premiers soins et feront le possible pour les envoyer à la crèche centrale catholique de Canton.

    Cest, en effet, une véritable battue organisée sur une grand surface de la province pour la relève des enfants abandonnés. Il ne manque pas de pieuses femmes de la campagne accomplissant plusieurs fois par an le voyage à Canton, pour y apporter, daucunes à leurs frais, quelque précieux trésor ramassé sur le bord du chemin.

    Des païennes sont dressées à déceler la présence des enfants délaissés. Elles opèrent surtout dans la ville, les faubourgs et la banlieue de Canton. Leur dévouement, il est vrai, est tout intéressé ; les parents du petit abandonné font eux-mêmes lavance de quelques sous, parfois même de quelques francs, et vont jusquà payer le voyage ; la direction de lorphelinat assure de son côté 20 cents par enfant apporté, et la pourvoyeuse a gagné une bonne journée. Certaines dentre elles apportent jusquà trois et quatre enfants par semaine.

    Les Surs du couvent de Canton dirigent actuellement deux crèches, celle de Mai-ma-kai caractères chinois, et celle de Tung-shan caractères chinois ; elles ont leurs entrées libres à la crèche païenne de Sai-kwan. Au cours de lannée 1919, elles ont à elles seules recueilli 4.748 enfants ; en outre 1.902 autres ont été seulement baptisés par elles.

    A la crèche de Mai-ma.kai est annexé un orphelinat pour les petites rescapées et pour celles, plus âgées, que les parents eux-mêmes ont offertes ou quon a pu se procurer à deniers comptant. Ces enfants étudient, apprennent les travaux de jardinage, de ménage, de dentelle ; elles sont actuellement au nombre de 66, dont une quinzaine à peine provenant de la crèche. Quand elles sont en âge, la plupart sont mariées à des chrétiens de la campagne et de condition modestes, leur origine ne leur permettant pas de viser haut. Le Chinois qui se marie tient à se créer des relations de parenté, que ne facilite pas lorigine, trop souvent inconnue, des orphelines.

    Les uvres similaires de Sainte-Enfance des Surs Canossiennes de Hongkong et Macao, des Surs de S.-Paul de Chartres à Hongkong encore et aussi à Pakhoi caractères chinois et Hoihau caractères chinois ; des Surs Franciscaines à Shiuhing caractères chinois ; les uvres catholiques indigènes de Chiuchau caractères chinois, Luchau caractères chinois, Lofau caractères chinois, Waichauten caractères chinois, etc, rivalisent avec celles de Canton.

    Durant le dernier exercice les Surs Canossiennes ont recueilli 3.900 enfants ; elles en ont baptisé 435 dans les hôpitaux : au total : 3.935 petites filles et 400 garçons ; lorphelinat comprend 460 petites filles, de 1 ou 2 ans à lâge nubile. Un peu plus de la moitié seulement proviennent des crèches, soit une quinzaine par an en moyenne.

    Les Surs de S.-Paul de Chartres à Hongkong, durant le même exercice, ont recueilli 1.828 enfants, dont 1. 024 petites filles et 704 petits garçons. Le nombre actuel des orphelines, la plupart rescapées, est de 556.

    La Sainte-Enfance de Chau-chiu caractères chinois compte 88 orphelines et, en 1918-1919, elle a recueilli ou baptisé 855 enfants. Létablissement, parfaitement tenu, est aux mains dup personnel purement indigène. Le service de la crèche est assuré par les grandes enfants, sous le contrôle de la supérieure ; la vie de communauté y approche le plus possible de la vie de famille, donc de la réalité.

    Le lecteur aura remarqué que la plupart des uvres de Sainte-Enfance ont leur siège dans les villes. Linstallation dans les campagnes, surtout si elle est aux mains indigènes, aurait des avantages. Léconomie, la simplicité, lesprit de travail et dinitiative y règnent plus aisément. Lidéal serait donc que les enfants, avant tout destinées à la campagne et à la vie de famille, pussent être élevées au village, dans un milieu familial et, de la sorte, être plus aisément entraînées à leur vie future. Mais il y a lieu de noter : 1º que ce sont les villes qui fournissent en fait le plus grand nombre denfants ; 2º que si lélément dirigeant est européen, la ville lui procurera plus commodément des ressources de travail et de charité ; 3º quil y a très rarement à espérer une rémunération quelconque du Chinois, même riche, qui a confié son enfant à la crèche.

    Autre remarque : le pourcentage des rescapés est excessivement faible dans les orphelinats, crèches catholiques des villes. A peine de deux à dix unités par mille. Pourquoi un taux si énorme de mortalité ? Il y a diverses causes. La plupart des enfants sont apportés très malades. Une foule, ceux des villes surtout, sont infectés de syphilis, de tétanos ; ceux qui viennent des campagnes ont manqué des soin primordiaux, ont été en naissant laissés sur la terre nue, ont souffert de la faim, de la soif, des intempéries et de la longueur du chemin. Un grand nombre denfants ont été intoxiqués par labus des médicaments chinois ou par une alimentation solide prématurée. Le sein maternel a manqué et manque encore à ces enfants au temps même où seul il eût pu ou pourrait les sauver. Ajouterons-nous la difficulté quil y a à trouver des nourrices, et surtout des nourrices honnêtes, la rareté excessive et le prix inabordable du lait frais en Chine, la nocuité pour les nourrissons du lait de conserve ou lait concentré ? Le jour où lon aura des nourrices honnêtes, où lon pourra directement aider la mère à garder et à nourrir son enfant, où les crèches indigènes auront été multipliées sur place dans les campagnes, un grand progrès aura été réalisé. Leffort actuel ne peut dépasser les moyens en mains.

    *
    * *

    Quelles que soient les améliorations désirables, le succès de nos établissements catholiques au Kouangtong est considérable et représente le maximum actuel. Mais ce qui reste à accomplir est encore immense. Canton, à notre avis, demeure par excellence le terrain à exploiter par la Sainte-Enfance : dans cette vaste métropole du Sud devrait être le plus considérable asile de lunivers.

    Tel est le meilleur vu que nous puissions formuler au terme de ce long travail. Dans toute leur vérité, dans toute leur horreur, nous avons exposé les misères qui accablent la portion la plus faible, la plus intéressante, la plus innocente de lhumanité. Ces malheureux déshérités portent, en définitive, le poids du péché et de la misère dautrui. Ils sont le fruit dune société dépravée de murs, aveuglée de superstitions, accablée souvent de pauvreté.

    Seule la religion catholique, en éclairant lhomme sur la noblesse de sa nature et de sa destinée, en montrant dans le père et la mère limage de lautorité, de la fécondité, de la majesté divines, en découvrant sur le visage de lenfant le plus chétif un reflet de la pureté de Dieu même, seule cette religion peut éveiller la conscience, pénétrer le cur et lamollir, donner aux parents, aux maîtres, aux gouvernants une idée nette de leurs responsabilités et de leurs devoirs ; seule elle peut vraiment fonder, conserver, propager la famille, créer et multiplier le dévouement par léclosion de la charité vraie et des vocations religieuses ; en un mot, elle peut véritablement réformer ou, plus exactement, christianiser les murs.

    En attendant ce jour béni, que hâteront le travail et la prédication du missionnaire, nest-il pas bon de courir au plus pressé et de sauver sinon le corps, tout au moins les âmes de ceux dont Notre-Seigneur a dit : Sinite parvulos venire ad me, talium est enim regnum clorum ? A une condition cependant, cest que nous les lui amenions, cest que nous les lui rachetions, cest que nous enlevions les obstacles qui les écartent du baptême. Les ayant reçus en son nom, nous serons censés lavoir reçu Lui-même ; cest à Lui même quaura été donnée la goutte deau accordée par nous aux plus petits de ses frères, et même cette goutte, cette goutte-là surtout, nous sera comptée et récompensée au centuple.

    A. FABRE,
    Miss. de Canton.

    1923/211-219
    211-219
    Fabre
    Chine
    1923
    Aucune image