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Le nouveau diocèse de Calicut et le Wynad 2 (Suite)

Le nouveau diocèse de Calicut et le Wynad IX. Les néophytes kurichians. Depuis 25 ans, une part des baptêmes dadultes donnés tous les ans, la plus grosse part même, a été fournie par une des tribus les plus nombreuses et les plus intelligentes, parmi les 14 ou 15 tribus primitives du Wynad, celle des Kurichians. Lessai dévangélisation dune tribu daborigènes et la réussite de cet essai sont, dans 1Inde tout au moins, chose trop remarquable pour ne pas mériter ici une étude à part, aussi succincte soit-elle.
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    Le nouveau diocèse de Calicut et le Wynad

    IX. Les néophytes kurichians. Depuis 25 ans, une part des baptêmes dadultes donnés tous les ans, la plus grosse part même, a été fournie par une des tribus les plus nombreuses et les plus intelligentes, parmi les 14 ou 15 tribus primitives du Wynad, celle des Kurichians. Lessai dévangélisation dune tribu daborigènes et la réussite de cet essai sont, dans 1Inde tout au moins, chose trop remarquable pour ne pas mériter ici une étude à part, aussi succincte soit-elle.

    Les Kurichians parlent un dialecte de la langue malayalam et vivent de la culture du riz. Mais, à lorigine, ils paraissent avoir été des chasseurs ; peut-être aussi étaient-ils des soldats recrutés par quelquun des roitelets du pays, longtemps avant la conquête anglaise. Quoiquil en soit, encore aujourdhui il nest pas un Kurichian qui ne possède son arc et sa provision de flèches. Ils organisent parfois des chasses au gros gibier ou aux bêtes fauves, et se montrent, dans le tir à larc, dune habileté surprenante.

    Cest le P. Adigard, Normand, arrivé en 1891, mort en 1900, qui réussit, le premier, à introduire le christianisme parmi eux. Il avait été envoyé à Manantoddy en 1892, pour y prendre la place du P. Troussé, appelé à un autre poste, et cest en 1895 quil put baptiser son premier Kurichian. Mais celui-ci mourut moins dune année après son baptême, et un second néophyte de la même race le suivit dans la tombe, quelques mois plus tard. Ce nétait guère encourageant. Mais le P. Adigard, qui navait que 30 ans, possédait, avec lentrain de la jeunesse, une foi vive et quelque chose de lenthousiasme de ses ancêtres lorsque, à la suite de Guillaume le Conquérant, ils partirent pour la conquête de lAngleterre, sauf quici il sagissait dune conquête évangélique. Cest pourquoi loin de se décourager, il fut plus ardent à renouveler ses tentatives. Du reste, ses deux néophytes disparus avaient été visiblement changés par le baptême. Vraiment touchés de la grâce, ils avaient dès lors vécu et ils étaient morts en bons chrétiens, et le P. Adigard espérait beaucoup de leur intercession auprès du Bon Dieu.

    Enfin, en 1897, il fut assez heureux pour baptiser deux hommes et deux femmes kurichians, après une longue période dinstruction et de probation. Ceux-ci, dûment mariés par le missionnaire, sils ne létaient déjà, formèrent deux familles auxquelles il donna, pour vivre, des rizières acquises pour eux, tout près de Manantoddy, et luvre des Kurichians, si prospère aujourdhui, se trouva fondée. Le premier de ces quatre baptisés nest mort quen 1922, après 25 ans de persévérance et une vie tout à fait chrétienne. Le nombre des néophytes kurichians commença, dès lors, à croître mais lentement, et, en 1900, époque de la mort du P. Adigard, la colonie comptait en tout 50 membres, dont 40 étaient baptisés et 10 catéchumènes.

    Les difficultés, les obstacles, parfois fort inattendus, navaient pas manqué. Les payens des environs tentèrent de décourager ou deffrayer les néophytes ; les protestants établirent, pour les attirer, une colonie rivale, qui ne resta guère quà létat dembryon et, quelques années plus tard, finit par disparaître. Le P. Adigard fit face à tout avec courage et succès. Il eut cependant des désappointements. Parmi les catéchumènes, il eut à déplorer des défections, et peut-être dut-il lui-même en renvoyer certains autres. Sans doute, il se montrait miséricordieux pour tout ce qui était pure faiblesse humaine, mais il donnait plus dimportance à la qualité quau nombre de ses recrues ; sa bonté nétait pas du luxisme, et il nétait pas homme à admettre ou à garder, les yeux fermés, tout ce qui se présentait. Il exigeait un minimum de bonne volonté, faute de quoi ladmission ou le baptême étaient refusés. Si, par exemple, certaines recrues prétendaient se faire nourrir sans travailler, au lieu de sefforcer, tout au moins, de vivre de leur travail, il ny avait pas de place pour elles.

    Cette manière de faire fut suivie par ses deux successeurs et eut pour résultat de promouvoir et de conserver un esprit vraiment chrétien parmi ces nouveaux convertis. Elle tendait aussi à donner un bon renom à la colonie, si bien quy être admis finit même par être considéré, par les payens et les Moplahs des environs, non comme une déchéance, mais plutôt comme quelque chose dhonorable. La sollicitude du P. Adigard pour ses néophytes était inlassable. Il lui arrivait de se lever en pleine nuit et daller silencieusement faire le tour de leurs demeures, pour sassurer de visu que tout était en ordre et tout le monde en sûreté. Le jour, il allait les voir dans leurs rizières, quil parcourait avec eux, dans leau jusquà la cheville, les encourageant et les guidant dans leur travail.

    A ce régime, il finit par contracter une fièvre dont il ne devait plus se relever. Son voisin de Vayittiri, le P. Cochet, averti de son état, accourut à son chevet et le fit transporter à Mahé, sur la côte ouest, où il laccompagna. Mahé est une enclave française desservie, pour le spirituel, par un missionnaire de Pondichéry, qui était alors le P. Veaux. De toutes les régions évangélisées par notre Société, cest le coin de terre le plus rapproché de la France. Le P. Adigard y arriva le 7 septembre 1900, mais il ny arriva que pour mourir. Il expira le lendemain, fête de la Nativité de la Sainte Vierge, au moment même où sonnait langelus du soir. Un missionnaire pourrait-il souhaiter meilleur jour et meilleur moment pour clore sa tâche et dire adieu aux choses dici-bas ?

    Je ne puis mempêcher de comparer le sort du P. Adigard à celui du P. Grandmottet. Lun et lautre meurent jeunes. Le P. Grandmottet est le premier prêtre catholique à mettre le pied sur la terre du Wynad ; le P. Adigard est le premier à y implanter le christianisme parmi la population strictement indigène, au sein dune tribu quon ne rencontre que là. Lun et lautre tombent, victimes du climat et vont mourir sur cette côte ouest, où abordèrent saint Thomas, saint François-Xavier et, à la suite de ce dernier, tous les missionnaires de la période portugaise ; sur cette côte ouest, où lon est plus près de la France, pépinière de lapostolat moderne, comme pour mieux lui envoyer de loin leur adieu suprême, en fils qui, même en mourant, ne veulent pas loublier !

    Luvre à laquelle le P. Adigard avait sacrifié sa vie fut continuée par le P. Veyret, aujourdhui professeur au séminaire provincial de Pondichéry, et, pendant huit à neuf années, les plus heureuses de sa vie apostolique, il est permis de le présumer, cest sous sa sage direction que la colonie des néophytes Kurichians continua de croître, lentement mais sûrement. Au bout de cette période, deux missionnaires, les Pères Jauffrineau et Meyniel, étaient envoyés au Wynad pour sy occuper spécialement de la conversion des races aborigènes.

    Au P. Meyniel échut la tâche la plus dure, celle de créer un nouveau poste en plein milieu payen, parmi des gens qui jusqualors navaient jamais vu de près le prêtre catholique. Peut-être, à force de patience, aurait-il réussi à ouvrir une nouvelle brèche dans quelquune de ces tribus primitives. Lespoir ne lui manquait pas ; mais, très éprouvé par le climat de ces forêts, il tomba deux fois gravement malade, dut être rappelé et ne fut pas remplacé.

    Le P. Jauffrineau, lui, succéda au P. Veyret dans la direction de luvre des Kurichians, et il en est reste chargé pendant quinze ans consécutifs, ou peu sen faut, jusquau jour où les Jésuites italiens du nouveau diocèse de Calicut ont pris notre place dans le pays. Sil ne fut pas, comme son confrère, mis hors de combat par insalubrité du climat, cela tient dabord à ce que, comme quelques-uns de ses prédécesseurs au Wynad, il eut la chance de pouvoir sy acclimater sans trop de peine, privilège accordé par la nature à certains organismes ; et, en second lieu, le poste de Kaniambetta, quil allait fonder et où il devait résider, se trouva être relativement sain, plus sain notamment que la résidence de Vayittiri et que les deux stations de Meppadi et de Sultans Battery, qui en dépendent.

    Jusquà larrivée du P. Jauffrineau, le prêtre en charge des néophytes Kurichians avait été aussi chargé de Manantoddy. Mais la station de Manantoddy était assez importante pour occuper un prêtre à elle seule, et les convertis Kurichians devenaient si nombreux quun dédoublement simposait. Le P. Rodrigues, Eurasian né au Wynad et, par conséquent, à lépreuve du climat, fut donc mis à Manantoddy, tandis que le P. Jauffrineau, nayant quà soccuper des Kurichians, fondait pour eux la station de Kaniambetta, à mi-chemin entre Manantoddy et Vayittiri.

    Cela se passait en 1910. Les premiers convertis Kurichians établis près de Manantoddy par le P. Adigard, restèrent où ils étaient ; mais la nouvelle station de Kaniambetta devint rapidement la plus importante des deux, grâce à larrivée de nouveaux adhérents. La jungle fut déblayée et le terrain converti en rizières. Des huttes provisoires furent dabord élevées, pour être remplacées plus tard par des demeures un peu plus confortables. Une colline centrale fut choisie pour bâtir léglise qui sy dresse aujourdhui, la plus belle de toutes les églises ou chapelles du Wynad, comme aussi la population de néophytes qui lentoure est, en sommet la plus fidèle à assister à la messe, le dimanche, et à remplir les devoirs de la vie chrétienne ; à côté de léglise, une école élémentaire est ouverte aux enfants des deux sexes, et ces braves Kurichians, pour qui lire et écrire avaient toujours paru chose au moins inutile, nhésitent pas à y envoyer leurs enfants sur la simple invitation du prêtre. Ils sont, en effet, par tempérament, aussi dociles que courageux et dévoués à leur pasteur.

    Ces deux derniers qualificatifs nont rien dhyperbolique. Au temps où le rajah de Kottayam, dont jai parlé plus haut, guerroyait contre les Anglais, cétaient précisément les Kurichians qui étaient ses meilleurs soldats. Dans les premiers jours doctobre 1802, une bande de 150 dentre eux, armés darcs et de flèches, attaqua le poste militaire de Panamaram, occupé par 70 hommes du 1er bataillon du 4e régiment dinfanterie de Bombay. Lattaque eut lieu en plein jour ; le détachement se défendit si bien que son commandant, le capitaine Dickenson, abattit, à lui seul, 15 Kurichians. Et cependant ces braves enfants des forêts non seulement furent vainqueurs, mais encore anéantirent le détachement. Ce fait darmes, comme bien dautres dailleurs, ne figure pas parmi ceux dont les Anglais aiment à se vanter.

    Les convertis Kurichians nont rien perdu de la bravoure de leurs ancêtres de 1802. Lors de la récente révolte des Moplahs, le Wynad courut sérieusement le danger dêtre envahi et, dans son sein même, les éléments de révolte ne manquaient pas. Le P. Jauffrineau organisa ses archers Kurichians en quatre compagnies, et un plan de défense fut soigneusement élaboré, en vue de parer à une attaque possible, qui finalement ne se produisit pas. Nulle part ailleurs, au Wynad, les mesures de défense navaient été si bien prises. Les payens du voisinage avaient demandé à se réfugier dans la colonie chrétienne ; il était entendu quen cas dirruption des rebelles, le missionnaire de Vayittiri se replierait sur elle avec ceux de ses chrétiens qui voudraient le suivre, et le poste de police le plus voisin avait pris ses mesures pour en faire autant. Ce qui faisait la force de la colonie, cétait le calme courage et la résolution de ses défenseurs. Le P. Jauffrineau navait demandé que des hommes résolus à sacrifier leur vie et, sauf deux ou trois, chargés de familles, tous sétaient offerts.

    Quelques années auparavant, ils avaient donné un autre exemple collectif de dévouement. Le P. Jauffrineau était allé présider au déménagement dun groupe de nouveaux catéchumènes et devait revenir avec eux à Kaniambetta. Mais il se faisait tard, et ni lui ni les nouveaux adhérents nétaient signalés. Les membres de la colonie, inquiets du retard, crurent à un danger et, quand le Père revint enfin avec ses nouvelles recrues, il rencontra ses chrétiens en marche, accourant à son secours.

    Ces convertis sont aujourdhui au nombre de 400, et leur nombre augmente chaque année. Outre les Kurichians, il y a maintenant parmi eux quelques sujets appartenant à dautres tribus primitives du Wynad, en sorte que la brèche qui, avant le P. Adigard, avait paru impossible, se trouve désormais sérieusement ouverte, en vue des conquêtes de lavenir.

    X. Les Missionnaires du Wynad. Revenons au Wynad pris dans son ensemble. Au cours de la période où il fit partie du diocèse de Mysore, une quinzaine de prêtres se sont succédé à Manantoddy et huit à Vayittiri. Dans les dernières années, la pénurie de prêtres ayant obligé lévêque de Mysore à rappeler celui de Manantoddy, cest le P. Jauffrineau qui a dû, par intérim, prendre soin du poste, tout en continuant à soccuper de Kaniambetta. A lexception dun prêtre eurasien, qui fut le P. Rodrigues, et de deux ou trois de pure race indienne, tous les autres furent des membres de la Société. Quelques-uns ne firent que passer ; au bout de quelques mois, ils tombaient malades dune manière si grave que le seul moyen pour eux déviter la mort était de se faire transporter hors du pays. Les autres, plus ou moins bien acclimatés, purent y travailler plus longtemps, et de ces derniers jai nommé le plus grand nombre. Mais un trait commun les distingua tous, qui, du premier au dernier, ne sest jamais démenti. Cest lentrain, la bonne volonté avec lesquels, au premier signe de lautorité, ils sen allaient dans ce Wynad si éloigné, si malsain, si dépourvu de tous les conforts de la civilisation, et le zèle, lenthousiasme même, quils mettaient à y travailler jusquà ce que le paludisme, ou la dysenterie, ou lépuisement de leurs forces, vinssent les réduire à limpuissance.

    Aux yeux de certains lecteurs, cet éloge paraîtra banal. Sen aller occuper le poste assigné, pour y combattre le bon combat, pour y vivre ou pour y mourir, quy a-t-il là de si extraordinaire, même si ce poste est pénible ou dangereux ? Nest-ce point la consigne acceptée par chacun de nous ? Et serions-nous de dignes fils de la Société française des Missions-Étrangères, si nous ne lobservions pas ? Sans doute, mais, en dehors des membres de la Société, il y a, je présume, des lecteurs aux yeux de qui ce banal éloge ne paraîtra peut-être pas si banal. Et puis, il est bon de faire ressortir que la consigne qui nous honore est observée partout, sur tous les points de notre champ daction, même dans les coins les plus obscurs et les plus ignorés, comme, en somme, la été jusquici le taluk du Wynad. Cest pourquoi on me pardonnera dinsister.

    Pauvre petit ami ! écrit, en 1871, Mgr Charbonnaux dun missionnaire du Wynad dont il vient de visiter le district ; plein de zèle, dactivité, de nerfs, il monte, il grimpe, il descend ces montagnes comme un vrai chat. Il va dans les plantations chercher nos chrétiens, les confesse la nuit et leur administre les sacrements avant le jour. Il mange ce quil trouve. Ah ! cest bien là encore une vraie vie apostolique, sans abri, sans ami !... Jadmire, mais je crains quil ne puisse tenir longtemps à ces efforts corporels ;

    Et ils sont tous ainsi, soubliant eux-mêmes pour ne songer quaux âmes dont ils ont la charge. Ils ne connaissent le confortable que par ouï-dire et ne vivent que de privations. Il y en a qui, chassés du pays par la maladie, se remettent et, à peine remis, y accourent encore, parce que leur évêque na pas dautre prêtre sous la main pour aller occuper ces postes éloignés. Cest ainsi que le P. Rappart y fut envoyé trois fois et y passa en tout seize à dix- sept ans. Sa première campagne, de 1859 à 1865, se termina par une attaque dapoplexie. Il semblait que cétait la fin. Mais le médecin réussit à le sauver et, pour que la guérison se maintînt, il lui prescrivit un régime rigoureux, auquel le missionnaire fut scrupuleusement fidèle et grâce auquel il fournit une carrière de 48 années. Il ne mourut quen 1905, non dapoplexie, mais des suites dune pneumonie. Une des prescriptions de son régime était de ne dormir que le moins possible et, pour sy conformer, le P. Rappart sastreignit à ne se coucher quà minuit pour se lever, tous les jours quatre heures du matin.

    Il faisait, dans ses voyages, des étapes à pied de 30 milles avec, pour toute nourriture, un pain de ragni, quil emportait dans sa poche et quil mangeait, assis à lombre, au bord de quelque torrent. Il revint encore au Wynad au mois de janvier 1880 et y resta jusquen 1886. Enfin, il y revint une troisième fois en janvier 1892 et fut en charge du district de Vayittiri jusquà la fin de 1896. Le dernier de ses successeurs dans ce poste, terrassé, au bout de cinq ans, par la dysenterie, y revint moins de trois ans après et ne quittait le pays, douze ans plus tard, quà larrivée des Jésuites de Calicut.

    Quelque lecteur pointilleux me demandera peut-être : Mais nétaient-ils pas trop souvent isolés, les prêtres envoyés au Wynad ? Par exemple, quand il ny avait quun district, celui de Manantoddy, comment, dans un pays si éloigné et si mal pourvu, le missionnaire en charge pouvait-il éviter les inconvénients, physiques et moraux, de lisolement ?

    Lobjection vaut quon y réponde. Commençons par la fin. Après létablissement du district de Vayittiri, en 1885, le danger disolement nexista plus. Les deux missionnaires de Manantoddy et de Vayittiri étaient respectivement seuls, mais non isolés, puisquils étaient voisins lun de lautre et se voyaient fréquemment, en conformité avec les prescriptions du Règlement de la Société. Les entrevues devinrent encore plus faciles après la fondation de Kaniambetta, puisque dès lors ils furent, en principe, au nombre de trois. Telle était la situation au moment où les Révérends Pères de Calicut ont pris notre place, et elle était si satisfaisante, par rapport à la question qui nous occupe, que ceux-ci lont acceptée sans y rien changer. Mgr Perini a confié Manantoddy au P. E. Lombardini, Vayittiri au P. E. Beretta, et Kaniambetta au P. N. Fernandez. Les deux premiers sont Italiens, et le troisième est un Jésuite indien, natif de Mangalore. Antérieurement à 1885, le Wynad ne forma quun district, mais le missionnaire qui en était chargé avait ordinairement un confrère plus jeune sous sa direction, de sorte que la situation ne différait pas, pratiquement, de ce quelle fut après la fondation de Vayittiri. Les deux missionnaires, lancien et le jeune, nétaient pas toujours ensemble, dautant plus quils eurent à soccuper, jusquen 1883, de la partie est du Wynad, cédée depuis à Coïmbatore, ce qui les obligeait à se séparer pour se partager la besogne ; mais les entrevues pouvaient être multipliées à volonté. Quelquefois le jeune finissait par succéder à lancien. Dautres fois, cétait lui qui, victime du climat, devait être rappelé, au bout dune courte période, et céder la place à un autre, qui venait à son tour faire un essai dacclimatation. En somme, les inconvénients de lisolement nont guère existé, pour les missionnaires du Wynad, que durant les courts intervalles entre le départ de lun des deux missionnaires et larrivée de celui désigné pour le remplacer.

    (A suivre) KOUROUVI



    1925/76-84
    76-84
    Kourouvi
    Inde
    1925
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