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Le nouveau Vicariat apostolique de Hiroshima (Japon) 5 (Suite)

Le nouveau Vicariat apostolique de Hiroshima (Japon) (Suite) PRÉFECTURE DE HIROSHIMA La Préfecture civile de Hiroshima (Hiroshima-ken caractères chinois), formée de la réunion des deux anciennes provinces dAki et de Bingo, a pris le nom de la grande ville qui en est je chef-lieu. Sa superficie est denviron 8.000 kil. Carrés. Au dernier recensement (1er octobre 1920), le chiffre de la population était de 1.541.876 habitants.
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    Le nouveau Vicariat apostolique
    de Hiroshima (Japon)
    (Suite)

    PRÉFECTURE DE HIROSHIMA

    La Préfecture civile de Hiroshima (Hiroshima-ken caractères chinois), formée de la réunion des deux anciennes provinces dAki et de Bingo, a pris le nom de la grande ville qui en est je chef-lieu. Sa superficie est denviron 8.000 kil. Carrés. Au dernier recensement (1er octobre 1920), le chiffre de la population était de 1.541.876 habitants.

    Le naturel des gens ne manque pas dune certaine honnêteté, mais ils ont lesprit particulièrement étroit. Timides, ils se tiennent sur la réserve, ils naiment pas à se risquer, laissant à dautres le soin daller de lavant. Indifférents aux critiques comme aux railleries, que leurs compatriotes ne leur ménagent dailleurs pas, ils vivent renfermés en eux-mêmes. Ils ont la réputation de gens sur lesquels il serait imprudent de compter.

    Ce quil y a de remarquable, par exemple, notait le P. Aurientis, premier missionnaire catholique dans le district de Hiroshima, cest lattachement général au bouddhisme. Riches et pauvres, sont dévoués corps et âme aux bonzes.

    Les statistiques officielles de la préfecture de Hiroshima marquent 735 temples avec 693 bonzes, appartenant à la secte Shinshû. Les autres sectes ne comptent que 674 temples et 541 bonzes.

    Les temples du Shinshû sont nombreux, grands, bien entretenus et très fréquentés. Tous les matins une grande partie de la population va y faire ses dévotions.

    La secte de Shinshû est divisée en deux branches appelées communément Hongwanji de lEst et Hongwanji de lOuest. Cette dernière est ici la plus importante. La province dAki est surnommée la cuisine du Hongwanji de lOuest, tant elle est connue pour sa générosité aveugle envers les bonzes qui ont sa confiance,

    Quelque grand bonze vient-il en tournée, envoyé par la maison-mère de Kyôto ? Les paysans ne craignent pas de faire 4 ou 5 lieues à pied pour venir assister à sa prédication. On cite comme une des particularités de la province quelle est lunique au Japon où lon trouve nombre de villages faisant supporter aux finances municipales les frais des visites de ces prédicateurs bouddhistes. Dans le reste de lEmpire, si fervent bouddhiste soit-on, les enfants des bonzes omettent sur leur curriculum vit la mention du métier de leurs parents : ici se dire fils de bonze est une recommandation.

    Par ce qui précède on devine combien les campagnes doivent être peu abordables à la prédication chrétienne. La population de la ville de Hiroshima est aussi fanatique dans sa foi bouddhique. Les PP. Jésuites qui, au XVIIe siècle, étaient parvenus à établir une petite chrétienté à Hiroshima, grâce à la protection du daimyô du temps Fukushima Masanori (1561-1624), se plaignaient que les marchands indigènes étaient pervers et rebelles à se convertir ; cétait une vraie synagogue de lenfer.

    Le P. Aurientis écrivait eu 1882 : Le Nishi-Hongwanji possède à Hiroshima un séminaire pour former des bonzes. Cette secte compte des sociétés de femmes auxquelles on prêche les bienfaits du bouddhisme et la haine du christianisme. Elle organise des comités dhommes qui font des visites à domicile et font signer une, promesse de ne jamais devenir chrétien. Cette sorte de ligue est un grand obstacle à la conversion de ceux qui désireraient sinstruire. Dans certains quartiers, encore aujourdhui, existent des associations dont le but est dempêcher les chrétiens de sy établir.

    La population indigène de Hiroshima reste toujours hostile au christianisme ; mais, avec le développement de la ville, nombre de Japonais dautres provinces sont venus sy établir, et ceux-là ne se laissent pas enrégimenter par les bonzes. Grâce à ces immigrés, il se fait quelques chrétiens, et ces chrétiens réussissent à se créer un train de vie supportable, car avec le temps, le progrès dans les idées vient peu à peu à bout du fanatisme bouddhique.

    La secte Shinshû passe de temps en temps par des crises doctrinales, mais chaque fois les gens dAki ont fait échouer les plans des novateurs, ce qui les a fait passer pour puritains.

    Cet esprit de puritanisme se manifeste sous une forme curieuse. On a appelé la province dAki la contrée vide de dieux (shintoïstes). Dans les régions voisines et un peu partout, on rencontre au bord des routes, particulièrement aux bifurcations des chemins et des moindres sentiers, des stèles de pierre représentant diverses divinités, telles que Jizô (caractères chinois), Kôbô-Daishi (caractères chinois), Chijin (caractères chinois), etc. Dans la province dAki, nulle part on ne voit trace de ces dieux ; même les temples purement shintoïstes sont assez clairsemés. Pourtant il y a toujours eu et il y a plus que jamais Itsukuskima (caractères chinois ), vulgairement appelé Miyajima (caractères chinois).

    Miyajima est un endroit célèbre, compté parmi les trois principaux paysages du Japon ; cest une petite île de la Mer Intérieure, à une heure de Hiroshima. On y observe toujours certaines coutumes héritées des temps anciens. Les naissances et les morts étant tenues dans le shintoïsme pour chose impure, défense à quiconque de naître et de mourir dans lîle sacrée : les mères vont attendre le moment de leur délivrance sur le continent en face ; les malades passent de même le petit détroit. Si, contre toute règle, un enfant vient à naître par surprise dans lîle, la mère et lenfant sont aussitôt transportés sur le continent pour une durée de 30 jours. Il en est de même pour un mort ; on lexpédie vite sur le continent ; ceux qui ont conduit le deuil doivent attendre 50 jours avant de pouvoir revenir dans lîle.

    Le temple, compté parmi les établissements de lEtat, est dédié à trois divinités féminines du panthéon shintoïste. Lorigine se perd dans la nuit des temps. Les spécialistes font remarquer quil est orienté au nord, marque de son extrême antiquité. Sa vogue dans tout lempire japonais ne date pourtant que du XIIe siècle. Le célèbre Taira Kiyomori (caractères chinois 1118-1181) choisit cette divinité pour protectrice de sa maison et lui bâtit un temple magnifique dont lactuel donne quelque idée. Depuis lors, peuple, princes et empereurs ont rivalisé de générosité envers ce temple, les ex-voto y sont innombrables et le trésor très riche.

    A quoi tient cette incroyable célébrité ? Est-ce à lîle elle-même, magnifiquement boisée et faisant face au continent dont elle nest séparée que par un détroit quon franchit en quelques minutes ? Oui, le paysage est joli, écrivait le P. Aurientis. Il y a des vallées dérables magnifiques et la petite ville qui aligne ses coquettes maisons sur létroit espace compris entre la montagne et la mer est réellement charmante. Au fond, la cause du grand renom, ce nest ni lîle elle-même, ni la divinité quon y honore, cest le temple, qui est, en effet, une curiosité. Il est bâti dans une petite anse de la mer. Je dis bien dans une anse. A marée basse on voit le fond et les pilotis sur lesquels se dressent lès bâtiments ; mais, à marée haute, le temple semble bel et bien posé sur la surface de la mer. Comme tous les temples shintoïstes, celui-ci aussi est précédé, à bonne distance, dun grand portique en superbes troncs de. Camphrier. Même à marée basse, ce portique monumental plonge ses colonnes dans leau. Leffet est saisissant.

    Les missionnaires du XVIIe siècle disaient la même chose dans leurs annales : Ce temple est magnifique et bâti avec art, de telle sorte quà la marée haute, il semble reposer à la surface des flots.

    La ville de Hiroshima. Hiroshima, bâti sur le delta de la rivière Otagawa, est la ville la plus considérable (154.325 hab.) de toute la région à louest de Kobé. Les habitants prétendent que leur ville ressemble à la grande métropole dOsaka. En effet, le commerce y est actif et, comme Osaka, la ville est coupée par de multiples bras de la rivière et par des canaux sur lesquels sont jetés de nombreux ponts.

    Hiroshima est placé sur la grande ligne de chemin de fer qui va de Tôkyô à Shimonoseki. Plusieurs lignes secondaires mettent la ville en communication facile avec les régions voisines et en font un centre important. De plus, Hiroshima a un port bien outillé. Appelé Ujina, auquel le relient une ligne de chemin de fer et un tramway électrique. Ce port a été construit en vue de lembarquement des troupes durant les dernières guerres. Ce fut là son utilité. En temps ordinaire, il est fréquenté par les nombreux bateaux qui font le cabotage des côtes et des îles de la Mer Intérieure, et par ceux qui font le service de Formose.

    Hiroshima fut fondé en 1591 par Môri Terumoto (caractères chinois 1553-1625), qui sy construisit un château-fort, doù il sélançait avec ses hommes darmes pour soumettre les provinces voisines. Heureux guerrier, il régna sur les dix provinces de louest. Il appela dans ses domaines les bonzes du Shinshû et força les habitants à senrôler dans la secte. Cette ferveur bouddhique ne lempêcha pas de se voir dépouillé de ses vastes possessions et réduit aux deux provinces qui forment la préfecture actuelle de Vamaguchi. La province dAki passa en 1600 à Fukushima Masanori, qui se montra dune grande bienveillance envers la religion chrétienne. Il. Fut dépossédé en 1619, et la province passa alors à la famille Asano qui la gardée jusquà la Restauration (1868).

    La ville de Hiroshima commença à connaître une ère de prospérité à la guerre sino-japonaise (1894-95). Durant le cours de cette campagne, elle servit de quartier-général à lempereur Meiji et resta la base dopérations pendant toute la durée de cette guerre. Pendant la campagne contre les Boxeurs (1900) et durant le conflit russo-japonais (1904-05), Hiroshima fut de nouveau base dopérations, ce qui augmenta encore son importance et sa prospérité.

    Première prédication de lEvangile à Hiroshima. Au XVIIe siècle, les Pères Jésuites, profitant des bonnes dispositions du daimyô Fukushima Masanori, essayèrent dy faire connaître la vraie religion. Ils disent dans leurs annales que les chrétiens étaient peu nombreux au milieu dune gentilité fanatique. Le daimyô Asano, qui prit possession de la province en 1619, fut un persécuteur impitoyable. Hiroshima eut ses martyrs. Aucun des nombreux missionnaires qui sy sont succédé de nos jours nont pu, malgré leurs recherches, trouver de traces de cette première chrétienté. Plusieurs centaines de chrétiens de Nagasaki furent exilés à Hiroshima pendant la dernière persécution (1870-73). On connaît les temples bouddhiques où ils étaient internés. Beaucoup y perdirent la vie. Les vieilles gens en gardent encore le souvenir et racontent quils étaient très doux et très honnêtes. Il a été pourtant impossible de retrouver les restes des chrétiens qui sont morts à Hiroshima pendant leur captivité ; on ignore même lendroit de leur sépulture. Les persécuteurs sétaient appliqués dailleurs à en cacher toute trace.

    Fondation du district de Hiroshima. La reprise de la prédication de lEvangile dans cette métropole du bouddhisme et la fondation du district de Hiroshima furent luvre du P. Aurientis, arrivé au Japon en 1878.

    Accompagné dun catéchiste, le P. Aurientis sembarqua à Kôbé le 2 juillet 1882, avec la consigne de sétablir à tout prix dans la ville de Hiroshima. Ni le missionnaire, ni son catéchiste ne connaissaient âme qui vive dans la ville où ils devaient pénétrer. Ils avaient seulement une lettre de recommandation adressée par un païen de leur connaissance à un médecin militaire en garnison à Hiroshima.

    Une fois débarqués, où aller loger ? Il y avait bien des hôtels pour les voyageurs, mais on nétait pas habitué à y loger des étrangers. Le P. Aurientis, en prévision dun refus, avait pendant la traversée lié connaissance avec ses compagnons de voyage et avait cherché à se ménager leurs bonnes grâces. On arriva au port vers minuit ; on débarqua et on se rendit à lhôtel. Le missionnaire et son catéchiste se mêlèrent aux autres voyageurs, que lhôtelier introduisait sur ses nattes. Quand il aperçut un Européen parmi les voyageurs, il était trop tard pour refuser de lui donner lhospitalité. Dun air penaud il lui assigna donc une chambre. Le diable dut enrager de voir lennemi dans la place, mais le missionnaire, lui, eut de la peine à sendormir, tant la joie et la reconnaissance agitaient son cur.

    Dès le lendemain il sempressa daller chez le destinataire de la lettre de recommandation. Hélas ! Ce fut un refus formel de soccuper en quoi que ce fût de la location dune maison ; lopinion publique était trop hostile, dit-il. Le missionnaire et son catéchiste durent se débrouiller eux-mêmes. Le catéchiste alla donc à la recherche des niaisons à louer ; elles ne manquaient pas, et les loyers étaient minimes. De ce côté, pas de tracas ; mais quand le brave chrétien, après avoir accepté les prix et les conditions, avouait quil était en compagnie dun Européen, cétait toujours un. Refus catégorique de louer.

    Les jours passaient ainsi en tentatives infructueuses, quand le catéchiste, éconduit toujours pour la même raison, finit par perdre son sang-froid : sur le pas de la porte il y eut même échange de mots plutôt vifs entre lui et le propriétaire de la dernière maison quil avait essayé de louer. A ce moment un passant sarrêta, et demanda de quoi il sagissait. Le catéchiste le mit au courant : Comment est-il fait, ton Européen ? demanda-t-il. Au signalement donné par le catéchiste, le passant affirma quil connaissait le missionnaire, et tout de suite, il demanda à le voir. Un instant après, il était dans la chambre du P. Aurientis : ils neurent pas de peine à se reconnaître. Un an auparavant, ils avaient voyagé ensemble sur un des petits vapeurs qui faisaient le service de la Mer Intérieure et voici comment ils étaient entrés en relations.

    A cette époque, la cigarette nétait pas encore connue au Japon. On ne fumait que la pipette. Aussi, quand un Européen roulait une cigarette, tout le monde regardait lopérateur avec une vive curiosité ; souvent, dans lassistance, quelquun manifestait même le désir dy goûter. Le missionnaire, bon enfant, la donnait volontiers à lamateur, qui était ravi. Un soir, le P. Aurientis était sorti de sa cabine pour prendre le frais. Accoudé au bastingage, il roulait
    tranquillement une cigarette. A ce moment un passager sapprocha de lui et regarda curieusement lopération ; le missionnaire finit de rouler sa cigarette et gracieusement la lui passa. Le voyageur lalluma, aspira une forte bouffée, fit une légère courbette de remerciement et sen alla content. Cest cet homme que la Providence amenait au P. Aurientis à ce moment de détresse. Dès le lendemain le missionnaire avait loué une maison très convenable et pour un prix modique. Il sy installa avec son catéchiste le 1er août suivant. La maison était louée ; cétait beaucoup, mais cela ne suffisait pas, car à cette époque le missionnaire navait pas pour cela le droit de résidence. Pour lobtenir il lui fallait se faire engager comme professeur avec le visa de la préfecture.

    Lhomme providentiel, qui avait fait trouver une maison, accepta encore le rôle dengager le missionnaire comme professeur de français. Cet homme sappelait Hara Fukusuke. Il ne reçut pas le baptême, mais il fit baptiser ses enfants en danger de mort, et sa femme aussi. Le missionnaire lui a toujours été reconnaissant du service quil en avait reçu, mais il na pas été en son pouvoir den faire un chrétien.

    Hara Fukusuke avait un ami, un vieux samurai appelé Okamura, qui vivait de ses rentes et qui cherchait Dieu. Il soccupait à cultiver des légumes et des fleurs dEurope. Au missionnaire qui alla le voir il fit cette objection : Vous venez prêcher une religion. Au Japon nous nen manquons pas, mais aucune ne me satisfait ; elles ne mexpliquent rien. Par exemple, comme vous voyez, je cultive des plantes, je les sème, je les arrose, je bêche la terre ; ça, cest moi qui le fais ; mais ces plantes poussent, ce nest pas moi qui les fais pousser. Qui est-ce ? Voilà ce que je voudrais quon mexplique. Le Père lui répondit que cest justement pour prêcher Celui qui fait pousser les plantes que les missionnaires vont à létranger. Le bon vieux étudia le catéchisme avec assiduité : cétait ce que son cur désirait depuis de longues années. Aussi dès la Toussaint de cette même année, il reçut le baptême avec une ferveur qui ne se démentit jamais ; il devint un chrétien modèle et vécut jusquà un âge très avancé.

    Missionnaires qui ont eu la charge du district de Hiroshima :
    P. AURIENTIS (1882-1886).
    P. COMPAGNON (1886-1889).
    P. AURIENTIS, pour la seconde fois (1889-1893)
    P. ANGLES (1893-1897).
    P. COTIN (1897-1898).
    P. CHARRON (1898-1902).
    P. MARIE de 1902 à sa mort en 1922.

    Après lui, en attendant les RR. PP. Jésuites, le P. CETTOUR, de Yamaguchi, donna pendant quelques mois ses soins à cette chrétienté.

    Travaux des Missionnaires. Les travaux des missionnaires qui se sont succédé à Hiroshima ont consisté surtout en prédications, en conférences aux païens, soit à la mission même, soit dans des salles louées à cet effet. Ce ne fut pas toujours en toute tranquillité. Maintes fois on a lancé au missionnaire, pendant quil parlait, non seulement des interruptions et des injures, mais des poignées de cailloux. Heureusement il ny a pas eu de blessure grave et luvre a continué malgré tous les obstacles et sest développée peu à peu.

    La mission catholique fut établie dabord dans la rue Nobori-chô, puis le P. Aurientis se transporta dans une maison un peu plus au nord, mais toujours dans la même rue. Plus tard, le missionnaire trouva à louer une maison plus grande et plus commode dans la rue Yamaguchi-chô. Pendant son second séjour à Hiroshima, le P. Aurientis acheta un petit terrain à Togiya-chô, au centre de la ville. En 1903, le P. Marie fit lacquisition du terrain actuel, situé à Nobori-chô, à quelques pas de la toute première maison où fut installée la mission.

    Voici en quelques lignes la description de la mission catholique, telle quelle est actuellement à Hiroshima. Le terrain de la mission a une superficie de 800 tsubo (2.640 m2) environ. Le portail dentrée est tourné vers louest et se trouve à langle nord de la propriété. A gauche est lhabitation du catéchiste ; en face de lentrée sélève le principal bâtiment qui renferme la salle de conférences et la chapelle. Ce bâtiment fut construit en 1905, par le P. Marie. Les proportions sont vastes et, quoique de style japonais, le plafond est élevé. La chapelle en particulier a été soignée par la piété du missionnaire. Ce nest quun oratoire provisoire, mais les dimensions sont convenables et les chrétiens y prient avec recueillement.
    Sur le côté sud de la propriété sont de vieilles bâtisses délabrées qui servent dhabitation au missionnaire et à ses domestiques. Il reste au milieu un emplacement assez vaste, propre à être utilisé pour les besoins futurs de la mission,

    Vers 1886, le P. Compagnon établit à la mission une petite école primaire de garçons. Les enfants, une vingtaine au plus, étaient instruits par un maître décole. Bientôt les règlements du Ministère de lInstruction Publique devinrent plus stricts et la Mission neut pas les moyens financiers pour sy conformer. En 1891, lécole cessa dexister.

    Fondation des chrétientés de Matsuyama, Uwajima, Takamatsu et Yamaguchi. Hiroshima est un centre important de navigation dans la Mer Intérieure. Ses supérieurs chargèrent le P. Aurientis daller porter lEvangile dans les grandes villes de lîle de Shikoku. Cest ainsi que ce missionnaire fonda successivement Matsuyama, Uwajima et Takamatsu, où il forma les premiers chrétiens. Depuis, le nombre de missionnaires augmentant, ces villes furent érigées en autant de districts séparés et, en 1903, ces districts furent cédés aux Rév. PP. Dominicains de la Province de Manille, quand ils prirent la charge de la Préfecture Apostolique de Shikoku.

    Le P. Compagnon, durant son court séjour à Hiroshima, fonda la chrétienté de Yamaguchi, dans la préfecture voisine, chrétienté qui fut tout de suite érigée en district indépendant.

    Chrétientés secondaires. Le P. Compagnon crut un moment réussir à établir une petite chrétienté dans le village de Kaitaichi, situé à 2 lieues à peine à lest de Hiroshima. Il y administra même un certain-nombre de baptêmes.

    Iwakuni est une assez grande ville dépendant de la préfecture voisine de Yamaguchi. Elle est située à 7 ou 8 lieues à louest de Hiroshima. Le P. Aurientis y porta lEvangile et y compta bientôt un groupe dune douzaine de chrétiens. Malheureusement plusieurs émigrèrent et, faute de pouvoir y entretenir un catéchiste, cette petite chrétienté ne tarda pas à disparaître. Le P. Marie, durant son long séjour à Hiroshima, essaya de la relever, mais le succès ne couronna pas ses efforts.

    Kure est le grand port de guerre du Japon central. Il y a seulement 50 ans ce nétait quun modeste village de pêcheurs situé à 37 kilomètres au sud-est de Hiroshima. Aujourdhui cest une grande ville de plus de 140.000 âmes, aux larges rues sillonnées par des lignes de tramways. La rade est, profonde et si spacieuse quelle pourrait, dit-on, abriter toutes les flottes du monde entier. On y a accès du côté est par une passe assez étroite et, du côté ouest, par une passe réservée aux bateaux de guerre, passe qui est protégée contre la haute mer par lîle de Etajima, où est établie lEcole navale. Kure, siège dune préfecture maritime, possède un arsenal, une fonderie dacier et de vastes ateliers de constructions.

    La population se compose de fonctionnaires de la marine et douvriers. Plusieurs sectes protestantes y ont établi des uvres, mais aucun missionnaire étranger ny réside actuellement.

    Une heure de chemin de fer suffit pour aller de Hiroshima à Kure. Tous les missionnaires qui ont travaillé à Hiroshima, ont essayé mais sans succès, dintroduire la vraie religion à Kure. Ces dernières années, le P. Marie finit par y réussir. Un ou deux chrétiens venus dailleurs lui en fournirent le moyen. Bientôt il baptisait un ingénieur de la marine, dont le grade correspond à celui de contre-amiral. Après de fréquentes et longues discussions avec le missionnaire, il se rendit, se prépara au baptême, quil reçut avec une grande piété, et depuis il a manifesté un grand dévouement à son père spirituel, surtout quand celui-ci fut atteint par la maladie qui lemporta. La petite chrétienté, qui comptait en 1922 une trentaine de fidèles, se réunissait chez cet ingénieur, dont le salon était transformé pour la circonstance en oratoire.

    Kabe est une petite ville au nord, à 4 lieues de Hiroshima. Une ligne de chemin de fer à voie étroite y conduit. Un chrétien du district voisin de Matsue voulut procurer la grâce de la foi à des parents établis à Kabe et, pour y réussir, ne leur ménagea ni ses visites ni ses exhortations. Le P. Marie non plus ne ménagea pas sa peine pour les instruire, car il y avait, là quelques vieux à la mémoire rebelle. A sa mort il laissait là une bonne petite chrétienté.

    Les Protestants à Hiroshima. Les principales sectes protestantes établies à Hiroshima sont : les Anglicans, fondus avec les Episcopaliens dAmérique ; les Méthodistes, les Presbytériens, les Baptistes et lArmée du Salut.

    Les adeptes de toutes ces sectes, ne sont pas plus de 400 dans la ville de Hiroshima même. A Kure les fidèles protestants sont des officiers de marine ou des employés de larsenal, tous des fidèles de passage. Dans les autres parties de la préfecture il y a encore Fukuyama, où le protestantisme anglican doit compter une centaine dadeptes. Les campagnes restent impénétrables à tout prosélytisme.

    Les Méthodistes ont pourtant construit à Hiroshima une grande et belle école de filles, cela depuis de longues années, et cette école a toujours été bien fréquentée. Elle a actuellement plus de 600 élèves. On y enseigne langlais mieux quailleurs. La surveillance y est mieux faite que dans les autres écoles de la ville, cest ce qui explique le succès quelle a obtenu.

    (A suivre) J.-B. DUTHU,
    Miss. DOsaka.

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    1924/555-565
    555-565
    Duthu
    Japon
    1924
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